Le barrage de Boegoeberg est un barrage-poids situé sur le fleuve Orange, près de Prieska et de Groblershoop (en), dans la province du Cap-Nord, en Afrique du Sud. Construit dans les années 1920 et 1930, il est principalement destiné à l'irrigation.

Barrage de Boegoeberg
Géographie
Pays
Province
Coordonnées
Objectifs et impacts
Vocation
Irrigation
Propriétaire
Date de mise en service
Barrage
Type
Géolocalisation sur la carte : Cap-Nord
(Voir situation sur carte : Cap-Nord)
Géolocalisation sur la carte : Afrique du Sud
(Voir situation sur carte : Afrique du Sud)

Toponymie

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Le nom de Boegoeberg est lié au bergboegoe, nom local donné à Croton gratissimus, un arbuste aromatique présent dans la région[1]. Le mot boegoe est aussi apparenté au buchu, nom employé pour plusieurs plantes aromatiques d'Afrique australe.

Caractéristiques

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Le barrage de Boegoeberg est un barrage-poids en béton. Il retient les eaux de l'Orange et sert surtout de barrage de dérivation pour un système d'irrigation[2].

Sa capacité de stockage est d'environ 19 895 000 m3, et la superficie de la retenue est d'environ 742 ha[3]. Dans les données de sécurité des barrages sud-africains, il est classé comme ouvrage à faible potentiel de danger[3].

Localisation

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Le barrage est établi sur le cours moyen de l'Orange, dans une zone aride du Cap-Nord. À cet endroit, le fleuve traverse un affleurement de quartzite, qui forme un site favorable à l'implantation d'un ouvrage de dérivation et de stockage[2].

Le barrage est associé au système d'irrigation de Boegoeberg, qui s'étend le long de l'Orange, entre la région de Boegoeberg, Upington et les environs des chutes d'Augrabies[4].

Historique

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Dès la fin du XIXe siècle, plusieurs propositions sont formulées afin d'utiliser les eaux de l'Orange pour l'irrigation. Des agriculteurs établis sur les rives du fleuve transportent alors l'eau vers leurs terres par des moyens rudimentaires. Dans les années 1890, un certain Litchfield installe une pompe et une petite unité hydroélectrique sur le fleuve, puis propose un système public d'irrigation en 1895, sans succès[5].

En 1902, W. D. Gordon, ingénieur du Département des travaux publics de la colonie du Cap, soutient à son tour un projet d'irrigation sur l'Orange, mais celui-ci n'aboutit pas[5]. En 1911, l'ingénieur Alfred Dale Lewis réalise une étude du cours inférieur de l'Orange. Il recommande la construction d'un barrage près de Boegoeberg et d'un canal d'irrigation permettant de mettre en valeur des terres agricoles le long du fleuve[5].

La construction du barrage commence en 1926 et s'achève en 1933[3]. Le projet s'inscrit dans une politique de travaux publics menée pendant la période de la Grande Dépression. Il vise à créer de l'emploi et à développer l'irrigation dans une région agricole du Cap-Nord[5].

Selon South African History Online, le projet est aussi lié aux politiques sociales et raciales de l'Afrique du Sud de l'époque, car il est conçu en partie comme un programme de soutien aux Blancs pauvres[5]. Cette dimension sociale et politique fait du barrage un exemple de projet hydraulique associé aux politiques de peuplement et de développement agricole de l'entre-deux-guerres.

Construction

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Les travaux comprennent la construction d'un mur de dérivation en béton sur l'Orange et d'un réseau de canaux destiné à alimenter les terres agricoles en aval. Le mur principal est généralement décrit comme long d'environ 622 m et haut d'environ 11 m[3].

Un camp de chantier est aménagé dans cette zone isolée afin de loger les ouvriers et leurs familles. Les installations comprennent des tentes, des baraquements, des entrepôts, une école et un dispensaire[5].

Le barrage est achevé en 1933. Les premières eaux alimentent ensuite le système d'irrigation, qui permet la mise en culture de terres jusque-là dépendantes de conditions arides et de prélèvements difficiles dans le fleuve[3].

Irrigation

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Le barrage alimente le système d'irrigation de Boegoeberg, qui dessert des terres agricoles situées le long de l'Orange. Selon l'Encyclopædia Britannica, l'ouvrage permet l'irrigation d'environ 17 000 ha sur une longueur d'environ 240 km le long du fleuve[2].

Le périmètre de Boegoeberg fait partie des zones irriguées du Cap-Nord étudiées dans les travaux sur les marchés de l'eau et les transferts de droits d'eau en Afrique du Sud[4]. Ces études décrivent l'importance agricole du secteur Boegoeberg-Kakamas le long de l'Orange[4].

Environnement et usages

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Le barrage est exposé à des phénomènes de sédimentation, fréquents dans les grands cours d'eau semi-arides. Des travaux de modélisation hydrodynamique consacrés au barrage de Boegoeberg indiquent que l'ouvrage a été concerné par des dépôts sédimentaires importants après sa mise en service[6].

Des recherches sud-africaines se sont également intéressées au potentiel de petite hydroélectricité le long du canal d'irrigation de Boegoeberg, en lien avec l'amélioration de l'efficacité énergétique et de la gestion de l'eau dans les périmètres irrigués[7].

La retenue et ses environs sont utilisés pour des activités de loisirs, comme la pêche et les sports nautiques[8]. La fonction principale de l'ouvrage reste toutefois l'irrigation.

Notes et références

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  1. ↑ (en) Ben-Erik van Wyk, Bosch van Oudtshoorn et Nigel Gericke, Medicinal Plants of South Africa, Briza Publications, (ISBN 978-1-875093-37-3)
  2. 1 2 3 (en) « Boegoebergdam », sur Encyclopædia Britannica (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 (en) « Buchuberg Dam » [PDF], sur WaterInfo (consulté le )
  4. 1 2 3 (en) W. L. Nieuwoudt, R. M. Armitage et G. R. Backeberg, « Water market transfers in South Africa: Two case studies », Water Resources Research, vol. 40, no 9,‎ (DOI 10.1029/2003WR002840, lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 (en) « The Roots of Apartheid in the Construction of Buchuberg Dam », sur South African History Online, (consulté le )
  6. ↑ (en) O. Sawadogo et M. van Dijk, « 2D hydrodynamic modelling of sediment deposition processes and flushing operation of Boegoeberg Dam, South Africa », sur ResearchGate, (consulté le )
  7. ↑ (en) C. M. Niebuhr, M. van Dijk et J. Mathews, « Hydropower potential assessment in the Boegoeberg irrigation area in South Africa », Water SA, vol. 45, no 3,‎ (DOI 10.17159/wsa/2019.v45.i3.6739, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (en) « Boegoeberg Dam », sur Groblershoop Accommodation, Business & Tourism Portal (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (en) T. V. Bulpin, Discovering Southern Africa, Le Cap, Discovering Southern Africa Publications,
  • (af) Lokkie Van Zyl, Boegoebergdam se mense: 'n flukse draai van die wiel, Groblershoop, Boegoeberg Watergebruikersvereniging,

Liens externes

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  • Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généralisteVoir et modifier les données sur Wikidata :