Barrage de Tibi

barrage en Espagne

Le barrage de Tibi (en espagnol : embalse de Tibi) est un ouvrage hydraulique historique situé dans les communes de Tibi et de Xixona à environ 18 km au nord-est d'Alicante, dans la province d'Alicante, dans la Communauté valencienne, en Espagne. Il barre le cours du río Monnegre (es) en amont des plaines agricoles d'Alicante. Édifié à la fin du XVIe siècle, il constitue l'un des plus anciens barrages-voûtes en maçonnerie d'Europe encore conservés.

Barrage de Tibi
Le déversoir et le barrage de Tibi.
Géographie
Pays
Communauté autonome
Province
Commune
Nom (en langue locale)
Embalse de Tibi
Coordonnées
Cours d'eau
Objectifs et impacts
Vocation
Irrigation
Propriétaire
Confédération hydrographique du Júcar
Date du début des travaux
1580
Date de la fin des travaux
1594
Date de mise en service
1594
Classement
Bien d'intérêt culturel (1994)
Barrage
Type
Barrage-voûte en maçonnerie
Hauteur
(lit de rivière)
41 m
Longueur
65 m
Épaisseur en crête
m
Épaisseur à la base
33 m
Irrigation
Bassin(s) irrigué(s)
Huerta d'Alicante
Localisation sur la carte de la Communauté valencienne
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Localisation sur la carte d’Espagne
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Situation

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Le barrage de Tibi est situé dans les communes de Tibi et de Xixona à environ 18 km au nord-est d'Alicante dans une gorge entre les monts de La Cresta et du Mos del Bou en amont des plaines agricoles d'Alicante[1].

Le barrage est la propriété du Syndicat d'irrigation de la huerta d'Alicante et dépend administrativement de l'Autorité du bassin du Júcar (Confederación Hidrográfica del Júcar)[2].

Historique

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Contexte

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Durant la seconde moitié du XVIe siècle, la ville d'Alicante connut une croissance économique et démographique importante, principalement due à l'essor du commerce maritime. Cependant, les terres agricoles environnantes étaient insuffisantes pour nourrir la population croissante. Les récoltes étaient souvent mauvaises faute d'irrigation, car le río Monnegre avait un débit trop faible en été et il subissait des crues importantes en hiver. Le conseil d’Alicante envisagea alors la construction d'un barrage pour y remédier[3],[4].

Son emplacement, dans une gorge traversée par le río Monnegre entre les monts de La Cresta et du Mos del Bou, sur le territoire de la commune de Tibi, fut choisi par deux habitants de Mutxamel : le maître meunier Pedro Izquierdo, à qui l'idée revint, et le maître maçon Miguel Alcázar, qui le soutint. Ils présentèrent le projet au conseil d'Alicante, qui l'accueillit favorablement[1],[4].

Construction

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Les travaux débutèrent en 1580, mais furent rapidement interrompus faute de ressources. Seuls m de mur avaient été érigés. Ils reprirent neuf ans plus tard jusqu'à son achèvement en 1594[5]. Sa construction fut dirigée par l'architecte royal Cristóbal Garavelli Antonelli[4]. Sa réalisation nécessita également l'intervention des architectes et des ingénieurs les plus éminents de la couronne espagnole sous le règne de Philippe II, notamment Juan Bautista Antonelli, Jorge Palearo Fratin et Juan de Herrera. Ces personnalités témoignent de l'ampleur et de la difficulté de l'entreprise pour l'époque[6].

Avec une hauteur de 42,7 m et un réservoir d'une capacité comprise entre 4 et 5,4 millions de mètres cubes, il était le plus grand barrage du monde à son achèvement. Il permit la mise en place de nouveaux systèmes d'irrigation et devint un élément clé du développement économique de la huerta d'Alicante[5].

En 1697, le barrage subit une grave rupture qui le rendit inutilisable. Les aléas politiques et le coût des réparations empêchèrent toute proposition de solution viable avant 1721[7]. Les travaux de réparation furent finalement entrepris en 1736 et achevés en 1738. Lors de ces travaux, sa crête fut inclinée vers l'aval afin de faciliter l'écoulement de l'eau en cas de crue. En 1941, un nouveau tunnel de drainage fut creusé dans la roche de son versant droit, au niveau du lit du río[1].

Caractéristiques

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Le barrage est situé dans une « cerrada » exceptionnelle (une section étroite du lit d'une rivière) entre deux parois rocheuses quasi verticales, offrant une base solide aux culées. La largeur de la gorge au niveau du rio n'est que de m. Son plan incurvé vers le réservoir présente une arche de 65 m de long à son sommet pour un rayon de 107 m. Le mur aval présente un profil incliné suivant six niveaux de gradins. Cette conception constituait une avancée technique fondamentale pour l'époque, marquant le début des barrages-voûtes modernes[5].

L'ouvrage est constitué d'un noyau en maçonnerie et de parements en épais blocs de pierre de taille. Il comportait à l'origine un système hydraulique novateur composé de prises d'eau à différentes hauteurs, d'un déversoir de surface et d'une galerie de drainage de fond originale destinée à l'évacuation périodique des sédiments déposés au fond du barrage[5].

Ses dimensions actuelles sont celles de sa reconstruction au XVIIe siècle avec une hauteur d'environ 41 m et une épaisseur variant de 33,7 m à sa base à 20 m à sa crête[1].

Activité

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Il est le plus ancien barrage encore en activité en Europe en 2025. Son utilisation pour l’irrigation est toutefois devenue minime, car la forte conductivité de l’eau de son réservoir, due à sa salinité, la rend impropre à de nombreuses cultures. À cela s'ajoute l'envasement du réservoir, dont la capacité a été réduite à 2 millions de mètres cubes[4],[8].

Protection

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Le barrage fait l'objet d'un classement au titre de bien d'intérêt culturel (Bien de interés cultural) dans la catégorie « monument » depuis le . Il inclut l'ouvrage hydraulique et son environnement immédiat, notamment le chemin d'accès, l'escalier taillé dans la roche, deux ponts et la maison du garde[9]. Cette protection patrimoniale, attribuée par les autorités culturelles espagnoles, reconnaît son intérêt historique, technique et architectural en tant qu'ouvrage majeur de l'ingénierie hydraulique de l'époque moderne, ainsi que son rôle dans le développement historique de l'irrigation dans la région d'Alicante[9]. Il est inscrit dans la base officielle du ministère de la Culture espagnol sous le numéro R-I-51-0007057 avec la dénomination Pantano de Tibi[1].

Le barrage et une grande partie de son réservoir sont par ailleurs inclus dans le périmètre de l'aire protégée « Riu Montnegre », inscrite au réseau Natura 2000 depuis au titre de la directive Oiseaux pour trois espèces : le hibou grand-duc (Bubo bubo), l'aigle de Bonelli (Aquila fasciata) et le bouvreuil githagine (Bucanetes githagineus)[10].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 (es) « Sección 1ª. Bienes de interés cultural : Pantano de Tibi », sur cultura.gva.es (consulté le ).
  2. (es) « Presa: Tibi », sur Sociedad Española de Presas y Embalses (consulté le ).
  3. (es) Juan José, « El pantano de Tibi en el recuerdo », sur alicantevivo.org, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 (es) Css. Llegat Històric, « Informe sobre la situación en que se encuentra el Pantano de Tibi » [PDF], sur cvcultura.es, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 (es) Ministerio de Fomento, « Gigantes del ingenio », Revista del Ministerio de Fomento, no 542 « Ingeniería, cartografía y navegación en la España del Siglo de Oro », extra julio-agosto 2012 (2ª edición), p. 6-8 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  6. (es) José Carlos de San Antonio Gómez et Miguel Ángel León Casas, « La cartografía aplicada a la representación de las obras publicas españolas. Siglos XVI a XIX », dans XIV Congreso Internacional de Ingeniería gráfica: Santander, 2002, actas de congreso 5,6 y 7 de junio, Santander, Editorial Universidad Cantabria, , 800 p. (lire en ligne), p. 749-759.
  7. (es) Enrique Giménez López, « Un testimonio desconocido del Dean Martí sobre el pantano de Tibi », Revista de Historia Moderna, no 1, , p. 71-81 (DOI https://doi.org/10.14198/RHM1981.1.03 Accès libre).
  8. (es) Jose A. Rico, « Un coloso de Europa de 430 años en el olvido », sur informacion.es, (consulté le ).
  9. 1 2 (es) « Decret 84/1994, de 26 d'abril, del Govern Valencià, pel qual es declara be d'interès cultural, amb categoria de monument, el Pantà de Tibi », Diari oficial de la Generalitat de Valenciana, no 2268, , p. 5348-5349 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  10. (es) « ES0000460 », sur natura2000.eea.europa.eu (consulté le ).

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • (es) Gumersindo Vicuña et Nicolás María Serrano, Tratado completo de agricultura moderna, t. 1, Madrid, M. Rodriguez, , 462 p. (lire en ligne), p. 191-198.
  • (es) Eduardo Camarero Casas, Márius Beviá y García et José Francisco Beviá García, Tibi, un pantano singular, Valencia, Generalidad Valenciana, , 155 p. (ISBN 84-7579-708-3).
  • (es) Armando Alberola Romá, El Pantano de Tibi y el sistema de riegos en la huerta de Alicante, Alicante, Instituto de cultura Juan Gil-Albert, coll. « Divulgación » (no 1), , 2e éd. (1re éd. 1984), 194 p. (ISBN 84-7784-120-9).

Articles connexes

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Liens externes

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