Barrière de corail du Belize

ensemble d'îles coralliennes situées au large du Belize

La barrière de corail du Belize (en anglais : Belize Barrier Reef) est un système de récifs coralliens s'étendant le long de la côte du Belize, en Amérique centrale, dans la mer des Caraïbes.

Barrière de corail du Belize
Belize Barrier Reef (en)
Le Belize et sa barrière de corail vus par satellite en 2001.
Le Belize et sa barrière de corail vus par satellite en 2001.
Géographie
Pays Drapeau du Belize Belize
Localisation Mer des Caraïbes (océan Atlantique)
Coordonnées 17° 18′ 56″ N, 87° 32′ 04″ O
Superficie 960 km2
Nombre d'îles 450 cayes environ
Île(s) principale(s) Caye Ambergris, Caye Caulker, Caye Chapel
Géologie Îles coralliennes
Administration
Statut Patrimoine mondial (réserve, 1996)

Districts Belize, Corozal, Stann Creek, Toledo
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Nom du Bien Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize
Numéro
d’identification
764
Année d’inscription
Critères (vii) (d), (ix) (d) et (x) (d)
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC−06:00
Géolocalisation sur la carte : Belize
(Voir situation sur carte : Belize)
Barrière de corail du Belize
Barrière de corail du Belize
Géolocalisation sur la carte : Caraïbes
(Voir situation sur carte : Caraïbes)
Barrière de corail du Belize
Barrière de corail du Belize
Archipels au Belize

Elle forme le tronçon le plus septentrional du système méso-américain de barrière de corail, et constitue, selon les indicateurs retenus, le plus grand récif barrière de l'hémisphère nord[N 1] ou le deuxième plus vaste ensemble corallien au monde, après la Grande Barrière de corail australienne.

Le site comprend plusieurs atolls coralliens et plusieurs centaines de cayes, dont le Grand Trou Bleu, un gouffre marin d'origine karstique rendu célèbre par les explorations du commandant Jacques-Yves Cousteau. Il abrite une biodiversité exceptionnelle, comptant parmi ses habitants des centaines d'espèces de coraux et de poissons ainsi que plusieurs espèces menacées, telles que le lamantin et diverses tortues marines. La barrière constitue également la principale destination touristique du pays et un pilier de son économie halieutique.

Une partie du système est protégée au sein du réseau de réserves du récif de la barrière du Belize, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996. Placé sur la liste du patrimoine mondial en péril de 2009 à 2018 en raison des pressions liées au développement côtier et au changement climatique, ce réseau continue de faire face à des menaces persistantes, au premier rang desquelles le blanchissement des coraux.

Géographie

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Localisation et étendue

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La barrière de corail du Belize longe la côte orientale du Belize, en Amérique centrale, dans la mer des Caraïbes. Elle constitue le plus grand récif-barrière de l'hémisphère nord[1] et le plus vaste complexe récifal de la région Atlantique-Caraïbes[1]. Elle s'étend sur environ 300 kilomètres le long du plateau continental bélizien, à une distance de la côte variant de 0,5 à 40 kilomètres selon les secteurs[2].

Elle constitue le tronçon le plus septentrional du système méso-américain de barrière de corail, qui se prolonge sur près de 900 kilomètres depuis la péninsule du Yucatán, au Mexique, jusqu'au Honduras[2]. Pris dans son ensemble, ce système fait du récif bélizien le deuxième plus grand complexe corallien au monde après la Grande Barrière de corail australienne[1],[3].

Atolls et cayes

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Au large du récif barrière proprement dit se trouvent trois atolls coralliens indépendants : l'atoll Turneffe, le récif Lighthouse et le récif Glover[4]. Ces trois formations comptent parmi les seuls atolls de l'océan Atlantique[5]. Géologiquement, elles reposent sur des blocs faillés inclinés, orientés nord nord-est, situés en bordure du plateau continental du Yucatán[4].

Le récif Lighthouse abrite le Grand Trou Bleu (Great Blue Hole), un aven marin d'origine karstique résultant de l'effondrement d'un ancien réseau de grottes calcaires noyées, large d'environ 300 mètres et profond d'une centaine de mètres, dont les stalactites immergées témoignent d'anciennes conditions climatiques terrestres[2].

L'ensemble du système récifal compte environ 450 cayes de sable et de mangrove[6], parmi lesquelles la caye Ambergris, Caye Caulker et Caye Chapel figurent parmi les plus fréquentées touristiquement.

Formation géologique

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Le plateau continental bélizien constitue le prolongement immergé du plateau du Yucatán, une surface karstique de faible relief parsemée d'anciens chenaux fluviaux et de dolines noyées, dont le Grand Trou Bleu est l'exemple le plus spectaculaire[2]. Les calcaires qui constituent ce socle se sont déposés de façon quasi continue depuis environ 135 millions d'années jusqu'à une période géologiquement récente[2].

Le récif actuel s'est développé au cours de l'Holocène, sur un substrat de calcaire récifal datant du Pléistocène. Des travaux de forage menés en 2000 dans les lagons de Turneffe, de Lighthouse Reef et de Glover's Reef ont permis de dater l'établissement du récif-barrière entre 8 260 et 6 680 ans avant le présent[7]. Ces recherches ont également établi que le récif de la barrière du Belize constitue le plus grand système récifal de l'ensemble de l'océan Atlantique[7].

Ecosystèmes et biodiversité

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Coraux et flore marine

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Le réseau de réserves du récif de la barrière du Belize abrite une biodiversité corallienne remarquable, avec 65 espèces de coraux scléractiniaires recensées à ce jour[1], aux côtés de nombreuses espèces de coraux mous. La flore marine du site comprend environ 247 taxons recensés, complétés par 178 espèces végétales terrestres présentes sur les cayes émergées[1]. Les herbiers de phanérogames marines, notamment des genres Halophila et Halodule, occupent une large part des fonds sableux et constituent une ressource alimentaire essentielle pour les lamantins et les tortues marines.

Une grande partie du complexe récifal demeure toutefois peu étudiée : selon certaines estimations, seuls environ 10 % de sa superficie totale ont fait l'objet de recherches scientifiques organisées, laissant supposer l'existence d'espèces encore non recensées[8].

Faune marine

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Le site héberge plus de 500 espèces de poissons[1] ainsi que 350 espèces de mollusques et 45 espèces d'hydrozoaires[1], aux cotés d'une grande diversité d'éponges et de vers marins. Plusieurs espèces emblématiques y trouvent refuge, dont la raie aigle tachetée, le requin-baleine et diverses espèces de dauphins[9].

Le récif constitue en outre un habitat déterminant pout plusieurs espèces menacées : le lamantin des Antilles (Trichechus manatus), dont la région abriterait la plus importante population mondiale[10], le crocodile américain et trois espèces de tortues marines[1]. Le site abrite également plusieurs espèces endémiques, parmi lesquelles des oiseaux propres à la région de Yucatán, des lézards insulaires ainsi que divers poissons, tuniciers et éponges[1].

Le Grand Trou Bleu

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Vue aérienne d'un gouffre marin circulaire d'un bleu profond, entouré d'eaux turquoise peu profondes.
Le Grand Trou Bleu, vu du ciel, au cœur du récif Lighthouse.

Au-delà de son intérêt géologique (voir section « Géographie »), le Grand Trou Bleu présente un intérêt écologique propre : ses eaux profondes et pauvres en oxygène en font un environnement singulier, propice à la conservation de spéléothèmes immergés qui renseignent les chercheurs sur les conditions climatiques passées de la région[2]. Il est aujourd'hui fréquenté par des requins gris de récif et plusieurs espèces de mérous[9].

Menaces environnementales

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Changement climatique et blanchissement corallien

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Le changement climatique et la hausse consécutive des températures de surface de la mer constituent la principale menace pesant sur le récif[11]. Le système a connu plusieurs épisodes documentés de blanchissement massif, notamment en 1998, 2017 et lors de l'épisode mondial de 2023-2024[12],[13],[14].

L'épisode de 1998, provoqué par des anomalies thermiques régionales liées à l'oscillation El Niño, a entraîné le premier effondrement complet et documenté d'une population corallienne dans les Caraïbes : les récifs lagonaires du centre du système ont subi une mortalité massive, un phénomène sans précédent depuis au moins 3 000 ans selon l'analyse de carottages coralliens[12]. Les récifs situés en bordure externe de la barrière, davantage exposés aux courants océaniques, ont en revanche montré des signes de rétablissement dès l'année suivante[15].

L'année 2017 a été identifiée par la biologiste marine Lisa Carne, fondatrice de l'organisation de restauration corallienne Fragments of Hope, comme l'une des pires observées jusqu'alors : des températures anormalement élevées ont affecté plus de 40 % des colonies coralliennes sur dix sites d'étude suivis à l'automne[13].

À partir de 2023, les récifs béliziens ont été touchés par le quatrième événement mondial de blanchissement corallien recensé, provoqué par des températures océaniques extrêmes et prolongées. Environ 40 % des colonies ont été sévèrement affectées, avec une mortalité significative observée sur plusieurs sites emblématiques[14]. Cette dégradation s'est prolongée au-delà même de la période des relevés, la mortalité corallienne s'étant poursuivie après la clôture des campagnes d'observation[16].

Pollution et ruissellement agricole

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Rangée de palétuviers aux racines enchevêtrées émergeant d'une eau côtière peu profonde.
Mangrove sur une caye du Belize, un écosystème qui filtre naturellement les polluants avant qu'ils n'atteignent le récif.

La qualité des eaux côtières est affectée par le ruissellement agricole, les eaux usées insuffisamment traitées et, dans une moindre mesure, par le développement touristique et urbain mal régulé[11]. Seuls 18 % environ de la population bélizienne disposent d'un système d'assainissement adéquat, ce qui favorise un apport excessif de nutriments dans les eaux côtières, à l'origine de proliférations d'algues nuisibles et d'une diminution du taux d'oxygène dissous préjudiciables aux coraux[17]. Plus de la moitié de la population bélizienne dépend directement des secteurs de la pêche et de l'agriculture, ce qui accroît la vulnérabilité économique du pays face à la dégradation de cet écosystème[17].

Surpêche et mesures de régulation

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La surpêche et les pratiques de pêche illégales figurent parmi les pressions majeures affectant le récif, notamment par la déstabilisation des populations de poissons herbivores qui régulent la croissance des algues concurrençant les coraux[18].

Face à un rapport indiquant qu'environ 60 % du récif se trouvait alors dans un état passable à critique[N 2], et sous la menace d'un retrait de son statut de patrimoine mondial par l'UNESCO, le gouvernement bélizien a interdit en décembre 2010 toute forme de chalutage de fond dans l'ensemble de ses eaux territoriales, y compris sa zone économique exclusive[19]. Le pays devenait ainsi l'un des tout premiers au monde, avec le Venezuela et les Palaos, à instaurer une interdiction permanente de cette pratique[20]. Cette mesure s'est accompagnée, dès 2009, d'une protection intégrale des poissons-perroquets et des poissons-chirurgiens, espèces herbivores jugées essentielles à la résilience du récif[21].

Un programme dit d'« accès géré » (Managed Access), fondé sur l'attribution de droits de pêche individuels, a par ailleurs été mis en place afin de mettre fin au régime d'accès libre aux eaux béliziennes et de responsabiliser les pêcheurs locaux, en complément de fermetures saisonnières visant la langouste et le conque reine[11].

Évolution récente

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Le rapport 2024 du réseau de suivi du récif meso-américain (Mesoamerican Reef Report Card), publié par l'organisation Healthy Reefs for Healthy People en collaboration avec plus de 70 organismes régionaux, évalue l'état général du récif bélizien comme « médiocre », avec un indice de santé récifale moyen de 2,5 sur 5, établi à partir de relevés menés sur 110 sites[16]. La couverture corallienne vivante y est passée de 19 % à 17 % sous l'effet conjugué des épisodes de blanchissements et de maladies coralliennes émergentes, telles que la maladie de perte de tissus des coraux[14].

Ce même rapport souligne toutefois une évolution positive de la biomasse des poissons commerciaux (+ 40 %) et des poissons herbivores (+ 30 %), attribuée à un renforcement des mesures d'application de la réglementation halieutique, bien que la maturité des populations de vivaneaux et de mérous demeure préoccupante[14]. Le système reste par ailleurs exposé à plusieurs pressions persistantes : développement côtier insuffisamment régulé, ruissellement agricole transfrontalier, espèces invasives et changement climatique[11].

Protection et gestion

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Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize

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Une partie du système corallien est protégée au sein du réseau de réserves du récif de la barrière du Belize, qui regroupe sept aires marines protégées distinctes réparties le long de la barrière et de ses atolls. Ce réseau couvre une superficie totale d'environ 96 300 hectares[N 3],[2], incluant notamment le récif Glover, le Grand Trou Bleu, ainsi que les réserves marines de South Water Caye et de Hol Chan Marine Reserve (en)[1].

Inscription au patrimoine mondial

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Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize *
Pays Drapeau du Belize Belize
Subdivision Districts de Belize, Corozal, Stann Creek, Toledo
Numéro
d’identification
764
Année d’inscription (20e session)
Classement en péril 2009-2018
Critères (vii)(ix)(x)
Superficie 96 300 ha
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Le réseau de réserves du récif de la barrière du Belize est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996, au titre des critères naturels vii (diversité exceptionnelle des sites), ix (large gradient des écosystèmes) et x (abri d'une grande diversité d'espèces)[1].

En 2009, le site est placé sur la liste du patrimoine mondial en péril, l'UNESCO invoquant la vente et la cession de terrains à des fins de développement privé au sein même du bien protégé, la destruction de mangroves et l'extraction pétrolière offshore, dans un contexte d'absence de cadre réglementaire suffisamment solide pour garantir la préservation de ses valeurs exceptionnelles[22].

À la suite d'une feuille de route triennale établie en 2015 avec l'UNESCO et l'UICN, le gouvernement bélizien engage une série de mesures correctives, aboutissant à l'adoption d'un moratoire permanent sur l'exploration et le forage pétroliers dans l'ensemble de ses eaux maritimes ainsi qu'à un renforcement de la réglementation forestière protégeant les mangroves[23]. Réuni à Manama, le Comité du patrimoine mondial retire le site de la liste du patrimoine mondial en péril le 26 juin 2018, estimant que ces mesures de sauvegarde justifiaient ce retrait[22].

Mesures législatives

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La protection du récif s'appuie sur plusieurs textes législatifs adoptés en réponse aux pressions identifiées par l'UNESCO et les organisations de conservation. En décembre 2015, le gouvernement bélizien approuve une première interdiction de forage pétrolier à l'intérieur des sept zones constituant le réseau de réserves du patrimoine mondial[24]. Cette mesure est étendue en décembre 2017 à l'ensemble des eaux territoriales du pays par l'adoption d'un moratoire permanent sur toute exploration et tout forage pétroliers offshore, faisant du Belize l'un des tout premiers pays au monde, avec le Venezuela et les Palaos, à instaurer une telle interdiction totale[13],[20].

À ces mesures s'ajoute l'interdiction du chalutage de fond dans l'ensemble de la zone économique exclusive bélizienne, entrée en vigueur en décembre 2010[19] (voir section « Surpêche »).

Tourisme

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Raie pastenague de couleur brune évoluant au ras du fond sableux en eau peu profonde.
Une raie pastenague (Dasyatis americana), espèce couramment observée par les plongeurs sur le site de Shark Ray Alley (en).

La barrière de corail du Belize constitue la principale destination touristique du pays et l'un des pilliers de son économie. Selon l'Organisation mondiale du tourisme et le Conseil mondial du voyage et du tourisme, le secteur touristique dans son ensemble représente environ 40 % du produit intérieur brut bélizien[25], une part significative de cette activité étant directement liée au récif corallien[26]. Selon une étude de The Nature Conservancy, environ un quart des activités touristiques du pays sont directement liées au récif[26], tandis que le Fonds mondial pour la Nature (WWF) estime que le tourisme associé au récif corallien du Belize soutient environ 28 800 emplois[27].

Selon une enquête menée en 2017 par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le récif corallien, les aires marines protégées et les îles au large figuraient parmi les trois attractions les plus fréquentées du pays, visitées respectivement par 57 %, 46 % et 42 % des touristes interrogés[28]. Le snorkeling constituait alors l'activité la plus pratiquée (71 % des visiteurs), suivi par la spéléologie (31 %) et la randonnée en forêt tropicale (30 %) ; la plongée subaquatique concernait quant à elle 19 % des touristes[28].

L'attrait touristique du récif repose notamment sur des sites emblématiques tels que le Grand Trou Bleu, la réserve marine de Hol Chan et le site de Shark Ray Alley (en), réputé pour l'observation de raies et de requins nourrices en eaux peu profondes[25]. Selon le World Resources Institute, le tourisme associé aux récifs coralliens et aux mangroves a généré entre 175 et 262 millions de dollars américains pour l'économie bélizienne en 2007, dont 30 à 37 millions de dollars issus des seules activités de pêche sportive et de plongée[29]. Le tourisme de croisière, quant à lui, draine un volume élevé de visiteurs mais génère un impact économique nettement plus limité : sur les 620 000 passagers de croisière recensés en 2007, seuls 10 % environ ont participé à des activités liées au récif ou aux mangroves[29].

Selon les statistiques officielles, la fréquentation touristique du Belize a atteint environ 1,7 million de visiteurs (croisière et séjour combinés) en 2023, avec une progression de 21 % du nombre de séjours l'année suivante[30][réf. à confirmer].

Histoire

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Occupation précolombienne

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La fréquentation humaine du récif remonte à plusieurs millénaires. Selon l'Encyclopædia Britannica, la civilisation maya exploita le récif comme zone de pêche et de commerce entre environ 300 av. J.-C. et 900 apr. J.-C.[10]. Des vestiges archéologiques associés à cette occupation ont notamment été mis au jour dans les secteurs de South Water Caye, des cayes Sapodilla et du récif Glover[31].

Arrivée européenne et piraterie

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À partir du XVIIe siècle, la barrière de corail sert de refuge à des pirates d'origine écossaise et anglaise, qui exploitent également les ressources du récif après s'y être initialement réfugiés[10]. Sa navigation particulièrement complexe, semée de hauts-fonds coralliens, dissuade longtemps toute l'exploration systématique par les puissances coloniales européennes.

Reconnaissance scientifique

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Navire océanographique blanc à la coque massive, amarré dans un port.
La Calypso, navire du commandant Jacques-Yves Cousteau, photographiée à Montréal en 1980, plusieurs années après son expédition au Grand Trou Bleu en 1971.

En 1842, le naturaliste britannique Charles Darwin qualifie le récif bélizien de « récif le plus remarquable des Antilles » (the most remarkable reef in the West Indies), une formule aujourd'hui reprise par l'UNESCO elle-même pour décrire le site[1]. Cette description figure dans son ouvrage consacré à la structure et à la repartition des récifs coralliens, publié la même année.

Au XXe siècle, le Grand Trou Bleu, situé au cœur du récif Lighthouse, est popularisé par les explorations sous-marines du commandant Jacques-Yves Cousteau, qui y conduit une expédition en 1971 à bord de la Calypso, contribuant à faire du site l'une des destinations de plongée les plus renommées au monde[2].

Philatélie

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En 1984 et 1985, l'admnistration postale du Belize émet une série de timbres-postes portant la mention « Cayes of Belize », consacrés aux îles au large de la barrière de corail[32]. Le premier timbre de cette série paraît le 30 mai 1984[33]. Contrairement à une idée reçue parfois répandue, ces timbres n'étaient pas émis par une entité distincte non reconnue : il s'agissait d'émissions officielles de la poste bélizienne, valables dans l'ensemble du pays, à l'image d'une pratique déjà observée dans d'autres territoires du Commonwealth tels que l'île Norfolk ou le territoire antarctique australien, où le pays « parent » émet des timbres à thématique locale utilisables sur tout son territoire[32].

Cette initiative, principalement destinée au marché des collectionneurs thématiques, est toutefois mal accueillie dans les Cayes elles-mêmes[32]. Faute d'un accueil commercial suffisant — la série n'étant notamment pas répertoriée par le catalogue Stanley Gibbons, ce qui aurait nui à sa diffusion parmi les collectionneurs[34] —, l'émission de nouveaux timbres « Cayes of Belize » cesse en juin 1985, les stocks existants demeurant valables sur l'ensemble du territoire bélizien[32].

Galerie

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La barrière de corail du Belize photographiée depuis la Station spatiale internationale en 2016.

Notes et références

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  1. Cette formulation, employée par l'UNESCO, se distingue du classement plus large de « deuxième plus grand système récifal au monde », qui inclut l'ensemble du système méso-américain de barrière de corail au-delà des seules eaux béliziennes.
  2. Ce chiffre provient d'une source journalistique et non d'une publication scientifique primaire ; il est rapporté ici à titre de contexte ayant motivé la décision politique de 2010.
  3. Soit environ 963 km², une valeur légèrement supérieure aux 960 km² parfois cités pour l'ensemble du réseau de réserves ; l'écart provient d'un simple arrondi selon les sources.

Références

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  3. (en) « Belize Barrier Reef Reserve System », sur Eveything Everywhere (consulté le )
  4. 1 2 (en) « Holocene lagoonal development in the isolated carbonate platforms off the Belize », sur ScienceDirect, (consulté le )
  5. (en) « Belize Barrier Reef UNESCO World Heritage », sur Visit Belize (consulté le )
  6. (en) « Belize Barrier Reef Reserve System », sur Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO (consulté le )
  7. 1 2 (en) « Holocene development of three isolated carbonate platforms, Belize, Central America », sur ScienceDirect (consulté le )
  8. (en) « Belize Barrier Reef Reserve System ecology », sur EBSCO Research Starters (consulté le )
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  10. 1 2 3 (en) « Belize Barrier Reef », sur Encyclopædia Britannica (consulté le )
  11. 1 2 3 4 (en) « Belize Barrier Reef Reserve System », sur IUCN World Heritage Outlook, (consulté le )
  12. 1 2 (en) « Coral bleach-out in Belize », sur Nature (consulté le )
  13. 1 2 3 (en) « How Belize Is Restoring Its Coral Reefs and Damaged Ocean », sur National Geographic, (consulté le )
  14. 1 2 3 4 « A Glimmer of Good News from the Mesoamerican Reef », sur Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens (GCRMN), (consulté le )
  15. (en) « The 1998 bleaching event and its aftermath on a coral reef in Belize », sur Marine Biology, Springer, (consulté le )
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  18. (en) « Coral in the Crossfire », sur Barriers, University of North Carolina (consulté le )
  19. 1 2 (en) « Belize Bans Bottom Trawling in Exclusive Economic Zone », sur Oceana, (consulté le )
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Voir aussi

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