Barrière à dingos

plus longue clôture au monde destinée à protéger les élevages de moutons des incursions des dingos, Australie

La barrière à dingos (en anglais : Dingo Fence) est la plus longue clôture construite au monde, référencée dans le livre Guiness des records[1].

Barrière à dingos
La Dingo Fence sur le 29e parallèle sud à la limite du parc national Sturt situé en Nouvelle-Galles du Sud (à droite de la clôture).
Présentation
Type
Fondation
Localisation
Localisation
Coordonnées
Carte

Située en Australie, elle est destinée à protéger les élevages de moutons des incursions des dingos, les chiens sauvages australiens. La clôture parcourt ses 5 320 kilomètres en allant des Darling Downs dans le Queensland, jusqu'à la péninsule d'Eyre, en Australie-Méridionale. Elle protège ainsi tout le sud-est du pays des incursions du prédateur, notamment les États de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria[2].

Historique

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Le tracé de la Dingo Fence (en violet).

Les premières clôtures de ce type en Australie ont été créées pour protéger les petites parcelles de terres cultivées contre la prédation par les marsupiaux. Dans les années 1860 et 1870, les populations de lapins introduits par les colons ont commencé à se propager rapidement dans le sud de l'Australie. En 1884, une clôture contre les lapins a été construite. Devant l'échec complet de cette dernière, le gouvernement australien décida dès les années 1880 de transformer la clôture en barrière contre les dingos. En 1953, le New York Times chiffrait le coût des attaques de dingos à 500 000 moutons tués par an dans le Queensland, représentant 42 millions de dollars australiens de pertes (par an également)[3].

Appellations

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Près de Ceduna, ville côtière d'Australie-Méridionale où elle commence, elle est nommée la Wild Dog Fence Barrière à chien sauvage »).

En Nouvelle-Galles du Sud, elle est appelée la Border Fence Barrière frontalière »), car elle suit le tracé des frontières nord-ouest de l'État jusqu'au Cameron Corner dans le désert Strzelecki.

Au Queensland, où elle finit près de Toowoomba, ville située à 132 km à l'ouest de Brisbane, elle est connue sous le nom de Barrier Fence.

Il ne faut pas confondre cette clôture avec l'ancienne barrière anti-lapins située en Australie-Occidentale qui elle, fut édifiée pour éviter l'invasion des lapins, et qui était mentionnée dans le livre de Doris Pilkington Garimara, Follow the Rabbit-Proof Fence, sur l'histoire vraie de trois petites filles aborigènes qui ont longé la clôture pour retrouver leurs mères, et qui fut également adapté au cinéma avec le film Le Chemin de la liberté.

Description

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La clôture en grillage a une hauteur de 1,80 m et s'enfonce sur 30 cm sous terre. La construction d'une clôture n'est pas autorisée à m de part et d'autre de la « Dingo Fence ». Les poteaux de clôture en acier sont espacés tous les m.

Une partie de la clôture est éclairée la nuit par des tubes fluorescents à cathode froide qui sont alternativement de couleur blanche et rouge. Ils sont alimentés par des batteries longue durée fournies en énergie solaire photovoltaïque durant la journée.

Une série de portes permettent aux véhicules de traverser la clôture.

Entretien

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En Nouvelle-Galles du Sud, l'entretien de la clôture est assuré par une équipe de 13 personnes qui résident pour la plupart dans des maisons situées le long de celle-ci[4]. Le coût de cet entretien s'élevait en 2012 à plus de 10 million de dollars par an[5],[6], et est partiellement comblé par une taxe annuelle de 2,2 cents par hectare sur la location des terres. Cette taxe versée à The Wild Dog Destruction Board Bureau de Lutte Contre la Prolifération du Dingo ») est complétée par une subvention d'un minimum de 100 000 dollars versés chaque année par le gouvernement[7].

Impacts environnementaux

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En 2021, une étude basée sur l'analyse d'images satellites révèle un impact visible depuis l'espace : en effet, les deux côtés de la barrière présentent une nette différence au niveau de la couverture végétale[8]. De fait, l'établissement de cette barrière, en empêchant un superprédateur d'accéder à certains territoires, en a durablement modifié l'écosystème :

« là où les dingos disparaissent, la prolifération des kangourous peut entraîner un surpâturage. Ce dernier, à son tour, dégrade la qualité des sols et rend le paysage plus vulnérable à l'érosion. »[9]

Une autre étude conclut en 2022 que la barrière est néfaste pour les écosystèmes :

« La structure physique et ses systèmes de soutien mortels représentent un danger pour la faune et les communautés humaines. La zone de mortalité autour du tracé de 5 614 km de la clôture constitue une vaste zone hostile et inhabitable. Elle a remplacé l’occupation et la gestion traditionnelles et stables des terres — occupées avant la colonisation par plus de 23 groupes linguistiques aborigènes — par un élevage instable et aléatoire, au prix de conséquences culturelles et écologiques incalculables. »[6]

Notes et références

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  1. « Longest fence », sur www.guinnessworldrecords.com (consulté le )
  2. (en) « The longest fence in the world has transformed Australia's landscape in surprising ways », ABC News, (lire en ligne, consulté le )
  3. (en-US) Special to THE NEW YORK TIMES, « QUEENSLAND SEES BIG GAIN IN SHEEP; Expects Increase of Million or Two When Dingo-Proof Fencing Is Completed », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  4. (en-GB) Eliza Spencer, « Work under way to bridge 32km gap in NSW dog fence – but ecologists say it should be taken down », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  5. (en-US) Corey J. A. Bradshaw et Euan Ritchie, « Can Australia afford the dingo fence? », sur The Conversation, (consulté le )
  6. 1 2 (en) Justine Philip, « The Dingo Barrier Fence: Presenting the case to decommission the world’s longest environmental barrier in the United Nations Decade on Ecosystem Restoration 2021–2030 », Biologia Futura, vol. 73, no 1, , p. 9–27 (ISSN 2676-8615 et 2676-8607, DOI 10.1007/s42977-021-00106-z, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) « The Dog Fence: what future for this iconic but contentious barrier? », sur Australian Geographic (consulté le )
  8. (en) Adrian G. Fisher, Charlotte H. Mills, Mitchell Lyons et William K. Cornwell, « Remote sensing of trophic cascades: multi‐temporal landsat imagery reveals vegetation change driven by the removal of an apex predator », Landscape Ecology, vol. 36, no 5, , p. 1341–1358 (ISSN 1572-9761, DOI 10.1007/s10980-021-01206-w, lire en ligne, consulté le )
  9. (en-GB) « Australia's dingo fence from space: satellite images reveal its effects on landscape », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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