Barthélemy de Chinon
Barthélemy de Chinon est un ecclésiastique français, archevêque de Tours de 1052 à sa mort, le 9 ou .
Biographie
modifierOrigines
modifierBarthélemy, dit de Chinon, est le frère de Jean de Chinon[1],[2], l'homme à qui le comte d'Anjou Geoffroy Martel confie la garde du château de Chinon après sa conquête en 1044[2].
Selon Jacques Boussard, il est moine à l'abbaye Notre-Dame d'Évron avant son accession à l'épiscopat[1] ce qu'Olivier Guillot conteste. Il relève qu'avant 1029, Barthélemy est déjà prévôt du chapitre de la cathédrale de Poitiers[2]. Pour lui, Barthélemy appartient une famille du Poitou[3],[2], qui possède la seigneurie de Mirebeau[3]. Jacques Boussard le rattache plutôt à l'aristocratie tourangelle[1].
Archevêque
modifierSelon P. Calendini, il est archevêque de Tours à partir de 1052 au plus tard, puisqu'à cette date il est cité comme témoin dans une charte[4]. C'est l'année où il succède à l'archevêque Arnoul selon Jacques-Xavier Carré de Busserolle[3] et Jean-Hervé Foulon[5]. Pour Olivier Guillot, Barthélemy devient archevêque de Tours entre le et le [2]. Le choix de Barthélemy, fidèle du comte d'Anjou Geoffroy Martel, comme archevêque de Tours affirme la domination du comte d'Anjou sur la Touraine, mais Barthélemy semble avoir été aussi proche du roi de France Henri Ier[6].
En 1054, Barthélemy consacre l'église abbatiale de Cormery, assisté de l'évêque d'Angers Eusèbe Brunon[3]. En 1059, il assiste au sacre du roi Philippe Ier par l'archevêque de Reims Gervais de Bellême[7]. Il préside trois conciles, deux à Tours en 1055 et en 1060 et un à Angers[3]. Le pape Nicolas II tranche — semble-t-il lors du synode de Latran de 1059 — un conflit entre les abbayes Saint-Aubin d'Angers et la Trinité de Vendôme. Sa décision, annoncée à Barthélemy par l'évêque de Nevers Hugues II, est en faveur de cette dernière abbaye. Lors du concile de Tours de 1060, Barthélemy échoue à la faire accepter par l'abbaye Saint-Aubin[4].
Après la mort de l'évêque du Mans Vulgrin de Vendôme en 1064, le duc de Normandie Guillaume le Conquérant nomme le nouvel évêque, Arnaud. Barthélemy est son métropolitain et doit normalement le sacrer, mais le comte d'Anjou Geoffroy le Barbu tente de l'en empêcher, ce dont Barthélemy se plaint auprès du roi Philippe Ier puis du pape Alexandre II[8],[9]. Dans sa lettre au pape, Barthélemy revendique la qualité d'archevêque royal[7]. Il excommunie Geoffroy le Barbu, sentence confirmée par le légat du pape Étienne lors d'un synode organisé à Saumur le [9].
Dans ce conflit, Barthélemy est soutenu par le frère de Geoffroy le Barbu, Foulques le Réchin, qui devient comte d'Anjou après la déposition de Geoffroy le Barbu en 1067. Le premier acte dans lequel Foulques le Réchin s'intitule comte, passé à Saumur le , porte la croix de Barthélemy, entre autres souscriptions de grands seigneurs[10]. Quand, à l'été 1067, Geoffroy le Barbu est provisoirement rétabli comte comte par le roi, Barthélemy ne participe pas à cette réconciliation[11].
Selon P. Calendini, Barthélemy est archevêque jusqu'en 1061[4]. Selon Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Barthélemy meurt le ou en 1067 ou en 1068[3]. Selon Olivier Guillot et Jean-Hervé Foulon, il meurt en 1068, le [12],[5] ou le [5]. Après une vacance de cinq ans[7], le doyen du chapitre cathédral de Tours, Raoul Ier de Langeais, lui succède comme archevêque de Tours[12],[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 Jacques Boussard, « Les évêques en Neustrie avant la Réforme grégorienne (950-1050 environ) », Journal des savants, vol. 3, no 1, , p. 161–196 (DOI 10.3406/jds.1970.1228, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Guillot 1972, p. 89.
- 1 2 3 4 5 6 Carré de Busserolle 1878, p. 144.
- 1 2 3 Calendini 1932, col. 1030.
- 1 2 3 Foulon 2008, p. 606.
- ↑ Guillot 1972, p. 90.
- 1 2 3 4 Foulon 2008, p. 27.
- ↑ Guillot 1972, p. 106-107.
- 1 2 Foulon 2008, p. 103.
- ↑ Guillot 1972, p. 108-109.
- ↑ Guillot 1972, p. 110.
- 1 2 Guillot 1972, p. 252.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- P. Calendini, « Barthélemy Ier de Chinon », dans A. de Meyer, Étienne van Cauwanbergh (dir.), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 6 : Baader-Bavière, Paris, Letouzey et Ané, , col. 1030.
- Jacques-Xavier Carré de Busserolle, « Barthélemy », dans Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, t. I, Tours, Société archéologique de Touraine, coll. « Mémoires de la société archéologique de Touraine » (no 27), (lire en ligne), p. 144.
- Jean-Hervé Foulon, Église et réforme au Moyen âge : Papauté, milieux réformateurs et ecclésiologie dans les Pays de la Loire au tournant des XIe – XIIe siècles, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge » (no 27), , 698 p. (ISBN 9782804159641, lire en ligne).
- Olivier Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, t. 1 : Étude et appendices, Paris, Picard, , 470 p. (lire en ligne).