Bartimée
Bartimée (en grec ancien : Βαρτίμαιος), dont le nom signifie « fils de Timée » en araméen, est, dans les évangiles, un aveugle guéri par Jésus à l'entrée de Jéricho. Cet épisode figure dans les trois évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc), le nom de Bartimée apparaîssant seulement dans celui de Marc[1],[2].
Bartimée supplie : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. »[3].
Récit
modifierL'Évangile selon Marc (10 : 46-52) relate la guérison d'un mendiant aveugle, nommé Bartimée (littéralement « Fils de Timée »). Il est l’un des rares bénéficiaires de guérison dont les évangélistes nous font connaître le nom.
Alors que Jésus quitte Jéricho avec ses disciples, Bartimée crie : « Fils de David, aie pitié de moi ! » et persiste, même si la foule tente de le faire taire. Jésus fait amener l'homme et lui demande ce qu'il veut ; il répond qu'il souhaite posséder la vue. Jésus lui dit que sa foi l'a guéri ; il recouvre immédiatement la vue et suit Jésus.
L'Évangile de Matthieu présente deux aveugles anonymes, assis au bord de la route ; Jésus est « ému de compassion » et touche leurs yeux (20 :29-34). Une version de la même histoire est exposée plus tôt dans le récit, lorsque Jésus prêche en Galilée. À cette occasion, il demande aux aveugles s'ils croient qu'il peut les guérir. Lorsqu'ils lui répondent affirmativement, il les félicite de leur foi et touche leurs yeux, leur donnant la vue. Il les somme de n'en parler à personne : ils répandent la nouvelle dans tout le quartier (Matthieu 9 :27-31).
L’Évangile de Luc (18 :35-43) traite l’histoire d’une manière différente. Il présente un aveugle anonyme et déplace l'événement, qui se produit alors que Jésus s'approche de Jéricho. Ce qui conduit à l'histoire de Zachée .
Exégèse
modifierCet épisode peut être lu comme une parabole de la découverte de la foi. Ainsi, au départ, Bartimée est aveugle — assis — au bord du chemin. À la fin, Bartimée est « voyant » et suit Jésus sur le chemin[4].
En plus de raconter une histoire miraculeuse qui montre la puissance de Jésus, les auteurs des trois Évangiles utilisent cette histoire pour avancer un objectif clairement théologique. Elle montre une personne qui comprend qui est Jésus et qui adopte la bonne manière de lui répondre – avec foi.
Le mendiant, appelé à rencontrer Jésus, se débarrasse de son manteau, symbolisant l'abandon de ses biens.
L'utilisation du titre « Fils de David » – la seule occasion où il lui est donné dans l'Évangile de Marc –identifie Jésus comme le Messie. Il fait aussi référence à l'autorité royale de Jésus, que les Juifs auraient considérée comme le mettant en désaccord avec César. L'empereur était le seul référent approprié de l'appel de Kyrie Eleison , appelé kyrios en grec (« seigneur » en français).
Notes et références
modifier- ↑ Desplands 1866, p. 226.
- ↑ Références exactes : Mt 20,29-34 ; Mc 10,46-52 ; Lc 18,35-43.
- ↑ Darras 1865, p. 146.
- ↑ Delorme 1985, p. 89-90.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- J.-E. Darras, Histoire générale de l'Église depuis la Création jusqu'à nos jours, t. V, Paris, Louis Vivès, (lire en ligne), p. 146
- Jean Delorme, « Le salut dans l’Évangile de Marc », Laval théologique et philosophique, vol. 41, no 1, , p. 79-108 (lire en ligne)
- J. Desplands, « La guérison de Bartimée », dans Le trésor dans un vase de terre : Discours sur quelques sujets tirés de l'Écriture sainte, Lausanne, Georges Bridel éditeur, (lire en ligne), p. 223-239
- (en) Vernon K. Robbins, « The Healing of Blind Bartimaeus (10:46-52) in the Marcan Theology », Journal of Biblical Literature, Society of Biblical Literature, vol. 92, no 2, , p. 224-243 (JSTOR 3262955)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- En route vers Jérusalem