Basilique Sainte-Praxède de Rome
La basilique Sainte-Praxède (en italien : Basilica di Santa Prassede) est une basilique mineure romaine située dans l'antique regio V (Esquiliae), ou au Moyen Âge dans le rione de Monti, dans la via di Santa Prassede, près de la basilique Sainte-Marie-Majeure. Elle est dédiée à la sainte romaine Praxède.
| Basilique Sainte-Praxède de Rome | |
Entrée principale de la basilique. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Basilica di Santa Prassede |
| Culte | Catholique romain |
| Dédicataire | Praxède de Rome |
| Type | Basilique mineure |
| Début de la construction | VIIIe siècle |
| Site web | santaprassede.wordpress.com |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Latium |
| Ville | Rome |
| Coordonnées | 41° 53′ 47″ nord, 12° 29′ 55″ est |
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Historique
modifierDe nombreuses églises ont été construites autour de la basilique Sainte-Marie-Majeure, parmi lesquelles un titulus de Praxidas, attesté en 491 par une épitaphe au texte lacunaire : tit. Prax..., qu'on a complété en Praxedis alors qu'il valait sans doute mieux restituer Praxidae[1]. L'appellation originale de cette paroisse, attestée dans le synode romain du , était en effet titulus Praxidae, du nom d'un personnage, Praxidas (certainement son fondateur) sur lequel on ne sait rien. Le nom de cet inconnu fut féminisé et remplacé par celui de Praxède, qui n'apparaît, hors de l'hagiographie, qu'à partir du synode romain de 595 (titulus sanctae Praxedis). La figure légendaire de Praxède avait été associée, dès le début du VIe siècle, au très probablement réel fondateur de titulus qu'était Pudens (IIe siècle ou IIIe siècle ?) qui, d'après les Actes pseudépigraphes de Pastor (BHL 6988-6989), aurait été aussi un « ami des Apôtres », certainement en vertu d'un rapprochement avec un passage de la Seconde lettre à Timothée (4, 21) où l'auteur – saint Paul selon une tradition fort contestée aujourd'hui[réf. nécessaire] – salue, parmi d'autres amis résidant à Rome, un homme du nom de Pudens. Ce Pudens composite est devenu, dans la légende tardive, le père des deux saintes Pudentienne (Potentienne chez l'hagiographe) et Praxède.
Selon les Actes pseudépigraphes BHL 6988-6989 (probablement rédigés dans les premières années du VIe siècle), Pudens possédait à Rome une maison où il accueillait les étrangers de passage ; les restes de cet édifice se trouveraient aujourd'hui (mais cette localisation n'est pas certaine) à neuf mètres sous l'actuelle basilique. Il y aurait hébergé – bien que la légende, pourtant inventive, n'en souffle mot – l'apôtre Pierre, du moins si l'on en croit certains auteurs modernes[Lesquels ?][réf. nécessaire] qui ne citent jamais à ce sujet la moindre source antique. Après sa mort, ses filles Praxède et Potentienne, avec le consentement du pape Pie Ier, font construire un baptistère pour baptiser les nouveaux chrétiens. Potentienne et Praxède seraient mortes l'une sous le règne d'Antonin le Pieux, l'autre sous celui de son successeur Marc Aurèle, sans être martyres ni l'une ni l'autre, contrairement à ce qu'on lit parfois dans les ouvrages de piété mal informés ou souvent dans la mauvaise littérature de vulgarisation.
À la mort de Potentienne, Praxède utilise le patrimoine de sa famille, conjugué aux thermes que Novatus lui lègue à sa mort, pour construire une église qui est consacrée par le pape Pie Ier et placée sous le vocable de Sainte-Potentienne (Sainte-Pudentienne). Dans cet édifice, Praxède cache de nombreux chrétiens persécutés. Elle recueille les corps de ceux qui ont été trouvés et martyrisés, et les ensevelit dans la catacombe de Priscille sur la Via Salaria (où elle sera elle aussi enterrée avec sa sœur et son père).
Pour ce qui concerne l'origine de l'église Sainte-Praxède, nous ne tirons rien de l'hagiographie antique, sinon le fait que la légende prépara la transformation du titulus Praxidae (fondé par un obscur Praxidas) en titulus sanctae Praxedis, dénomination qui pérennisa cette sainte fictive, probablement créée par le parti de l'antipape Laurent dans le contexte du schisme laurentien (498-506) pour contrer les prétentions du pape Symmaque[2].
Le Liber Pontificalis indique que vers 780 le pape Adrien Ier rénove complètement ce qui restait du titulus Praxedis. L'église actuelle, en revanche, est due à la rénovation effectuée dès le début de son pontificat par le pape Pascal Ier, qui fait construire un nouveau bâtiment à la place du précédent devenu vétuste (dédicace le ). La nouvelle église, décorée d'importantes mosaïques, est destinée à abriter les ossements des martyrs enterrés dans le cimetière de Priscille. À partir du IXe siècle, l'église est tellement intégrée dans la structure des bâtiments environnants que la façade n'est pas visible de la rue, situation qui a persisté jusqu'à nos jours.
Au milieu du XIIe siècle, l'église est confiée aux chanoines réguliers de Santa Maria del Reno de Bologne, qui, cependant, gèrent très mal l'ensemble du complexe architectural, de sorte que le pape Célestin III, à la fin du siècle, est contraint de leur en enlever la responsabilité. Son successeur, le pape Innocent III, la cède en 1198 aux moines de l'abbaye de Vallombrosa, qui en sont toujours les propriétaires. Dans la première moitié du XIIIe siècle, les structures de la nef ont été renforcées par l'insertion de trois grands arcs et de six grands piliers. Un campanile est adjoint à la même époque, occupant alors une partie du transept gauche. À la fin du siècle, probablement à cause du manque de symétrie du transept, la chapelle qui s'appelle aujourd'hui cappella del Crocifisso a été insérée dans le transept opposé.
D'autres interventions, à l'intérieur de l'église, ont eu lieu au cours des siècles suivants, à la demande des différents cardinaux titulaires de la basilique, dont celles des cardinaux Antonio Gentile Pallavicino, qui a reconstruit la zone du presbytère ; Charles Borromée, qui a reconstruit l'escalier d'accès, le portail central et la sacristie, posé la voûte dans les nefs et ouvert les huit grandes fenêtres de la nef centrale (il y en avait 24 à l'époque de Pascal Ier) ; Alexandre de Médicis, qui commande la décoration de la nef ; et enfin, le cardinal Lodovico Pico della Mirandola, qui dans la première moitié du XVIIIe siècle, suivant la suggestion du synode romain de 1725, fait rechercher les anciennes reliques, occasionnant une nouvelle intervention dans le domaine presbytéral et la reconstruction de la crypte.
Au cours du XIXe siècle et du XXe siècle, diverses interventions ont été effectuées pour retrouver les structures médiévales par la destruction des ajouts ultérieurs : ainsi, en 1918, le sol a été refait dans le style cosmatesque, et en 1937, l'enduit de la façade a été retiré pour restaurer l'ancienne structure.
Le titre cardinalice de Sainte Praxède a été établi par le pape Évariste vers 112 et assigné à cette église plusieurs siècles plus tard.
- La façade depuis la cour intérieure.
- Intérieur de la basilique.
- Maître-autel et abside de la basilique.
Architecture et décoration
modifier9) Clocher, 10) Sanctuaire et chœur monastique, 11) Entrée de la crypte, 12) Chapelle du Crucifix de Sainte Brigitte de Suède.
13) Porte latérale, 14) Tombeau du cardinal Alano, 15) Tombeau de Mgr Santoni, par Bernin, 16) Chapelle Saint-Zénon, 17) Sanctuaire de la colonne de la Flagellation des Seigneurs, 18) Chapelle Saint-Pie X, 19) Chapelle Saint-Bernardo Uberti.
L'architecture extérieure de cette église est de nos jours quasi invisible en raison de ses restructurations successives au fil du temps et de son intégration au sein de différents immeubles et échoppes sur ses flancs. L'entrée principale se fait par une porte latérale à droite, et la façade n'est visible que d'une petite cour accessible par l'intérieur de l'église. La basilique est riche de très nombreuses mosaïques réalisées sous le pape Pascal Ier (817-824). La chapelle latérale dite de Saint-Zénon (San Zenone) est particulièrement intéressante, car elle accueille une représentation du Jardin du Paradis. Comme beaucoup de basiliques du Haut Moyen Âge, cette église possède un ciborium.
Selon la tradition légendaire[3], la basilique abrite un fragment de la colonne de la Flagellation du Christ (inventée par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin) en marbre noir veiné de blanc, contre laquelle il fut torturé avant la Crucifixion. Cette relique attribuée à Jésus a été apportée à Rome par le cardinal Jean Colonna en 1223[4]. Dans la crypte se trouvaient deux sarcophages ayant contenu les restes supposés des saintes Pudentienne et Praxède (rapatriés de la catacombe de Priscille au temps de Pascal Ier) et l'on y voit encore une fresque ancienne représentant Praxède.
La basilique abrite également la tombe de l'évêque Giovanni Battista Santoni, décorées par un buste qui constitue la première œuvre du Bernin.
Intérieur
modifierLa basilique possède trois nefs séparées par des colonnes et des piliers qui soutiennent les arcs de renforcement du XIIIe siècle.
Chœur
modifierL'espace du chœur, tel qu'on le voit aujourd'hui, est le fruit des rénovations commandées par le cardinal Lodovico Pico della Mirandola, conformément aux directives du concile romain extraordinaire de 1725, convoqué par le pape Benoît XIV, et réalisées entre 1728 et 1734 d'après les plans de Francesco Ferrari. À cette occasion, de nombreuses reliques ont été découvertes sous le maître-autel, probablement celles transférées par le pape Pascal Ier en 817 depuis le cimetière de Priscille, notamment celles de Pudens, Praxède et Pudentienne.
Les travaux ont permis la construction de la balustrade, de trois volées d'escaliers (deux latérales menant au presbytère et une, centrale, à la crypte), du ciboire, du nouvel autel et des stalles en bois du chœur.
Elle est bordée par l'abside et deux ailes flanquées de trois colonnes et de deux portes chacune. Les colonnes grecques, datant du Ier ou IIe siècle, étaient incorporées aux murs ; les rénovations les ont mises au jour. Les chapiteaux, déjà modifiés au Moyen Âge, ont été adaptés pour soutenir l'architrave. Trois des quatre portes sont purement décoratives.
Au-dessus des ailes se trouve à droite la « Pala dell'Assunta » de 1880 de Francesco Gai, à gauche l'orgue de Filippo Tronci de 1884 et agrandi en 1942 par Giovanni Tamburini.
Afin de rendre l'autel visible, une balustrade abaissée a été construite au centre, avec deux escaliers latéraux menant au chœur et un escalier central descendant vers la crypte.
Le centre de l'abside est orné d'un tableau de Domenico Maria Muratori datant de 1753 , représentant sainte Praxède recueillant le sang des martyrs. La perspective révèle que le tableau est parfaitement encadré par les colonnes du ciboire.
Le ciboire, de plan carré, repose sur quatre colonnes de porphyre rouge provenant de l'ancien ciboire. La coupole est ornée de quatre anges en stuc, œuvres de Giuseppe Rusconi. L'intérieur de la coupole a été peint par Antonio Bicchierai en 1730. Cette nouvelle disposition du chœur remplace les plans initiaux du pape Pascal Ier ; de fait, le ciboire actuel devint le nouvel élément central, empiétant toutefois sur la mosaïque de l' abside située derrière lui.
Sur les piliers de l'arc délimitant le chœur se trouvent deux balcons aux balustres en laiton et aux vitrines à reliquaires. Les balustres sont le seul élément architectural du chœur datant de la précédente rénovation de 1575. Leur construction a nécessité le sacrifice d'une partie des mosaïques de l'arc.
Sur les faces internes des piliers de l'arc de triomphe, deux fresques représentant saint Pierre et saint Paul, peintes par Antonio Bicchierai vers 1730.
Sous le balcon de droite, une plaque de 1743 dédiée à Lodovico Pico Della Mirandola, sous celui de gauche la plaque commémorative d'Angelo Maria Querini.
L'élément le plus remarquable de l'église est le cycle de mosaïques, datant de la rénovation du IXe siècle effectuée par le pape Pascal Ier, et qui recouvrent l'abside, l'arc de l'abside et l'arc triomphal.
Abside
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L'iconographie de l'abside est divisée en deux parties.
Dans la partie supérieure, le Christ est placé au centre, parmi des nuages stylisés, auréolé d'or et orné d'une croix bleue. Sa main droite levée montre les marques des clous, tandis que sa main gauche enserre un rouleau. Au-dessus du Christ, la main de Dieu le Père, émergeant des nuages, couronne son Fils de gloire. À sa gauche se trouvent saint Pierre, sainte Pudentienne et un diacre, dont l'identité est incertaine ; à sa droite, saint Paul, sainte Praxède et le pape Pascal Ier, auréolé du carré qui distingue les vivants et qui présente une maquette de l'église en offrande à Jésus. Ces sept figures sont inscrites dans un espace délimité par deux palmiers, évoquant le paradis : sur le palmier de gauche est représenté le phénix (symbole de naissance et de renaissance). Cette partie est séparée de la suivante par une représentation stylisée du Jourdain , comme le rappelle l'inscription qui y figure (Iordanes).
La partie inférieure de la mosaïque de l'abside représente treize agneaux. Au centre figure le Christ, l'Agneau pascal, debout sur une petite colline d'où jaillissent les quatre fleuves du paradis, s'écoulant vers les quatre points cardinaux (qui représentent symboliquement les quatre évangélistes ). Les six agneaux de chaque côté, tournés vers l'Agneau-Christ, représentent les douze apôtres ; de part et d'autre des deux groupes d'apôtres sont représentées les villes de Bethléem (à gauche) et de Jérusalem (à droite). Cette partie inférieure de l'abside est fermée par une inscription apposée par le pape Pascal, par laquelle le pontife espère que l'offrande du nouvel édifice au Christ lui garantira une place au paradis.
Citation :
EMICAT AULA PIAE VARIIS DECORATA METALLIS
PRAXEDIS D(OMI)NO SUPER AETHRA PLACENTIS HONORE
PONTIFICIS SUMMI STUDIO PASCHALIS ALUMNI
SEDIS APOSTOLICAE PASSIM QUI CORPORA CONDENS
PLURIMA S(AN)C(T)ORUM SUBTER HAEC MOENIA PONIT
FRETUS UT HIS LIMEN MEREATUR ADIRE POLORUM.
Salle ornée de divers métaux (précieux) — la chambre de sainte
Praxède, qui trouva grâce aux yeux du Seigneur au ciel —
édifiée grâce au zèle du souverain pontife Pascal,
élevé au Siège apostolique, qui rassembla de toutes parts les corps
de nombreux saints pour les déposer sous ces murs,
espérant que son service lui vaudrait l'accès au seuil du ciel.
Arc absidial
modifierL'iconographie de l'arc absidial fait référence au livre de l'Apocalypse, (4-5). Au centre de l'arc figure le Christ-Agneau, inscrit dans un médaillon bleu : il est assis sur un trône, de part et d'autre duquel se trouvent sept chandeliers, que l'Apocalypse identifie aux Églises d'Asie (1,20). La représentation est complétée par quatre anges et les symboles des quatre évangélistes. En dessous, vingt-quatre vieillards : toutes ces figures sont réparties équitablement de part et d'autre de l'arc absidial.
Les anges sont représentés debout au-dessus de petits nuages. Les quatre êtres vivants sont identifiés aux quatre évangélistes : chacun porte en effet un livre, l’Évangile, à la main. À droite se trouvent l’aigle (Jean) et le taureau (Luc) ; à gauche, un homme (Matthieu) et le lion (Marc). Les anciens sont placés sous les évangélistes, douze de chaque côté, répartis en trois rangées de quatre : vêtus de blanc, ils offrent des couronnes d’or au Christ, les mains voilées.
Arc triomphal
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L'iconographie de l'arc triomphal fait référence au chapitre 21 du livre de l'Apocalypse. Au centre de l'arc, à l'intérieur d'une citadelle stylisée (représentant la Jérusalem céleste), sont représentées vingt et une figures. Au centre, le Christ, vêtu d'une tunique rouge, est flanqué de deux anges ; au-dessous, à gauche, se trouvent les figures de Marie et de Jean-Baptiste, et à droite, sainte Praxède. Viennent ensuite les douze apôtres, six de chaque côté. Aux extrémités, à gauche, Moïse tient une tablette portant l'inscription « Lege » (la loi) ; à droite, le prophète Élie tend les bras vers le Christ. Près d'Élie, un ange est représenté tenant un livre, sans doute un symbole du Nouveau Testament – par opposition à la « Lege » de Moïse dans l'Ancien Testament – et un roseau. La citadelle possède deux portes ouvertes, à droite et à gauche, chacune gardée par un ange.
À l'extérieur de la citadelle, sur deux niveaux, sont représentés les élus mentionnés dans l'Apocalypse (7.4 et 14.1). Les élus du niveau supérieur sont divisés en deux groupes, à droite et à gauche, tous deux conduits par un ange aux ailes déployées qui leur montre l'entrée de la ville : on reconnaît Pierre et Paul (à droite), des évêques (en chasuble et pallium ), des martyrs (couronnés), des femmes richement vêtues et des dignitaires (en chlamyde ). Au niveau inférieur, d'autres élus sont représentés de façon indistincte, agitant des palmes.
Les bases de l'arc de triomphe furent modifiées par Carlo Borromeo pour la construction de deux édicules destinés à la conservation des reliquaires ; ces travaux entraînèrent la destruction de la partie inférieure de la mosaïque. Sur la colonne droite de l'arc de triomphe, au-dessus de la stèle funéraire, se trouve le portrait du cardinal Angelo Maria Querini (1747), œuvre de Giacomo Zoboli.
Crypte
modifierLa crypte, tout comme la partie située au-dessus, fut rénovée entre 1728 et 1734. Auparavant, une chambre contenant les reliques, accessible par deux escaliers, abritait deux sarcophages dont les inscriptions indiquaient qu'ils renfermaient les corps de Praxède et de Pudentienne. Aujourd'hui, une unique entrée mène à un couloir où se trouvent quatre sarcophages. Ce couloir débouche sur un autel cosmatesque orné d'une fresque, réplique du XVIIIe siècle de celle de l'ancienne chambre des reliquaires, aujourd'hui détruite. Une seconde porte et un escalier relient la crypte à la chapelle du Crucifix.
- La crypte.
- Fresque représentant Sainte Praxède dans la crypte de la basilique.
Orgue à tuyaux
modifierSur la tribune du chœur, à gauche du maître-autel qui occupe toute la largeur et la profondeur de ce qui était à l'origine le bras gauche du transept, se trouve l'orgue Tamburini opus 246, construit en 1942 à partir d'éléments de l'orgue précédent, un Tronci du XIXe siècle. Cet instrument électrique possède une console indépendante située dans le chœur. La console est composée de deux claviers de 61 notes et d'un pédalier concave-radial de 32 notes.
Nef centrale
modifierLa nef centrale est séparée des bas-côtés par vingt-quatre colonnes soutenant l'architrave, dont le corps et les chapiteaux d'origine ont été transformés à la fin du XVIe siècle. Afin de consolider la structure instable, trois arcs transversaux ont été construits au XIIIe siècle, intégrant et supprimant six colonnes. Ces arcs divisent la nef de la basilique en quatre parties égales.
Entre 1594 et 1596, le cardinal Alessandro de' Medici, titulaire de la basilique de 1594 à 1600 (qui devint plus tard le pape Léon XI ), fit réaliser la décoration de toute la nef centrale par Giovanni Balducci, Paris Nogari, Girolamo Massei, Agostino Ciampelli, Baldassarre Croce et Stefano Pieri, avec huit scènes de la Passion et de faux éléments architecturaux qui donnaient un espace différent à la structure plate des murs au-dessus des architraves.
Sur le mur de la contre-façade, la décoration à fresque est entièrement l'œuvre du Florentin Stefano Pieri : sur le tympan figurent les figures de la Foi et de la Justice, tandis que sur les côtés du portail d'entrée, sur les piliers, sont représentés les Apôtres et, dans deux panneaux distincts, l'Annonciation. Au-dessus se trouvent deux monochromes illustrant des épisodes de la vie de Moïse et quelques figures de petits anges[5].
Sur le mur du fond de la nef droite se trouve le monument funéraire de Silvio Santacroce, datant du début du XVIIe siècle ; sur la gauche, au sol, se trouve le tombeau de Giovanni Carbone (l'inscription porte la date et le lieu de sa mort : Rome, 24 septembre 1388).
Sur les piliers de la nef centrale et sur ceux de la contre-façade, les fresques représentant les Apôtres ont été peintes par Giovanni Balducci.
Dans la partie supérieure de la nef, huit grandes fenêtres, datant de la rénovation de Carlo Borromeo, remplacent les vingt-quatre du projet d'origine. Le plafond à caissons, datant de 1868, est composé de six caissons par travée, ornés d'étoiles dorées sur fond bleu.
Le pavage a été refait en 1918 dans le style cosmatesque. Un grand cercle de porphyre marque l'emplacement d'un ancien puits, représentant celui où Praxède conservait le sang des martyrs.
Nef droite
modifierL'entrée de l'église située Via di Santa Prassede donne directement sur la nef droite de la basilique.
Chapelle du Crucifix
modifierÀ droite de l'entrée latérale de la basilique se trouve la chapelle du Crucifix, créée au XIIIe siècle par la fermeture d'une travée de l'ancien transept. Tombée en ruine, elle fut restaurée en 1927 par le surintendant des Antiquités, Antonio Muñoz. Tous les objets découverts lors de la rénovation du sol en 1918 y furent transférés.
À l'intérieur de la chapelle, on peut voir :
- le tombeau du cardinal Pantaleone Anchier ( XIIIe siècle ), titulaire de la basilique de 1262 à 1286 ; l'épigraphe au-dessus du tombeau rappelle son assassinat dans la chapelle le 1er novembre 1286. Le cardinal est allongé sur le sarcophage, reposant sur un drapé fin qui se prolonge à l'arrière, signe qu'il était autrefois détaché du mur.
- de l'autre côté se trouve un grand crucifix en bois peint , datant du XIVe siècle et restauré en 1998. Selon la tradition, il aurait parlé avec sainte Brigitte de Suède .
Monuments de la nef droite
modifierEntre la chapelle du Crucifix et la chapelle de San Zenone, le long de la nef droite, se trouvent des monuments et des peintures d'un intérêt artistique et historique particulier :
- la fresque de la Madonna della Salute , encadrée par un édicule de marbre, par un artiste inconnu du XIIIe siècle.
Sur le premier pilier sont placés trois objets d'un intérêt particulier :
- une épigraphe du IXe siècle , avec les noms des martyrs dont les reliques ont été transférées à la basilique par le pape Pascal Ier ;
- une fresque représentant la Crucifixion avec saint Jean et la Vierge ( XIIIe - XIVe siècle ) ;
- Le monument funéraire de Giovanni Battista Santoni, dont le buste est une œuvre de jeunesse de Gian Lorenzo Bernini, est considéré comme la première sculpture qu'il a réalisée vers l'âge de seize ans.
- Monument funéraire de Giovanni Battista Santoni, par Gian Lorenzo Bernini.
Colonne de la Flagellation
modifierDans une niche donnant à la fois sur la chapelle San Zenone et sur la nef droite, se trouve une colonne d'environ 63 cm de haut et d'un diamètre variant de 13 à 20 cm, vénérée pour être celle contre laquelle Jésus fut flagellé. Cette colonne fut rapportée de Jérusalem à Rome par le cardinal Giovanni Colonna en 1223. Elle est placée dans un édicule-reliquaire en bronze, réalisé en 1898 d'après un dessin de Duilio Cambellotti.
- Colonne de la flagellation du Christ.
Chapelle Saint-Zénon
modifierLa chapelle Saint-Zénon (ou sacellum de San Zenone) fut construite par le pape Pascal Ier comme lieu de sépulture pour sa mère Théodora, et dédiée à saint Zénon. Elle représente l'un des rares exemples de chapelle romaine du IXe siècle entièrement recouverte de mosaïques de style byzantin .
- Mosaïque du Christ pantocrator porté par quatre anges.
- Mosaïque représentant les apôtres, au-dessus de l'entrée du sacellum de San Zenone.
Mosaïque Episcopa Theodora de la chapelle de l'évêque Zénon de Vérone.
Chapelle du cardinal Coëtivy
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Sur le mur gauche de cette chapelle se trouve le monument funéraire du cardinal Alain de Coëtivy, évêque titulaire de la basilique de 1448 à 1474, année de sa mort. Attribué à Andrea Bregno, ce monument se compose d'une niche cintrée à deux jambages : le sarcophage est placé au centre, avec les bustes des apôtres Pierre et Paul en arrière-plan ; les jambages représentent sainte Pudenziana et sainte Praxède.
Sur le mur opposé se trouve l'entrée latérale de la chapelle San Zenone ; au-dessus de l'entrée se trouve un tableau de Francesco Gai représentant la Flagellation, peint en 1863.
Sur le mur central se trouve une plaque commémorative de Monseigneur Federico Colonna datant de 1711.
Chapelle Cesi
modifierCette chapelle fut commandée par le baron Federico Cesi et construite en 1595 à l'emplacement d'une chapelle préexistante. La voûte fut peinte par Guglielmo Cortesi : au centre figure une représentation de Dieu le Père bénissant dans la gloire parmi les anges ; les pendentifs représentent le pape Pascal Ier, saint Philippe Néri, sainte Françoise-Romaine et sainte Firmine. Les fresques des lunettes latérales sont de Ciro Ferri. Les toiles murales sont également de Cortesi (l'Adoration des Mages et les saints Anne et Joachim ). Le retable représentant saint Pie X est une œuvre moderne de Bartoli ; en 1954, la chapelle a été de nouveau consacrée au pape Sarton.
Chapelle de San Bernardo degli Uberti
modifierConstruite au XVIIIe siècle sous ce nom, elle est aujourd'hui dédiée à Notre- Dame du Rosaire , suite à la rénovation de son intérieur en 1886. À l'intérieur se trouvent des peintures de Domenico Pestrini représentant le Martyre du Bienheureux Tesauro Beccaria, d'Angelo Soccorsi avec la figure de Pietro Igneo Aldobrandini et le retable représentant le saint auquel la chapelle était initialement dédiée.
- Martyre du bienheureux Tesauro Beccaria, par Domenico Pestrini.
- Tombeau de Giovanni Carbone.
Nef gauche
modifierAu fond de la nef gauche, dans un édicule du XVIIIe siècle , se trouve une dalle de marbre noir : la légende veut que ce soit la pierre sur laquelle Prassede dormait et qui servait à sceller son tombeau. De part et d’autre de l’édicule, deux fresques représentent les parents de la sainte, Pudens et Sabina ; la partie supérieure abritait un tableau du XVIIIe siècle représentant la sainte endormie sur cette même dalle de marbre, qui fut volé en 1977[6].
Chapelle Saint-Pierre
modifierElle fut construite en 1721 et reconstruite en 1735. Le retable, œuvre d'un artiste inconnu, représente la Visite de saint Pierre au domicile du sénateur Pudens . Sur les murs latéraux se trouvent deux tableaux de Giuseppe Severoni représentant sainte Pudenziana et saint Jean-Baptiste.
Chapelle de San Carlo Borromeo
modifierElle fut construite en 1735 ; un dôme surmonté d’une petite lanterne la domine . Sur les quatre côtés de la chapelle, dans des niches, se trouvent quatre statues d’anges représentant les vertus cardinales ( XVIIIe siècle ). Le retable est d’ Étienne Parrocel et représente saint Charles remerciant Dieu pour la fin de la peste . Sur les murs latéraux sont accrochés deux tableaux de Ludovico Stern ( 1709-1777 ) représentant saint Charles en prière et saint Charles en extase.
Chapelle Olgiati
modifierElle fut construite par Martino Longhi l'Ancien entre 1583 et 1586 , à la demande de la famille Olgiati, banquiers de Côme , qui connut une période de gloire à Rome en occupant diverses fonctions au sein de la Chambre apostolique . À l'intérieur, trois monuments funéraires de membres de la famille sont conservés. La voûte est entièrement recouverte de fresques, œuvre du Cavalier d'Arpino ( 1587 ), présentant un cycle pictural riche en figures, telles qu'Ézéchiel , Jérémie , Michée , Moïse , saint Grégoire le Grand , saint Jérôme , saint Augustin et saint Ambroise , parmi des anges et des sibylles ; au centre se trouve l' Ascension de Jésus entouré des apôtres et de la Vierge .
Le retable, œuvre de Federico Zuccari , représente la Rencontre de Jésus avec Véronique . De part et d'autre de l'autel, deux tableaux de saint André et saint Bernard de Clairvaux, sont signés Cavalier d'Arpino. Sur les murs, deux autres toiles illustrent la Résurrection du Christ et l' Assomption de Marie .
Chapelle de San Giovanni Gualberto
modifierSacristie
modifierDepuis la nef gauche, on entre dans la sacristie de la basilique, construite sur ordre de Carlo Borromeo après 1564 (ses armoiries figurent au centre de la voûte), et où sont conservées plusieurs peintures :
Au-dessus de l'autel, le retable d' Agostino Ciampelli de 1594 représentant « Saint Jean Gualbert dans l'église San Miniato al Monte à Florence demandant pardon au Christ pour le meurtrier de son frère ».
La "Déposition" de Giovanni de Vecchi dit Giovanni del Borgo, seconde moitié du XVIe siècle. La « Flagellation du Christ » de Giulio Romano "Saint Jean Gualbert sous le hêtre de Vallombrosa " par Guglielmo Cortese (Guillaume Courtois) dit le Bourguignon, XVIIe siècle. "San Torello da Poppi" d' Antonio Raffaele Calliano, vers 1810.
Source
modifier- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Basilica di Santa Prassede » (voir la liste des auteurs).
Notes et références
modifier- ↑ Orazio Marucchi, Christian Epigraphy, 1912, réimpr. 2011, p. 200, no 205 : épitaphe d'Argurius ou Argyrius.
- ↑ Cécile Lanéry, « Hagiographie d'Italie (300-550) –. I. Les Passions latines composées en Italie », dans Guy Philippart (éd.), Hagiographies. Histoire internationale de la littérature hagiographique latine et vernaculaire en Occident des origines à 1550, tome 5. Turnhout, Brepols, 2010, p. 15-369, spéc. p. 168-176.
- ↑ (en) Marcello Craveri, The life of Jesus, Secker & Warburg, , p. 404
- ↑ Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient, Cerf, , p. 257-258
- ↑ Alessandro Nesi, Nuovi dipinti di Stefano Pieri (1544 - 1629), Maniera, Firenze, 2017, pag. 6 - 8.
- ↑ (it) « Foto del mese : "Santa Prassede", anonimo del Settecento, Roma », sur La Tutela del Patrimonio Culturale -…, (consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Enrico Parlato, Serena Romano, Rome et le Latium romans, éditions Zodiaque (collection la nuit des temps no 78), La Pierre-qui-Vire, 1992, p. 143, (ISBN 978-2-7369-0198-1)
- Raphaël Demès, Espace et art de la formule visuelle à Rome sous le pontificat de Pascal Ier (817-824) : l’exemple de la basilique Sainte-Praxède, dans Bulletin du Centre d'études médiévales, Auxerre, 2014, no 18-1 (lire en ligne)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (it) Site officiel
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la religion :

