La bataille d'Al-Fule (en termes croisés : La Fève ; en latin : Castrum Fabe) est une bataille au sud-est d'Al-Fule en Palestine entre les forces de Guy de Lusignan et celles de Saladin, qui se déroule pendant plus d’une semaine entre septembre et . La bataille s'achève le par la retraite de Saladin.

Bataille d'Al-Fule
Informations générales
Date 1183
Lieu à 8 km au sud-est d'Al-Fule (Palestine)
Issue Indécise
Belligérants
Royaume de Jérusalem Sultanat ayyoubide
Commandants
Guy de Lusignan
Raymond III de Tripoli
Renaud de Châtillon
Baudouin de Ramla
Saladin
Forces en présence
environ 15 000 hommes
Pertes
légères légères

Période intermédiaire post-Deuxième croisade

Batailles

Coordonnées 32° 36′ 00″ nord, 35° 18′ 00″ est

Situation

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Le , Saladin retourne à Damas après avoir conquis la ville d'Alep. En septembre, il lance une nouvelle offensive contre le royaume de Jérusalem. Traversant le Jourdain, l'armée ayyoubide capture la ville de Beisan, abandonnée par ses habitants. Poursuivant sa route vers l'ouest, il remonte la vallée de Jezreel et installe son campement près de sources d'eau, à environ 8 km au sud-est d'Al-Fule. Simultanément, le chef musulman envoie plusieurs escadrons saccager la région. Les pillards détruisent les villages de Jénine et d'Afrabala, attaquent le monastère du mont Thabor et anéantissent un contingent venu de Kerak pour renforcer l'armée croisée.

L'armée franque est alors rassemblée dans les plaines de Séphorie, sous les ordres du nouveau régent, Guy de Lusignan. Renseigné sur les mouvements de Saladin, Guy mène l'armée royale jusqu'au petit château de La Fève (al-Fule). Son armée, renforcée par l'arrivée de pèlerins et de marins italiens, atteint un effectif de 1 300 à 1 500 chevaliers, 1 500 turcopoles et plus de 15 000 fantassins. Il s'agit alors de la plus grande armée franque rassemblée « de mémoire d'homme ».

Déroulement

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L'armée franque avance selon sa tactique habituelle vers les sources d'eau d'Aïn Djalout. L’avant-garde franque repousse les escadrons musulmans et prend possession des points d'eau. L'armée royale se retranche autour des sources et reste passive pendant huit jours, refusant le combat. Les Sarrasins forment un blocus autour du camp retranché et tentent d'inciter les Francs à attaquer tout en interceptant les convois de ravitaillement. Comme les croisés n'avaient apporté que des provisions pour trois jours, la situation en matière de ravitaillement devient rapidement critique. Par un grand hasard, les soldats francs trouvent du poisson en abondance à Aïn Tuba'un, ce qui leur permet de surmonter la famine jusqu'à ce que des convois de vivres parviennent à franchir le blocus. Saladin se dirige ensuite vers le mont Thabor, espérant attirer les Francs dans une embuscade. Au lieu de cela, Guy se replie sur La Fève. Pendant ce mouvement, l'armée ayyoubide revient rapidement et attaque de nouveau les croisés, mais elle ne parvient pas à les arrêter ni à perturber leur marche. Saladin, à court de ravitaillement, met fin à la campagne. Guy regagne alors son camp principal à Séphorie.

Conséquences

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Guy parvient à repousser l'invasion de Saladin en l'empêchant de s'emparer de places fortes et en préservant l'intégrité de son armée. Cependant, comme en 1182, les pillards sarrasins causent d'importants dégâts aux récoltes et aux villages. Guy est vivement critiqué pour son incapacité à livrer une bataille décisive à la tête d'une armée aussi nombreuse. D'autres, principalement des barons locaux tels que Raymond III de Tripoli, soutiennent sa stratégie prudente. Ils font remarquer que l'armée de Saladin était déployée sur un terrain accidenté, impropre à une charge de cavalerie lourde franque. Peu après cette bataille, Baudouin IV de Jérusalem retire à Guy la régence du royaume.

La prochaine fois que Guy commandera une importante armée croisée, on lui rappellera à quel point il avait été sévèrement critiqué pour avoir évité la bataille en 1183. À cette occasion, il lancera une attaque qui se soldera par un désastre total à la bataille de Hattin en 1187.

Notes et références

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