Bataille de Beni Mered
La bataille de Beni Mered est un affrontement survenu les 11 et entre un petit détachement français et des cavaliers de la résistance algérienne, dans le contexte de la conquête de l'Algérie par la France. L'action se déroule près de la localité de Beni Mered, dans l'actuelle wilaya de Blida, et se solde par une victoire des combattants algériens.
| Date | 11–12 avril 1842 |
|---|---|
| Lieu | Beni Mered, Algérie |
| Issue | Victoire algérienne[1] |
| Sergent Blandan | Ahmed Ben Salem |
| 21[2] | 300 cavaliers[2] |
| 7 tués[2] 9 blessés[2] |
Inconnues |
Conquête de l'Algérie par la France
| Coordonnées | 36° 31′ 24″ nord, 2° 51′ 42″ est | |
|---|---|---|
Contexte
modifierDepuis la fin des années 1830, la conquête de l'Algérie par la France rencontre une vive résistance, notamment sous la direction de l'Émir Abdelkader[3]. La Mitidja, plaine fertile située au sud d’Alger, est un enjeu stratégique, servant de zone de production agricole et de couloir militaire entre Alger, Blida et Boufarik. Au début de l’année 1842, les cavaliers berbères commandés par Ahmed Ben Salem, proche allié de l'émir Abdelkader, intensifient leurs opérations. Ils mènent des raids depuis la Kabylie jusque dans la Mitidja, visant à harceler les garnisons françaises et couper leurs lignes de communication[4],[5],[6].
Ces évolutions favorables ne tardèrent pas à se répercuter sur le terrain militaire, où elles permirent d'enchaîner plusieurs victoires lors d'attaques répétées contre les installations coloniales dans les plaines. La plus marquante fut remportée à Boufarik et à Blida, lorsque les forces tribales anéantirent entièrement des formations militaires françaises. En souvenir de ces combats, les autorités coloniales érigèrent plus tard à Beni Mered un monument commémoratif[1].
Déroulement
modifierLe , un détachement français de 22 hommes, sous le commandement du Sergent Blandan, est en mission près du camp de réserve militaire de Beni Mered, établi entre Blida et Boufarik. Environ 300 cavaliers d'Ahmed Ben Salem lancent une attaque soudaine contre ce petit groupe. Malgré la résistance acharnée des soldats français, le combat tourne rapidement à l'avantage des assaillants. Selon les récits, le sergent Blandan, grièvement blessé, continue de diriger la défense jusqu'à succomber à ses blessures[7],[8],[9].
Lorsque les renforts français, menés par le lieutenant-colonel Louis-Michel Morris, arrivent sur les lieux, ils trouvent un champ de bataille jonché de corps : sept soldats sont morts et neuf sont blessés ; seuls cinq hommes sont encore en état de se battre. Les forces d'Ahmed Ben Salem se replient face à l’arrivée des troupes françaises[2],[10].
Pertes et postérité
modifierLes pertes algériennes ne sont pas connues. La disproportion des forces (environ un Français pour quatorze assaillants) et l'issue du combat marquent profondément l'opinion militaire. Le courage du sergent Blandan est particulièrement mis en avant dans la presse et la littérature militaires françaises, au point de devenir un symbole du sacrifice et du devoir. En mémoire de cet épisode, un monument au sergent Blandan est érigé plus tard à Boufarik[11].
À la fin de la guerre d'indépendance, en 1962, la place prend le nom de place El Fouaraa. La statue du sergent Blandan est alors rapatriée en France et installée dans la cour de la caserne Thiry, à Nancy.
Notes et références
modifier- 1 2 (ar) Ismaïl Larbi, « مقاومة أحمد بن سالم خليفة الأمير عبد القادر في بلاد القبائل », El-Assala, nos 79-80-81-82, , p. 84 (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 Adolphe Jourdan, Le Sergent Blandan et le combat d'El-Mechdoufa (près de Béni-Mered) : historique de l'œuvre, constitution des comités, concours, monument, Adolphe Jourdan, (lire en ligne), p. 18
- ↑ Iliès B., « L’Émir Abdelkader, premier résistant contre la colonisation française », (consulté le )
- ↑ (ar) Abdelkader Sellamni, « دور الخليفة بن سالم في المقاومة الشعبية الوطنية(1837-1847) منطقة القبائل أنموذجا », Oussour, vol. 16, no 2, , p. 300-315 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (ar) Mourad Kebbal, « المقاومة المسلحة في إقليم متيجة (مدينة البليدة نموذجا) 1830-1842 », Revue Metidja des études humaines, vol. 3, no 6, , p. 107-125 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (ar) Razika Mohamedi, « المقاومة الشعبية بمتيجة (1830 – 1840م) », Revue Metidja des études humaines, vol. 3, no 6, , p. 126-147 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Corneille Trumelet, Bou-Farik : une page de l'histoire de la colonisation algérienne, Alger, A. Jourdan, , 564 p. (lire en ligne), p. 251-261
- ↑ Laurent Ajdnik, « 12 avril 1842: Mort du Sergent Blandan », (consulté le )
- ↑ Nicolas Demassieux, « De Boufarik à Nancy…le sergent Blandan », (consulté le )
- ↑ Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure et lithographie des artistes vivants exposés au Grand Palais des Champs-Élysées, Paris, (lire en ligne)
- ↑ « Tombeau du sergent Blandan », (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Adolphe Jourdan, Le Sergent Blandan et le combat d’El-Mechdoufa (près de Béni-Mered) : historique de l’œuvre, constitution des comités, concours, monument, Alger, Adolphe Jourdan,
- Eugène Perret, Les Français en Afrique : récits algériens, Paris, Bloud et Barral,