Sac de Morlaix (1522)

bataille de la Sixième guerre d'Italie
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Le sac de Morlaix est le pillage de la ville bretonne de Morlaix par les troupes anglaises du comte de Surrey, le , pendant la sixième guerre d'Italie. Débarqués dans la baie, les Anglais prennent la ville malgré la résistance de ses défenseurs, s'emparent de marchandises et provoquent d'importants incendies. Ils quittent Morlaix le lendemain[1],[2].

Sac de Morlaix
Description de cette image, également commentée ci-après
La Mary Rose, navire amiral de l’expédition anglaise, représentée dans l’Anthony Roll vers 1546.
Informations générales
Date
Lieu Morlaix, duché de Bretagne
Issue Prise et pillage de Morlaix par les Anglais
Belligérants
Royaume d'Angleterre Royaume de France
Commandants
Thomas Howard, comte de Surrey
Forces en présence
Environ 7 000 hommes selon Edward Hall Inconnues
Pertes
Inconnues Inconnues

Sixième guerre d'Italie

Coordonnées 48° 34′ 42″ nord, 3° 49′ 36″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Sac de Morlaix
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
(Voir situation sur carte : Bretagne (région administrative))
Sac de Morlaix
Géolocalisation sur la carte : Finistère
(Voir situation sur carte : Finistère)
Sac de Morlaix

L'événement est connu par des récits anglais et bretons qui divergent sur plusieurs aspects de son déroulement. Les chroniques bretonnes rapportent notamment une attaque contre des soldats anglais demeurés dans la ville, épisode dont les détails ont été amplifiés par la tradition locale[3]. Le pillage de 1522 contribue, dans les décennies suivantes, à la volonté de mieux protéger l'accès maritime à Morlaix, notamment par la construction du château du Taureau à partir de 1542[4].

Contexte

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En 1522, Henri VIII s'engage aux côtés de Charles Quint dans la guerre contre François Ier. Le comte de Surrey prend la tête d'une expédition navale, avec la Mary Rose pour navire amiral. Dans ses lettres au cardinal Thomas Wolsey, il revient à plusieurs reprises sur les difficultés de ravitaillement[5].

Morlaix est un port marchand où le commerce des toiles occupe une place importante. La ville communique avec la Manche par un long estuaire. Des récits bretons expliquent sa vulnérabilité par l'absence d'une partie des notables et des hommes en mesure de la défendre, notamment lors d'une montre de la noblesse à Guingamp. D'autres évoquent la foire de Noyal, mais cette explication s'accorde mal avec la date de l'attaque[1],[3].

Déroulement

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Débarquement et marche vers Morlaix

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Le 30 juin, depuis Dartmouth, Surrey annonce son intention de débarquer le lendemain. Le chroniqueur anglais Edward Hall situe le débarquement au 1er juillet, sur la rive orientale de la baie. Il fait état d'environ 7 000 hommes et de quatorze petites pièces d'artillerie, des fauconneaux. L'armée se dirige ensuite vers Morlaix, où elle rencontre une résistance[5],[1].

Prise et pillage de la ville

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D'après Hall, les Anglais attaquent la porte de Port-Morvet avec trois des quatorze fauconneaux débarqués. L'artilleur Christopher Morres fait sauter la serrure du guichet, par lequel des soldats s'introduisent pour ouvrir la porte principale. Hall cite parmi les officiers Richard Wingfield, Nicholas Carew, Francis Bryan et John Wallop. Les assaillants pénètrent alors dans la ville[1].

Les Anglais pillent les marchandises et les biens des habitants. La continuation bretonne de 1532 rapporte le vol d'objets précieux dans l'église Notre-Dame-du-Mur et la fuite d'une partie de la population. Des incendies ravagent la ville et ses environs. Hall affirme également que seize ou dix-sept navires sont incendiés dans le port[1],[2].

Retrait anglais et réaction bretonne

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Hall situe le rappel des troupes vers 18 heures. Elles passent la nuit à terre et rembarquent le lendemain. Le 3 juillet, Surrey écrit à Wolsey depuis la Mary Rose, au mouillage dans la rade de Morlaix, et évoque encore ses difficultés de ravitaillement. Selon Hall, l'expédition mène ensuite d'autres opérations sur la côte, vers Saint-Pol-de-Léon et Brest[1],[5].

La continuation anonyme des Grandes chroniques de Bretaigne, publiée en 1532, rapporte que Guy XVI de Laval arrive après le départ du gros des forces anglaises. Des soldats restés dans Morlaix auraient été tués. Le texte ne donne toutefois ni bilan chiffré ni description du massacre que développeront des auteurs plus tardifs[2].

Conséquences

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Destructions et mesures de secours

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Les dégâts s'étendent au-delà de Morlaix. Près de Henvic, le manoir de Lézireur et seize ou dix-sept maisons voisines auraient été incendiés. Lors d'une enquête menée le 14 octobre 1537 sur les droits de haute justice de Jehan de Guicaznou, seigneur de Lézireur, des témoins déclarent que les titres de cette juridiction ont disparu dans l'incendie de 1522. Leurs déclarations sont rapportées dans un relevé d'actes publié en 1914 par Henri Bourde de la Rogerie[6].

Le monastère de Saint-François de Cuburien, sur la rivière de Morlaix, aurait également brûlé vers 1522. Un répertoire des archives municipales signale sa reconstruction en 1527, sans préciser les circonstances de l'incendie[7].

Aucun bilan fiable des victimes ne peut être établi. La monarchie accorde à Morlaix des allègements fiscaux : des lettres patentes de 1522 prévoient des exemptions pour dix ans, prolongées et complétées en 1528[8].

Défense de la baie

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Le pillage met en évidence la vulnérabilité de l'accès maritime à Morlaix. Les habitants obtiennent par la suite l'autorisation de construire un fort à l'entrée de la baie afin de barrer le passage aux navires ennemis. Les travaux du château du Taureau commencent en 1542 ; la ville en assure d'abord l'entretien et la défense[4].

Récits historiques et traditions locales

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Les récits diffèrent sur les circonstances de la prise de Morlaix. Hall décrit une marche depuis le lieu du débarquement et l'assaut d'une porte fortifiée. La continuation anonyme de 1532 évoque, quant à elle, cinquante ou soixante navires, des assaillants déguisés en marchands et l'absence de nombreux habitants. Elle ne permet pas de déterminer avec certitude comment les Anglais sont entrés dans la ville. Les chronologies divergent aussi, mais la lettre de Surrey du 3 juillet établit que Morlaix était déjà prise à cette date[1],[2],[5].

Dans son récit publié en 1637, Albert Le Grand attribue la prise de la ville à la trahison d'un certain La Tricle. Il raconte aussi comment des soldats anglais auraient été enfermés dans une cave après s'être enivrés, puis comment des survivants auraient été poursuivis près du bois du Styvel. Il avance le chiffre de six à sept cents morts anglais et évoque la « fontaine des Anglais ». Ces épisodes appartiennent à la tradition locale ; les témoignages les plus proches des événements n'en confirment ni les détails ni le bilan[3],[9].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (en) Edward Hall, Hall's Chronicle, , p. 642–644
  2. 1 2 3 4 Les grandes cronicques de Bretaigne, , Continuation anonyme, fol. 252v–253r
  3. 1 2 3 Albert Le Grand, La vie, gestes, mort, et miracles des saincts de la Bretaigne armorique, Nantes, Pierre Doriou, (lire en ligne), p. 686–687
  4. 1 2 « L'histoire du Château du Taureau », sur Château du Taureau (consulté le )
  5. 1 2 3 4 (en) Letters from the Mary Rose (lire en ligne), « The War of 1522–25 », lettres 48–53
  6. ↑ Henri Bourde de la Rogerie, « Liste des juridictions exercées au XVIIe et au XVIIIe siècles dans le ressort du présidial de Quimper (suite : Sénéchaussées de Gourin et de Lesneven) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère,‎ , p. 32 (lire en ligne)
  7. ↑ « Archives privées : répertoire, série S, 4 S 17, Couvent des Récollets de Cuburien-lès-Morlaix », sur Archives municipales de Morlaix (consulté le )
  8. ↑ Inventaire-sommaire des archives communales antérieures à 1790 : Ville de Nantes, série II, Archives municipales de Nantes (lire en ligne)
  9. ↑ Guillaume Lejean, Histoire politique et municipale de la ville et de la communauté de Morlaix, (lire en ligne), p. 68–71

Voir aussi

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