Bataille de Telmaghat

Bataille tribale marocaine entre les tribus Zaër et les Chaouïa

La bataille de Telmaghat (en arabe : معركة تالمغت) est un affrontement militaire tribal ayant eu lieu en 1793 entre les tribus de la Chaouïa et la confédération des Zaër suite à l'assassinat du fils du caïd des Ouled Bouattia.

Bataille de Telmaghat
Informations générales
Date vers février 1793
Lieu Talqamat ou Telmaghat, dans le Nord du territoire Zaër, Drapeau du Maroc Maroc
Casus belli Assassinat du fils d'Amar ben Bouselham al-Mzabi
Issue Victoire initiale Chaouïa, victoire finale Zaër
Belligérants
Drapeau du Maroc Chaouïa : Drapeau du Maroc Zaër
Commandants
Drapeau du Maroc Amar ben Bouselham al-Mzabi
Drapeau du Maroc Ould al-Hamra al-Mohammedi
Drapeau du Maroc Ben Larbi
Drapeau du Maroc Bouazza ben Msouna al-Alaoui †
Drapeau du Maroc Ahmed az-Ziyadi az-Zaari
Drapeau du Maroc Berchaoui ould Taqouq az-Zaari †
Forces en présence
10 000 cavaliers et 20 000 archers
Pertes
Lourdes Lourdes

Guerre entre les Berbères, Chaouïa et les Zaër

Contexte

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Au tout début de l'année 1793, les Zaër sont déjà en tensions. En effet, l'influent caïd Bennaser al-Mtiri des Beni Mtir part avec ses troupes berbères mener une expédition en territoire Zaër à la recherche de la tête de Hajj Bouazza ould al-Qastalli, réfugié parmi leurs tentes. Le conflit est réglé par le sultan. Mais au même moment, le fils du caïd des Ouled Bouattia, Ammar ben Bouselham al-Mzabi, est assassiné par les Zaër. Sa mère traverse la Chaouïa tout entière appelant à la vengeance, avec le corps de son fils sur un chameau qui l'accompagne[1],[2].

Les sources marocaines relatent que 10 000 cavaliers et 20 000 archers sont réunis pour venger le fils du caïd. Parmi eux se trouvent plusieurs commandants galvanisant les troupes, dont Ould el-Hamra al-Mohammedi et Ben Larbi. Les troupes partent dans une longue marche à la rencontre des Zaër. Ils campent d'abord à Ain al-Khamis chez les Mzab, puis à Machra’ al-Fatat où les Ouled Hriz et les Chahawna les rejoignent, et, enfin, chez les Ziyayida qui les rejoignent aussi. Leur marche les mène dans le Bilad Telmaghat, au nord du territoire Zaër, où les deux tribus se rencontrent[2].

Déroulement

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Une bataille qui s'ensuit est décrite comme tellement féroce que même le fer fondait. Les pertes humaines sont terribles dans les deux camps, chaque tribu perdant de grands noms, comme Berchaoui ould Taqouq az-Zaari pour les Zaër et Bouazza ben Msouna et d'autres commandants chaouïs. La bataille finit par tourner en faveur des Chaouïa, forçant le repli aux Zaër[1],[2].

Durant ce repli, une femme très bien habillée, ornée de bijoux, de pièces d'or et d'argent, de coraux et d'une tresse de soie dans les cheveux, telle une mariée, se lève dans les rangs des Zaër. Accompagnant des you-you et des chants de victoires, elle dit : « je pars chez les Chaouïa, car ce sont eux les hommes et vous [les Zaër] n'êtes pas des hommes ». C'est alors que le cheikh Ahmed az-Ziyadi az-Zaari stoppe son cheval, touché par ces mots, et en descend, confiant la bête à son fils. Il s'assoit sur deux pierres et dit « Seul un homme peut arracher un cheval ! ». Un homme chaoui essaye de voler la tresse de la zaariya, alors le cheikh le frappe et le tue, avant de relancer les hostilités avec des coups de feu[1],[2].

Les Zaër retournent au combat contre les Chaouïa, galvanisés par l'émotion. Les Chaouïa sont rapidement défaits dans ce second affrontement, poursuivis dans leur retraite par les Zaër jusqu'à un lieu-dit « el-Khnoussa », qui ramassent du butin et les vêtements à terre des Chaouïa[1],[2].

Conséquences

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Non loin, Bennasser al-Mtiri est surpris, pensant que les Zaër jouent à la tbourida, et non pas qu'ils mènent une bataille féroce et coûteuse contre les Chaouïa. Les Berbères de Bennasser al-Mtiri sont tout autant étonnés[1],[2].

Plusieurs batailles ont également lieu pour venger le fils du caïd, mais en vain, telle que la bataille de Mediouna at-Taleb peu après[1],[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (ar) هاشم المعروفي (Hashim al-Maaroufi), عبير الزهور في تاريخ الدار البيضاء وما أضيف إليها من أخبار آنفا والشاوية عبر العصور - (lire en ligne), p. 166-167
  2. 1 2 3 4 5 6 7 (ar) محمد الضعيف الرباطي, تاريخ الضعيف تاريخ الدولة السعيدة (lire en ligne), p. 256-257