Bataille de Yibna
La bataille de Yibna ou bataille de Yibneh fut un affrontement militaire opposant l'armée croisée des États latins d'Orient à une armée fatimide envoyée d’Égypte par le vizir Al-Mamun al-Batahi, qui se déroula le entre Ascalon et Jaffa.
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Yibna |
| Issue | Victoire des croisés |
| Califat fatimide |
| Al-Mamun al-Batahi |
| 7 000 hommes | 16 000 hommes |
| inconnues | 6 000 morts |
| Coordonnées | 31° 51′ 58″ nord, 34° 44′ 47″ est | |
|---|---|---|
Contexte
modifierAprès la prise de Jérusalem aux Fatimides lors de la première croisade, le vizir Al-Afdal Shâhânshâh lança une série d'invasions « presque chaque année » entre 1099 et 1107 contre le royaume de Jérusalem nouvellement établi[1].
Les armées égyptiennes livrèrent trois batailles majeures à Ramla en 1101, 1102 et 1105, mais sans succès. Par la suite, le vizir se contenta de mener de fréquentes incursions en territoire franc depuis sa forteresse côtière d'Ascalon. Al-Afdal fut assassiné en 1121. Entre-temps, Jérusalem se trouvait affaiblie par la capture du roi Baudouin II par les Artukides dans le nord de la Syrie, le royaume était alors gouverné par le régent Eustache Granier.
Bataille
modifierEn 1123, le nouveau vizir Al-Mamun al-Batahi organisa une invasion des terres tenues par les croisés. Les Fatimides projetaient de s'emparer de la ville côtière de Jaffa. À cette époque, les armées égyptiennes se déployaient généralement en alignant des archers soudanais à pied, soutenus par des formations denses de cavalerie légère arabe et berbère. Malheureusement pour les Fatimides, ce dispositif relativement peu mobile offrait une cible idéale à la cavalerie lourde franque.
À Yibna, près de l'emplacement ultérieur du château d'Ibelin — construit en 1141 — les Fatimides rencontrèrent l'armée croisée composée de chevaliers et d'hommes d'armes à cheval, ainsi que de lanciers et d'archers à pied. Les combats furent de courte durée, l'armée égyptienne étant incapable de résister au choc des charges de la cavalerie croisée[2].
Foucher de Chartres écrivit à propos de cette bataille :
« pugna ista non longa hora protrahitur, nam cum perspicerent nostros probissime armatos eos impetere, continuo milites illi tanquam aliquo omine fascinati in fugam moti sunt et fuga pro consilio usi sunt. pedites vero detruncati sunt »
« Ce combat fut de courte durée, car lorsque nos ennemis virent nos hommes d'armes fondre sur eux, leurs cavaliers prirent immédiatement la fuite, comme sous l'emprise d'un présage, cédant à la panique au lieu de faire preuve de bon sens. Quant à leurs fantassins, ils furent massacrés. »
Conséquence
modifierLa défaite fut décisive. À l'exception de raids persistants lancés depuis Ascalon jusqu'au siège de cette ville en 1153, les Fatimides cessèrent de représenter une menace pour les États latins d'Orient jusqu'à l'ascension de Saladin en 1169.
L'événement majeur suivant dans ces États fut la bataille d'Azaz, en 1125.
Bibliographie
modifier- (en) R. C. Smail, Crusading Warfare 1097-1193, New York, Barnes & Noble Books, (ISBN 1-56619-769-4).
- (en) Ian Heath, Armies and Enemies of the Crusades Second Edition, .
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Yibneh » (voir la liste des auteurs).
- ↑ R. C. Smail 1956, p. 84.
- ↑ R. C. Smail 1956, p. 87.