Bataille du Méandre (1147)
La bataille du Méandre fut un affrontement militaire opposant l'armée des croisés français, dirigée par le roi Louis VII le Jeune, aux Seldjoukides de Roum, qui se déroula à la fin du mois de , pendant la deuxième croisade, au niveau du fleuve Méandre. Le roi français y repousse avec succès une embuscade tendue par les Turcs.
| Date | Fin |
|---|---|
| Lieu |
Fleuve Méandre ( |
| Issue | Victoire des croisés |
| Louis VII le Jeune | inconnu |
| inconnues | inconnues |
| légères | modérées |
| Coordonnées | 37° 32′ 44″ nord, 27° 15′ 04″ est | |
|---|---|---|
Contexte
modifierLe roi Louis VII le Jeune conduisit l'armée française à travers l'Europe et l'Asie Mineure en direction de Jérusalem. L'armée choisit de longer la côte de l'Anatolie, car la défaite du roi Conrad III de Hohenstaufen et de ses troupes lors de la bataille de Dorylée avait démontré que progresser à l'intérieur des terres était trop périlleux. En , l'armée traversait la vallée du Méandre pour rejoindre le grand port d'Antalya. Eudes de Deuil, qui prit part à cette campagne, souligne le caractère périlleux de la vallée du Méandre car ses escarpements et ses versants montagneux permettaient aux Turcs de harceler sans relâche les croisés par des raids éclairs[1].
Bataille
modifierLes Turcs lancèrent une attaque en embuscade particulièrement violente alors que les croisés tentaient enfin de traverser la rivière. Ils eurent recours à leur tactique habituelle, consistant à attaquer puis à battre en retraite rapidement avant que l'ennemi ne puisse se regrouper et contre-attaquer[2]. Toutefois, cette fois-ci, Louis VII avait pris soin de placer ses chevaliers les plus aguerris à l'avant, sur les flancs et à l'arrière, ce qui permit à ces troupes d'engager le combat contre les Turcs avant que ces derniers ne puissent infliger des dommages importants[1].
Les Turcs subirent de lourdes pertes[3], bien que nombre d'entre eux aient réussi à regagner les montagnes sur leurs chevaux rapides[1]. Selon Guillaume de Tyr, qui écrivit plus tard, les croisés parvinrent également à capturer bon nombre de ces pillards[4]. Ni Guillaume de Tyr ni Eudes de Deuil ne firent état du bilan total des pertes croisées, bien que l'on puisse supposer qu'elles furent légères, seul un noble de premier plan, Milon de Nogent, ayant trouvé la mort. Après la bataille, une rumeur circula parmi les croisés selon laquelle la défense avait été menée par un chevalier inconnu vêtu de blanc[3].
Conséquences
modifierCette victoire ne suffit pas à stopper les attaques turques. Quelques jours seulement après la bataille du Méandre, l'armée française subit une défaite catastrophique au défilé de Pisidie. Néanmoins, l'historien Jonathan Phillips souligne l'importance de la bataille du Méandre, car elle permet de mieux comprendre l'échec de la deuxième croisade. Selon lui, cet affrontement démontre que l'échec de la croisade ne résultait pas d'une infériorité des capacités militaires des croisés, contrairement à ce que l'on pourrait croire[5].
Bibliographie
modifier- Guillaume de Tyr, « Historia rerum in partibus transmarinis gestarum », 1879-1880.
- (la) Eudes de Deuil (trad. François Guizot), De Profectione Ludovici VII in Orientem [« Histoire de la croisade de Louis VII »], Paris, Jean-Louis-Joseph Brière, (lire en ligne).
- Jonathan Phillips, The Second Crusade : Extending the Frontiers of Christendom, Yale University Press, .
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of the Meander » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 Eudes de Deuil 1824, p. 111.
- ↑ Jonathan Phillips 2007, p. 197.
- 1 2 Eudes de Deuil 1824, p. 113.
- ↑ Guillaume de Tyr 1879-1880, p. 175, tome 2.
- ↑ Jonathan Phillips 2007, p. 198.