Bataillons de fusiliers
Le terme Bataillons de fusiliers (néerlandais : Bataljon Fusiliers) fait référence à 57 unités militaires distinctes qui furent créées en Belgique pour combattre aux côtés des Alliés dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Contrairement aux Forces belges libres qui furent formées en exil, les bataillons de fusiliers furent constitués en Belgique après sa libération de l'occupation allemande en . Au total, 57 bataillons numérotés de 1 à 39 et de 45 à 62 et composés en tout de 57 300 hommes furent mis sur pieds entre et [1].
| Bataillons de fusiliers no 1 à 39 et 45- à 62[1] | |
Plaque commémorative du 12e bataillon de fusiliers qui participa à la bataille de Remagen en mars 1945 | |
| Création | octobre 1944 |
|---|---|
| Dissolution | juin 1945 |
| Pays | |
| Rôle | Infanterie légère, génie, logistique, auxiliaire |
| Effectif | 53 700 au total |
| Inscriptions sur l’emblème | Bataille des Ardennes Bataille de Remagen Campagne d'Allemagne (1945) |
| Guerres | Seconde Guerre mondiale |
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Origines et création
modifierLe concept des bataillons de fusiliers a pour origine les plans du gouvernement belge en exil pour la reconstruction de l'armée belge une fois son territoire national libéré de l'occupation allemande. En , un plan formel fut créé qui prévoyait la mise sur pied de 18 bataillons de soldats en Belgique une fois son territoire récupéré. Le noyau de cette nouvelle force serait composée de 6 bataillons d'infanterie de première ligne pour renforcer la brigade belge indépendante, la Brigade Piron, qui avait été formée en exil. Elle comprendrait également 6 bataillons de fusiliers à qui seraient confiés des tâches auxiliaires comme la garde des lignes de communication. De plus, 6 bataillons logistiques (Pionniers) seraient également créés[2]. Le plan fut approuvé par le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force (SHAEF) en . Néanmoins, des contraintes d'approvisionnement menèrent à la révision de l'objectif initial par la création de 12 bataillons de fusiliers et 4 logistiques pour un total de 6 000 hommes[3]. La création des ces nouvelles unités commença peu après la libération de la Belgique en et 12 bataillons furent ainsi constitués à la fin de l'année. Ils étaient équipés de surplus (uniformes et équipement) de l'armée britannique[4].

Après l'échec de l'opération Market Garden, les Alliés décident de revoir leur accord. En , ils signent un nouvel accord sur les Liberated Manpower Units (LMU) qui prévoit la création, sur deux ans, de 77 bataillons de fusiliers et de 8 bataillons logistiques auxiliaires[5]. S'il avait été mené à terme, l'accord aurait résulté en la mobilisation de 91 000 hommes[6]. De plus, le gouvernement belge avait déjà initié un programme séparé de développement de la brigade Piron en une nouvelle brigade d'infanterie dotée de régiments blindé et d'artillerie[7].
En tout, 57 des 77 bataillons de fusiliers prévus ont été créés avant la fin du programme, le jour de la victoire[5]. Ils sont numérotés entre 1 et 39 et 45 et 62. 4 bataillons supplémentaires de pionniers sont créés ainsi que 34 compagnies de transport routier ainsi que de plus petites unités auxiliaires[5]. Au total, 53 700 hommes servent dans ces unités. La plupart de ces hommes sont recrutés parmi les résistants dont 80 % issus de l'Armée secrète et du Mouvement national royaliste[8].
Bien que la majorité poursuit son entraînement jusqu'à la fin de la guerre, 20 bataillons sont actifs sur le front occidental dans les derniers mois de la guerre[1]. Cela comprend les 1er, 2e et 3e bataillons qui servent aux Pays-Bas, le 4e sur le Rhin, les 5e et 6e qui combattent durant la bataille des Ardennes, le 12e qui participe à la bataille de Remagen et le 17e qui termine la guerre à Plzeň en Tchécoslovaquie[1]. À partir de , les bataillons de fusiliers restant sont réorganisés en 16 brigades de fusiliers.
Les bataillons de fusiliers sont séparés des 5 brigades d'Irlande formées en 1945, qui sont envoyées en Irlande du Nord pour s'entraîner et qui avaient pour but de servir de base à l'armée belge post-guerre[9]. Les soldats des 1er, 2e, 3e et 11e bataillons de fusiliers sont rassemblés pour former la 6e brigade d'infanterie "Deinze".
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (en) Nigel Thomas, Foreign Volunteers of the Allied Forces: 1939-45, Londres, Osprey, (ISBN 9781855321366), p. 16
- ↑ Champion 1973, p. 17.
- ↑ Champion 1973, p. 22.
- ↑ Champion 1973, p. 25.
- 1 2 3 Champion 1973, p. 28.
- ↑ Champion 1973, p. 28-30.
- ↑ Champion 1973, p. 29.
- ↑ Lucien Deleuze, « Aperçu sur l'Armée Secrète, Groupement Militaire de Résistance Armée », Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, vol. 8, no 31, , p. 52 (JSTOR 25731813)
- ↑ « Brigades d’Irlande », sur Belgium-WWII, CEGESOMA (consulté le )
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fusilier Battalions (Belgium) » (voir la liste des auteurs).