Begho
Begho est une ancienne ville située au Ghana, située dans la communauté qui lui succède : Hani[1].
| Begho | ||
| Localisation | ||
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| Région | Région de Bono | |
| District | District de Tain | |
| Localité | Hani | |
| Géolocalisation sur la carte : Ghana
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Histoire
modifierFondée vers le XIe siècle sur le territoire de l’actuel Ghana par Les Ligbis/Huelas[2], la ville de Bégho fut l’un des principaux centres commerciaux de l’Afrique de l’Ouest précoloniale. Sa prospérité repose d’abord sur l’or.
Idéalement située entre les routes transsahariennes du nord et les zones forestières riches en ressources du sud, Bégho se trouve à proximité immédiate des régions aurifères contrôlées par les Akan. L’or extrait dans ces régions transite par Bégho avant d’être acheminé vers le nord, faisant de la cité une plateforme logistique et marchande essentielle.
Le cœur de Bégho est son marché, actif dès l’aube et souvent jusque tard dans la nuit. Y circulent un flux constant de marchands wangara dioula, de commerçants akan, de caravaniers venus du Sahel et de voyageurs de régions lointaines.
L’or y est échangé contre du sel du Sahara, des tissus, des perles, des objets manufacturés et des chevaux.
Ce commerce relie Bégho aux grandes cités ouest-africaines comme Djenné, Tombouctou, Kong et, au-delà, au monde méditerranéen.
Le contrôle des réseaux d’échange, l’organisation des caravanes et la circulation des richesses sont assurés par les Wangara-Dioula. Leur influence dépasse toutefois le cadre économique. Musulmans instruits et lettrés, ils font de Bégho un centre islamique en diffisusant l’écriture arabe et une culture savante.
Plusieurs familles wangara deviennent alors incontournables : les Kamagaté, Cissé, Bamba, Timité, Camara et Saganiogo. Ces lignages enseignent, dirigent la vie religieuse et influencent le pouvoir politique[3].
Quartiers
modifierBégho est organisée en huit grands quartiers chacun ayant ses propres fonctions et lignages [3]:
· Kari-Dioulas : Le quartier des Diabagaté
· Nénéyas
· Kamayas : Quartier abritant le clan Kamagaté, une famille influente de la ville[3].
· Koumalas : Le quartier des Koumala
· Dorobos
· Donzo-Ouattara : Quartier associé aux Donzo et au puissant lignage Ouattara, qui a joué un rôle majeur dans l'histoire de la région[3].
· Timités : Quartier portant le nom d'un lignage réputé pour sa culture lettrée et son implication dans l'enseignement coranique[3]
· Nigbis : Quartier des fondateurs de la ville, les Ligbis/Huelas, qui détenaient une autorité particulière sur le plan spirituel et politique[3],[2]
Bégho devient ainsi à la fois une place commerciale majeure et un centre intellectuel musulman, attirant des populations diverses (Nafanas, Akans…) et devenant un carrefour culturel mêlant traditions locales et influences islamique.
Déclin et guerre civile (fin du XVIe siècle)
modifierÀ partir de la fin du XVIe siècle, la prospérité de Bégho commence à se fissurer. Les rivalités s’intensifient : conflits entre groupes wangara-dioula, luttes pour le contrôle du commerce de l’or, querelles autour de l’imamat, tensions entre élites musulmanes et groupes guerriers[2].
Vers 1597-1598[2], une guerre civile éclate au cœur de la ville. Selon des sources telles que l’Isnad al-Sudan et les chroniques locales, la destruction de Bégho est brutale[4].
La cité s’effondre : abandon du centre urbain, rupture des réseaux commerciaux, dispersion massive des habitants. Les Wangara quittent Bégho en emportant leur savoir commercial, leurs réseaux et leur influence religieuse. On les retrouve notamment à Bondoukou, Bouna et dans les territoires qui formeront plus tard le royaume Gonja[5].
Archéologie
modifierDes fouilles sont menées par l'Université du Ghana de 1970 à 1979, et une fouille conjointe est réalisée par l'UCLA et l'Université du Ghana en 1979. Il n'y a jamais eu d'enquête de surface approfondie, seuls des sites spécifiques sont fouillés[6].
Le lien étroit entre les populations Akan de la forêt et les Dioulas du Moyen Niger sont mis au jour lors des fouilles archéologiques[7].
Présentation du site
modifierLes fouilles dévoilent au moins 5 quartiers séparés dans toute la ville et un total de 1000 à 1500 monticules de maisons[6], conduisant à une estimation d'une plus grande population d'environ 7 000 à 10 000 personnes. Les quartiers se composent comme suit : le quartier Nyarko, le quartier Kramo, le quartier Dwinfor et le quartier du marché. Le quartier de Nyarko aurait été résidentiel pour la population Brong, tandis que le quartier de Kramo l'aurait été pour les musulmans parlant mange[6].
Architecture
modifierLes maisons ont tendance à être construites autour d'une cour avec des pièces ne dépassant pas 3 m sur 4 m, et les étages sont installés plus haut que la cour d'environ 15 à 25 m. Les maisons ont tendance à avoir des citernes, généralement de 1 m de large et 2 m de profondeur. Les cours sont probablement les sites d'activités telles que le décorticage des noix et la cuisine, car d'éventuelles pierres de foyer sont trouvées à ces endroits[6].
Textiles et perles
modifierDes fusaïoles sont trouvées dans chacun des quartiers, et en particulier le quartier Brong. De plus, des puits de teinture sont identifiés dans le quartier de Kramo. Les textiles sont probablement importants à Begho. Les sources arabes notent que Begho est bien connu pour ses textiles.[réf. nécessaire]
Métallurgie
modifierIl existe des preuves à la fois du travail du fer et du travail du laiton à Begho. Les deux sont antérieurs à Begho lui-même. Une zone de fusion de fer distincte est découverte 4,2 km au nord-ouest de Begho. Le travail du fer n'y a probablement eu lieu qu'entre le XVe siècle et le XVIIe siècle, car le fer pouvait éventuellement être importé de réseaux commerciaux plus importants. La forge, cependant, a eu lieu à Begho même. Des scories sont trouvées dans chacun des quartiers. Le fer est forgé en pointes de flèches, couteaux, anneaux, clous, lames de houe et éperons.
Le travail du laiton est basé dans le quartier de Dwinfuor, car il y a de nombreux creusets en argile avec des signatures en laiton. Le laiton est forgé en bagues, boucles d'oreilles, bracelets, jambettes et autres bijoux. De plus, des poids en laiton sont trouvés qui suivent le système de poids islamique[6].
Agriculture
modifierLa population de Begho a grandement profité des ressources naturelles entourant la ville. Les ignames sont cultivées dans des fermes à l'extérieur de la ville, comme en témoignent les éparpillements de poteries à des kilomètres à l'extérieur de la ville. Il est probable que des carottes et des oignons aient été consommés à Begho, mais on ne sait pas si des mangues, des niébés et des gombos sont consommés ou non. De plus, il y a probablement des cultures céréalières (sorgho ou mil) car des meules cassées sont trouvées. Grâce à une connaissance persistante de jusqu'à 500 plantes locales dans la région par les habitants modernes, on peut émettre l'hypothèse que la population de Begho est au courant des plantes pour une variété d'utilisations[6],[8].
Commerce
modifierIl n'y a aucun signe d'un mur de la ville découvert, suggérant que Begho a un commerce plus libre que les autres villes et est plus pacifique. Le laiton est probablement importé, car les creusets de Dwinfuor contenaient du laiton de différentes sources[9].
Notes et références
modifier- ↑ (en) Posnansky, « Digging through Twentieth-Century Rubbish at Hani, Ghana », Historical Archaeology, vol. 47, no 2, , p. 64–75 (ISSN 0440-9213, DOI 10.1007/BF03376899, lire en ligne)
- 1 2 3 4 Andreas Massing, Imams Of Gonja, Page 66
- 1 2 3 4 5 6 Andreas Massing, Imams of Gonja, (lire en ligne), p. 68
- ↑ Andreas Missing, « Jula Dispersion and the End of Begho », dans Imams of Gonja, p. 66, 67, 68, 69, 70
- ↑ Andreas Missing, « Jula Dispersion and the End of Begho », dans Imams of Gonja (ISBN https://journals.openedition.org/etudesafricaines/pdf/16965[à vérifier : ISBN invalide]), p. 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72
- 1 2 3 4 5 6 Posnansky, « Begho: Life and Times », Journal of West African History, vol. 1, no 2, , p. 95–118 (ISSN 2327-1868, DOI 10.14321/jwestafrihist.1.2.0095, lire en ligne)
- ↑ PESCHEUX Gérard, Le royaume asante (Ghana), KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-8111-3751-9, lire en ligne)
- ↑ (en) Posnansky, « Processes of Change--A Longitudinal Ethno-Archaeological Study of a Ghanaian Village: Hani 1970–98 », African Archaeological Review, vol. 21, no 1, , p. 31–47 (ISSN 1572-9842, DOI 10.1023/B:AARR.0000022318.18118.e6, lire en ligne)
- ↑ Begho, « Begho Life »
, sur Begho Life (consulté le )