Beit HaKerem (en hébreu : בית הכרם) est un quartier de l'ouest de Jérusalem, en Israël. Il est situé entre Kiryat Moshe au nord, Yefe Nof et la forêt de Jérusalem à l'ouest, Ramat Beit HaKerem au sud, et Givat Ram ainsi que la route Begin à l'est[1].

Beit HaKerem
Beit Hakerem
Beit Hakerem vu de l'est
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
Ville Jérusalem
District District de Jérusalem
Géographie
Coordonnées 31° 46′ 49″ nord, 35° 11′ 21″ est
Localisation
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Beit HaKerem
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Beit HaKerem

Le quartier est fondé en 1922 comme cité-jardin par des membres de l'association « Boney Bayit »[2], qui réunit notamment des enseignants, fonctionnaires, écrivains et membres de la classe moyenne juive de la période mandataire[3]. Son plan initial est conçu par l'architecte Richard Kauffmann, qui planifie aussi d'autres quartiers-jardins de Jérusalem, comme Rehavia, Talpiot et Kiryat Moshe[4].

Le nom du quartier renvoie à la localité biblique de Beit HaKerem, mentionnée dans le Livre de Jérémie et dans le Livre de Néhémie. Les fondateurs du quartier choisissent ce nom en référence à cette tradition biblique, bien que l'identification exacte de la localité antique fasse l'objet d'hypothèses différentes[1].

Beit HaKerem est considéré comme l'un des quartiers anciens et recherchés de l'ouest de Jérusalem. Il conserve une partie de son caractère résidentiel et verdoyant d'origine, tout en étant situé à proximité d'importants axes de transport, d'institutions universitaires et de pôles urbains comme le campus de Givat Ram de l'université hébraïque de Jérusalem et l'entrée occidentale de la ville.

Histoire

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Fondation

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Beit HaKerem est fondé en 1922, durant la période du Mandat britannique sur la Palestine, par des membres de l'association Boney Bayit. Les fondateurs sont pour beaucoup issus de la Deuxième Aliyah, venus d'Europe orientale et centrale, et appartiennent à un milieu laïque, national et sioniste. Ils souhaitent créer un quartier moderne, indépendant et organisé, éloigné du centre urbain dense de Jérusalem de l'époque[3].

L'achat des terrains est réalisé par les membres de l'association eux-mêmes, et non par une institution publique. Les habitants financent également les infrastructures publiques et la construction des maisons. Le quartier est conçu comme une cité-jardin : les maisons sont entourées de jardins et de petites parcelles agricoles, appelées « fermes auxiliaires », destinées à compléter les revenus des habitants[3].

Le plan du quartier est confié à Richard Kauffmann. Une carte de planification datant de 1922, conservée à la Bibliothèque nationale d'Israël, montre la répartition prévue des maisons, des rues, des bâtiments publics, de l'école, de la synagogue, de la maison du peuple, des terrains de jeux et de sport, ainsi que des bâtiments coopératifs[4].

Selon les principes de planification de Kauffmann, le quartier est structuré autour d'une avenue centrale et de bâtiments publics placés à des points importants du relief. Parmi ces équipements figure le collège académique d'éducation David Yellin, installé dans un bâtiment dominant le quartier.

Développement durant la période mandataire

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Quartier de Beit Hakerem, années 1930
Vue générale du quartier de Beit Hakerem en 1943. Le bâtiment imposant à l'horizon est le séminaire pour enseignants David Yellin.

Dans les années 1920 et 1930, Beit HaKerem reste un quartier relativement isolé du reste de Jérusalem, entouré d'espaces ouverts. Son atmosphère calme, son altitude et son caractère de quartier-jardin attirent non seulement des habitants permanents, mais aussi des personnes venues y séjourner pour se reposer ou se rétablir[3].

Le quartier se distingue par un fort accent mis sur l'éducation, la culture hébraïque et la vie communautaire. Plusieurs enseignants, écrivains, intellectuels et personnalités publiques s'y installent. La proximité du séminaire David Yellin et la composition sociale des fondateurs contribuent à faire du quartier un centre important de la culture hébraïque laïque à Jérusalem.

Le quartier développe aussi des institutions communautaires: synagogue, école, jardin d'enfants, bibliothèque, maison du peuple et espaces publics. Le modèle urbain de Beit HaKerem associe ainsi vie résidentielle, activités communautaires et idéologie sioniste d'autonomie locale.

Après la création de l'État d'Israël

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Après la création de l'État d'Israël, Beit HaKerem est progressivement intégré à l'expansion urbaine de Jérusalem. Les terrains ouverts qui l'entouraient sont construits, et le quartier cesse d'être un îlot isolé. L'urbanisation de l'ouest de Jérusalem, le développement de Givat Ram, de Kiryat Moshe, de Givat Shaul et de l'entrée occidentale de la ville renforcent son intégration au tissu urbain.

Dans les années 1960 et 1970, le quartier attire de nombreux enseignants, universitaires, étudiants et familles liées à l'université hébraïque, en raison de sa proximité avec le campus de Givat Ram. Il acquiert une image de quartier éduqué, calme et relativement aisé, tout en conservant une population ancienne attachée à son histoire locale.

Au fil du temps, une partie des maisons d'origine est remplacée par des immeubles d'habitation. Néanmoins, plusieurs rues conservent encore des maisons anciennes, des jardins et des éléments du plan de cité-jardin.

Urbanisme et conservation

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Beit HaKerem est l'un des exemples importants de cité-jardin planifiée à Jérusalem pendant la période mandataire. Son plan originel, conçu par Richard Kauffmann, se caractérise par une organisation hiérarchisée des rues, des espaces verts, des jardins privés et des bâtiments publics[4].

La municipalité de Jérusalem considère le cœur historique du quartier comme une zone à forte valeur patrimoniale. Le plan directeur municipal distingue plusieurs zones : un secteur historique à conserver, correspondant notamment aux limites du plan de Kauffmann, et d'autres secteurs pouvant faire l'objet d'une densification ou d'un renouvellement urbain[5].

Le plan directeur vise à permettre un épaississement du bâti tout en préservant la structure urbaine, les bâtiments historiques, la végétation et le caractère résidentiel du quartier[5]. Il comporte également une annexe de conservation détaillant des bâtiments, rues et ensembles urbains considérés comme significatifs pour l'identité historique du quartier[6].

En 2022, l'Administration israélienne de la planification publie aussi une politique directrice pour le plan du quartier de Beit HaKerem, dans le cadre des orientations de planification de la commission de district de Jérusalem[7].

Institutions et sites notables

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Collège d'éducation David Yellin

Le quartier abrite plusieurs institutions éducatives, culturelles et communautaires.

Le collège académique d'éducation David Yellin est l'un des bâtiments les plus importants de Beit HaKerem. Il est situé sur un point élevé du quartier et constitue un repère urbain depuis les premières années de la cité-jardin. Le bâtiment apparaît déjà dans le plan de Kauffmann comme une institution publique prévue au sommet du quartier[4].

La synagogue centrale de Beit Hakerem, rue Beit Hakerem

Le centre communautaire de Beit HaKerem joue également un rôle important dans la vie locale. Il est lié à l'histoire du quartier et organise des activités culturelles, éducatives et communautaires pour les habitants[3].

La rue HaHaloutz et les rues voisines concentrent plusieurs éléments historiques du quartier : maisons anciennes, espaces verts, bâtiments publics et vestiges du plan de cité-jardin. Plusieurs bâtiments de cette zone sont inclus dans les documents municipaux de conservation[6].

Le quartier est aussi proche de plusieurs sites importants de l'ouest de Jérusalem, notamment le campus de Givat Ram de l'université hébraïque, le Musée d'Israël, la Knesset, la Bibliothèque nationale d'Israël et le quartier gouvernemental.

Transport

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Beit HaKerem est desservi par la ligne rouge du tramway de Jérusalem, qui longe le boulevard Herzl et permet de rejoindre le centre-ville, le mont Herzl, la gare routière centrale et plusieurs autres quartiers de Jérusalem. La proximité de la route Begin, de l'entrée occidentale de la ville et du pont de Cordes renforce également l'accessibilité du quartier.

Le quartier est traversé ou bordé par plusieurs axes importants, dont le boulevard Herzl, la rue HaHaloutz et la rue HeHaloutz. Malgré cette accessibilité, l'intérieur du quartier conserve un caractère résidentiel relativement calme, avec des rues secondaires, des jardins et des espaces publics.

Personnalités liées au quartier

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En raison de son caractère culturel et éducatif, Beit HaKerem a attiré de nombreuses personnalités israéliennes. Des écrivains, enseignants, intellectuels, scientifiques et responsables publics y ont vécu ou y ont été associés.

Parmi les personnalités liées au quartier figurent notamment Haïm Nahman Bialik, qui y séjourne ; Ben-Zion Dinur, historien et homme politique ; Yosef Weitz, responsable du Fonds national juif ; et plusieurs enseignants et membres du monde culturel hébraïque de Jérusalem.

Le quartier est également associé à l'image d'une Jérusalem intellectuelle, laïque et éducative, marquée par l'héritage de la période mandataire et par la proximité du campus universitaire de Givat Ram.

Beit HaKerem dans la culture

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Beit HaKerem apparaît dans la mémoire culturelle de Jérusalem comme un quartier de jardins, de maisons basses et d'intellectuels. Son atmosphère a été évoquée dans des récits, mémoires et promenades urbaines consacrés à l'ouest de Jérusalem. Le quartier est souvent présenté comme l'un des exemples les plus reconnaissables de la cité-jardin hiérosolymitaine.

Sa structure urbaine, son patrimoine bâti et son rôle dans la culture hébraïque moderne en font un objet fréquent de visites guidées et de publications consacrées à l'histoire des quartiers de Jérusalem.

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 (he) « על השכונה » [« À propos du quartier »], sur Municipalité de Jérusalem (consulté le )
  2. En hébreu : אגודת בוני בית, littéralement « association des constructeurs de maison ».
  3. 1 2 3 4 5 (he) « הסטוריה: שכונת בית הכרם והמרכז הקהילתי » [« Histoire : le quartier de Beit HaKerem et le centre communautaire »], sur Centre communautaire de Beit HaKerem (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (he) « מפת תכנון של האדריכל ריכרד קאופמן של שכונת בוני בית » [« Carte de planification de Richard Kauffmann pour le quartier Boney Bayit »], sur Bibliothèque nationale d'Israël, (consulté le )
  5. 1 2 (he) « תכנית מתאר לשכונת בית הכרם » [« Plan directeur du quartier de Beit HaKerem »], sur Municipalité de Jérusalem (consulté le )
  6. 1 2 (he) « תכנית מתאר לשכונת בית הכרם » [« Plan directeur du quartier de Beit HaKerem »], sur Municipalité de Jérusalem, (consulté le )
  7. (he) « מדיניות מנחה לתוכנית האב לשכונת בית הכרם » [« Politique directrice pour le plan du quartier de Beit HaKerem »], sur Administration israélienne de la planification, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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