Benia bel Recheb
Benia bel Recheb est un fortin romain de l'Antiquité tardive dont le site archéologique se trouve sur le territoire du Gouvernorat de Médenine, en Tunisie.
| Période d'activité |
Milieu du IIIe siècle au ? |
|---|---|
| Localité moderne |
Ksar El Mhadha |
| Unité présente | |
| Dimension du fort |
0,02 ha |
| Province romaine | |
| Coordonnées |
Historique
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Sa garnison est chargée de la sécurité et de la surveillance d'une portion du Limes Tripolitanus, en Tripolitaine[1]. Les fortifications frontalières forment un système complexe de forts et de postes militaires[2].
La fortification protège la plaine de la Djeffara, fertile région côtière de l'est de la province, des attaques venues du désert et contrôle simultanément le commerce pour Rome. La garnison est également responsable des clausurae (barrières) sur la colline du djebel Demmer, au Sud[3]. Les ruines du fort, pillées par des voleurs de pierres, se situent sur les hauteurs de l'oued Bel Recheb, entre les chaînes de montagnes des hauts plateaux du djebel Dahar, au sud-ouest du village de Ksar El Mhadha, dans le gouvernorat de Médenine, en Tunisie méridionale. Des vestiges de l'enceinte sont encore visibles.
Description
modifierLe fortin rectangulaire, mesurant un peu plus de 40 × 40 m (soit 0,16 ha), présente de nombreuses similitudes, selon l'archéologue britannique David Mattingly, avec le fortin de Benia Guedah Ceder, datant également de l'Antiquité tardive. Benia bel Recheb possède le plan typique d'un quadriburgium du IVe siècle[4]. Cependant, son importance en tant que ville de garnison est considérablement moindre que celle du fort de Talalati (de), construit dès , qui couvre 0,86 ha. Talalati constitue une position arrière importante dans la partie orientale du Dahar. Son unité de rattachement est la cohorte VIII Fida (equitata) (de), chargée de surveiller une section entière du Limes Tripolitanus, le Limes Talalatensis[5]. Ce dernier comprend le petit fort de Benia bel Recheb, que l'on peut considérer comme un avant-poste du fort de Talalati. Les ostraca datant du IIIe siècle, provenant du fort frontalier de Gholaia (Bu Njem) en Libye, confirment la participation d'une garnison régulière aux tâches de police courantes et à la surveillance des civils[6].

Les murs d'enceinte de la petite enceinte sont constitués de blocs rectangulaires soigneusement taillés, provenant probablement d'une carrière située plus en aval dans la même vallée, connue sous le nom de Reha bel Recheb. Aux quatre angles, des tours rectangulaires se dressent en saillie sur le mur. La porte principale, d'une construction élaborée, située face à une tour intermédiaire, se compose d'une voie d'accès unique flanquée de deux tours rectangulaires qui se dressent elles aussi en saillie sur le mur[7].
À l'intérieur de cette fortification, certains éléments structurels ont été identifiés. Par exemple, au début du XXe siècle, les premiers chercheurs repèrent des logements et des entrepôts, notamment dans l'angle nord du fort.
Références
modifier- ↑ (en) David Mattingly, Tripolitania, Ann Arbor, University of Michigan Press, , 265 p. (ISBN 978-0472106585).
- ↑ (de) Michael Mackensen, « Kastelle und Militärposten des späten 2. und 3. Jahrhunderts am „Limes Tripolitanus“ », Der Limes, no 2, , p. 20-24 (lire en ligne).
- ↑ Paul Blanchet, « Le Djebel Demmer », Annales de géographie, vol. 6, no 27, , p. 239–254 (ISSN 0003-4010, DOI 10.3406/geo.1897.5612, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Joëlle Napoli, Recherches sur les fortifications linéaires romaines, Rome, École française de Rome, coll. « Collection de l'École française de Rome » (no 229), , 549 p. (ISBN 978-2728303717), p. 453.
- ↑ (de) Christian Witschel, « Zur Situation im römischen Africa während des 3. Jahrhunderts », dans Klaus-Peter Johne (de), Deleto paene imperio Romano: Transformationsprozesse des Römischen Reiches im 3. Jahrhundert und ihre Rezeption in der Neuzeit, Stuttgart, Steiner, (ISBN 978-3515089418), p. 186.
- ↑ Robert Marichal, « Les ostraca de Bu Njem », CRAI, vol. 123, no 3, , p. 436-437 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ René Cagnat, « La frontière militaire de la Tripolitaine à l'époque romaine », Mémoires de l’Institut national de France, t. 39, , p. 77–109 (lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) John Nigel Dore, « Settlement Chronology in the Pre-desert Zone: the Evidence of the Fineware », dans David J. Buck et David J. Mattingly, Town and Country in Roman Tripolitania: Papers in Honor of Olwen Hackett, Oxford, British Archaeological Reports (en), coll. « International Series » (no 274), (ISBN 978-0860543503), p. 107-125.
- (en) Richard Goodchild et John Brian Ward-Perkins, « The Limes Tripolitanus in the Light of Recent Discoveries », The Journal of Roman Studies (de), no 39, , p. 81-95 (ISSN 0075-4358, lire en ligne, consulté le ).
- (en) Philip M. Kenrick, Tripolitania, Londres, Society for Libyan Studies (en), coll. « Libya Archaeological Guides », , 224 p. (ISBN 978-1900971089).
- (de) Michael Mackensen, « Die Grenze in Nordafrika am Beispiel der Provinzen ‚Africa Proconsularis‘ und ‚Numidia », dans Gerhild Klose et Annette Nünnerich-Asmus (de), Grenzen des römischen Imperiums, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, (ISBN 978-3805334297), p. 62-71.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la géographie :
- « Frontières de l’Empire romain : Limes du Sud tunisien », sur whc.unesco.org (consulté le ).
