Bereshit (en hébreu : בראשית, « au commencement de ») est la première section hebdomadaire (parasha) du cycle annuel de lecture de la Torah. Elle est lue lors du premier chabbat qui suit la fête de Sim'hat Torah (généralement en octobre) et correspond à Genèse 1:1-6:8.

Bereshit sur un rouleau de Torah.

La parasha s’ouvre sur les récits de la création (מעשה בראשית Ma'asse Bereshit), concept-clé de la philosophie, de l’éthique et de la tradition ésotérique juives, jetant un pont avec le polythéisme et la philosophie grecque. Elle se poursuit avec le récit des origines de l’humanité, s’achevant avec l’introduction de Noé, protagoniste de la section hebdomadaire suivante.

Résumé

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Une représentation colorisée de la gravure Flammarion, inspirée de la cosmogonie décrite dans les premiers chapitres de Bereshit.

Dieu a créé le monde et les créatures qui le peuplent, dont le premier couple de l'humanité, en six jours, parachevant son œuvre le septième jour par le shabbat. L'homme créé est installé dans le jardin d'Éden, recevant pour seule consigne de ne pas toucher aux fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Cependant, pressée par le Serpent, la femme y goûte et y fait goûter son mari. Expulsés d'Éden, l'homme, Adam, et sa femme 'Hava ont deux fils ; l'aîné Qayn devient agriculteur et le cadet Hevel pasteur. Comme l'offrande du second est agréée par Dieu alors que celle du premier ne l'est pas, celui-ci est invité par Dieu à s'améliorer ; mais il tue son cadet et l'enterre, refusant d'assumer ses fautes. Qayn est donc condamné à l'errance, engendre des enfants jusqu'à Lemekh. Adam et 'Hava ont d'autres enfants, dont le premier Seth, à l'Image et la Ressemblance de Dieu, naît « en remplacement de Hevel. » Sa descendance peuple la terre, mais chaque génération dégénérant davantage, Dieu s'afflige de sa création et décide de l'effacer de la terre. Un seul homme, Noé, trouve grâce à ses yeux[1].

Lectures

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Divisions de la parasha lors de la lecture complète

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La lecture de la parasha à la synagogue le sabbath est traditionnellement divisée en sept sections[2], pour lesquelles un membre différent de la congrégation est appelé à lire. La première lecture, le rishon, échoit traditionnellement à un Cohen, la seconde, appelée sheni, à un Levi, les suivantes à un Israël (ni Cohen ni Levi). La septième section comporte une sous-section, le maftir, qui est lue par la personne qui lira ensuite la haftara.

Les sections de la parashat Bereshit sont :

  • rishon (Gen. 1:1-2:3) : la Création du point de vue universel
  • sheni (Gen. 2:4-19) : la Création du point de vue humain
  • shlishi (Gen 2:20 - 3:21) : la création de la femme, et la tentation par le serpent
  • revi'i (Gen. 3:22-4:18) : le récit de Caïn et Abel
  • 'hamishi (Gen. 4:19-22) : la lignée de Caïn
  • shishi (Gen. 4:23-5:24) : la lignée de Seth, nouvelle descendance d'Adam, qui elle aussi déchoit
  • shevi'i (Gen. 5:25-6:8) : la déchéance de l'humanité
    • maftir (Gen. 6:5-8) : le projet divin d'effacer le monde, et l'exception de Noé.

Divisions de la parasha lors de la lecture abrégée

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Une lecture publique de la parasha fut instaurée par Ezra le Scribe le lundi et le jeudi[3] à la synagogue. Cette lecture, sensiblement plus courte, ne comprend que trois sections, la première réservée au Cohen, la seconde au Levi, la troisième à un Israël

  • Section du Cohen : Bereshit 1:1-5[4]
  • Section du Levi : Bereshit 1:6-8[4]
  • Section de l'Israël : Bereshit 1:9-13[4]
Exemple de base de maqam.

Un maqam est un système de modes musicaux utilisé dans la musique arabe mélodique classique. Les juifs originaires des pays orientaux (Afrique du Nord, Syrie) s'en sont inspirés, et adaptent la mélodie de la liturgie du Shabbat en fonction du contenu de la parasha de cette semaine. Ils emploient dix maqam différents, possédant chacun son usage propre.

La parashat Bereshit inaugurant le Sefer Bereshit, on chante selon le Maqam Rast, qui exprime le commencement ou l'initiation d'un processus[5].

Haftara

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Neviim rishonim, volume II du Tanakh Ram.

La haftara est une portion des livres des Neviim (Les Prophètes) qui est lue publiquement à la synagogue après la lecture de la Torah. L'usage fut institué afin de contourner le décret séleucide, qui frappait d'interdit, sous peine de mort, l'étude de la Torah. La haftara a donc généralement pour but de présenter des liens thématiques, sémantiques et lexicaux avec la parasha qui l'a précédée.

La haftara pour la parasha Bereshit est dans la plupart des rites le chapitre 42 du Livre d'Isaïe:

Bereshit dans les études académiques

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L'emploi exclusif du terme Elohim dans le premier récit de la création, alors qu'il apparaît comme YHWH Elohim à partir de Genèse 2:4, a entrainé Julius Wellhausen à formuler l'hypothèse que les premiers chapitres de la Genèse résultent de la juxtaposition de documents originellement distincts et indépendants, fusionnés ultérieurement afin d'unir les populations qui les avaient rédigés. Ainsi Genèse 1:1-2:3 serait la version des Israélites du Nord, le document élohiste, car ils appelaient la divinité Elohim, tandis que Genèse 2:4 et suivants serait celle des Judéens, le document jahviste, car ils la désignaient par le Tétragramme[10].
L'hypothèse documentaire actuelle attribue le rishon à la source P (Priest), sacerdotale, se défendant d'utiliser le Tétragramme, tandis que le sheni proviendrait d'une source non-P[11].
Tablette sur l'épopée de Gilgamesh.

Parallèles avec des textes sémitiques non-bibliques

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Bereshit dans la littérature médiévale et moderne

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Les thèmes de Bereshit, ainsi que certains de ses versets ont inspiré plusieurs ouvrages, parmi lesquels :

Notes et références

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  1. D'après Léon Askénazi, Leçons sur la Torah, éd. Albin Michel, 2007, Coll Spiritualités vivantes, (ISBN 978-2-226-17826-8)
  2. T.B. Meguila 23a
  3. T.B. Baba Kama 82a
  4. 1 2 3 Siddour Rinat Israël, p. 447, éd. Moreshet, Jérusalem, 1983
  5. Sephardic Pizmonim Project
  6. 42 5- 43 10.
  7. 42 5-21.
  8. 42 1-16.
  9. 42 1-21.
  10. Julius Wellhausen, Die Komposition des Hexateuch und der historischen Bücher des Alten Testaments (1889, 3e éd. 1899)
  11. Gordon Wenham, "Pentateuchal Studies Today", Themelios 22.1 (octobre 1996)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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