Bertrand Lebeau Leibovici
Bertrand Lebeau Leibovici, né le à Paris (France), est un médecin addictologue français spécialisé dans la réduction des risques liés aux drogues (RDR), ainsi que dans l'utilisation thérapeutique des substances psychotropes.[source insuffisante]
| Naissance | Paris, Hôpital Rotschild |
|---|---|
| Formation | Licence de Philosophie, Université Paris-Nanterre (1970) Doctorat de Médecine, Université Pierre et Marie Curie (1980) Capacité inter-universitaire d'addictologie clinique (2007) |
| Activité |
Médecin, Journaliste, Activiste |
| A travaillé pour | Macroscopies Libération Impact Médecin Le Monde Journal International de Médecine |
|---|---|
| Domaine |
Addictologie, Politique des drogues |
| Membre de | Médecins du Monde : Cofondateur, bénévole (1980-1988), salarié (1992-2000) Limiter la Casse : Vice-Président (1993-1997) Association Française de Réduction des Risques : Président (1999-2001) SOS Addictions ASUD : Secrétaire Général (2017-2019) L630 : Membre du comité scientifique (depuis 2019) |
Biographie
modifierJeunesse et vie privée
modifierBertrand Lebeau-Leibovici naît le à l'Hôpital Rothschild à Paris, lieu où ses parents se sont rencontrés, dans une famille où le médical est très présent : son père, Marcel Leibovici (1913-2001), est un médecin-chirurgien roumain d'origine juive ayant immigré en France en 1930 ; sa mère, Yvonne Le Balc'h (1913-2002), d'origine bretonne, est sage-femme. Il a également une sœur, Marion.
En 1966, Marcel Leibovici fait changer le nom familial en Lebeau. En 2020, Bertrand Lebeau-Leibovici obtiendra de pouvoir reprendre son nom de naissance, se faisant désormais appeler « Lebeau Leibovici ».[source insuffisante]
Scolarisé au lycée Jacques-Decour à Paris, il obtient son baccalauréat mathématiques-élémentaires en 1967. Après une hypokhâgne et une khâgne au lycée Condorcet, il n’est pas reçu au concours de l’École Normale Supérieure et commence alors des études de médecine en 1969 à l'université Pierre et Marie Curie, tout en terminant une licence de philosophie en 1970 à l'université Paris X. Il obtient son doctorat en médecine en 1980.
Il rencontre en 1983 sa future femme, Monique technicienne du cinéma, avec qui il se marie en 1990. Ensemble, ils ont un fils né en 1990.
Carrière médicale
modifierÀ partir de 1989, Lebeau-Leibovici est médecin généraliste au boulevard Raspail à Paris. Il commence alors à recevoir des patients usagers de drogues (en particulier héroïne), et accepte notamment de leur prescrire du « Temgésic », un antalgique dont le principe actif est la buprénorphine, comme substitut aux opiacés.
À partir de l’automne 1992, Lebeau-Leibovici quitte son cabinet de médecine générale pour se consacrer au militantisme. En 1994, il ouvre un centre de soins spécialisés en toxicomanie (CSST) disposant de places de méthadone dans le cadre de l’association Médecins du Monde, ont il restera directeur jusqu'à 2001[source insuffisante]. Il travaille ensuite dans le CSAPA « La Mosaïque » à Montreuil dirigé alors par le Dr Pierre Goisset (mort accidentellement en 2008) puis dans le service d’addictologie de l’hôpital Paul Brousse (Villejuif, Val-de-Marne), enfin comme Praticien Hospitalier dans le CSAPA de l’hôpital de Montfermeil. À partir du printemps 2019, il retourne travailler dans le service d’addictologie de l’hôpital Paul Brousse dirigé alors par le professeur Amine Benyamina. Il souhaite y promouvoir les utilisations thérapeutiques des psychédéliques (LSD, psilocybine) et entactogènes (MDMA)[source insuffisante]. Durant toutes ces années, il maintient une consultation dans le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Antoine à Paris et ce, jusqu’en .
Engagement politique
modifierDurant les années 1980, Lebeau-Leibovici participe à plusieurs activités de Médecins du Monde au Honduras, Tchad, Afrique du Sud, Pologne, Israël/Palestine, etc.
Lebeau-Leibovici a beaucoup rédigé pour la littérature médicale (Macroscopies, Impact Médecin ou le Journal International de Médecine) ainsi que quelques articles médicaux dans des journaux généralistes (Le Monde, Libération…).[source insuffisante] Il écrit aussi pour le journal d'ASUD[1].
Il co-organise en avec le Dr Patrick Aeberhard un débat sur les stupéfiants avec Thomas Zeltner (de l'Office fédéral de santé publique suisse), Isabelle Stengers et Claude Olievenstein.[source insuffisante] Lors de la VIIIe conférence internationale sur le SIDA, il rencontre la sociologue Anne Coppel, qui critique son approche essentiellement psychothérapeutique à des toxicomanes marginalisés qui, selon elle, ont d’abord besoin d’accès aux soins, étant frappés par l’épidémie de SIDA, de traitements de substitution par méthadone et buprénorphine, auxquels les intervenants sont farouchement opposés, et de soutien social tel l'accès aux droits et à l’hébergement).
Il co-signe dans Le Monde en la tribune « Le repère du toxicomane »[2], qui plaide pour les traitements de substitution à l’héroïne et l’implication des médecins généralistes dans la prise en charge des usagers de drogues. Dans la foulée, il participe au Réseau des Professionnels pour les Soins aux Usagers de Drogues (REPSUD) créé par les Drs Jean Carpentier et Clarisse Boisseau.
L’année suivante, il participe à la fondation du Mouvement de Légalisation Contrôlée de l’avocat Francis Caballero. Il y rencontre l’écrivaine Michka qui publie alors « Le cannabis est-il une drogue ? ». Le de cette même année 1993, ils participent tous deux à la « Première journée internationale du cannabis » organisée par l’éditeur Michel Sitbon et qui fait suite à l’« Appel du 18 joint » publié le par le quotidien Libération et signé par un grand nombre de personnalités du monde des sciences, des arts et des lettres[3].
Lebeau ne cessera de rester mobilisé sur la question du cannabis et de ses utilisations thérapeutiques comme en témoigne la préface qu’il a rédigée pour l'édition française de Marijuana Medical Handbook : A Guide to Therapeutic Use[4] de Ed Rosenthal, Tod Mikuriya et Dale H. Gieringer. En 1996, il est poursuivi (aux côtés de Michka et Sitbon) par Gabriel Nahas pour diffamation après des articles parus dans la revue Maintenant. Au cours du procès, deux anciens ministres de la Santé (Bernard Kouchner et Léon Schwartzenberg) témoignèrent en leur faveur.[source insuffisante]
L’année 1993 voit aussi naître un collectif inter-associatif intitulé « Limiter la casse » présidé par Anne Coppel[5] qui regroupe des militants de la lutte contre le SIDA (hébergé par l’association Aides), des intervenants sanitaires et sociaux (médecins, infirmières, travailleurs sociaux) et des usagers organisés dans l’auto-support comme ASUD, se réclament du nouveau paradigme de la réduction des risques (RDR) (accordant la priorité non au sevrage, mais à la minimisation des risques liés à la consommation, en particulier par voie injectable).
En 1994, il ouvre le CSST de Médecins du Monde[source insuffisante] : c’est la première fois que des ressources financières fléchées secteur de soins spécialisés sont accordées à un organisme extérieur à ce champ[source insuffisante]. Par cette décision, Simone Veil, alors ministre des Affaires Sociales et de la Santé, veut faire savoir aux intervenants, majoritairement hostiles aux traitements de substitution aux opiacés, que ces traitements seront implantés avec ou sans eux[6].
Entre 1993 et 2000, il participe aux conférences annuelles de l’International Harm Reduction Association (IHRA) qui promeut le modèle de la RDR. En 1998, il assiste pour Médecins du Monde à la session Spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGASS) à New-York[source insuffisante], et en 2019 il assiste à une session de la Commission des stupéfiants de l'ONU[7].
Après 1999, Lebeau tente de développer la RDR à l’international au sein de Médecins du Monde. Dans le cadre du groupement d'intérêt public Esther (« Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique En Réseau »), il accompagne, entre 2011 et 2016, la création à Dakar du premier centre d’addictologie d’Afrique de l’Ouest.
Engagement politique
modifierLebeau s'est intéressé depuis très jeune à la politique. Au lycée Decour, très ancré à gauche[8], il aurait rencontré Maurice Najman, militant pabliste, devenant sympathisant du mouvement.[source insuffisante] Il est affilié à des mouvements de gauche.[source insuffisante] Favorable à la dépénalisation de l'usage des drogues[9] et à la légalisation de certaines (notamment du cannabis), il considère que la prohibition est un facteur de trafic, d'insécurité et de corruption.[source insuffisante]
Publications
modifier- La drogue, éditions Cavalier Bleu (2002)[10].
- Toxic, avec Bernard Kouchner, Patrick Aeberhard, Jean-Pierre Daulouède et William Lowenstein, éditions Odile Jacob (2018)[11].
- La réduction des risques chez les usagers de drogues : le rôle des ONG, ouvrage codirigé avec Patrick Aeberhard et Pierre-Olivier Chaumet, éditions LEH (2019).
- Drogues : la longue marche, éditions Pepper / L'Harmattan (2022).
Notes et références
modifier- ↑ Bertrand Lebeau Leibovici, « Bertrand Lebeau, auteur sur ASUD »
- ↑ Anne Coppel, texte collectif, « Le repère du toxicomane »,
- ↑ Jean-François Sirinelli, « L' "Appel du 18 joint" », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Ed Rosenthal, Tod Mikuriya, Dale H. Gieringer, Du cannabis pour se soigner, L'esprit frappeur,
- ↑ Anne Coppel, « Limiter la casse / Présentation »,
- ↑ Didier Jayle et William Lowenstein, « La création d’un système de substitution moderne en France », vih.org, (lire en ligne)
- ↑ Bertrand Lebeau Leibovici, « La 62ème commission des stupéfiants à Vienne, comme si vous y étiez ! », ASUD Journal, (lire en ligne)
- ↑ Bertrand Matot, préface de Patrick Modiano, La Guerre des cancres, Perrin,
- ↑ Bertrand LEBEAU ,Jean-Pierre LHOMME ,Alain Morel ,Christian SUEUR et Marc VALLEUR, « Toxicomanie, droit et citoyenneté », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Bertrand Lebeau Leibovici, La Drogue, Le cavalier bleu,
- ↑ Bernard Kouchner, Patrick Aeberhard, Jean-Pierre Daulouède, Bertrand Lebeau Leibovici, William Lowenstein, Toxic, Odile Jacob,
