Biais du portier
Le biais du portier (doorman fallacy en anglais) est une forme de méprise par laquelle humain est réduit à un rôle professionnel. Cette confusion mène à une erreur de catégorisation. Elle conduit à penser que la personne sous le poste est interchangeable, et peut être remplacée sans conséquence[1].
Le biais du portier mène à la sous-évaluation de l'intérêt d'un salarié. En le réduisant à un apport associé au nom de sa fonction, on ne discerne pas les tâches effectuées et qualités du salarié.
Ce concept peut être associé aux notions d'économie comportementale et de la théorie de la signalisation, en particulier à la distinction entre les tâches observables et la création de valeur latente[2].
Origine
modifierLe terme « biais du portier » provient du livre de Rory Sutherland de 2019 : Alchemy : The Surprising Power of Ideas That Don't Make Sense[3].
Le terme « portier » fait ici référence au métier de portier d'hôtel, rôle que l'on suppose à tort se limiter à l'ouverture des portes.
Si l'hôtel remplace son portier en pensant réduire ses coûts sans prendre de risque,
L'hôtel remplace le portier par un système de porte automatisé afin de réduire les coûts. Cependant, ils ne parviennent pas à saisir les fonctions indirectes telles que les suivantes :
- Reconnaissance des clients
- Accueil et assistance
- Surveillance du lieu
- Création d'un climat de sécurité.
- Image de marque
Sutherland soutient, à travers l'exemple du portier, que certaines professions créent une valeur peu visible qui dépasse leur coût direct, ce qui signifie que leur suppression peut réduire la rentabilité à long terme malgré une diminution des dépenses opérationnelles[3],[4].
Le concept appliqué à l'IA
modifierUn exemple dans lequel s'illustre le biais du portier est celui du remplacement de fonctions salariées de bureau par des intelligences artificielles génératives[5].
On peut notamment illustrer ce biais par une situation datant de 2025. La Commonwealth Bank of Australia avait alors licencié 45 employés de son service clientèle, les remplaçant par un robot vocal automatisé doté d'une intelligence artificielle. Après moins d'un an, la banque a dû revenir sur sa décision admettant qu'elle « n'avait pas suffisamment pris en compte toutes les considérations commerciales pertinentes et que cette erreur signifiait que les postes n'étaient pas redondants »[6],[5].
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- ↑ Gediminas Lipnickas, « The ‘doorman fallacy’: why careless adoption of AI backfires so easily », The Conversation, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « The Doorman. The Magic Starts Here. Charles Leon », Charles Leon, (consulté le )
- 1 2 Rory Sutherland, Alchemy : the surprising power of ideas that don't make sense, London, (ISBN 978-0-7535-5137-0, OCLC 1091689287)
- ↑ (en-GB) « Rory Sutherland's doorman fallacy », MFP Wealth Management (consulté le )
- 1 2 Lipnickas, « The ‘doorman fallacy’: why careless adoption of AI backfires so easily », The Conversation, (consulté le )
- ↑ (en) Subin, « AI is already taking white-collar jobs. Economists warn there's 'much more in the tank' », CNBC, (consulté le )