Médiathèque municipale Jean-Jaurès de Nevers

La Bibliothèque municipale de Nevers ou Médiathèque Jean-Jaurès est une bibliothèque publique ; elle propose, à la consultation ou à l'emprunt, environ 350 000 documents (livres, périodiques, phonogrammes, vidéogrammes, cédéroms, estampes, manuscrits, cartes, affiches). Elle est située dans la commune de Nevers, département de la Nièvre.

Le centre culturel Jean Jaurès (bibliothèque municipale), dans l'ancien couvent des Ursulines, à Nevers.

Historique

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Une salle de la bibliothèque municipale de Nevers en 2011.

Jusqu'en 1838, Nevers ne comptait pas de bibliothèque. En 1790, tous les livres confisqués aux communautés religieuses sont recensés : plus de 30 000 ouvrages. Un premier dépôt est établi à l'abbaye Saint-Etienne. En , Fouché propose au conseil du département de créer une bibliothèque au collège de Nevers, et de décentraliser les collections des couvents et des émigrés. La bibliothèque s'installe ensuite à l'abbaye Saint-Martin. Regroupant les différentes bibliothèques de districts, la bibliothèque centrale de Nevers est transférée en l'an VII (1798-1799), place de l’Évêché. À la suppression des écoles centrales, en l'an IX (1803), la bibliothèque est fermée. Le préfet Adet intervient pour la faire rouvrir.

Le Maire, Jean Desveaux, va fonder la bibliothèque. En , le conseil municipal décide de construire, sur l'emplacement de l'ancien château des comtes de Nevers, un bâtiment destiné à la bibliothèque, le tribunal de commerce et la justice de paix. L'architecte Paillard l'achève dans le courant 1838. La bibliothèque est en centre-ville, mais les services municipaux quittent le palais ducal, s'installent dans le nouveau bâtiment et réduisent la place affectée à la bibliothèque. En 1941, un transfert est envisagé.

La signature d'un « contrat ville moyenne » permet de la transférer dans l'ancien lycée technique Jean-Jaurès et de la transformer en médiathèque.

La médiathèque ouvre au public le [1]. Nevers s'ouvre au multimédia par l'image en 1983 et par le son en 1986. L'installation du fonds François Mitterrand, en 1990, permet d'informatiser les collections.

Depuis le , n'importe quel abonné de l'une des bibliothèques des communes de l'agglomération de Nevers a accès à l'ensemble des ouvrages proposés par toutes les médiathèques. Les usagers peuvent aussi emprunter dans les bibliothèques des communes de : Fourchambault, Garchizy, Nevers, Pougues les Eaux et Varennes-Vauzelles avec la même carte.

Collections

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Les Manuscrits

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Le cabinet minéralogique

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Le cabinet minéralogique est constitué de 6 boîtes, dont une boîte pédagogique regroupant 100 échantillons de minéraux ; elle a été léguée par Victor Gautron du Coudray (1868-1957) et présente le résultat de ses recherches dans la région de Dun-sur-Grandry (Nièvre).

Herbiers

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La Médiathèque Jean-Jaurès de Nevers possède les principaux herbiers du département[3]. Au nombre de quatre, ils sont en très bon état de conservation[4] : l’Herbier nivernais d’Alexandre Boreau , l’herbier dit du musée de Nevers, l’herbier des mousses de Henry Cassini et M. Ogier; l’herbier du XVIIIe du docteur Subert.

Le fonds regroupe des ouvrages reçus par Pierre Bérégovoy dans le cadre de ses fonctions d’État de 1981 à 1993 (Secrétaire général de l’Élysée, Ministre, Premier Ministre). La moitié des documents lui sont dédicacés.

En 1998, Jean Vieuchange offre à la Bibliothèque municipale les manuscrits des Carnets de route, après avoir donné à la Ville, objets et documents concernant son frère[5]. On peut aujourd’hui découvrir les écrits de Michel Vieuchange[6],[7]mais aussi ses effets personnels : jumelles, selle, mules, sacoche, étuis, boussole, montres, appareil photo[8]

Ce fonds est composé de sa bibliothèque ; il comporte de nombreux ouvrages pédagogiques, des études historiques sur le Maghreb et la Nièvre, une documentation importante sur la toponymie, et ses travaux publiés de 1936 à 1987, au Maroc et en France. Il contient également un fonds photographique, des dossiers de presse, des cahiers de cours et d'enseignement et de la correspondance.

Fonds Gaston Pagnard

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Le fonds comprend la bibliothèque personnelle de Gaston Pagnard (1904-1985), relieur à Nevers[9]. Elle se distingue par des reliures mosaïquées, des reliures en peau de couleuvre, de vipère, de lamproie et d'anguille.

Les collections des arts graphiques

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Avec environ 12 000 documents, le fonds graphique est composé de 2 000 estampes et d'une importante collection de caricatures de presse consacrées à la famille Dupin. Nevers, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, a une école de gravure autour de Fernand Chalandre (1879-1924), que fréquentent Etienne Gaudet, Georges Tardy, Pierre Péradon, Maurice Locquin, André Favory ou encore André Deslignères, tous présents dans les collections.

Le fonds comporte également des œuvres d’artistes contemporains : Francap (Francis Capdeboscq, dit) ou Jean-Paul Ruiz. Caruelle d’Aligny (1798-1871) est natif de la Nièvre, quatre de ses œuvres se trouvent dans la collection de dessins. La donation Jacques Thuillier vient enrichir ces fonds. À ces documents s’ajoutent plus de 3 000 cartes postales, 2 917 photographies et 565 cartes et plans ; sur les 3608 affiches, 990 sont des affiches de films passés à la maison de la culture de Nevers et de la Nièvre.

François Mitterrand a donné au musée du Septennat à Château-Chinon[10], les objets personnels qu’il a reçus dans le cadre de ses fonctions présidentielles.

En 1990, il donne à la médiathèque Jean-Jaurès des livres qui lui ont été offerts durant son mandat : plus de 22 000 volumes[11]. Le fond se compose de livres non dédicacés, en accès libre, et environ 10 000 ouvrages dédicacés et de titres précieux conservés en magasin. 20 % d’entre eux sont des ouvrages étrangers. Tous les domaines sont représentés : littérature, sciences sociales, histoire, géographie, beaux-arts. À ce fonds, François Mitterrand a ajouté un millier de livres provenant de sa bibliothèque personnelle.

Après acquisition, les ouvrages intégraient la bibliothèque présidentielle. Dans certains volumes, une fiche de sa main présente minutieusement les références : l’édition, le prix, la provenance, la date et le lieu d’achat. Certains sont même ornés de son ex-libris sur lequel figurent un chêne et un olivier.

Un grand nombre de dédicaces émanent de chef d’état et d’hommes politiques, d’écrivains français et étrangers, dessinateurs, artistes nationaux et internationaux, scientifiques, journalistes. Certaines célèbrent l’homme politique, l’homme d’État ; d’autres sont des témoignages d’amitié, de respect ou d’admiration. Les dédicaces de Françoise Sagan, Marguerite Duras, Gabriel Garcia Marquez, Léopold Sédar Senghor rappellent les rapports qu'il entretenait avec les écrivains et le milieu culturel.

L’un des ouvrages les plus originaux est un album ayant appartenu à Armand Fallières, président de la République de 1906 à 1913. Ce volume mesure environ 60 centimètres de haut sur 51 centimètres de large ; il relate la mission du commandant Moll. Cet officier français dirigea une commission franco-allemande chargée de délimiter les frontières entre le Congo français et le Cameroun allemand. L’album comporte plusieurs centaines de photographies, témoignant des 20 000 kilomètres parcourus et des renseignements sur les régions traversées au cours de l’expédition. La reliure a été habillée d’un plein maroquin orange par M. Chambrolle-Duru, relieur parisien ; elle est rehaussée par une décoration en cuivre rouge, conçue et exécutée par deux artistes de l’École de Nancy : René Wiener et Victor Prouvé. La décoration en cuivre représente une femme Mounda, tenant au-dessus de la tête un vase à eau ; un éléphant, un lion et un rhinocéros complètent l’ornementation du plat. Le fermoir en cuivre jaune représente un serpent. Les gardes sont frappées aux armes de la République.

Le Fonds Jacques Thuillier (1928-2011) et Guy Thuillier (1932-2019)

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Le , les élus de la ville de Nevers ont accepté, à l’unanimité, un legs de Guy Thuillier[12],[13],[14]. La ville se retrouve propriétaire de biens et immeubles des frères Thuillier, Jacques, historien d’art, collectionneur, et Guy, haut fonctionnaire[15]. La médiathèque Jean-Jaurès se voit dotée d'un nouveau fonds documentaire et de pièces d'archives qui concernent l’œuvre de l'historien, ainsi que des travaux et des recherches de leur père, André Thuillier[16].

Le Centre Culturel Jean-Jaurès

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La bibliothèque constituée lors de la Révolution se trouvait depuis 1832 dans un bâtiment construit à l’initiative du maire Jean Desveaux[17]. Ce bâtiment devait abriter la bibliothèque au premier étage et les tribunaux de commerce et de justice de paix au rez-de-chaussée ; les services municipaux les remplacèrent. La bibliothèque vécut dans 496 m2 jusqu’à son transfert. En 1977, son fonds était d’environ 115 000 volumes et comportait une forte proportion de livres anciens et du XIXe siècle.

La municipalité de Nevers, lors de l’établissement de son contrat « Ville Moyenne » en 1977, décide la création d’un Centre Culturel dans les bâtiments de la rue Jean-Jaurès. Pendant un an, les bâtiments de l’ancien couvent des Ursulines étaient inoccupés, le lycée technique venait d’être transféré au Banlay, au lycée Jules Renard.

En 1978, le Conseil Municipal adopte le projet de regroupement de la Bibliothèque, du Conservatoire et plus tard, en 1986, des Archives Municipales ; elle crée ainsi le « Centre Culturel Jean-Jaurès ».

Le projet est confié à Denis Froidevaux, architecte à Nevers. La cour du cloître est recouverte d’une verrière à ossature métallique tridimensionnelle. Au total, en 1983, un espace de 2 856 m2 est occupé par la bibliothèque.

En 1984, grâce à la réalisation du Centre Culturel, la ville de Nevers obtient la « Marianne d’Or » des communes de France[18].

Bibliographie

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  • Joseph d'Asis-Gaillissans, Inventaire descriptif des Incunables conservés à la Bibliothèque Publique de Nevers : Avec une ample étude sur les Heures de Pierre Le Dru et Etienne Jehannot Paris (1490)] Nevers, ville de Nevers, 1887, 61 p[19].
  • P. Destray, La Bibliothèque municipale de Nevers, dans Richesses des bibliothèques provinciales, 1932, t. II, p. 71-73.
  • Lydie Dupont et Jean-Louis Montarnal, La bibliothèque de Nevers et ses collections, dans Art et métiers du livre, numéro 251, 2005, p. 28-37.
  • Alban Dutel, Le Centre Culturel Jean-Jaurès de l'arrivée des Ursulines à Nevers à nos jours, dans le Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts, volume 43, 1994, p. 139-167.
  • Jean-Louis Montarnal, La Bibliothèque municipale de Nevers, dans Patrimoine des bibliothèques de France, Paris : Payot, 1995, t. V, p. 176-181.
  • Guy Thuillier, La Bibliothèque municipale de Nevers, de 1790 à 1940, Nevers, Bibliothèque municipale de Nevers, 1983, 205 p.

Notes et références

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  1. ↑ « Médiathèque Jean Jaurès- Nevers - Médiathèques des communes de l'agglomération de Nevers », sur mediatheque.agglo-nevers.fr (consulté le )
  2. ↑ « AGORHA : Bases de données de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) », sur agorha.inha.fr (consulté le )
  3. ↑ Centre France, « Exposition - Le monde des herbiers ouvre ses pages aux visiteurs à la médiathèque de Nevers », sur www.lejdc.fr, (consulté le )
  4. ↑ « Mémoires végétales - Herbiers de la Nièvre », sur Camosine, (consulté le )
  5. ↑ « À la recherche de Michel Vieuchange » (consulté le )
  6. ↑ Catherine Degueldre, « Michel vieuchange, une figure heroique de 1930 ou le depassement de la litterature par l'action », Paris 4, (consulté le )
  7. ↑ Bernadette Rey Mimoso-Ruiz, « Le voyage au bout de soi : Michel Vieuchange (Smara, 1932) », Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, vol. 54, no 1,‎ , p. 108–118 (DOI 10.3406/horma.2006.2344, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ « En quête d'un "acte de vivre" », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ « Gaston Pagnard (1904-1985), un relieur en temps de crise | Art et Métiers du Livre n° 274 », sur www.art-metiers-du-livre.com (consulté le )
  10. ↑ Centre France, « Patrimoine - Musées, fonds littéraire, œuvres d'art : la Nièvre conserve les cadeaux culturels de François Mitterrand », sur www.lejdc.fr, (consulté le )
  11. ↑ « Nevers, Médiathèque Jean Jaurès -- Institut François Mitterrand », sur www.mitterrand.org (consulté le )
  12. ↑ Claire Garand, Jean-Louis Montarnal et Jean-François Lefebure, « Donation à la médiathèque Jean jaurès », Annales des Pays Nivernais, n°155,‎ , p.19-31
  13. ↑ Centre France, « Guy Thuillier évoque l’œuvre immense de son aîné », sur www.lejdc.fr, (consulté le )
  14. ↑ Centre France, « Culture - Legs de Guy Thuillier à la ville de Nevers : un trésor culturel et un actif de 488.000 € », sur www.lejdc.fr, (consulté le )
  15. ↑ Jean-Michel Leniaud, « Guy Thuillier (1932-2019) », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques. Résumés des conférences et travaux, no 151,‎ , p. XVII–XXI (ISSN 0766-0677, lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ « THUILLIER André, Nicolas - Maitron », sur maitron.fr (consulté le )
  17. ↑ Alban Dutel, « Le Centre Culturel Jean-Jaurès de l'arrivée des Ursulines à Nevers à nos jours », Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts,‎ , p.139-167
  18. ↑ « Nevers Réhabilitation du centre culturel », (consulté le )
  19. ↑ "Inventaire descriptif des Incunables conservés à la Bibliothèque Publique de Nevers : Avec une ample étude sur les Heures de Pierre Le Dru et Etienne Jehannot Paris (1490)]

Liens externes

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