Bint-Jbeil
Bint-Jbeil (arabe: بنت جبيل; est la seconde ville de la mohafazah de Nabatieh au Liban. On estime la population à 30 000 habitants.
| Bint-Jbeil (ar) بنت جبيل | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Gouvernorat | Nabatieh |
| District | Bint-Jbeil |
| Démographie | |
| Population | 30 000 hab. (estimation) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 33° 07′ 06″ nord, 35° 26′ 02″ est |
| Localisation | |
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La ville a été complètement détruite en mars et avril 2026 par Israël lors de la bataille de Bint-Jbeil[1].
Histoire
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Il est aujourd'hui difficile de savoir quand la ville a été fondée. Certains historiens pensent que les Phéniciens ont construit la ville en rapport avec la ville du nord du Liban, Jbeil (la montagne). Littéralement, Bint Jbeil signifie « Fille de la montagne ».
Mandat français
modifierDans les années 1930, Bint-Jbeil est un centre important de production de tabac, avec une production de 40 tonnes en 1936[2].
En 1936, la "révolte du tabac" contre la domination française éclate à Bint-Jbeil après la mort de manifestants tués par des gendarmes. La ville était divisée politiquement entre les Bazzi, grands propriétaires fonciers pro-Français, et les marchands de la famille Beydoun. La révolte était conduite par les jeunes intellectuels Amili déçus par leurs leaders traditionnels et par les politiques du Mandat françai. Les principaux acteurs sont Musa al-Zayn Sharara, qui devient plus tard maire de la ville, et 'Abd al-Husayn al-Abdallah. Ces leaders, représentant une nouvelle génération formée à Nadjaf (Irak), critique des élites traditionnelles et leur posture favorable au Mandate. Le conflit révèle aussi des tensions entre les élites religieuses, dont 'Abd al-Husayn Sharaf al-Din, et les militants politiques. Sharaf al-Din soutient le retour de Muhammad Said Bazzi, pro-français, à Bint-Jbeil, retour à la fois raillé et critiqué[2].
L’industrie de la chaussure de Bint-Jbeil était importante, écoulant sa production principalement sur le marché palestinien jusqu’à la création d’Israël et la fermeture de ses frontières. Ce secteur s’est ensuite effondré, ce qui a provoqué une importante émigration vers Beyrouth, l’Afrique et les États-Unis[3].
Depuis l‘indépendance
modifierLa ville a été occupée par Israël de 1982 jusqu'en 2000, date du retrait des troupes israéliennes. Elle est considérée par Israël comme la « capitale du Hezbollah » de par sa population chiite. Elle est devenue célèbre à la suite d'une attaque de l’armée israélienne contre des éléments du Hezbollah supposés se trouver sur les lieux. Le bataillon 51 de la brigade Golani de l'armée israélienne a dû se retirer face à une résistance inattendue[4]. Lors du conflit israélo-libanais de 2006, une importante bataille a lieu dans la ville et aux alentours, se soldant par la victoire du Hezbollah, les forces armées israélienne échouant à s’emparer de la ville.
C’est en souvenir de cette victoire que le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, y prononce un discours célèbre en 2000 où il décrit Israël comme « aussi faible qu’une toile d’araignée »[5].
Une nouvelle bataille a lieu en 2026, durant la guerre entre Israël et le Hezbollah de 2026, débutée en 2023 dans un contexte de crise au Moyen-Orient.
Le 18 avril 2026, au cours de sa guerre contre le Hezbollah, Israël instaure une ligne jaune au nord de la frontière internationalement reconnue. Cette ligne jaune crée une zone tampon sous occupation israélienne de 62 villes et villages, dont Bint-Jbeil[6]. L’armée israélienne bombarde pendant des semaines Bint-Jbeil, tentant de l’encercler et de rompre les lignes d’approvisionnement des combattants du Hezbollah, y compris pendant le cessez-le-feu commencé le 15 avril. La ville a une importance stratégique et symbolique pour Israël. Au cours du siège de Bint-Jbeil, l‘armée israélienne tente également de s’emparer des villages qui l’entourent, Qawzah, Wadi al-Oyoun, Haddatha, Aitaroun, Wadi al-Skikiyyeh et Wadi al-Slouqi. Pour avancer face aux positions du Hezbollah, elle utilise des camions piégés, chargés de grosses quantités d‘explosifs. Malgré cela, les soldats israéliens échouent, pour le moment (jusqu‘au 21 avril) à entrer dans le centre de Bint-Jbeil[5].
Le 2 mai, l’armée israélienne dynamite des maisons à Bint-Jbeil[7].
Références
modifier- ↑ « En plein cessez-le-feu, Israël poursuit les démolitions dans le sud du Liban », Le Devoir, 19 avril 2026.
- 1 2 Tamara Chalabi, The Shi'is of Jabal 'Amil and the new Lebanon: community and nation state, 1918-1943, New York, Palgrave Macmillan, , 1st éd., 133–135 p. (ISBN 978-1-4039-7028-2, OCLC ocm60839434, lire en ligne)
- ↑ Fawwaz Traboulsi, A History of Modern Lebanon, Pluto Press, , p. 114
- ↑ Bint Jbeil, une déroute qui fera date, Jeune Afrique, 06.08.06
- 1 2 « Exclusive: Inside Hezbollah’s battle for Bint Jbeil and Khiam », Middle East Eye, 21 avril 2026.
- ↑ Enzo Quesnecourt, « Villages concernés, superficie, habitants sommés d'évacuer : ce que l'on sait, en cartes, de la "zone tampon" revendiquée par Israël au Liban-Sud », L’Orient-Le Jour, 22 avril 2026.
- ↑ « Toujours plus de tués et de maisons détruites par les frappes israéliennes au Liban-Sud », L’Orient-Le Jour, 2 mai 2026.