Arctonyx
Balisaurs (Lato sensu), Blaireaux-cochons, Blaireaux à gorge blanche (Lato sensu)
Répartition géographique
- Répartition de toutes les espèces du genre Arctonyx
Arctonyx, les Arctonyx ou Blaireaux arctonysiens, mais plus communément désignés sous le nom de Balisaurs, ou encore sous ceux de Blaireaux-cochons ou Blaireaux à gorge blanche, sont un genre de mammifères carnivores de la famille des mustélidés. Ils représentent l'un des deux genres actuels de la sous-famille des Melinae, aux côtés du genre Meles, les blaireaux dits « vrais ».
Taxonomie
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Le genre Arctonyx a été décrit pour la première fois en 1825 par le zoologiste et paléontologue français Frédéric Cuvier (1773-1838) dans le chapitre consacré au « Bali-saur » de l'ouvrage Histoire naturelle des mammifères : avec des figures originales, coloriées, dessinées d’après des animaux vivans, coécrit avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire[5]. La description s'appuie alors sur une illustration et quelques notes fournies par le naturaliste Alfred Duvaucel, à partir d’individus capturés dans les régions montagneuses situées entre l’Inde et le Bhoutan. L'espèce type est (par désignation monotypique) le Balisaur à collier ou Grand balisaur (Arctonyx collaris).
L’appellation « Balisaur » (parfois orthographiée « Bali-saur ») dérive de l’hindi bali-souar, signifiant littéralement « cochon de terre »[5] ; l'animal fut par ailleurs, tout comme les autres espèces de blaireaux, initialement rapproché des ours en raison de son allure générale.
Traditionnellement classé dans la sous-famille des Melinae avec d'autres blaireaux, ce mustélidé fut un temps intégré à la vaste sous-famille des Mustelinae[6], avant que deux études génétiques ne le rétablissent au sein des Melinae[7],[8].
Le genre était autrefois considéré comme un genre monotypique contenant une seule espèce, Arctonyx collaris (autrefois indistinctement désignée « Blaireau à gorge blanche »), pouvant regrouper jusqu’à six sous-espèces[9]. Toutefois, une étude révisionnelle publiée en 2008 a établi qu'il regroupait en réalité trois espèces distinctes, scission adoptée par la suite par l'American Society of Mammalogists[10]. Si cette division n'a pas immédiatement fait l'unanimité (notamment auprès d'ITIS ()[11], Paleobiology Database ()[12] ou de l’UICN en 2016[13]), elle est formellement actée par l’UICN en 2019[14],[15] puis par l'ITIS en 2025[16].
Étymologie
modifier- Arctonyx : composé du grec ancien ἄρκτος (arktos), « ours », et ὄνυξ (onux), génitif ὄνυχος (onukhos), signifiant « ongle, griffe »[17].
- Syarctus (et sa variante fautive Synarchus) : forgé à partir du grec ancien σῦς (sus), génitif συός (suos), « porc, cochon », et ἄρκτος (arktos), « ours »[18].
- Trichomanis : composé du grec ancien θρίξ (thrix), génitif τριχός (trikhos), « poil, cheveu », combiné au nom de genre Manis Linnaeus, 1758 (le pangolin, littéralement « animal écailleux »)[19]. L'espèce type désignée par monotypie pour ce taxon est Trichomanis hoevenii Hubrecht, 1891.
Espèces
modifierActuellement, trois espèces vivantes sont formellement reconnues[20] :
| Nom scientifique, noms et autorité | Répartition et habitat | Dimensions principales | Statut IUCN |
|---|---|---|---|
| Arctonyx albogularis (E. Blyth, 1853) Balisaur à gorge blanche, Blaireau à gorge blanche (stricto sensu) |
Centre, Est et Sud de la Chine, Est de la Mongolie, zone subhimalayenne du Bhoutan et du Nord-Est de l'Inde, extrême Nord de la Birmanie (0–4 300 m d'altitude). | Longueur tête-corps : 55–70 cm Queue : 11–22 cm |
|
| Arctonyx collaris F. Cuvier, 1825 Balisaur (stricto sensu), Grand balisaur |
Du Nord-Est de l'Inde et du Sud de la Chine (Yunnan) jusqu'au Cambodge, en passant par la Birmanie, la Thaïlande, le Laos et le Viêt Nam (peut-être éteint) (100–1 500 m d'altitude). | Longueur tête-corps : 51–71 cm Queue : 8–18 cm |
|
| Arctonyx hoevenii (Hubrecht, 1891) Balisaur de Sumatra |
Endémique d'Indonésie : monts Barisan, Sumatra (700–3 780 m d'altitude). | Longueur tête-corps : 51–71 cm Queue : 8–18 cm |
Caractéristiques
modifierLes Arctonyx ressemblent aux blaireaux proprements dits (genre Meles), mais s’en distinguent morphologiquement par leur museau étroit et allongé se terminant par un groin mobile et glabre rappelant celui des suidés. Leurs molaires sont plus réduites et espacées, la rangée de leurs incisives supérieures forme un arc plus prononcé et la bulle tympanique osseuse de l’os temporal est remarquablement aplatie.
| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 1 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 1 |
| 2 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 36 | |||||||
| Dentition des Arctonyx. | |||||||
Leur pelage dorsal varie du gris jaunâtre au brun foncé et au noir, contrastant avec des membres et une région ventrale noirs. La tête, globalement blanchâtre, est ornée de deux bandes foncées s'étendant du groin jusqu'aux oreilles et à la nuque ; les pavillons auriculaires, la gorge (contrairement à celle, noire, des blaireaux du genre Meles) et la queue sont également blancs. Leurs pattes antérieures sont munies de puissantes griffes pâles, courbées et très développées, adaptées au fouissement. L'ensemble des espèces présente une longueur tête-corps variant globalement entre 51 à 71 cm, une queue de 8 à 22 cm et une masse corporelle comprise entre 7 et 14 kg[21],[10].
Conservation
modifierL'UICN traite le Grand balisaur (A. collaris), le balisaur à gorge blanche (A. albogularis) et le balisaur de Sumatra (A. hoevenii) comme trois taxons spécifiques distincts. Alors que les populations de ces deux dernières espèces sont considérées comme stables et classées en préoccupation mineure (LC), le grand balisaur subit une forte pression cynégétique et la dégradation de son biotope, le plaçant au rang des espèces vulnérables (VU)[14],[15].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- (de)/(pl) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « Schweinsdachse » (voir la liste des auteurs) et en polonais « Balizuar » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ (de) Constantin Wilhelm Lambert Gloger, Gemeinnütziges Hand- und Hilfsbuch der Naturgeschichte. Für gebildete Leser aller Stände, besonders für die reifere Jugend und ihre Lehrer, Breslau, A. Schulz, (lire en ligne), xxviii, 55
- ↑ (en) John Edward Gray, « Revision of the genera and species of Mustelidae contained in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1865, , p. 137 (lire en ligne)
- ↑ (en) Ambrosius Arnold Willem Hubrecht, « A new Mammal from Sumatra », Notes from the Leyden Museum, vol. 13, , p. 241 (lire en ligne)
- 1 2 Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire Naturelle des Mammifères: avec des figures originales, coloriées, dessinées d’après des animaux vivans, vol. 5, Paris, Chez A. Belin, (lire en ligne), « Bali-saur », Planche LX et texte
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- ↑ (en)Klaus-Peter Koepfli, K.A. Deere, G.J. Slater, C. Begg, K. Begg, L. Grassman, M. Lucherini, G. Veron et R.K. Wayne, « Multigene phylogeny of the Mustelidae: Resolving relationships, tempo and biogeographic history of a mammalian adaptive radiation », BMC Biology, vol. 6, , p. 10 (PMID 18275614, PMCID 2276185, DOI 10.1186/1741-7007-6-10, lire en ligne)
- ↑ C. J. Law, G. J. Slater et R. S. Mehta, « Lineage Diversity and Size Disparity in Musteloidea: Testing Patterns of Adaptive Radiation Using Molecular and Fossil-Based Methods », Systematic Biology, vol. 67, no 1, , p. 127–144 (PMID 28472434, DOI 10.1093/sysbio/syx047
) - ↑ Termium plus (Gouvernement du Canada) : Arctonyx collaris.
- 1 2 (en) Kristofer M. Helgen, Norman T.-L. Lim et Lauren E. Helgen, « The hog-badger is not an edentate: systematics and evolution of the genus Arctonyx (Mammalia: Mustelidae) », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 154, no 2, , p. 353–385 (ISSN 1096-3642, PMID 32287392, PMCID 7107037, DOI 10.1111/j.1096-3642.2008.00416.x)
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ Paleobiology Database, consulté le .
- ↑ UICN, consulté le .
- 1 2 (en) Helgen, K. & Chan, B. (2016). "Arctonyx albogularis". IUCN Red List of Threatened Species. 2016: e.T70206273A70206436. doi:10.2305/IUCN.UK.2016-1.RLTS.T70206273A70206436.en. Consulté le 16 décembre 2019.
- 1 2 (en) Holden, J.; Helgen, K.; Shepherd, C. & McCarthy, J. (2016). "Arctonyx hoevenii". IUCN Red List of Threatened Species. 2016: e.T70205771A70205927. doi:10.2305/IUCN.UK.2016-1.RLTS.T70205771A70205927.en. Consulté le 16 décembre 2019.
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ Palmer 1904, p. 119.
- ↑ Palmer 1904, p. 653.
- ↑ Palmer 1904, p. 689.
- ↑ (en) N. S. Upham, C. J. Burgin, J. Widness, M. A. Becker, H. Handika, J. S. Zijlstra & D. G. Huckaby, « Arctonyx », ASM Mammal Diversity Database (Version 2.2), American Society of Mammalogists (consulté le )
- ↑ Serge Larivière et Andrew P. Jennings, « Family Mustelidae (Weasels and relatives) », dans Don E. Wilson et Russell A. Mittermeier (dir.), Handbook of the Mammals of the World, vol. 1 : Carnivores, Lynx Edicions, (ISBN 978-84-96553-49-1), p. 662
Bibliographie
modifier- (en) Theodore S. Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, vol. 23, , p. 1–984 (lire en ligne)
- Ronald M. Nowak, Walker's Mammals of the World, vol. 2, Baltimore, Johns Hopkins University Press, , 6e éd. (ISBN 0-8018-5789-9)
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) BioLib : Arctonyx F.G. Cuvier, 1825 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Arctonyx (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Arctonyx F. G. Cuvier, 1825 (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Arctonyx Cuvier 1825 (consulté le )

