Elle étudie à Cheltenham Ladies' College jusqu'en 1993 où elle refuse le rôle de school captain. Puis, elle étudie à Westminster School à Londres où elle suit des cours de russe, d'économie, d'histoire et d'art. Elle y est school captain de 1994 à 1995 avec 598 garçons et 70 filles sous sa supervision[5].
Blaise Metreweli rejoint le MI6 en 1999 où elle travaille comme agent de renseignement, notamment à un niveau élevé au MI5. Elle passe une grande partie du début de sa carrière au Moyen-Orient, alors que le Royaume-Uni est militairement impliquée en Afghanistan et en Iraq[10]. Elle participe à la lutte contre le terrorisme, gère les menaces d'État dans un contexte géopolitique complexe incluant la surveillance biométrique chinoise et les cyberattaques russes[4].
De 2000 à 2003, elle est le Second Secrétaire(en) à l'Économie à Dubaï pour le Foreign and Commonwealth Office[2]. Elle participe à la lutte contre l'ingérence iranienne dans la région[11]. Au milieu des années 2000, elle est en poste en Irak, à Bassorah, sous la responsabilité d'Alex Younger, futur chef du MI6. Elle y entretient des contacts forts avec les services américains. Puis, dans les années 2010, elle exerce au Liban où ses missions incluent des travaux d'analyse sur le groupe islamiste chiiteHezbollah. Par la suite, elle est également envoyée à Oman, pays où sont actifs les réseaux diplomatiques iraniens[11].
Elle donne des interviews sous pseudonyme à plusieurs journaux: «Director K» pour The Telegraph en 2021, «Ada» pour le Financial Times en 2022[10]. Elle est surnommée «Doctor K» lorsqu'elle prend la direction du service de contre-espionnage contre les États hostiles au MI5 à partir de . Puis, on la nomme «Q» à partir de quand elle devient directrice générale de la technologie et de l'innovation au MI6[12],[13]. Pour la première fois alors, 3 des 4 directeurs généraux sont des femmes[14].
Ce même mois, Blaise Metreweli est nommée directrice du Secret Intelligence Service (MI6), succédant à Richard Moore, dont le mandat expire le . Elle est la première femme à occuper cette charge[15],[16],[17]. Elle est sélectionnée parmi 4 candidats, dont 3 des agences de renseignement britanniques et Barbara Woodward du Foreign Office[18]. Elle est le 3e dirigeant à avoir étudié au préalable au Pembroke College de Cambridge[10].
Peu après sa prise de fonctions, en décembre 2025, dans un entretien abordant notamment la guerre russo-ukrainienne, Blaise Metreweli appelle à lutter plus efficacement contre des «tactiques [russes] qui sont juste sous le seuil de la guerre». Elle déplore également le «manque d'expertise» global des services britanniques sur la question de l'Iran[11].
Pour faire face au désengagement américain et à la réduction de la coopération en matière de renseignement entre le Royaume-Uni et les États-Unis, qui marquent la seconde présidence de Donald Trump, Blaise Metreweli engage un rapprochement avec les autres services européens. Parmi ceux-ci, les agences de renseignement de la Suède et de la Finlande, l'Etterretningstjenesten norvégien, la DGSE française[19].
Compagnon de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (CMG) remis à la King's Birthday Honours le en tant que directrice générale du Foreign, Commonwealth and Development Office pour ses «services rendus à la politique étrangère britannique»[20]
Le père de Blaise Metreweli est Constantine Metreweli, un radiologue et vétéran de l'armée britannique. Il a pris le nom de son beau-père géorgien David Metreweli et n'a jamais connu son père, Constantine Dobrowolski, un collaborateur nazi ukrainien[1],[3].
Constantine Dobrowolski est un collaborateur nazi ukrainien d'origine germano-polonaise[1]. Né en 1906 dans une famille de nobles propriétaires terriens, il est arrêté en 1926 et condamné à dix ans de prison en Sibérie pour agitation antisoviétique, antisémitisme et dissimulation de son ascendance. Alors qu'il n'a que 11 ans, pendant la guerre civile, les bolcheviks détruisent sa maison et massacrent une partie de sa famille[1]. De retour d'exil en 1937, il est affecté en , pendant la Seconde guerre mondiale, à Dniepropetrovsk au sein de l'Armée rouge pour l'achat de machines-outils[1]. Aussitôt il demande à être envoyé sur le front et déserte à la première occasion pour passer à l’ennemi le [1]. Il collabore avec l'occupant nazi comme informateur dans la région de Tchernihiv[1]. Surnommé «Le Boucher» ou «Agent n°30» par des officiers allemands, il contribue notamment «personnellement» à «l'extermination des Juifs», comme il l'affirme lui-même dans des courriers échangés avec ses supérieurs[21]. Il organise la fuite de sa femme Varvara et de son fils vers l’Ouest en 1943, alors que l’Armée rouge reprend le territoire de Tchernihiv. Sa dernière trace dans les archives date du mois d', soit un mois avant la libération de la ville par les Soviétiques[1].
123456789(en) Andy Jehring, Vazha Tavberidze et Rebecca Camber, «EXCLUSIVE In a plot twist worthy of John le Carré, we reveal the grandfather of the brilliant new head of MI6 was a Nazi spy chief», Daily Mail, (lire en ligne, consulté le )
12(en) «Part IV: Biographical List. The Diplomatic Service List "Matreweli, Blaise Florence"», dans Foreign and Commonwealth Office, (ISBN978-0-11-591784-4, lire en ligne)
12(en) Harry Goodwin, «New MI6 chief's grandfather was Nazi "Butcher"», The Times, (lire en ligne)
123(en) Rohit David, «Quick Facts About Blaise Metreweli: Age, Career, Family, and Appointment as MI6 First Female Chief», International business Times, (lire en ligne)
↑(en) Jane Kingsbury, Carol Williams, «Crews of the 1990s» [archive du ], sur Cambridge University Women's Boat Club, (consulté le )
↑(en-GB) BBC Staff, «Olympian Winckless quits rowing», BBC Sport, (lire en ligne, consulté le )
↑(en) Hilary Evans, Arild Gjerde, Jeroen Heijmans, Bill Mallon and all, «Francesca Zino Bio, Stats, and Results» , sur Olympics at Sports-Reference.com, (consulté le )
123(en-GB) Lebby Eyres et Ed Cumming, «I rowed against ‘C’ – it’s no surprise she’s the new MI6 chief», The Telegraph, (ISSN0307-1235, lire en ligne, consulté le )