Boris Charmatz

danseur et chorégraphe français

Boris Charmatz, né en 1973 à Chambéry en Savoie, est un danseur et chorégraphe français de danse contemporaine.

Boris Charmatz
Description de cette image, également commentée ci-après
Boris Charmatz en 2019.
Naissance (53 ans)
Chambéry, France
Activité principale Chorégraphe et danseur
Style Danse contemporaine
Lieux d'activité Rennes
Années d'activité Depuis 1989
Collaborations Dimitri Chamblas
Formation École de danse de l'Opéra de Paris et CNSMD de Lyon
Récompenses voir section dédiées
Site internet www.borischarmatz.org

Considéré comme l'un des « chefs de file de la nouvelle vague française » et du mouvement de la non-danse né au milieu des années 1990[1], il dirige le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne de 2009 à 2018, et le Tanztheater de Wuppertal de Pina Bausch de 2022 à 2025[2],[3].

Biographie

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Jeunesse et formation

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Boris Charmatz naît le 3 janvier 1973 à Chambéry, en Savoie. Il commence la danse à l'âge de douze ans. De 1986 à 1989, il étudie à l'École de danse de l'Opéra national de Paris, puis poursuit sa formation au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon[4].

À la sortie de sa formation, il travaille comme interprète auprès de plusieurs chorégraphes, notamment Régine Chopinot, Odile Duboc et Meg Stuart. Cette expérience d'interprète nourrit sa réflexion sur le corps du danseur, les formes de représentation et la place du spectateur[5],[6].

En 1993, il cosigne avec Dimitri Chamblas À bras-le-corps, première pièce d'une longue collaboration entre les deux danseurs. Le duo, dansé au plus près du public, devient l'une des œuvres emblématiques de son parcours.

Carrière

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La non-danse et les premières collaborations

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Au cours des années 1990, Boris Charmatz s'inscrit dans le renouvellement de la danse contemporaine française souvent désigné sous le terme de non-danse. Ses premières créations remettent en question les conventions de la représentation chorégraphique et déplacent l'attention du mouvement dansé vers le corps, le langage, les dispositifs scéniques, les objets, la vidéo et les relations entre interprètes et spectateurs[7],[8].

Des pièces comme Aatt enen tionon (1996), Herses (une lente introduction) (1997) et Con forts fleuve (1999) participent de cette recherche. Il développe parallèlement des collaborations avec des artistes issus de la danse, de la musique, des arts visuels et de la littérature, faisant de la scène un espace d'expérimentation plutôt qu'un lieu consacré exclusivement à la représentation chorégraphique.

En 2002, il crée Héâtre-élévision, installation conçue pour un spectateur unique à la fois : celui-ci est allongé sur un piano et regarde un film diffusé sur un téléviseur. Le projet témoigne de son intérêt pour les formes qui brouillent les frontières entre spectacle, installation, cinéma et arts visuels. Il donne ensuite naissance à Quintette cercle[9].

En 2006, il chorégraphie Régi en collaboration étroite avec Raimund Hoghe. Il développe également une pratique de l'improvisation, notamment avec des musiciens tels qu'Archie Shepp et Otomo Yoshihide, qui devient une composante importante de son activité[5].

Edna et Bocal : nouvelles formes de production et de transmission

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À la fin des années 1990, Boris Charmatz développe ses activités au sein de l'association edna, active de 1997 à 2009. Celle-ci constitue un cadre de production et de recherche accueillant spectacles, expositions, films, résidences et projets expérimentaux. Cette ouverture à d'autres formes artistiques et à d'autres modes de production participe à l'élargissement de sa conception de la danse[10].

De 2002 à 2004, dans le cadre d'une résidence au Centre national de la danse à Pantin, il développe Bocal, une école nomade et éphémère. Le projet remet en question les modèles traditionnels de transmission de la danse et expérimente d'autres rapports entre artistes, élèves, enseignants et savoirs.

Bocal prolonge les recherches engagées avec edna : la danse n'est plus envisagée uniquement comme une succession de spectacles, mais comme un champ de pratiques, de connaissances et d'expériences collectives. Charmatz publie également, avec Isabelle Launay, Entretenir / À propos d'une danse contemporaine en 2003, puis revient sur cette expérience dans Je suis une école[5].

Boris Charmatz est choisi comme artiste associé du Festival d'Avignon en 2011, ce qui constitue une première dans l'histoire du festival et marque l'importance croissante de la danse dans sa programmation. Il y présente Enfant et une recréation de Levée des conflits[11].

À cette occasion, il rencontre la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker, avec laquelle il prépare pendant deux ans le duo Partita 2, créé en 2013. Charmatz y est interprète aux côtés de De Keersmaeker. Cette collaboration constitue une étape importante dans son parcours d'interprète et témoigne de son intérêt pour les pratiques chorégraphiques qui ne relèvent pas de sa propre écriture[6].

Charmatz collabore par ailleurs avec de nombreux danseurs et artistes internationaux, parmi lesquels Alexandra Cardinale, Steve Paxton, Dimitri Chamblas et Maud Le Pladec. Son travail se développe également aux croisements de la danse avec le théâtre et la musique, avec des acteurs comme Jeanne Balibar et Marlène Saldana, ou des chanteuses comme Dalila Khatir[5].

Le Musée de la danse

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En 2009, Boris Charmatz prend la direction du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne et transforme le projet de la structure en Musée de la danse, qu'il dirige jusqu'en 2018. Le Musée de la danse constitue une expérience artistique et institutionnelle qui cherche à penser la danse à partir des modèles du musée, de l'archive, de l'exposition et du répertoire[12],[8].

Cette conception du musée comme lieu vivant de pratique et de transmission conduit Charmatz à présenter le projet dans différentes institutions internationales. En 2013, Musée de la danse: Three Collective Gestures est présenté au MoMA de New York, puis en 2015 If Tate Modern was Musée de la danse? à la Tate Modern de Londres[13].

Après la fin de son mandat au Musée de la danse en 2018, Boris Charmatz fonde en 2019 la structure terrain, implantée dans les Hauts-de-France. Présentée comme une institution chorégraphique « sans murs ni toit », [terrain] poursuit son travail sur les formes expérimentales, l'espace public, la transmission et les pratiques collectives[14].

Cette période est marquée par des projets à grande échelle réunissant danseurs professionnels et amateurs. En 2021, Charmatz présente notamment Sea Change au Manchester International Festival, avec environ 150 interprètes, ainsi que Happening Tempête au Grand Palais éphémère à Paris[2].

Wuppertal

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En 2022, Boris Charmatz est nommé pour huit ans à la tête du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, avec pour mission de faire vivre la compagnie et l'héritage de Pina Bausch[15],[3].

Il développe notamment des projets associant son propre travail chorégraphique à la transmission du répertoire de Pina Bausch. En 2023, il présente WUNDERTAL, série d'événements consacrés à la danse dans la ville de Wuppertal, puis crée Liberté Cathédrale, réunissant des danseurs du Tanztheater Wuppertal et de [terrain][3].

Le 28 février 2025, la ville de Wuppertal annonce que Boris Charmatz quittera la direction artistique du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch à la fin de la saison 2024-2025, à la suite d'une décision commune du chorégraphe, du conseil de surveillance de la société et de la ville. Les parties indiquent que les raisons de cette résiliation anticipée resteront confidentielles[16].

Films, arts visuels et expositions

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Le travail de Boris Charmatz se développe également dans le champ du cinéma et des arts visuels. Il collabore notamment avec le réalisateur César Vayssié et le cinéaste Aldo Lee sur plusieurs films liés à ses recherches chorégraphiques. Cette activité prolonge son intérêt pour les formes hybrides situées entre danse, performance, cinéma et exposition[17].

En 2018-2019, il est artiste invité du Mucem à Marseille, dans le cadre de l'exposition On danse ?. La vidéo occupe une place importante dans cette exposition consacrée à la danse, au corps et au mouvement[18].

En 2020, le Centre national de la danse à Pantin organise une exposition de films consacrée à son travail, présentant notamment Tarkos Training, Levée et Tanzgrund, réalisés par César Vayssié[19].

En 2023-2024, l'exposition Danses gâchées dans l'herbe, présentée au Frac Sud – Cité de l'art contemporain à Marseille, réunit six films dont Les Disparates, Une lente introduction, Levée, Étrangler le temps, Transept et Danse gâchée dans l'herbe[20].

Spectacle

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Chorégraphies

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Boris Charmatz crée ses premières pièces chorégraphiques au début des années 1990. Parmi ses principales chorégraphies figurent[21] :

Conceptions et projets

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  • 2003 : Bocal, école nomade et provisoire
  • 2011 : 50 ans de danse
  • 2013 : 20 danseurs pour le XXe siècle
  • 2014 : Fous de danse
  • 2015 : Fous de danse, projet dans l'espace public
  • 2018 : La Ruée, projet participatif et performatif
  • 2019 : terrain, projet développé dans l'espace public
  • 2020 : Danser Dehors
  • 2021 : Happening 2021
  • 2023 : 20 danseurs pour le XXe siècle
  • 2024 : 10000 gestes, reprise et projets associés
  • 2025 : Fous de danse, nouvelles versions et projets associés

Interprétation

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Dans les œuvres d'autres chorégraphes

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Dans ses propres créations

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Vidéographie

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  • Les Disparates, d'après la chorégraphie de Boris Charmatz et Dimitri Chamblas créée en 1994, film réalisé par César Vayssié en 1999/2000, 22 min. Le film est tourné à Dieppe et constitue une adaptation cinématographique du solo chorégraphique[27],[28].
  • Une lente introduction, film réalisé en 2007 par Aldo Lee, d'après herses (une lente introduction) (1997), chorégraphie et conception de Boris Charmatz, 34 min, tourné en couleur et sans paroles[29].
  • Tarkos Training, film réalisé par César Vayssié en 2005 dans le cadre de Bocal, l'école nomade et provisoire créée par Boris Charmatz en 2003-2004. Le film montre un entraînement des participants au projet au col de la Semnoz à partir de la lecture du texte Hauteur de Christophe Tarkos[19].
  • Levée, film réalisé par Boris Charmatz et César Vayssié en 2014, d'après Levée des conflits. Tourné sur le terril de Halde Haniel dans la Ruhr, le film utilise notamment des prises de vues aériennes et transpose la chorégraphie dans un paysage industriel[19].
  • Tanzgrund, film réalisé par César Vayssié en 2020 à partir du projet terrain | Un essai à ciel ouvert, présenté au Zürcher Theater Spektakel en 2019. D'une durée d'environ 30 minutes, le film rassemble échauffements publics, ateliers, spectacles, improvisations, discussions et moments de danse organisés par Boris Charmatz à Zurich[19].
  • Étrangler le temps, film réalisé par Boris Charmatz et Aldo Lee en 2021, avec Emmanuelle Huynh, à partir notamment d'extraits de Trois Boléros d'Odile Duboc[30].
  • Transept, film réalisé par César Vayssié en 2023, d'après le solo Somnole de Boris Charmatz, chorégraphie et interprétation de Boris Charmatz, 40 min. Le film a été tourné dans l'église Saint-Eustache de Paris[28],[31].
  • Danse gâchée dans l'herbe, film réalisé par Boris Charmatz et César Vayssié en 2023, chorégraphie de Boris Charmatz et interprétation de Marion Barbeau. Réalisé dans les espaces végétalisés du Centre Pompidou-Metz, le film reprend le matériau gestuel de Levée et a été produit dans le contexte de l'exposition Danses gâchées dans l'herbe au Frac Sud – Cité de l'art contemporain à Marseille[20],[32].

Publications

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Ouvrages

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Articles

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  • Boris Charmatz et Catherine Wood, « Entremêlements », Perspective, 2 | 2020, p. 87-106 [mis en ligne le 30 juin 2021, consulté le 28 janvier 2022. URL : http://journals.openedition.org/perspective/20432 ; DOI : https://doi.org/10.4000/perspective.20432].

Distinctions

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Notes et références

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  1. 1 2 3 Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2006, p. 95.
  2. 1 2 3 Rosita Boisseau, « Danse : les foules en mouvements de Boris Charmatz », sur Le Monde, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 Rosita Boisseau, « Avec « Liberté Cathédrale », le chorégraphe Boris Charmatz sur un registre monumental », sur Le Monde, (consulté le )
  4. « Boris Charmatz », sur Numeridanse (consulté le )
  5. 1 2 3 4 « Boris Charmatz », sur Opéra national de Paris (consulté le )
  6. 1 2 Rosita Boisseau, « De Keersmaeker-Charmatz : le heureux hasard d'une rencontre », sur Le Monde, (consulté le )
  7. « Boris Charmatz », sur Centre national des arts plastiques (consulté le )
  8. 1 2 « Boris Charmatz, le chorégraphe qui a séduit New York », sur Télérama, (consulté le )
  9. « Boris Charmatz », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
  10. « Boris Charmatz », sur Centre national des arts plastiques (consulté le )
  11. « Archives Festival d'Avignon 2011 », sur Festival d'Avignon (consulté le )
  12. « Boris Charmatz », sur Centre national des arts plastiques (consulté le )
  13. (en) « Boris Charmatz: Three Collective Gestures », sur Museum of Modern Art (consulté le )
  14. « Boris Charmatz [terrain] », sur Opéra de Lille (consulté le )
  15. « Boris Charmatz nommé à la tête du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch », sur Pina Bausch Foundation (consulté le )
  16. (de) « Stadt Wuppertal und Boris Charmatz beenden Zusammenarbeit », sur Ville de Wuppertal, (consulté le )
  17. « Boris Charmatz et César Vayssié », sur Centre national des arts plastiques (consulté le )
  18. « On danse ? », sur Mucem (consulté le )
  19. 1 2 3 4 « Exposition de films – La Fabrique Boris Charmatz », sur Centre national de la danse (consulté le )
  20. 1 2 « Boris Charmatz – Danses gâchées dans l'herbe », sur Centre national des arts plastiques (consulté le )
  21. « Boris Charmatz », sur Les Archives du spectacle (consulté le )
  22. 1 2 3 « 10 000 Gestes », Télérama, 2017 Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Telerama10000 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  23. 1 2 Rosita Boisseau, « Boris Charmatz tente une échappée nocturne chaotique », sur Le Monde, (consulté le )
  24. (en) « Boris Charmatz's 10,000 Gestures – review », sur The Guardian, (consulté le )
  25. Rosita Boisseau, « À Avignon, Boris Charmatz fait entrer le public dans la danse », sur Le Monde, (consulté le )
  26. 1 2 « Boris Charmatz : « En solo, le public est de toute première importance car c’est lui qui devient mon unique partenaire » », sur Le Monde, (consulté le )
  27. « Les Disparates, le film », sur Numeridanse (consulté le )
  28. 1 2 « Programme de films », sur Festival d'Avignon (consulté le )
  29. « Une lente introduction », sur Numeridanse (consulté le )
  30. « Boris Charmatz et ses Danses gâchées dans l'herbe », sur Chroniques de Danse (consulté le )
  31. « TRANSEPT » [PDF], sur ArtAsperto (consulté le )
  32. « Le chaos et le brouillon – 2 films de Boris Charmatz & César Vayssié », sur Centre Pompidou-Metz (consulté le )
  33. Palmarès du prix de la critique sur le site du Prix du Syndicat de la critique.
  34. « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres - hiver 2019 », sur Ministère de la Culture (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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  • Christian Campion, « Dans les pas de Boris Charmatz », ArMen no 197, , p. 48-53.

Liens externes

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