Borsh

village en Albanie

Borsh (en albanais : Borshi) est un village côtier situé sur la Riviera albanaise, dans la commune de Himarë, comté de Vlorë, au sud de l'Albanie. Connu pour posséder la plus longue plage de la côte ionienne albanaise, s'étendant sur environ sept kilomètres[1], il est également célèbre pour sa forteresse médiévale, le château de Sopot, et ses oliveraies. Sa population est d'environ 2 500 habitants[2].

Borsh
Le littoral de Borsh sur la mer Ionienne
Nom officiel
Borshi
Géographie
Pays
Bashkia
Himarë municipality (d)
Qarku
Commune
Lukovë (d)
Sous-préfecture
Altitude
0 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Carte

Géographie

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Borsh est situé sur la côte ionienne du sud de l'Albanie, à environ 25 kilomètres au sud de Vlorë et à une heure au nord de Sarandë. Le village est encadré par des collines atteignant 900 mètres d'altitude. Le territoire bénéficie d'un climat méditerranéen, avec une température annuelle moyenne de 13,3 °C et des précipitations d'environ 1 598 mm par an, favorables à la culture de l'olivier et des agrumes.

Le dialecte lab de l'albanais y est parlé ; des études linguistiques ont montré que ce dialecte conserve des voyelles nasales, une caractéristique longtemps considérée comme propre aux dialectes guègues du nord.

Histoire

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Antiquité et période hellénistique

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La forteresse de Sopot (château de Borsh), dominant le village.

La région de Borsh faisait partie de la Chaonie, l'une des principales tribus de l'Épire antique. Le site fut probablement fortifié dès l'Antiquité et contrôlait la route reliant la Chaonie à l'Illyrie méridionale. Des recherches archéologiques ont montré que le site est habité depuis le IVe siècle avant notre ère, servant probablement d'acropole à une petite ville[3]. L'archéologue Jano Koci a émis l'hypothèse que le site pourrait correspondre à la ville grecque de Méandria, en se fondant sur les sources de Pline l'Ancien et Strabon, ainsi que sur les vestiges de murs sur une surface d'environ 50 hectares.

Époque romaine et byzantine

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La forteresse continua d'être utilisée à l'époque romaine et fut réfortifiée par l'empereur Justinien au VIe siècle. Elle est mentionnée pour la première fois dans les sources au début du XIIIe siècle, lorsque l'archevêque Démétrios Chomatènos évoque l'« archontat de Sopotos », rattaché à la région de Vagenetia. En 1258, le Despotat d'Épire donna le château en dot, avec Bouthrotos et l'île de Corfou, au roi Manfred de Sicile[3]. Le village changea ensuite plusieurs fois de mains entre le Despotat et les envahisseurs normands.

L'historien byzantin Jean VI Cantacuzène signale que Himarë et Sopot se rangèrent du côté d'Andronic III Paléologue lors de ses guerres contre Andronic II Paléologue.

Période ottomane

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Dessin vénitien de la forteresse de Sopot (1574).

Les Ottomans prirent le contrôle du site en 1431 ; un recensement de cette année-là mentionne Sopot avec 60 foyers, en tant que chef-lieu de nahiye[3]. En 1481, des troupes albanaises menées par le fils de Skanderbeg, Gjon Kastrioti II, s'emparèrent du château en débarquant d'Italie, mais se retirèrent en 1484. En 1488, la population albanaise locale se souleva contre l'autorité ottomane[3].

Le 10 juin 1570, le château de Sopot fut pris par la flotte vénitienne. L'année suivante, l'armée ottomane le reprit. En 1571, les Vénitiens le reprirent à nouveau et le conservèrent jusqu'en 1790, date à laquelle il passa définitivement sous le contrôle d'Ali Pacha de Tépéléna[3].

Sous le règne d'Ali Pacha de Janina, la forteresse fut rénovée et le village comptait alors 700 maisons. C'est également à cette période que fut érigée la mosquée de Haxhi Bendo, dont les ruines subsistent au pied de la forteresse, ainsi qu'une école théologique (madrasa), détruits définitivement après 1912[2].

1913–1914 : conflits gréco-albanais

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Entre 1912 et 1914, de graves affrontements ethniques opposèrent Grecs et Albanais dans la région. Une canonnière grecque bombarda le village et la forteresse, causant la destruction d'une grande partie de l'ancien village.

Seconde Guerre mondiale

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Le village connut une dépopulation sévère, d'abord à cause du paludisme, puis en raison des massacres de représailles allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette dépopulation fut partiellement compensée par l'afflux de réfugiés fuyant Vlorë.

Patrimoine

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Vue panoramique depuis la forteresse de Sopot sur le village et la mer Ionienne.

Château de Borsh (Sopot)

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Le château de Borsh, également connu sous le nom de château de Sopot, est perché à environ 500 mètres d'altitude sur le mont calcaire qui domine le village. Il constitue un monument culturel d'Albanie. Son nom de « Sopot » est d'origine slave. La forteresse s'étend sur 5 hectares et ses murs atteignent 10 mètres de hauteur. La forteresse médiévale est divisée en deux parties par un mur transversal, et des tours triangulaires furent ajoutées ultérieurement, probablement à l'époque byzantine moyenne[3]. À l'intérieur se trouvent les ruines d'une mosquée du début du XIXe siècle, construite sous Ali Pacha[3].

Mosquée de Haxhi Bendo

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Les ruines de la mosquée de Haxhi Bendo, construite à l'époque ottomane, sont visibles au pied de la forteresse[2]. Des recensements ottomans de 1551 et 1583 décrivent Borsh comme un village entièrement chrétien à cette période.

La plage de Borsh est une vaste plage de galets blancs s'étendant sur plusieurs kilomètres[1]. L'Agence nationale du tourisme albanais la présente comme la plus longue plage de la Riviera albanaise[4].

Oliveraies

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Borsh est réputé pour la production d'huile d'olive de qualité. Les oliveraies, développées notamment pendant la période communiste, fournissent une huile commercialisée en Albanie et à l'exportation.

Notes et références

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  1. 1 2 (en) « Borsch », sur Lonely Planet
  2. 1 2 3 « Borsh, Albania », sur Agence nationale du tourisme albanais (akt.gov.al),
  3. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Borsh Castle », sur castles.nl,
  4. « Riviera albanaise — Borsh Beach », sur akt.gov.al

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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