Boubacar Wade
Boubacar Wade, né le à Dakar et mort le , était médecin militaire, Médecin-Général de brigade, professeur agrégé du Val-de-Grâce en médecine interne. Il est le premier Sénégalais à avoir dirigé l'Hôpital principal de Dakar, poste qu'il a occupé de 2008 à 2015.
Formation
modifierAncien du Lycée Blaise Diagne de Dakar, Boubacar Wade y obtient son baccalauréat série D en 1975. Il entre ensuite à l'École Militaire de Santé de Dakar, adossée à la Faculté de Médecine de l'Université Cheikh-Anta-Diop, où il obtient en 1983 son Diplôme d'État de Docteur en Médecine et un certificat d'études spéciales en léprologie.
Sa spécialisation se fait en France, à l'Institut de médecine tropicale du Service de Santé des Armées de Marseille. Il y effectue deux séjours : entre 1989 et 1991 pour la médecine interne, avec une formation complémentaire en pathologie cardiovasculaire, puis de 1998 à 1999 pour préparer le titre de professeur agrégé du Val-de-Grâce, la plus haute distinction académique militaire dans le domaine médical en France[1].
Ayant à cœur de se former au mieux à la gestion au vu de ses responsabilités, il passe un MBA à l'Institut supérieur de management (ISM) de Dakar, obtenu en 2004[2].
Carrière
modifierBoubacar Wade commence sa carrière en 1984 comme adjoint au médecin-chef du centre de garnison Dial-Diop à Dakar, puis prend la direction du service médical de l'École polytechnique de Thiès jusqu'en 1987.
C'est à l'Hôpital principal de Dakar qu'il passe l'essentiel de sa vie professionnelle. Il y entre en comme assistant des services médicaux[3]. En 1999, il prend la tête du département de médecine B et du service de médecine interne. En , il devient médecin-chef adjoint au directeur, poste qu'il occupe jusqu'en 2008, en assurant également à partir de février de cette même année la direction de l'École d'Application du Service de Santé des Armées.
Le , il est nommé directeur de l'Hôpital Principal de Dakar. C'est une première : aucun Sénégalais n'avait jusqu'alors dirigé cet établissement[4]. En octobre 2012, il est promu au grade de Médecin-Général. Il quitte ses fonctions en .
Pendant ses sept années à la tête de l'hôpital, établissement public à statut spécial à vocation militaire et sous-régionale, il engage plusieurs chantiers de modernisation, notamment en imagerie médicale. Le service des urgences traite alors près de 40 000 patients par an[5]. En 2013, l'Ambassade du Japon au Sénégal finance la construction du Pavillon Saint-Louis (Maternité) de l'HPD à hauteur de 664 millions de francs CFA. La cour de l'établissement est baptisée « Place du Japon » lors de la cérémonie d'inauguration[6].
Enseignement et publications
modifierEn marge de ses fonctions hospitalières, Boubacar Wade s'investit dans la formation médicale et la gestion hospitalière. De 2000 à 2009, il s'implique dans la formation médicale et l'enseignement de la médecine interne à Dakar. Dès 2003, il rejoint le corps enseignant du CESAG à Dakar et intègre son Conseil Scientifique et Pédagogique en 2011.
Il dirige sept thèses de doctorat en médecine et encadre quarante-cinq mémoires de MBA en gestion des services de santé. Au total, il signe ou co-signe 68 publications dans des revues à comité de lecture et 35 communications scientifiques. Parmi ses travaux figure une étude publiée en 2015 dans PLOS One sur la spectrométrie de masse MALDI-TOF en microbiologie clinique à l'Hôpital Principal de Dakar, co-signée avec des chercheurs de l'IHU Méditerranée-Infection de Marseille[7]. Il siège par ailleurs au comité scientifique de la Revue Africaine de médecine interne (RAFMI), organe de la Société Africaine de médecine interne[8]. En 2013, il co-signe un article dans la revue Gestions Hospitalières (no 525, ) intitulé « Une coopération hospitalière durable — L'expérience de l'hôpital principal de Dakar »[9]. Il est également co-auteur d'une étude publiée en 2010 dans la Revue de médecine périnatale (tome 2, no 4, pages 213-218) portant sur la surveillance des infections nosocomiales au département Mère-Enfant de l'HPD sur quatre ans[10].
Son rôle de directeur de l'HPD est également mentionné dans l'ouvrage académique de Jean-François Werner, Technique, pouvoirs et soins en Afrique : le cas de l'imagerie par résonance magnétique, publié aux éditions L'Harmattan en 2024[11].
Il est aussi co-auteur d'une étude publiée en 2016 dans Antimicrobial Agents and Chemotherapy (vol. 60) portant sur les polymorphismes génétiques et la résistance aux antipaludéens au Sénégal[12].
Engagements dans les sociétés savantes
modifierBoubacar Wade adhère à la Société Médicale d'Afrique Noire de Langue Française en 1988 et en assure la présidence en 2003 et 2004. Il joue un rôle central à la Société Sénégalaise de médecine interne (SOSEMI), dont il est secrétaire général pendant onze ans, de 2002 à 2013. Après son décès, le 6e congrès de la SOSEMI lui est dédié comme parrain[13].
Formé en pathologie cardiovasculaire à Marseille, il est membre de la Société Sénégalaise de Cardiologie depuis 1994 et figure parmi les membres associés africains de la Société française de cardiologie[14]. Il siège également au Conseil Scientifique de la revue médecine tropicale de Marseille de 2001 à 2012, est membre de la Société de Pathologie Exotique depuis 1999 et participe au comité d'organisation du Congrès International de médecine tropicale tenu à Dakar en octobre 2001.
Notes et références
modifier- ↑ « Wade Boubacar – Médecin général, professeur agrégé », Gestions Hospitalières
- ↑ « Alumni », Groupe ISM
- ↑ « Profil - Boubacar Wade, directeur sortant de l'Hôpital Principal de Dakar », EnQuête+,
- ↑ « Profil - Boubacar Wade », EnQuête+,
- ↑ « Pr Boubacar Wade : « Le service des urgences reçoit 40 000 personnes par an » », Santé Tropicale
- ↑ « Inauguration du Pavillon Saint-Louis de l'Hôpital Principal de Dakar », Ambassade du Japon au Sénégal,
- ↑ (en) « MALDI-TOF Mass Spectrometry: A Powerful Tool for Clinical Microbiology at Hôpital Principal de Dakar, Senegal (West Africa) », PLOS ONE, (lire en ligne)
- ↑ « Revue Africaine de médecine interne – Comité scientifique », RAFMI
- ↑ « Une coopération hospitalière durable — L'expérience de l'hôpital principal de Dakar », Gestions Hospitalières, no 525, (lire en ligne)
- ↑ Compaoré T.S., Guèye Ba M., Ka A.S., Seye M.N., Dionne P., Wade B., « Surveillance des infections nosocomiales: bilan de quatre années d'enquête de prévalence « un jour donné » dans le département Mère-Enfant de l'hôpital Principal de Dakar (Sénégal) », Revue de médecine périnatale, vol. 2, no 4, , p. 213-218 (DOI 10.1007/s12611-010-0088-2)
- ↑ Jean-François Werner, Technique, pouvoirs et soins en Afrique : le cas de l'imagerie par résonance magnétique, L'Harmattan, , p. 9
- ↑ (en) Gendrot M., Fall B., Madamet M., Fall M., Wade K.A., Amalvict R., Nakoulima A., Benoit N., Diawara S., Diémé Y., Diatta B., Wade B., Pradines B., « Absence of Association between Polymorphisms in the RING E3 Ubiquitin Protein Ligase Gene and Ex Vivo Susceptibility to Conventional Antimalarial Drugs in Plasmodium falciparum Isolates from Dakar, Senegal », Antimicrobial Agents and Chemotherapy, vol. 60,
- ↑ « 6e congrès de la SOSEMI : parrain feu Boubacar Wade », Le Soleil,
- ↑ « Liste des Africains membres associés de la Société Française de Cardiologie », Cardiologie Tropicale