Boucle d'eau tempérée
Une boucle d'eau tempérée est un procédé technique utilisé dans le chauffage et la climatisation d'un groupe de bâtiments. Son principe consiste d'une part à utiliser le réseau primaire à température ambiante pour minimiser les pertes, et d'autre part à mutualiser les besoins en chaleur et en refroidissement de chaque bâtiment afin d'optimiser la consommation globale du groupe.

Historique
modifierLa boucle d'eau tempérée est un processus assez tardivement mis en œuvre. Ainsi, ce n'est qu'en 2017 que l'ADEME publie un avis technique sur cette technologie. À cette date, cette technologie est soutenue par le fonds « Nouvelles technologies émergentes ». Mais, en , la technologie est jugée assez mature pour être prise en charge par le fonds « chaleur ». L'intérêt que cette technologie suscite notamment dans les gros projets de bâtiments neufs ou réhabilités amène un succès assez rapide, avec un déploiement sur plusieurs chantiers, notamment en France[1].
Principe
modifierLa boucle d'eau tempérée consiste en une circulation d'eau à température assez basse (10 °C à 25 °C). La chaleur permettant d'atteindre cette température peut être d'origine géothermique, par forage, puisée dans l'eau de mer superficielle, ou d'origine anthropique (récupération de chaleur fatale industrielle)[2],[3][source secondaire souhaitée].
Contrairement à de nombreux projets classiques, la chaleur n'y est pas utilisée directement (on parle d'un système décentralisé) : la boucle d'eau tempérée sert de fluide primaire à des pompes à chaleur qui amènent les circuits secondaires (ceux situés à l'intérieur des bâtiments) à la température voulue pour le chauffage et éventuellement la production d'eau chaude sanitaire. Après passage dans la pompe à chaleur, la température de la boucle d'eau tempérée est abaissée ; mais cette eau plus froide est également utilisée comme fluide primaire pour des pompes à chaleur effectuant de la climatisation (notamment pour des centre de données, ou plus généralement des bâtiments tertiaires ayant des besoins en climatisation), qui élèvent la température de la boucle[2],[4].
Un des gros avantages de ce système est qu'il n'est plus nécessaire de calorifuger les conduites de la boucle d'eau tempérée, qui sont sensiblement à la même température que le sol dans lequel elles sont enterrées, d'où une importante économie[4]. Le rendement est également plus haut (il est proche de 100 % quand celui d'un réseau de chaleur à haute température dépasse rarement 85 %)[3]. Enfin, la décentralisation de la production de chaleur permet d'adapter la température de chaque réseau secondaire là où une boucle primaire chaude impose un seul régime de température[1].
Utilisation du réseau de distribution d'eau (ou d'eau de refroidissement)
modifierLes réseaux d'adduction d'eau, parce qu'il sont enterrés et en raison de la quantité d'eau qu'ils transportent, ont un potentiel thermique élevé, mais très peu utilisé (sauf dans quelques cas de réseaux de chaleur urbains) en raison de la difficulté d'optimisation des équipements en fonction des phénomènes de variabilité temporelle (du flux et des besoins en chaleur ou froid des consommateurs[5]. L'entropie du système est un paramètre important : elle est une mesure de la quantité de désordre ou de chaos de ce système. Dans le contexte des systèmes de chauffage et/ou de climatisation, l'entropie influe sur l'efficacité énergétique : un système ayant peu d'entropie est plus ordonné et transfère alors la chaleur ou le froid avec une meilleure efficacité énergétique.
Une modélisation de l'évolution annuelle de la température et du débit dans le réseau (les paramètres qui déterminent la quantité de chaleur que l'on peut échanger avec le réseau d'eau) et un calcul de l'influence sur la température de l'eau de l'ajout de plusieurs échanges de chaleur sur ce réseau d'adduction ont été effectués en 2021. Dans le cas de l'utilisation d'eau de refroidissement d'un centre de données, le gain d'entropie est important si une taille optimale de l'échangeur de chaleur est choisie. Dans le cas d'un réseau de distribution d'eau brute connecté à une pompe à chaleur réversible, un gain élevé peut être obtenu (par rapport à une pompe à chaleur à air)[5].
Notes et références
modifier- 1 2 Sophie Fabrégat, « Boucle d'eau tempérée : produire de la chaleur et du froid au plus près des besoins », sur Actu-Environnement, (consulté le ).
- 1 2 ADEME 2019, Introduction, p. 1.
- 1 2 « Qu'est-ce qu'une boucle d'eau tempérée ? », Ecome (consulté le ).
- 1 2 Caroline Kim, « Bâtiment : les boucles d'eau tempérée plébiscitées pour le chauffage », La Gazette des communes, , p. 215-226 (lire en ligne).
- 1 2 Gautier Hypolite, Étude du potentiel énergétique d'un réseau d'adduction d'eau (thèse de doctorat), université d'Aix-Marseille, , 219 p. (OCLC 1350085393, lire en ligne [PDF]).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- [ADEME 2019] Secteur boucles d'eau tempérée à énergie géothermique, ADEME, , 10 p. (lire en ligne [PDF]).
