Boulevard d'Arcole
Le boulevard d'Arcole (en occitan : baloard d'Arcole) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Le boulevard d'Arcole. | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 43° 36′ 40″ nord, 1° 26′ 29″ est |
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Métropole | Toulouse Métropole |
| Ville | Toulouse |
| Quartier(s) | Arnaud-Bernard • Chalets |
| Début | no 15 rue Jean-Baptiste-Merly et no 1 rue de la Concorde |
| Fin | no 10 place Arnaud-Bernard et no 2 avenue Honoré-Serres |
| Morphologie | |
| Longueur | 407 m |
| Largeur | 40 m |
| Odonymie | |
| Anciens noms | Boulevard de Pouzonville (1825-1840) |
| Nom actuel | 1840 |
| Nom occitan | Baloard d'Arcole |
| Histoire et patrimoine | |
| Création | 1815-1825 |
| Protection | Partie sud : |
| Notice | |
| Archives | 315550233624 |
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Situation et accès
modifierDescription
modifierLe boulevard d'Arcole est une voie publique. Il se situe au nord du centre historique, à la limite des quartiers Arnaud-Bernard, au sud, et des Chalets, au nord.
Il naît dans le prolongement du boulevard de Strasbourg, au carrefour de la rue Jean-Baptiste-Merly et de la rue de la Concorde. Long de 457 mètres et large de 40 mètres, il est orienté au nord-ouest. Il reçoit successivement, les rues Jean-Rancy, de l'Hirondelle et de la Verge-d'Or, à main gauche, et les rues de Quéven, des Chalets, Saint-Germier et de la Balance, à main droite. Il se termine au niveau du rond-point Jean-Jacques-Laffont, au carrefour de la place Arnaud-Bernard, de la rue de Toul, de l'avenue Honoré-Serres et du boulevard Lascrosses, qui le prolonge à l'ouest.
La chaussée compte deux voies de circulation automobile dans chaque sens, la voie de droite étant réservée à la circulation des transports en commun. Elle appartient à une zone 30 et la vitesse y est limitée à 30 km/h. Il n'existe ni bande, ni de piste cyclable, quoique les cyclistes puissent emprunter la voie réservée.
Voies rencontrées
modifierLe boulevard d'Arcole rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
- Rue Jean-Baptiste-Merly (g)
- Rue de la Concorde (d)
- Rue de Quéven (d)
- Rue des Chalets (d)
- Rue Jean-Rancy (g)
- Rue Saint-Germier (d)
- Rue de l'Hirondelle (g)
- Rue de la Verge-d'Or (g)
- Rue de la Balance (d)
- Place Arnaud-Bernard (g)
- Avenue Honoré-Serres (d)
Transports
modifierLe boulevard d'Arcole est parcouru et desservi par les lignes de Linéo L1L14 et de bus 294570. Les stations de métro les plus proches sont les stations Compans-Caffarelli, à l'ouest, et Jeanne-d'Arc, au sud, toutes les deux sur la ligne de métro
.
Il existe également plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse le long du boulevard d'Arcole ou à proximité : les stations no 57 (15 rue Jean-Baptiste-Merly), no 58 (4 rue de la Concorde), no 90 (3 bis boulevard Lascrosses) et no 91 (48 boulevard d'Arcole).
Odonymie
modifierLe boulevard était désigné à l'origine comme le boulevard de Pouzonville[1] : l'ancienne porte de ce nom se trouvait effectivement au carrefour de la rue Jean-Baptiste-Merly (emplacement de l'actuel no 44 de cette rue)[2]. Il subsiste d'ailleurs, à proximité, une rue Pouzonville[1].
C'est en 1840 qu'est donné au boulevard son nom actuel, qui ferait référence à la ville d'Arcole, où fut livrée la bataille du pont d'Arcole par Napoléon Bonaparte contre les Autrichiens les 15, 16 et [3]. Pierre Salies propose de voir dans ce nom celui d'un jeune serrurier parisien qui serait mort lors des combats de la Révolution de Juillet : il aurait été tué sur le pont de Grève, près de l'hôtel de ville de Paris, encourageant ses camarades à se porter contre les troupes royalistes et s'écriant « Mes amis, souvenez-vous que je me nomme Arcole ». Son nom aurait été donné au pont parisien – devenu en 1830 le pont d'Arcole – et par la suite au boulevard toulousain[3].
Histoire
modifierMoyen Âge et période moderne
modifierAu cours du XVIIIe siècle, une promenade plantée d'arbres est aménagée entre la porte Arnaud-Bernard, à l'ouest, et la porte Pouzonville, à l'est. Au nord, les terrains sont occupés par les jardins des maraîchers.
Époque contemporaine
modifierÀ partir de 1815, la ville confie à l'architecte Urbain Vitry le soin de dresser un plan d'amélioration de la circulation et d'embellissement. Il fait le projet de détruire le vieux rempart médiéval et d'aménager un boulevard à leur emplacement, depuis les allées Saint-Étienne (actuelles allées Forain-François-Verdier) jusqu'à la Garonne. En 1825, le boulevard est achevé et nommé en l'honneur de la bataille du pont d'Arcole. Des immeubles s'élèvent progressivement au cours du XIXe siècle.
Dans la deuxième moitié du XXe siècle, les architectes modernes construisent, le long des boulevards, des immeubles modernes.
Patrimoine et lieux d'intérêt
modifierImmeuble Citroën
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Labélisé ACR (2019)[4].
L'immeuble s'élève sur une vaste parcelle de 3 400 m2 environ (actuels no 2-2 bis), à l'angle de la rue de la Concorde (actuel no 1) et de la rue de Quéven (actuels no 2-4). Il est construit entre 1955 et 1957 sur les plans des architectes de l'Atelier des Architectes Associés (3A) – Fabien Castaing, Pierre Viatgé, Michel Bescos et Alexandre Labat. L'immeuble conserve les bureaux du siège régional de Citroën, la concession automobile est déménagée dans les années 1970 au nord du quartier de Barrière-de-Paris, près d'autres concessions automobiles (emplacement de l'actuel supermarché Intermarché, no 138 avenue de Fronton), puis, dans les années 1990, à proximité immédiate (emplacement de l'actuel no 142 avenue des États-Unis)[5].
L'immeuble, est représentatif du mouvement moderne et caractéristique des constructions de cette période, qui utilise le béton. Haut de seize étages, il est l'un des premiers immeubles de grande hauteur de la ville. Il est aussi l'archétype des « buildings » toulousains, type largement critiqué jusqu'au début du XXIe siècle.
Les deux niveaux en sous-sol sont dédiés au stationnement. Le rez-de-chaussée est occupé par des locaux commerciaux. L'architecte Paul de Noyers est intervenu pour l'aménagement du garage Citroën, aujourd'hui occupé par l'enseigne Decathlon. Les deux premiers étages sont réservés à des bureaux. Ils s'étirent en deux bandeaux horizontaux aux angles arrondis qui entourent l'immeuble. Par contraste, les quatorze étages supérieurs sont en léger retrait et se développent en suivant des lignes verticales. Ils sont occupés par les logements qui, du T3 au T6, sont tous traversants, profitant de loggias du côté du boulevard et de terrasses à l'arrière. Le dernier étage abrite un grand atelier, ouvert sur les terrasses, dévolu à l'agence des 3A. La façade sur le boulevard alterne les aplats du parement de dalles en gravier lavé, et les creux des loggias. À l'arrière, le garage se singularise par sa couverture en six sheds paraboliques en béton, d’une portée de 30 mètres[6],[7].
École élémentaire du Nord
modifierL'école élémentaire est construite dans la deuxième moitié du XIXe siècle, sur une longue parcelle qui s'étend entre le boulevard d'Arcole et la rue Escoussières-Arnaud-Bernard, depuis la rue Jean-Rancy jusqu'à la rue de l'Hirondelle. Les ailes latérales ont été surélevées au milieu du XXe siècle[8].
Immeubles et maisons
modifier- no 1 : immeubles de la Société des Grands Travaux du Sud-Ouest.
L'ensemble des immeubles de la Société des Grands Travaux du Sud-Ouest se compose de plusieurs bâtiments : deux édifices de bureaux, sur la rue Jean-Baptiste-Merly (actuels no 13 et 15), et un immeuble d'habitation ouvrant sur le boulevard d'Arcole (actuel no 1). Ils sont élevés entre 1938 et 1942, probablement sur les plans de l'ingénieur Charles Baruteaud, pour la Société des Grands Travaux du Sud-Ouest (SGTSO), une société coopérative qui prend la suite des Charpentiers toulousains, une importante société de construction fondée en 1909 par Paul Barthe. La construction de cet ensemble immobilier doit permettre de financer la caisse de retraite des associés grâce à la perception de revenus locatifs. D'ailleurs, la caisse de retraite occupe une salle au rez-de-chaussée des immeubles de bureaux. À la suite d'un accord avec le directeur régional des contributions directes, les deux immeubles de la rue Jean-Baptiste-Merly, initialement dévolus à des logements, accueillent une partie de l'administration fiscale. Dans les années 1970, la SGTSO périclite. En 1988, les deux immeubles de bureaux sont vendus au ministère des Finances, tandis que la caisse de retraite est dissoute en 1991[9].

- no 4 : immeuble.
L'immeuble, de style éclectique, est construit en 1884 par l'architecte Étienne Gazagne, à l'angle de la rue des Chalets (actuel no 1). Sur le boulevard d'Arcole, la façade est rythmée par les sept travées percées de fenêtres. Le 1er étage est mis en valeur par un balcon filant, doté d'un garde-corps à motifs géométriques et végétaux en fonte. Au 2e étage, les fenêtres ont également des garde-corps en fonte et sont couronnées d'un fronton. La travée de l'angle coupé, au croisement de la rue des Chalets, est particulièrement mise en valeur. Le rez-de-chaussée est ouvert par une grande fenêtre, dont les baies doubles sont séparées par des pilastres à chapiteaux corinthiens, possèdent des garde-corps à balustres et un appui en pierre, et sont surmontées d'un tympan sculpté en pierre d'où émerge une tête d'Hermès. Les étages sont encadrés de pilastres colossaux à chapiteaux corinthiens. Au 1er étage, un balcon à balustres en pierre prolonge le balcon du côté du boulevard, et la fenêtre est encadrée de deux atlantes en pierre, qui supportent le balcon en pierre du 2e étage[10].
- no 10 : immeuble Couzinet (deuxième moitié du XIXe siècle ; 1932)[11].
- no 14 : immeuble Pradel (1883)[12].
- no 18-20 : maisons Bécane (1882)[13].
- no 22 : immeuble Gaugiran (1870, Alexandre Laffon)[14].
- no 24 : immeuble Feille (1897, Jacques Lacassin)[15].
- no 50 : maison.
La maison, de style éclectique, est construite à l'angle de la rue de la Balance en 1903, par les architectes Georges et Henri Masquet, comme l'indique l'inscription sur le linteau de la porte. La façade sur le boulevard, en brique claire, moins élevée que les immeubles voisins, ne compte qu'un seul étage. Le rez-de-chaussée est en bossage. Au 1er étage, les fenêtres ont des lambrequins en fonte et des balcons soutenus par des consoles sculptées en pierre et ornés de garde-corps en fonte de style Art nouveau, aux motifs géométriques et végétaux. Les deux fenêtres latérales sont surmontées de petites consoles en pierre à motifs de feuilles de chêne, qui soutiennent un fronton triangulaire[16].
Personnalité
modifier- Claude Nougaro (1929-2004) : c'est dans l'immeuble du no 56, face à la place Arnaud-Bernard, qu'est né, le , Claude Nougaro, fils de Pierre Nougaro, chanteur d'opéra, et de Liette Tellini, professeure de piano[17],[18].
Notes et références
modifier- 1 2 Salies 1989, vol. 2, p. 307.
- ↑ Salies 1989, vol. 2, p. 308.
- 1 2 Salies 1989, vol. 1, p. 53.
- ↑ Notice no ACR0001567, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ David Saint-Sernin, « Toulouse. Deux concessions auto sont devenues des friches en ville : voici ce qu'elles vont devenir », Actu Toulouse, 7 juin 2023.
- ↑ Papillault 2016, p. 205.
- ↑ Notice no IA31112715, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31130821, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31130310, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31112714, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31112709, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31112708, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31121013, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31121015, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31121016, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31112724, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Pascal Alquier, « Les Nougaro », L'Express.fr, (consulté le ).
- ↑ Christian Laborde, Claude Nougaro, l'homme aux semelles de swing, Privat, , p. 33.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 (ISBN 978-2-8672-6354-5).
- Rémi Papillault (dir.), Laura Girard et Jean-Loup Marfaing, Guide d'architecture du XXe siècle en Midi toulousain, coll. « Architectures », Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2016 (ISBN 978-2-8107-0469-9).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Notice no 315550233624 », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ).
- Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ).
- Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la Région Occitanie (consulté le ).