Braderie de Lille

événement annuel à Lille

La braderie de Lille, aussi appelée grande braderie de Lille, est une manifestation populaire qui se déroule chaque année à Lille, dans le département français du Nord en région Hauts-de-France, le week-end du premier dimanche de septembre. Ses origines remontent au XIIe siècle et elle accueille chaque année plus de deux millions de visiteurs pour 34 heures officielles sans interruption. La braderie de Lille est l'un des plus grands rassemblements de France et le plus grand marché aux puces d'Europe.

Braderie de Lille

Rue de Lille pendant la braderie 2012.
Rue de Lille pendant la braderie 2012.
Pays Drapeau de la France France
Emplacement Lille
Coordonnées 50° 38′ 12″ nord, 3° 04′ 08″ est
Géolocalisation sur la carte : Nord
(Voir situation sur carte : Nord)
Braderie de Lille
Géolocalisation sur la carte : France
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Braderie de Lille
Type Braderie
Organisateur Ville de Lille
Site web www.lille.fr/Braderie-de-Lille
Date d'ouverture XIIe siècle
Période week-end du 1er dimanche de septembre
Fréquentation annuelle ~ 2 000 000
Nombre d'exposants ~ 5 500

La braderie est issue de la foire attestée dès 1127 et a de nombreuses fois changé de forme, de nom, de date et de conception tout au long de son existence. Elle s'est étalée sur un seul jour comme sur plusieurs ; elle a été ouverte aux Lillois comme aux étrangers à la ville. Au cours de son histoire, la braderie de Lille a également porté le nom de Foire de Lille, Franche foire, Fête aux loques.

Au-delà de la braderie proprement dite et de ses plus de 50 km d'étalage pour environ 5 500 exposants[1], cet événement est également entouré de concerts, d'une foire aux manèges, d'une restauration accrue dans la ville (stands mobiles divers et friteries, bières régionales, ainsi que le plat traditionnel des moules-frites dans les restaurants, sachant qu'en 2009 cinq cents tonnes de moules et trente tonnes de frites ont été consommées), et est l'occasion pour beaucoup (notamment pour la population étudiante de Lille) de faire la fête toute la nuit dans la ville et dans ses nombreux bars. Elle symbolise également une rentrée politique.

Histoire

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La Braderie par François Watteau (1799-1800).
La braderie de Lille dans les années 1900.

L'histoire de la braderie de Lille remonte aux foires flamandes du Moyen Âge ; la première trace écrite date de 1127 dans les récits du chroniqueur Galbert de Bruges[2]. La Foire de Lille (ou Franche Foire[3]) se tenait à l'époque après l'Assomption sur la place du Marché, actuelles place du Général-de-Gaulle et place du Théâtre[4] ; des commerçants étrangers à la ville pouvaient y vendre exceptionnellement leurs produits. Cinq foires flamandes, avec celles d'Ypres, Bruges, Thourout et Messines se succédaient au cours de l'année et étaient complémentaires des foires de Champagne pour le commerce des tissus[2].

La foire se développe aux XIIe et XIIIe siècles ; elle dure à cette époque trente jours, dont les quinze premiers sont consacrés à l'installation des marchands[5].

La foire perd de son importance au XIVe siècle quand la ville passe sous domination française après la guerre de Flandre ; sa date est décalée au et elle dure cinq jours[3]. En 1446, Godin Maille et Pierre Tremart, deux marchands de volailles, décident de s'installer sur la foire pour vendre des harengs et des poulets cuits avec une autorisation de vendre[6]. En flamand « rôtir » se dit « braden », il se pourrait que ce soit de là que le mot « braderie » tire son nom[7]. À la fin du XVe siècle, la foire est rallongée de deux jours[3].

Elle commence à se transformer en vide-grenier au début du XVIe siècle[6], lorsque les domestiques obtiennent le droit de vendre les objets usagés de leurs patrons entre le coucher et le lever du soleil[8]. En 1523, la date est fixée au (ou le 31, si le 30 est un dimanche) et la durée à sept jours ouvrables[3]. Au XVIIe siècle, les marchands n'attendent plus la foire pour vendre leurs produits du fait de l'amélioration des voies de transport. Ils viennent moins nombreux, mais les artistes ambulants, eux, y sont plus nombreux[6].

Durant le XIXe siècle, des bourgeois suivis par des camelots venus d'en dehors de Lille viennent également vendre leurs objets[6]. Un journal de 1852 explique que la braderie s'appelle également la « fête aux loques »[9]. Entre la moitié et la fin du XIXe siècle, des nombreux auteurs remarquent que l'esprit braderie est en train de disparaître ; tandis qu'à l'origine se vendent des objets usés et déjà utilisés, les marchands vendent de la marchandise neuve[10],[11],[12]. La braderie se déroule le premier lundi de septembre[9],[11]. Dès 1863, la compagnie des chemins de fer du Nord met en place des trains pour relier Paris à Lille, appelé train « de plaisir »[9],[13].

Entre la fin du XIXe siècle[3] et le début du XXe siècle[14], les frites font leur apparition. Après l'interruption due à la Première Guerre mondiale, a lieu en , la première braderie depuis 1913[15]. Puis entre le milieu du XXe siècle et les années 1960, la braderie devient un grand marché dépourvu d'intérêt à cause des guerres et des reconstructions d'après-guerre. Dans les années 1970, du fait de la dénonciation de la société de consommation, la braderie renaît[10]. Pierre Mauroy, premier ministre et maire de Lille, participe à la forte médiatisation de la braderie dans les années 80.

En 2016, la braderie, qui aurait dû avoir lieu le week-end du 3 et du [16], a été annulée en raison de la menace terroriste après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice[17]. C'est la première annulation de l'événement depuis 70 ans[18]. La braderie est alors réorganisée pour les éditions suivantes, avec notamment un périmètre plus restreint et sécurisé. Elle est à nouveau annulée en 2020 et 2021 à cause de la pandémie de covid-19[19]. En 2024, en raison des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 qui mobilise les forces de sécurité, elle est décalée de 15 jours[20].

Caractéristiques

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De la fin des années 1940 jusqu'à la fin des années 1970, la braderie se déroulait du dimanche minuit jusqu'au lundi midi et avait lieu le premier lundi qui suit le premier dimanche de septembre ; la nuit était réservée aux « bradeux » alors que la braderie des commerçants se déroulait le lundi matin.

Aujourd'hui, l'horaire s'est décalé vers le week-end (samedi et dimanche) car le lundi n'est quasiment plus chômé. La braderie est organisée le week-end du premier dimanche de septembre et dure officiellement du samedi matin 8h au dimanche soir 18h sans aucune interruption, soit 34 heures. Certaines bonnes affaires se font officieusement dès le vendredi soir. La ville se transforme en un énorme marché aux puces où les cultures se croisent. De nombreuses animations accompagnent l'évènement. La nuit du samedi au dimanche est particulièrement festive, notamment pour la population étudiante.

Moules-frites

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Tas de moules traditionnel.

Une hypothèse veut que la consommation de moules aurait commencé un peu par hasard, à la suite d'épidémies touchant les volailles traditionnellement consommées à la Braderie[21]. La première mention de tas de moules à la Braderie aurait eu lieu en , le [22].

Les « bradeux » flânent ou fouinent et finissent par s'arrêter pour manger des moules-frites, plat traditionnel de la braderie. Les tas de coquilles vides consommées devant les restaurants qui jouent le jeu, comme sur la place Rihour, sont un des emblèmes de la Braderie[23].

Il est estimé qu'environ cinq cents tonnes de moules et trente tonnes de frites sont consommées durant la braderie[24].

Semi-marathon de Lille

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Pendant 40 ans, la Braderie a été précédée, le samedi matin, de plusieurs courses pédestres, dont un semi-marathon au label international qui rassemblait 15 000 coureurs en moyenne. En 2017, les courses ont été délocalisées du centre-ville vers un boulevard extérieur. Entre 2022 et 2025, le semi-marathon de Lille se déroule de nouveau dans les artères lilloises, mais en mars. En 2026, nouvelle organisation : les courses pédestres de Lille sont prévues en octobre, avec désormais un marathon, un semi-marathon et un 10 km. Elles ne se déroulent plus le samedi de la Braderie[25].

Transports en commun

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Ilévia, qui s'occupe des transports en commun de la ville, propose pour l'événement le métro et tramway en non-stop[26] pendant tout le week-end, et la fréquence des lignes de bus est aussi renforcée. Avec les points de vente habituels, la société privée rajoute dans les principales stations de métro des stands de vente dans lesquels sont disponibles les titres les plus demandés[27]. Ces stations sont Quatre Cantons - Stade Pierre-Mauroy, Cité Scientifique, Villeneuve-d'Ascq - Hôtel de ville, Pont de Bois, Rihour, République - Beaux-Arts, CHU – Eurasanté sur la ligne 1, et Saint-Philibert sur la ligne 2.

Le TER Hauts-de-France n'est pas en reste. La SNCF renforce aussi les lignes de TER et les TGV Lille-Paris.

Fréquentation

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Exposants lors de la braderie.
La rue Faidherbe devient une rue piétonne durant la braderie.

Bradeux

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La braderie s'étend sur plus de 50 kilomètres de trottoir et compte près de 5 500 exposants, depuis que le format et le périmètre de la Braderie ont été modifiés après l'annulation de 2016.

Des secteurs se sont créés par « spécialité », et on retrouve par exemple une forte concentration d'antiquaires et brocanteurs professionnels le long de l’Esplanade, sur les boulevards de la Liberté et Louis-XIV, sur l’avenue du Président Kennedy et les rues adjacentes. Il y a également des associations, syndicats et partis politiques autour de la porte de Paris, alors que, sur le reste du périmètre braderie, on retrouvera les commerçants et riverains. Des points d’intérêts particuliers sont également à noter tels que la braderie des enfants, de la BD, des vélos, ou encore la foire aux manège qui se déroule au Champs de mars.

Les emplacements sont gratuits pour les particuliers, ce qui en fait une exception française.

Chineurs

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La braderie de Lille est le plus important marché aux puces d’Europe[28]. En fonction des sources et des années, la fréquentation de la braderie se situe autour de plus ou moins deux millions de visiteurs, mais il est presque impossible d'en compter le nombre avec précision.

Jour chômé

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La tradition de la braderie voulait aussi que le lundi suivant le week-end de la braderie soit chômé. Cependant, le lundi chômé n'est quasiment plus appliqué, exception faite de quelques sociétés et organisations implantées depuis de nombreuses années sur la métropole.

Dans les arts

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La braderie de Lille est représentée sur un tableau de François Watteau ; il représente l'esprit de la braderie de Lille à son époque[11]. On y voit également le théâtre de Lille et la Vieille Bourse. Alexandre Desrousseaux a consacré une chanson appelée La Braderie[11].

Notes et références

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  1. « Ce qu'il faut savoir sur l'édition 2026 », sur lille.fr,
  2. 1 2 Henri Platelle et Denis Clauzel, Histoire des provinces françaises du Nord : Des principautés à l'empire de Charles Quint, t. 2, Artois presses université, , p. 66
  3. 1 2 3 4 5 « Il était une fois la Braderie de Lille », La Voix du Nord, (consulté le )
  4. Henri Platelle et Denis Clauzel, Histoire des provinces françaises du Nord : Des principautés à l'empire de Charles Quint, t. 2, Artois presses université, , p. 70
  5. Philippe Marchand, Histoire de Lille, Jean-Paul Gisserot, , p. 14-15
  6. 1 2 3 4 Damien, « Braderie de Lille 2010 : L'histoire de la Braderie », Zoom sur Lille, (consulté le )
  7. « Histoire de la Braderie », Office de tourisme de Lille (consulté le )
  8. Dede, « Braderie de Lille 2009, événement international ! 5 et 6 septembre 2009 », Aquadesign.be, (consulté le )
  9. 1 2 3 Édouard Martin, « Voyages pour rire », Le Journal pour rire, no 50, , p. 2-3 (lire en ligne, consulté le ).
  10. 1 2 Gérard Conreur, « Grande Braderie de Lille ce week-end », France Culture, (consulté le )
  11. 1 2 3 4 Louis Vermesse, Vocabulaire du patois lillois, Lille, Imprimerie de A. Béhague, , 213 p. (lire en ligne), p. 19.
  12. Louis Louvet et William Duckett, Dictionnaire de la conversation et de la lecture : Inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous, t. 1, Paris, Firmin-Didot frères, , 800 p. (lire en ligne), p. 670.
  13. Hector Hogier, « La « Braderie » lilloise », Le Figaro, no 256, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
  14. E. Pall, « La braderie de Lille 2010 », France 3 Nord-Pas-de-Calais, (consulté le )
  15. Cent ans de vie dans la région, Tome II : 1914-1939, La Voix du Nord éditions, n° hors série du 17 février 1999, p. 41
  16. « La Braderie de Lille débute officiellement le premier week-end du mois de septembre, du samedi à 14 h jusqu'au dimanche à 23 h. » page La Braderie pratique (site officiel de la ville de Lille). Consulté le 19 août 2013.
  17. La Voix du Nord, « La Braderie de Lille 2016 est annulée ! » (consulté le )
  18. « Lille: Première annulation de la Braderie de Lille depuis l'Occupation », (consulté le )
  19. « C'est officiel, la Braderie de Lille 2020 est annulée ! » (consulté le )
  20. A. D. D. et St. F, « La Braderie de Lille 2024 repoussée de quinze jours en raison des Jeux olympiques », sur lavoixdunord.fr, (consulté le )
  21. L'histoire des moules frites, sur lille.fr
  22. Cent ans de vie dans la région, Tome 1 : 1900-1914, éditions la Voix du Nord, 1998, page 47
  23. A. Mu, « Le tas de moules, définitivement emblème de la Braderie de Lille », sur La Voix du Nord, (consulté le )
  24. « Braderie de Lille : six tas de moules sont déclarés cette année », La Voix du Nord, (lire en ligne, consulté le )
  25. David Delporte, « Le marathon de Lille fera son retour le 25 octobre 2026 », sur La Voix du Nord, (consulté le )
  26. « Braderie de Lille 2022 : les infos pratiques », sur La Voix du Nord,
  27. {{Lien Ilévia, propose également un dispositif exceptionnel pour faciliter la vie des " bradeux " !|auteur=|année=2010|éditeur=Nord Éclair|consulté le=6 septembre 2010}}
  28. « Braderie de Lille 2010 : 4 et 5 septembre », Office de Tourisme de Lille, (consulté le )

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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