Bras-mort

partie relictuelle d'un ancien méandre ou d'une tresse

Un bras-mort[1],[2],[3],[4] est la partie relictuelle d'un ancien méandre ou d'une tresse qui ont été isolés d'un cours d'eau ou d'un delta. Selon son âge, la saison et le contexte météorologique, il peut être encore en eau ou asséché. Les processus d'érosion et de sédimentation y diffèrent fortement de ce qu'ils sont dans le cours d'eau originel. Ce sont des zones humides, riches en biodiversité.

Formation d'un bras mort

Caractérisation

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Les bras-morts peuvent être à sec ou en eau, toute l'année ou périodiquement. Ils sont parfois brutalement mais brièvement inondés lors des crues, ou au contraire se comportent comme des cours d'eau alimentés par la nappe phréatique, quand le substrat (sol) est perméable[5].À long terme, ils tendent à se combler, mais après un certain temps, et à plusieurs reprises, ils peuvent à nouveau être occupés par le fleuve au gré de ses errements et du stade successionnel.[réf. souhaitée]

On les caractérise par exemple géomorphologiquement par leur longueur, profondeur, niveau d'envasement ou d'atterrissement, éloignement du fleuve ou de la rivière, leur superficie en eau et ses variations, la fréquence des connexions avec le cours d'eau ou la nappe phréatique, la largeur du chenal quand il existe, sa salinité, son âge, sa faune ou flore spécifique, degré d'artificialisation (ou de naturalité), etc.[réf. souhaitée]

Richesse écologique

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Zone humide dite du « Vieil Escaut », à Escautpont (France), avec renaturation spontanée, ici au printemps 2007

Quand ils n'ont pas été comblés, pollués ou transformés en terrain de dépôt recevant des boues de curage polluées, ce sont des milieux généralement riches en biodiversité[6] ou à forte productivité biologique qui contribuent à enrichir les écosystèmes fluviaux. Ils peuvent jouer le rôle de gué pour les espèces de zones humides, dans un réseau écologique local et global (pour les oiseaux d'eau migrateurs notamment). Ce sont souvent des réservoirs d'espèces pionnières.[réf. souhaitée]

Vu du ciel, les bras-morts et anciens méandres sont bien visibles le long du fleuve Songhua, à l'est de Harbin en Chine.

Depuis 500 ans au moins, hormis dans les forêts tropicales et les zones éloignées des activités humaines, les méandres et bras morts tendent à disparaître, au profit d'axes navigables et canalisés dont les fonctions écologiques sont très dégradées. C'est le cas par exemple pour le Rhin et le Rhône qu'on tente aujourd'hui de renaturer pour en améliorer la qualité de l'eau.[réf. souhaitée]

Sédimentation

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Les propriétés de sédimentations sont différentes dans le bras-mort que dans le reste du cours d'eau dont il est issu. Dans les bras-morts, le taux de sédimentation est très faible. Les sédiments sont du matériel argileux finement laminé, introduit pendant les crues, et de la matière organique, mais peu de dépots sableux[7].

La sédimentation des bras morts peut ainsi être utile dans la recherche en paléoenvironnement[8].

Aménagements

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Plusieurs aménagements anthropiques peuvent être réalisés sur les bras morts.

Une remise en eau du bras mort, en le reconnectant à la rivière, peut être réalisée avec pour but un élargissement du lit mineur d'un cours d'eau ayant été déjà fortement anthropisé. En France, ce type d'aménagement a été réalisé sur la Marne, près de Chaumont[9].

Voir aussi

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Notes et références

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  1. « Bras », dans le Dictionnaire de l'Académie française, Centre national de ressources textuelles et lexicales (sens II, HYDROG., Bras mort) [consulté le=23 août 2017].
  2. Informations lexicographiques et étymologiques de « bras » (sens II, B, 1, a, HYDROGRAPHIE, Bras mort) dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 23 août 2017].
  3. Entrée « bras mort, bras abondonné » des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 23 août 2017].
  4. Entrée « 1. Mort, -orte » (sens 12, Bras mort), dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. 3 : I – P, Paris, L. Hachette, , 1 vol., II-1396, gr. in-4o (32 cm) (OCLC 457498685, BNF 30824717, SUDOC 005830079, lire en ligne [fac-similé]), p. 632, col. gauche (lire en ligne [fac-similé]) [consulté le 23 août 2017].
  5. Clément Mathieu et Jean Lozet, « B », Hors collection, , p. 83–110 (lire en ligne, consulté le )
  6. Gérard Degoutte, « Chapitre 3. Formes naturelles des rivières, ripisylve et évolution des berges », dans Diagnostic, aménagement et gestion des rivières, Lavoisier, , 95–151 p. (ISBN 978-2-7430-1469-8, lire en ligne)
  7. Isabelle Cojan et Maurice Renard, « 9. Les sédiments, archives de la Terre », Sciences Sup, vol. 3, , p. 333–429 (lire en ligne, consulté le )
  8. Jean-François Berger, Jean-Michel Carozza, Cyril Castanet et Hervé Cubizolle, « Chapitre 3. Climat et environnements : les étapes de la première anthropisation de l’espace (6000-2000 BCE) en France », dans La protohistoire de la France, Hermann, , 53–77 p. (ISBN 978-2-7056-9594-1, lire en ligne)
  9. Gérard Degoutte, « Chapitre 9. Gestion, aménagement et entretien des cours d’eau », dans Diagnostic, aménagement et gestion des rivières, Lavoisier, , 403–471 p. (ISBN 978-2-7430-1469-8, lire en ligne)