Brigade Alexandroni
La brigade Alexandroni (à ce jour officiellement dénommée « brigade 609 »[1]) est une brigade d'infanterie de l'armée israélienne, aujourd'hui entièrement constituée de soldats de réserve attachés à la brigade Golani[1].
| Brigade 609 | |
Blason de la brigade Alexandroni | |
| Création | 28 mai 1948 |
|---|---|
| Pays | |
| Branche | Armée de terre israélienne |
| Type | Brigade d'infanterie |
| Guerres | Conflit israélo-arabe |
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Histoire
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Guerre de 1948
modifierLa brigade Alexandroni a été créée sous l'autorité de la Haganah en en tant que 3e brigade. Elle était attachée à la plaine côtière entre Tel Aviv et le mont Carmel. Elle fut ensuite intégrée aux forces de défense d'Israël à sa création (par ordonnance de David Ben Gourion le [2]). Ayant pour mission d'expulser des dizaines de villages, elle commet au moins 5 massacres qui font plusieurs centaines de morts palestiniens.
Lors de la guerre de Palestine de 1948, la brigade Alexandroni a participé au nettoyage et au contrôle de la plaine côtière (dont la prise du village d'al-Tantoura), au premier assaut contre Latroun[3], à l'opération Dani[1], et à l'opération Ouvda. Le plan Daleth lui confie le « nettoyage » (c’est-à-dire la conquête des villages, l’expulsion de leurs habitants arabes et leur destruction) de 64 villages entre Haïfa et Tel Aviv. La plupart des villages sont abandonnés avant l’arrivée de la brigade, elle n’a donc pas à y combattre. Les quelques villages à avoir résisté sont immédiatement détruits. Elle est responsable ainsi de la destruction de 62 villages[4].
En mars, elle met sous blocus les villages de Cheikh Muwannis, Ijlil al-Qibliyya, Ijlil Al-Shamaliyya et Abou Kishk. Le , le Lehi kidnappe cinq notables du village de Cheikh Muwannis[5]. Cela sape la confiance des villageois dans accords passés avec la Haganah et beaucoup prennent le départ[6].
Fin avril, elle conquiert Kafr 'Ana où dix Palestiniens sont massacrés, dont des vieillards qui ne pouvaient fuir[7] ainsi que Miska les 21-22[8]. Salama est occupé dans les derniers jours d'avril sans combat[9], à la même période où la brigade nettoie de ses habitants Beit Dajan[10],[11]
Les seuls villages épargnés de sa zone sont Furaydis (en) et Jisr al-Zarqa (en), dont la population servait de main-d’œuvre à bas coût aux colonnies juives de Binyamina et Zikhron Yaakov. Parmi les autres villages dont elle est responsable de la destruction, se trouvent Jaba, Ijzim (24 juillet, 200 morts sur 3000 habitants[4]), Ayn Ghazal[12], al-Khayriyya, Barrat Qisarya, Saqiya, Umm az-Zinat, puis Tantoura[13].
Elle expulsé et commet un autre massacre à Kafr Saba le 13[14] ou le 14 mai (11 à 20 tués)[15]. Quelques-uns de ses blessés y sont assassinés dans un verger[16]. Un nouveau massacre est commis à Qannir en mai (4 morts)[17],[18].
Ces actions se décomposent suivant les ordres reçus à un rythme accéléré : le , ordre est reçu d’« occuper et de détruire » les villages de al-Tira, Qalansuwa, Qaqun, Irata, Danba, Iktaba et Shuweika dans les seules journées du 14 et du . Dans le même temps, elle doit s’emparer de Qalqilya sans la détruire (seul objectif de cet ordre qu’elle n’atteint pas). Elle reçoit le l’ordre d’attaquer et de nettoyer Tirat Carmel, Aïn Ghazal, Ijzim, Kfar Lam, Jaba, Aïn Hawd, al-Mazar[19].
Le 21 mai, elle fait la conquête du village d’al-Tantoura où elle a quelques soldats tués, ses premiers morts depuis le début de la campagne[16]. Elle procède ensuite à un massacre des habitants du village comme l’ont reconnu certains de ses vétérans en 2002[20],[21] qui fait plus de 200 morts. Le 9 juin, elle fait la conquête de Qaqun dont les habitants sont expulsés conformément aux ordres[22],[23].
En juillet, elle conquiert Majdal Yaba le 12[24], Sarafand le 16 avec le soutien d'un bombardement de la marine[25].
En décembre, son assaut sur Iraq al-Manshiyya dans la poche de Falouja[26].
Années 1950
modifierEn après la fin de la guerre, la 3e brigade d'origine fut démantelée avec la plupart des autres brigades. La nouvelle 3e brigade Alexandroni devint une brigade territoriale affectée à la sécurité de la frontière syrienne.
Années 1960-1970
modifierDurant la guerre des Six Jours en 1967, la brigade Alexandroni fut la première à percer les lignes syriennes sur le Golan. De cette position, la brigade a pu conquérir des postes militaires syriens tels que Dardarah, Tel-Hilal, Mourtapha, jusqu'au village de Rajar, près de Metulah.
Après ce conflit, la brigade fut affectée à la surveillance des hauteurs du Golan, depuis la base militaire de Nafah, responsabilité assumée jusqu'à la guerre du Kippour de 1973, où la brigade fut affectée à la protection des ponts du Jourdain, avant de prendre en charge la ligne de front sur les hauteurs du Golan.
À la suite de la guerre de 1973, la brigade évolua de nouveau pour redevenir une brigade d'infanterie. Le nom fut changé en « brigade 609 », et le commandement fut transféré de la base de Rosh Pina à la base Canaan, puis à la base de Ein Zeitim.
Années 1980 à 2000
modifierDurant l'intervention militaire israélienne au Liban de 1982, la « brigade 609 » combattit dans la région de Damour et Sidon.
Durant le conflit israélo-libanais de 2006, la brigade fut engagée dans la région occidentale.
Guerre de Gaza
modifierControverse
modifierDepuis 2000 – date à laquelle le quotidien Maariv a publié un article reprenant une thèse universitaire de 1998 – la brigade est au centre d'une controverse sur le massacre perpétré par les soldats de la brigade Alexandroni lors de la conquête d’al-Tantoura le .
Références
modifier- 1 2 3 Site officiel : http://www.alexandroni.co.il/PAGE49.asp
- ↑ Pierre Razoux, Tsahal - nouvelle histoire de l'armée israélienne, 2006, p. 76.
- ↑ Benny Morris, 1948. A History of the First Arab-Israeli War, Yale University Press, 2008, p. 221-224.
- 1 2 Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, version électronique, p. 214-215.
- ↑ B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne), p. 127
- ↑ Morris, 2004, p. 128
- ↑ Saleh Abdel Jawad, « Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War », In E. Benvenisti, C. Gans, S. Hanafi, (directeurs de publication) Israel and the Palestinian Refugees. Beiträge zum ausländischen öffentlichen Recht und Völkerrecht, vol. 189. Springer, Berlin, Heidelberg, 2007. https://doi.org/10.1007/978-3-540-68161-8_3, p. 108.
- ↑ « Miska — مِسْكَة », Interactive encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 20 mai 2025.
- ↑ « Salama — سَلَمَة », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 31 octobre 2025.
- ↑ "Orders for Operation "Hametz", 26 avril 1948. Cités par Morris, 2004, p. 217, et note p. 286.
- ↑ Morris, 2004, p. 217 et 286.
- ↑ Ilan Pappé, « Historical Truth, Modern Historiography, and Ethical obligations: The Challenge of the Tantura Case », Holy Land Studies, vol. 3, no 2, , p. 174 (DOI 10.3366/hls.2004.3.2.171).
- ↑ Pappé 2004, p. 188.
- ↑ « Kafr Saba — كَفْر سابا », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 15 avril 2026.
- ↑ Saleh Abdel Jawad, « Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War », In E. Benvenisti, C. Gans, S. Hanafi, (directeurs de publication) Israel and the Palestinian Refugees. Beiträge zum ausländischen öffentlichen Recht und Völkerrecht, vol. 189. Springer, Berlin, Heidelberg, 2007. https://doi.org/10.1007/978-3-540-68161-8_3, p. 112.
- 1 2 Mitchell Abidor, « The Shaping of Israeli Political Memory: An Interview with Alon Schwarz », Cineaste, été 2023, volume 48, no 2, p. 40-44.
- ↑ Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique, 2023, (ISBN 978-2-35872-280-3), p. 177.
- ↑ Saleh Abdel Jawad, « Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War », In E. Benvenisti, C. Gans, S. Hanafi, (directeurs de publication) Israel and the Palestinian Refugees. Beiträge zum ausländischen öffentlichen Recht und Völkerrecht, vol. 189. Springer, Berlin, Heidelberg, 2007. https://doi.org/10.1007/978-3-540-68161-8_3, p. 108.
- ↑ Illan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : Fayard, 2008. (ISBN 978-221363396-1). Version électronique, p. 176.
- ↑ Ilan Pappé, The Ethnic Cleansing of Palestine, 2006, p. 133-137.
- ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, Brighton : Sussex Academic Press, 2006, (ISBN 1845190750), Appendix III - Folklore versus History. The Tantura Blood Libel, p. 319-327.
- ↑ "Summary of the Meeting of the Arab Affairs Advisers in Netanya, 9.5.48", IDFA 6127\49\\109. Cité par Morris, 2004, p. 246
- ↑ Alexandroni, "Operational order for Operation Kipa", 3 June 1948, IDFA 922\75\\949. Previously, HGS\Operations had ordered Alexandroni "to conquer and destroy" Qaqun (along with al Tira and Qalansuwa) but this had not been carried out (see HGS\Operations to Alexandroni, 12 May 1948, IDFA 922\75\\949). Cited in Morris, 2004, p. 248
- ↑ « Majdal Yaba — مَجْدَل يابا », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
- ↑ « al-Sarafand — الصَرَفَنْد», Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
- ↑ (en) « Operation hisul battle map », sur Alexandroni brigade