Broderie palestinienne
La broderie palestinienne, ou tatriz (dit aussi tatreez), est pratiquée depuis des siècles. Utilisant majoritairement les points de croix et points de Boulogne, ainsi que la broderie d'application, cette technique est souvent utilisée pour orner des vêtements, des textiles ménagers et d'autres objets du quotidien.
Traditionnellement, le tatriz se transmet de génération en génération entre femmes d'une même famille.
Informations essentielles
L’art de la broderie en Palestine : pratiques, compétences, connaissances et rituels *
| |
Motif brodé à Ramallah. | |
| Pays * | |
|---|---|
| Liste | Liste représentative |
| Année d’inscription | 2021 |
| * Descriptif officiel UNESCO | |
| modifier |
|
Historique
modifierTechnique
modifier
Le tatriz fait grand usage de la couleur dont les compositions varient selon la région de production. Il en va de même pour les techniques de broderie utilisées. Ainsi, le tatriz de Bethléem est particulièrement réputé[1], et le tatriz de Ramallah est connu pour sa broderie en point de croix de couleurs rouge et blanc[2].
Les motifs brodés peuvent être géométriques et abstraits, ou bien représenter des éléments de la nature (animaux, lune, arbres, etc.)[3]
Signification et importance
modifier
Le tatriz est un art féminin dans la culture palestinienne : les femmes se rassemblent chez les unes ou les autres les après-midis pour pratiquer cette activité. C'est dans cet environnement que les petites filles et adolescentes apprennent à leur tour à broder, d'abord en observant les femmes de leur entourage puis
en créant elles-mêmes leur trousseau de mariage[4].
Les brodeuses et leurs œuvres mobilisent ainsi des enjeux politiques qui leur sont propres, à l'intersection particulièrement du féminisme et de la lutte pour l'émancipation palestinienne[5].
Promotion et préservation
modifierDifférentes initiatives existent pour préserver, transmettre et célébrer le tatriz, dont celles de Wafa Ghnaim[6] et de Zain Masri[7]. Le tatriz a été inscrit au patrimoine mondial de l'humanité en 2021[8].
Références
modifier- ↑ Farah 2021.
- ↑ (en) Shelagh Weir, Palestinian embroidery: a village Arab craf, Londres, British Museum,
- ↑ (en) Yedida Stillman, Palestinian costume and jewelry, University of New Mexico Press,
- ↑ (en) Widad Kawar, Threads of identity : preserving Palestinian costume and heritage, Rimal publication,
- ↑ Dedman 2023.
- ↑ Woods 2023.
- ↑ (en) « The first digital Palestinian embroidery database – DW – 08/12/2023 », sur dw.com (consulté le )
- ↑ (en) Melissa Gronlund, « Power of Palestinian tatreez embroidery celebrated in new exhibition », sur The National, (consulté le )
Bibliographie
modifier- Isabelle Hesse, « Embroidering Palestine: Tatreez, cultural resistance, and female labour in Palestinian American graphic narratives », Textual Practice, vol. 0, no 0, , p. 1–24 (ISSN 0950-236X, DOI 10.1080/0950236X.2023.2243912, lire en ligne, consulté le )
- Laura Lamberti, « Palestinian Embroidery, Collective Memory and Land Ownership », Palestine - Israel Journal of Politics, Economics, and Culture, vol. 25, nos 1/2, , p. 185–188 (ISSN 0793-1395, lire en ligne, consulté le )
- Raja Abdulrahim, « The Threads of Identity in a Palestinian Craft », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- Cat Woods, « Wafa Ghnaim’s ‘Tatreez Inheritance’ Showcases the Richness of Palestinian Embroidery », Observer, (lire en ligne, consulté le )
- Rachel Dedman, « The Politicisation of Palestinian Embroidery Since 1948 », dans Dangerous Bodies: New Global Perspectives on Fashion and Transgression, Cham, Springer International Publishing, coll. « Palgrave Studies in Fashion and the Body », , 97–116 p. (ISBN 978-3-031-06208-7, lire en ligne)
- Hagar Salamon, « Embroidered Palestine: A Stitched Narrative », Narrative Culture, vol. 3, no 1, , p. 1–31 (ISSN 2169-0235, DOI 10.13110/narrcult.3.1.0001, JSTOR 10.13110/narrcult.3.1.0001, lire en ligne, consulté le )
- Maki Yamamoto et Yoshiko Kawabata, « The history of Palestinian embroidery and current situation of Palestinian territories », 沙漠研究, vol. 32, no S, , p. 303–311 (DOI 10.14976/jals.32.S_303)
- Jeni Allenby, « Re-inventing cultural heritage: Palestinian traditional costume and embroidery since 1948 », Textile Society of America Symposium Proceedings,
- Belal Herbawi, Abhishek Chatterjee et Heitor Alvelos, « Embroidered heritage: a design-led visual ethnography of traditional Palestinian motifs », dans Connectivity and creativity in times of conflict, Academia Press, (ISBN 978-94-014-9647-6, lire en ligne)
- Moon-Sook Kim et Shin-Ae Moon, « A Study on the Embroidery of Palestinian Costume », The International Journal of Costume Culture, vol. 3, no 2, , p. 161–174 (ISSN 1229-2761, lire en ligne, consulté le )
- Reem Farah, « Heritage is to Art as the Medium is to the Message: The Responsibility to Palestinian Tatreez », Third text, (ISSN 1475-5297, lire en ligne, consulté le )
- Rachel Dedman, At the seams: a political history of Palestinian embroidery, 1 vol. The Palestinian Museum, 2016
- Widad Kawar, Palestinian embroidery: traditional “Fallahi” cross-stitch, 1 vol. Munich State Museum of Ethnography, 1992
- Widad Kawar et Margarita Skinner, Palestinian embroidery motifs: a treasury of stitches, 1850-1950, 1 vol. éditions Melisende, 2007
- Widad Kawar, Threads of identity: preserving Palestinian costume and heritage, 1 vol. Rimal Publications, 2011