Cyanure de bromobenzyle
Les cyanures de bromobenzyle (Bromobenzyl cyanide pour les anglophones, ou BBC) ou (RS)-2-bromo-2-phénylacétonitrile ou α-bromophénylacétonitrile sont un groupe de produits chimiques irritants et toxiques, issus de la chimie organique et de la catégorie des organobromés, dont certains ont été utilisés comme gaz de combat incapacitant (harassing gas) et composant d'armes chimiques durant la Première Guerre mondiale, dont par les alliés.
| Cyanure de bromobenzyle | |
| Formule et structure | |
| Identification | |
|---|---|
| Nom UICPA | (RS)-2-bromo-2-phénylacétonitrile |
| Synonymes |
cyanure d'α-bromobenzyle |
| No CAS | |
| No ECHA | 100.024.863 |
| PubChem | |
| SMILES | Brc1ccccc1CC#N , |
| InChI | InChI : InChI=1/C8H6BrN/c9-8(6-10)7-4-2-1-3-5-7/h1-5,8H |
| Apparence | Liquide incolore |
| Propriétés chimiques | |
| Formule | C8H6BrN |
| Masse molaire | 196.04 g mol−1 |
| Précautions | |
| Directive 67/548/EEC | |
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |
| modifier |
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Camite
modifierParmi ce groupe figure le camite, qui est développé par la France durant la Première Guerre mondiale pour être utilisée contre les forces armées allemandes[1]. Après la guerre, le composé chimique est brièvement employé par la police américaine comme gaz anti-émeute, puis perd tout usage dans les années 1930 en raison des effets potentiels à long terme du produit[2].
En 2025, la BBC montre que le gouvernement du parti Rêve géorgien, en Géorgie, a utilisé le camite, mélangé au liquide des canons à eau, pour réprimer les manifestations de la fin 2024. Le produit est testé pour la première fois en 2011 en Géorgie et chargé dans les canons à eau malgré l'avis défavorable de l'officier de police supervisant l'expérimentation[2].
Les effets du camite sont durables dans le temps (contrairement au gaz CS classique) et incluent, lorsqu'il est utilisé contre des êtres humains, des irritations oculaires, de la peau et du système respiratoire, une sensation durable de brûlure, des vomissements, de la fatigue et des troubles respiratoires à moyen terme. La persistance du camite se manifeste par une contamination des zones touchées pendant plusieurs jours ainsi qu'une difficulté à retirer le produit quand il est présent sur la peau[2].
Selon la rapporteure de l'ONU sur la torture Alice Edwards, le camite pourrait être considéré comme une arme chimique et son usage constituer une violation du droit international relatif aux droits de l'homme ou être assimilé à de la torture. Il n'existe pas de législation précise sur ce composé chimique du fait de sa faible utilisation et du flou juridique concernant les produits pour canons à eau antiémeutes[2].
Notes et références
modifier- ↑ « Un gaz de combat de la Première Guerre mondiale utilisé dans des manifestations », La Libre Belgique, .
- 1 2 3 4 (en) Max Hudson, Oana Marocico et Sarah Buckley, « WW1 toxic compound sprayed on Georgian protesters, BBC evidence suggests », BBC, .
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Federation of American Scientists (FAS) , FM 8-9 NATO Handbook On the Medical Aspects of NBC Operation AMedP-6(B), Chapter VII : Riot Control Agents (agents anti-émeutes), 1996, [lire en ligne].
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Conseil européen, « Note d'information — Règlement (CE) no 1334/2000 du Conseil. Informations concernant les mesures arrêtées par les États membres conformément aux articles 5, 6, 13 et 21 du règlement [dont les annexes ont été modifiées en dernier lieu par le règlement (CE) no 149/2003] », (à propos des licences d'exportation et du contrôle des exportations de gaz lacrymogènes vers certains États n'appartenant pas à la Communauté européenne), Journal officiel de l'Union européenne - Europa, (consulté le ).