Cyanure de bromobenzyle

agent lacrymogène et incapacitant de combat
(Redirigé depuis Bromobenzyl Cyanide)

Les cyanures de bromobenzyle (Bromobenzyl cyanide pour les anglophones, ou BBC) ou (RS)-2-bromo-2-phénylacétonitrile ou α-bromophénylacétonitrile sont un groupe de produits chimiques irritants et toxiques, issus de la chimie organique et de la catégorie des organobromés, dont certains ont été utilisés comme gaz de combat incapacitant (harassing gas) et composant d'armes chimiques durant la Première Guerre mondiale, dont par les alliés.

Cyanure de bromobenzyle
Image illustrative de l’article Cyanure de bromobenzyle
Formule et structure
Identification
Nom UICPA (RS)-2-bromo-2-phénylacétonitrile
Synonymes

cyanure d'α-bromobenzyle

No CAS 5798-79-8
No ECHA 100.024.863
PubChem 29625
SMILES
InChI
Apparence Liquide incolore
Propriétés chimiques
Formule C8H6BrN
Masse molaire 196.04 g mol−1
Précautions
Directive 67/548/EEC
Très toxique
T+
Dangereux pour l’environnement
N

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Parmi ce groupe figure le camite, qui est développé par la France durant la Première Guerre mondiale pour être utilisée contre les forces armées allemandes[1]. Après la guerre, le composé chimique est brièvement employé par la police américaine comme gaz anti-émeute, puis perd tout usage dans les années 1930 en raison des effets potentiels à long terme du produit[2].

En 2025, la BBC montre que le gouvernement du parti Rêve géorgien, en Géorgie, a utilisé le camite, mélangé au liquide des canons à eau, pour réprimer les manifestations de la fin 2024. Le produit est testé pour la première fois en 2011 en Géorgie et chargé dans les canons à eau malgré l'avis défavorable de l'officier de police supervisant l'expérimentation[2].

Les effets du camite sont durables dans le temps (contrairement au gaz CS classique) et incluent, lorsqu'il est utilisé contre des êtres humains, des irritations oculaires, de la peau et du système respiratoire, une sensation durable de brûlure, des vomissements, de la fatigue et des troubles respiratoires à moyen terme. La persistance du camite se manifeste par une contamination des zones touchées pendant plusieurs jours ainsi qu'une difficulté à retirer le produit quand il est présent sur la peau[2].

Selon la rapporteure de l'ONU sur la torture Alice Edwards, le camite pourrait être considéré comme une arme chimique et son usage constituer une violation du droit international relatif aux droits de l'homme ou être assimilé à de la torture. Il n'existe pas de législation précise sur ce composé chimique du fait de sa faible utilisation et du flou juridique concernant les produits pour canons à eau antiémeutes[2].

Notes et références

modifier

Voir aussi

modifier