Byron Haskin
Byron Haskin, ou Byron Haskins comme il se fait parfois appeler[1], est un directeur de la photographie, un spécialiste des effets spéciaux optiques et un réalisateur américain, né le à Portland dans l'Oregon et mort le à Montecito en Californie. Il a reçu en 1939 l'Oscar pour une contribution technique et été nominé quatre fois pour l'Oscar des meilleurs effets visuels entre 1940 et 1943[2]. Comme réalisateur, il est connu pour des films d'aventures (L'Île au trésor, Quand la marabunta gronde), ainsi que pour les films de science-fiction qu'il a tournés pour le cinéma (notamment La Guerre des mondes en 1954) ou la télévision (notamment The Architects of Fear (en) et Demon with a Glass Hand (en), deux épisodes d'Au-delà du réel que les amateurs considèrent comme faisant partie des meilleurs de la série[3]).
| Nom de naissance | Byron Conrad Haskin |
|---|---|
| Naissance |
Portland (Oregon, États-Unis) |
| Nationalité | Américaine |
| Décès |
(à 84 ans) Montecito (Californie, États-Unis) |
| Profession | réalisateur de cinéma, directeur de la photographie, réalisateur de télévision |
| Films notables | La Guerre des mondes, Quand la marabunta gronde, The Architects of Fear (en) (Au-delà du réel, saison 1), Demon with a Glass Hand (en) (Au-delà du réel, saison 2) |
Biographie
modifierByron Conrad Haskin naît le à Portland dans l'Oregon - la ville où son père est instituteur[4]. Peu de temps après sa naissance, ses parents ont l'opportunité de revenir avec lui dans l'État dont ils sont originaires[4]. Byron Haskin passe donc son enfance et son adolescence en Californie, à San Francisco[5]. Il a presque sept ans lors du séisme et de l'incendie de 1906 qui détruisent une grande partie de la ville[5]. Il a dix-huit ans et est inscrit en première année à l'Université de Californie quand les États-Unis entrent en guerre en 1917. Il s'engage dans la marine mais se casse le bras la veille de son départ de Berkeley. Il ne participe donc pas directement à la Première Guerre mondiale[6].
Après des études d'art[7], Haskin travaille comme caricaturiste dans un journal de San Francisco[8], s'essaie à la publicité, puis devient caméraman sur des films d'actualités pour les sociétés de production Pathé News et International Newsreel[7]. En 1920, il travaille pour Lewis J. Selznick[8].
1924-1944 : Haskin à la Warner Bros.
modifierDirecteur de la photographie
modifierIl devient directeur de la photographie en 1922 et entre à la Warner en 1924[8]. Il participe notamment à trois grosses productions avec John Barrymore en vedette : Jim le harponneur, une adaptation de Moby Dick d'Herman Melville réalisée par Millard Webb, Don Juan, une adaptation du poème de Lord Byron réalisée par Alan Crosland, et Le Roman de Manon, une adaptation de Manon Lescaut de l'abbé Prévost, également réalisée par Crosland. On dit parfois que c'est à la demande de John Barrymore qu'Haskin a été employé comme chef opérateur sur ces trois films[8].

En 1927, alors qu'il continue de travailler régulièrement comme directeur de la photographie, il réalise trois films pour la Warner (Ginsberg the Great, Matinee Ladies et Irish Hearts) et un pour la Columbia (Supplice de femme)[8] - expérience de mise en scène qui reste sans suite dans l'immédiat. Des trois films Warner muets dont il a signé la mise en scène, Haskin gardera un mauvais souvenir : « ils étaient épouvantables », déclarera-t-il vers la fin de sa vie[9].
Un de ces films, Irish Hearts, est produit par Darryl Zanuck[10]. En 1930, ce dernier devient chef de production à la Warner[11].
En 1932, Haskin est le chef opérateur de la seconde équipe qui travaille sur Le Harpon rouge de Howard Hawks. Employé en raison de son expérience sur Jim le harponneur, il filme en mer, « sur la côte pacifique du Mexique. Cette seconde équipe ramène des plans merveilleusement évocateurs, y compris la capture de requins et des scènes de pêche au thon montrant des filets pleins. »[12] « Toute ma vie, j'ai été bon marin, dira-t-il plus tard. Je n'ai jamais eu le mal de mer. »[13]
Responsable des effets spéciaux
modifierEn 1933, après la démission de Darryl Zanuck, Hal Wallis est nommé chef de production à la Warner[14]. Haskin le connaît depuis l'époque où il était directeur du service publicité du studio. Il le considère comme un ami[9].
En 1935, il participe à l'élaboration des effets spéciaux optiques du Songe d'une nuit d'été, une adaptation de la pièce de Shakespeare réalisée par Max Reinhardt et William Dieterle, avec Hal Mohr comme directeur de la photographie. Il conçoit notamment la séquence du scherzo, « une danse avec des petites fées qui se matérialisent dans l'herbe, virevoltent, puis s'envolent au-dessus des arbres »[15].
En 1937, Haskin devient directeur du département des effets spéciaux de la Warner[16], et il conçoit « une impressionnante séquence d'inondation à la suite de la rupture d'un barrage »[16] pour La Bataille de l'or de Michael Curtiz, deuxième film en technicolor trichrome produit par le studio. Dans le numéro de février 1938 d'American Cinematographer, Sol Polito, le directeur de la photographie du film lui rend hommage : « On reproche habituellement à la couleur de limiter les possibilités d'effets spéciaux optiques. Mais pour ce film, Haskin et son équipe ont réalisé, en technicolor, à peu près tous les types de trucage que l'on peut s'attendre à trouver dans un film en noir et blanc : des plans sur verre, parmi les plus réussis jamais réalisés, que ce soit en noir et blanc ou en couleur ; des modèles réduits, des projections à grande échelle sur un écran placé à l'arrière plan, et des transparences avec des modèles réduits en arrière plan. »[17] Pour réaliser ces trucages, Haskin a inventé un projecteur spécial[18]. D'où l'Oscar pour une contribution technique[19] qu'il remporte en 1939.
Entre 1937 et 1944, on fait souvent appel à lui quand il faut, dans une production Warner, utiliser des transparences ou des modèles réduits. Il s'occupe également des plans d'inserts, notamment pour suggérer le passage du temps quand il y a une ellipse, par exemple dans Les Fantastiques Années 20 de Raoul Walsh[15]. Sur ce film, les plans d'insert sont tournés sous sa direction par le débutant Don Siegel[20]. Haskin dirige les effets spéciaux de nombreux films avec en vedette Errol Flynn (sept réalisations de Michael Curtiz : Un homme a disparu, Les Conquérants, La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre, La Caravane héroïque, L'Aigle des mers, La Piste de Santa Fé, Bombardiers en piqué, et une de Raoul Walsh : Sabotage à Berlin) ou James Cagney (trois réalisations de William Keighley : Le Régiment des bagarreurs, Zone torride, et Fiancée contre remboursement, une de Raoul Walsh : Les Fantastiques Années 20, une d'Anatole Litvak : Ville conquise, et une de Michael Curtiz : Les Chevaliers du ciel). Il participe également à trois autres films de Walsh (Une femme dangereuse, La Grande Évasion, L'Entraîneuse fatale), trois autres de Curtiz (Le Vaisseau fantôme, Mission à Moscou[15], Passage pour Marseille), ainsi qu'à deux réalisations de John Huston (L'amour n'est pas en jeu et Griffes jaunes). Sur Mission à Moscou, il « recrée la gare de Hambourg à partir d'un mélange de modèles réduits et d'acteurs. »[16] Pour de telles séquences, il doit travailler en étroite collaboration avec le monteur et avec le réalisateur de seconde équipe. À ces postes, il retrouve souvent Don Siegel qu'il avait fait débuter quelques années plus tôt[15].
Avec son collaborateur Nathan Levinson, il est nominé pour l'Oscar des meilleurs effets visuels en 1940 pour La Vie privée d'Elisabeth d'Angleterre, en 1941 pour L'Aigle des mers, en 1942 pour Le Vaisseau fantôme et en 1943 pour Sabotage à Berlin[2].
1944-1968 : Haskin réalisateur
modifierFilms noirs
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En 1944, « Hal Walis, chef de la production Warner depuis 1934, démissionne pour devenir producteur indépendant pour Paramount »[21]. Byron Haskin le rejoint et travaille pour lui[16]. C'est dans ce contexte qu'il passe à la réalisation. Mais il ne le fait pas immédiatement. Selon Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, il commence par travailler sur des productions d'Hal Wallis réalisés par d'autres cinéastes : si, selon eux, il reste un doute quant à sa participation à la réalisation de L'Emprise du crime de Lewis Milestone, il est en revanche certain qu'il a été réalisateur de seconde équipe sur La Furie du désert de Lewis Allen[16]. L'Homme aux abois, la première réalisation qu'il signe depuis vingt ans, est tournée avec trois des acteurs principaux de La Furie du désert (Burt Lancaster, Lizabeth Scott et Wendell Corey) et l'acteur principal de L'Emprise du crime (Kirk Douglas). Les trois films ont un "air de famille" : ils appartiennent à cette « série de films noirs différents de ceux qu'on faisait à la même époque », souvent interprétés par Douglas ou Lancaster, et produits par Hal Wallis à la fin des années 1940[22]. Dans le film d'Haskin, Lancaster interprète « un homme complètement désarçonné par le nouveau monde de l'après-guerre. »[22]


L'Homme aux abois est la dernière collaboration d'Haskin avec Wallis. Mais il tourne dans la foulée un autre film pour la Paramount, puis un second film noir : La Tigresse, avec dans le rôle principal Lizabeth Scott. Scott a été lancée par Wallis pour concurrencer Lauren Bacall[23]. Avec « sa voix éraillée, presque rauque », elle est « une des actrices les plus marquantes de l'âge d'or du film noir »[24]. Haskin venait de la diriger dans L'Homme aux abois. Dans La Tigresse, elle interprète un personnage typique du genre : la « femme fatale et cupide » qui « glisse inexorablement sur la pente du crime »[24]. Le film est écrit par Roy Huggins, le scénariste qui créera dans les années 1960 la série télévisée Le Fugitif. C'est une commande de Hunt Stromberg, ancien producteur de la MGM devenu indépendant. Malgré l'implication de Lizabeth Scott, La Tigresse est un échec commercial et provoque la faillite de Stromberg[25].
Haskin ne réalisera pas d'autre film noir avant The Boss (en) en 1956, un film avec John Payne écrit par Dalton Trumbo mais signé par Ben Perry (Trumbo fait partie des Dix d'Hollywood figurant sur la première liste noire).
Films d'aventures
modifierEntre L'Homme aux abois et La Tigresse, Haskin réalise Man-Eater of Kumaon (en), le récit d'une chasse au tigre en Inde, tourné en Californie[26] avec, dans le rôle du chasseur, Wendell Corey (qui jouait dans L'Homme aux abois) et, dans le rôle d'un Indien, Sabu. C'est son premier film d'aventures. Il en réalisera de nombreux autres.
En 1949[27], il est contacté par la société de Walt Disney qui vient d'acquérir les droits du roman de Stevenson, L'Île au trésor. Disney souhaite en produire une adaptation. Jusqu'à présent, il avait pu produire des films dans lesquels des prises de vues réelles étaient mêlées à de l'animation. Mais il n'avait encore jamais produit un long métrage intégralement tourné en prises de vues réelles[28]. L'Île au trésor est donc une première pour Disney. Vers la fin de sa vie, Haskin racontera comment il a pu devenir réalisateur du film : « Walt disait : "N'embauchons pas un de ces réalisateurs à cent mille dollars. Trouvez-moi plutôt un type pas trop connu..." Il assimilait L'Île au trésor à une sorte de film de gangsters, et par un caprice du destin il avait vu mon dernier film, La Tigresse. [...] "C'est le genre de truc dont on a besoin pour L'Île au trésor. Qui a réalisé ça ?" "Un type qui s'appelle Haskin." "Jamais entendu parler. Engageons-le." »[29] Le film est tourné en Grande-Bretagne, en extérieurs et dans les studios de la Rank à Denham[30] avec un seul comédien américain, Bobby Driscoll dans le rôle de Jim Hawkins, et des comédiens britanniques, notamment Robert Newton dans le rôle de Long John Silver[27].


L'Île au trésor est le premier film en couleur réalisé par Haskin. C'est aussi une date dans l'histoire de la représentation des pirates à l'écran. Newton, par son interprétation de Long John Silver, fixe un type qu'on retrouvera dans le cinéma hollywoodien des décennies suivantes[31]. L'accent fantaisiste qu'il invente pour le rôle, une combinaison de « la musicalité de l'accent irlandais avec la rétroflexion de l'accent du sud-ouest de l'Angleterre », sera notamment considéré comme « l'accent pirate typique »[31].
Après L'Île au trésor, Haskin réalise trois westerns, à petit budget mais en couleur, produits par Nat Holt pour la Paramount, écrits par Frank Gruber et interprétés par Edmond O'Brien : Le Sentier de l'enfer, La Ville d'argent et Les Rivaux du rail. Alors qu'il tourne le premier d'entre eux, il reçoit une proposition du producteur Sol Lesser : réaliser Tarzan et la reine de la jungle[32]. Lesser dispose déjà de plans filmés en Afrique par Phil Brandon pour le projet[33]. Haskin accepte de tourner en Californie les séquences avec les comédiens, notamment Lex Barker dans le rôle de Tarzan et Dorothy Dandridge dans celui de Melmendi, la reine des Ashuba[34]. Bien qu'initialement prévu en couleur, le film sort en noir et blanc[16].
Entre 1952 et 1954, Haskin travaille sur de plus grosses productions. Pour le producteur George Pal, il tourne en 1952 une adaptation de La Guerre des mondes de H. G. Wells. Le film sort avec succès l'année suivante et remporte l'Oscar des meilleurs effets visuels. Pour Norma Productions, la société de Burt Lancaster et du producteur Harold Hecht, il tourne dans les Îles Fidji Le Roi des îles, sur « un sujet à la Stevenson »[16]. À l'exception de Lancaster qui joue le rôle principal et de Benson Fong qui joue un rôle secondaire, les acteurs du film sont britanniques, australiens ou néo-zélandais. Pour George Pal à nouveau, il tourne Quand la marabunta gronde, un autre film d'aventures exotiques mais dont l'action est située au Brésil. Eleanor Parker et Charlton Heston y interprètent deux époux étrangers l'un à l'autre, qui ne s'entendent pas mais qui doivent protéger leur plantation contre une marabunta. Nouveau succès dû, notamment, aux « plans très impressionnants durant l'attaque des fourmis rouges »[16] et à ceux, « d'un réalisme saisissant », montrant « sans trucage apparent » « Heston emporté par un torrent d'eau » lors de l'inondation de la plantation[35].

En 1954, Haskin part pour l'Australie tourner une suite de L'Île au trésor. Ce film, qui sera distribué en France sous le titre Le Pirate des mers du sud, n'est pas une production Disney. Treasure Island Pictures Pty., la société indépendante qui le produit, est détenue par quatre actionnaires : le producteur Joseph Kaufman (l'actionnaire majoritaire), le scénariste Martin Rackin, l'acteur Robert Newton et Byron Haskin lui-même[36]. Newton reprend le rôle de Long John Silver, mais le rôle de Jim Hawkins est cette fois tenu par Kit Taylor. L'équipe produit dans la foulée une série télévisée, comprenant vingt-six épisodes de vingt-cinq minutes[37] réalisés par Haskin[38] et Lee Sholem[39]. Programmée en 1956 sur les stations du réseau CBS sous le titre The Adventures of Long John Silver[37], c'est une des premières séries en couleur diffusées sur les chaînes de télévision américaines.
Robert Newton meurt prématurément le 25 mars 1956, alors que tous les épisodes de la série n'ont pas encore été diffusés. Quand Haskin reviendra à l'univers de la piraterie, ce sera donc sans lui. Il le fera une première fois en 1958, lorsqu'il tournera au Mexique The Little Savage (en)[40], l'adaptation d'un roman de Frederick Marryat avec Pedro Armendáriz dans le rôle du pirate. Il le fera à nouveau en 1968, lorsqu'il réalisera Pirate Island, un épisode d'une série télévisée produite par Hanna-Barbera et mêlant prises de vues réelles et animation : Les Aventures imaginaires de Huckleberry Finn[41].
Films de science-fiction
modifierLes années 1950
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En travaillant pour George Pal, Haskin avait montré qu'il pouvait diriger des grosses productions. La Guerre des mondes avait un budget d'« un peu plus d'1,2 millions de dollars »[42], et Pal avait proposé le film à Cecil B. DeMille avant de le lui confier[43]. Haskin avait également rappelé aux producteurs hollywoodiens qu'il était un spécialiste des effets spéciaux. 70% du budget de La Guerre des mondes était destiné à l'élaboration des effets visuels[42]. Sur le tournage de Quand la marabunta gronde, la difficulté consistait à trouver des solutions pour les plans avec des fourmis[44]. Vers la fin de sa vie, il dira qu'en réussissant ces deux films, il était devenu un réalisateur excitant aux yeux des producteurs : « J'étais connu pour être un magicien dans beaucoup de domaines : la photographie, les effets spéciaux... »[45]. Selon lui, sa carrière aurait pris une autre dimension s'il n'avait pas fait l'erreur, « désastreuse », de partir en Australie en 1954[38].
À son retour en 1955, Haskin se voit en effet confier des productions plus modestes. Mais à cela, il y a aussi une autre explication. La Guerre des mondes et Quand la marabunta gronde étaient des productions Paramount. Or les dirigeants du studio n'aimaient pas la science-fiction : ils étaient persuadés que ce n'était qu'une mode passagère et qu'il fallait cesser de faire ce genre de films[46]. À la fin de l'année 1953[47], avant son départ pour l'Australie, Haskin avait tourné pour Pal un troisième film, La Conquête de l'espace, et la réalisation s'était moins bien passée, le studio ayant laissé beaucoup moins de liberté au producteur et au cinéaste que sur les deux productions précédentes[48]. Le film n'est sorti qu'en mars 1955, après le retour d'Haskin à Hollywood. Et, selon lui, les dirigeants du studio l'avaient totalement saccagé[46]. Il est significatif qu'en dehors de la Paramount, les deux dernières grosses productions de science-fiction datent de cette période : Les Survivants de l'infini (produit par Universal) est tourné en 1954, Planète interdite (produit par la MGM) en 1955, et leur succès n'a pas non plus transformé la carrière de leurs réalisateurs respectifs : Joseph M. Newman et Fred McLeod Wilcox. Dans la seconde moitié des années 1950, Haskin était sans doute considéré comme un magicien, mais dans un domaine dans lequel les principaux décideurs d'Hollywood ne croyaient plus : la SF.

Entre 1955 et 1960, le réalisateur enchaîne les tournages : aventures exotiques (Affair in Sumatra pour la télévision), westerns (Attaque à l'aube (en) pour le cinéma ; Outpost, un épisode de Meet McGraw, neuf épisodes de The Californians soit onze courts métrages pour la télévision), film noir (The Boss (en) pour le cinéma), policier (Cupid Wore a Badge pour la télévision), thriller (Explosion pour la télévision, Bagarre au-dessus de l'Atlantique pour le cinéma), film de pirate (The Little Savage pour le cinéma), film de guerre (L'Espionne des Ardennes pour le cinéma).
Dans cet ensemble figurent également un film à effets visuels (September Storm (en)) et deux films de SF (De la Terre à la lune et Death Trap). Ce ne sont pas des productions comparables à La Guerre des mondes ou à Quand la marabunta gronde. Film d'aventures aquatiques, September Storm est une tentative « pour relancer le relief en lui adjoignant le CinemaScope (expérience à peu près unique et apparemment peu concluante) »[35]. De la Terre à la lune est une adaptation du roman de Jules Verne et de sa suite, produite pour le grand écran par Benedict Bogeaus, avec Joseph Cotten dans le rôle de Barbicane, George Sanders dans celui de son rival Nicholl et Debra Paget dans celui d'un personnage absent des romans : Virginia, la fille de Nicholl. Death Trap est un épisode de World of Giants. Cette série télévisée de treize épisodes de vingt-cinq minutes, a pour héros un agent secret dont la taille a été réduite à une quinzaine de centimètres. Son producteur, Otto Lang[49], en a confié la réalisation à des metteurs en scène qui s'étaient fait un nom dans le cinéma de SF : Haskin, Nathan Juran, Eugène Lourié, Harry Horner et Jack Arnold[50].
Les années 1960
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Dans les années 1960, Haskin tourne beaucoup moins qu'il ne l'a fait dans la décennie précédente, et il ne participe plus qu'à des films à effets spéciaux ou des films de SF.
En 1962, il tourne pour King Brothers Productions Capitaine Sinbad en Allemagne de l'Ouest dans les studios Bavaria[51]. Adapté d'un scénario auquel Guy Endore a participé[52], le film est une « curieuse féérie orientale » dans laquelle Sinbad s'oppose à « un cruel tyran qui a atteint l'invulnérabilité en séparant son cœur de son corps »[53]. Ce n'est donc pas un film de SF, mais un film d'aventures merveilleuses. Guy Williams joue le rôle principal, Pedro Armendáriz celui du tyran, Heidi Brühl celui de la princesse que le héros doit sauver. Les décors sont conçus par Werner et Isabella Schlichting[54]. Les monstres qu'affronte Sinbad sont des marionnettes animées par des câbles. Haskin affirmera avoir trouvé des solutions pour les cacher[55], et être responsable de tous les effets visuels réalisés pendant le tournage[56]. Le film est un succès commercial[51].
Au début de l'année 1963, le producteur et réalisateur Leslie Stevens contacte Haskin. Stevens est en train de tourner La Frontière, le deuxième épisode[57] de sa nouvelle série, Au-delà du réel. Selon ses propres termes, il souhaite produire « ce qu'on appellera quelques années plus tard une esthétique psychédélique » pour donner aux spectateurs « l'impression d'halluciner » quand, à la fin du film, les personnages se retrouvent dans une autre dimension[58]. D'où le besoin d'effets visuels. Haskin accepte mais ne veut plus être crédité que comme réalisateur. Il demande donc que son nom n'apparaisse pas au générique[59]. Pour la série, il devient conseiller et supervise les effets spéciaux[59],[60] jusqu'à la fin de la première saison. Il dessine notamment les créatures extra-terrestres qui sont ensuite réalisées par Wah Chang et Gene Warren[61],[60].

Stevens lui confie la réalisation du cinquième épisode, Les Architectes de la peur[62], un film écrit par Meyer Dolinsky et interprété par Robert Culp et Geraldine Brooks. C'est un film important dans l'histoire de la série. D'abord parce qu'il s'agit de la première production du scénariste Joseph Stefano qui allait produire les épisodes suivants de la première saison (les quatre premiers ayant été produits par le créateur de la série, Leslie Stevens)[63]. Ensuite, parce que le film contient pour la première fois toutes les caractéristiques qui feront l'identité de la série : prendre pour point de départ du récit « une idée folle qui pourrait être la conclusion d'une série B de SF » (ici : créer artificiellement une menace extra-terrestre pour pousser les peuples de la Terre à s'unir et éviter ainsi la menace nucléaire), la développer en se focalisant sur l'humanité des personnages (d'où l'importance, ici comme dans d'autres épisodes, des rapports de couple), intégrer au récit une créature monstrueuse, et conclure de manière crédible malgré l'étrangeté des situations[64]. Haskin réalise ensuite Les 100 Jours du dragon[65], un épisode de politique-fiction, et La Visite des Luminois[66], le premier épisode de la série écrit par Stefano[67]. Il prépare également la mise en scène d'un autre scénario de Stefano, Le Cauchemar[68], mais la réalisation en est finalement confiée au débutant John Erman[69].
Haskin voit dans son travail sur la première saison d'Au-delà du réel le « sommet de sa carrière à la télévision »[70]. Il fait ce qu'il n'a jamais fait pour le cinéma : de la SF en noir et blanc, avec l'aide d'un jeune directeur de la photographie, Conrad Hall, formé par un directeur de la photographie qui, comme lui, travaillait à la Warner dans les années 1940 (Ted McCord). Stefano lui confie de bons scénarios (il les a supervisés ou écrits)[60] et lui laisse une entière liberté lors des tournages[71]. Cela lui permet d'accentuer ce qui l'intéresse, les rapports de couple par exemple, pour donner de la vraisemblance aux situations[72].
En décembre 1963[73], alors qu'il a terminé son travail sur la première saison d'Au-delà du réel, Haskin enchaîne sur un autre tournage dont il gardera un excellent souvenir[74] : celui, pour le cinéma, de Robinson Crusoé sur Mars, une version SF des aventures du personnage créé par Daniel Defoe.

Le tournage de la seconde saison d'Au-delà du réel commence le 25 juin 1964[75]. Mais les choses ont changé entretemps : les dirigeants d'ABC, le réseau sur les stations duquel la série est diffusée, ont mis à l'écart Stevens et Stefano, et ont imposé un nouveau producteur : Ben Brady[76]. Haskin admirait Stefano[60] mais n'aime pas du tout Brady[77]. Il reste néanmoins dans l'équipe. Il n'est pas satisfait des deux premiers épisodes qu'il tourne, Laser vivant[78] (« une idiotie »[79]) et L'Ennemi invisible[80] (un « mauvais scénario » et un monstre ajouté en postproduction sans qu'il ait pu contrôler quoi que ce soit[81]). Mais le troisième, La Main de verre[82], est écrit par Harlan Ellison, interprété par des acteurs que le réalisateur apprécie (Robert Culp[79], qu'il avait dirigé dans Les Architectes de la peur, et Arlene Martel[83]), filmé en extérieur, de nuit, dans le Bradbury Building de Los Angeles[79] (idée de décor qui sera reprise dix-sept ans plus tard dans Blade Runner) : « de loin le meilleur épisode de la seconde saison », d'après Haskin[84]. Il quitte la série aussitôt après[84].
En 1964[85], Gene Roddenberry prépare une nouvelle série de SF, Star Trek. Il contacte de nombreux membres de l'équipe d'Au-delà du réel : le producteur exécutif Robert H. Justman (qui deviendra coproducteur de la nouvelle série)[86], les accessoiristes Wah Chang[87] et Gene Warren[88] (qui concevront les créatures extra-terrestres)... Roddenberry propose à Haskin d'être producteur associé sur Star Trek[89]. Ils préparent ensemble La Cage, un pilote. « J'ai supervisé la planification des effets spéciaux, travaillé avec les techniciens de NBC qui s'occupaient de la couleur, j'étais en quelque sorte un expert de réserve », dira plus tard Haskin[90]. Lorsque, en février 1965, Roddenberry montre le film aux dirigeants du réseau NBC, ceux-ci le jugent « trop cérébral »[91] et demandent à l'équipe de produire un nouveau pilote. Haskin abandonne le projet : il ne s'est pas entendu avec Roddenberry[92].
En 1967, George Pal le contacte. Il vient de convaincre les dirigeants de la MGM de financer son prochain film, l'adaptation d'un roman de Frank M. Robinson[93], Le Pouvoir[94]. Il s'agit d'un thriller de SF, « dans lequel un homme doté de pouvoirs télépathiques tue des savants à distance »[95] : une histoire très différente de celles que Pal a adaptées jusqu'à présent[96]. Pour réaliser ce film qui sera titré en France La Guerre des cerveaux, Pal met à la disposition d'Haskin un budget élevé[97] et une distribution prestigieuse (George Hamilton, Michael Rennie, Suzanne Pleshette et, dans les seconds rôles : Yvonne de Carlo, Aldo Ray, Richard Carlson...).
C'est en travaillant sur ce film qu'Haskin décide de prendre sa retraite : il ne se sent pas à sa place dans ce qu'on appellera plus tard le Nouvel Hollywood[98]. Il meurt en 1984 d'un cancer du poumon[99] peu de temps avant son quatre-vingt-cinquième anniversaire.
L'œuvre
modifierL'œuvre d'Haskin a souvent été réduite, en France du moins, aux films de science-fiction qu'il a réalisés pour le cinéma. Des critiques, de génération et de sensibilité différentes, se sont accordés pour louer sa mise en scène tout en déplorant le conformisme, voire la bêtise des scénarios à partir desquels il travaillait.
En 1955, André Bazin écrit au sujet de La Conquête de l'espace : « Qu'on ne vienne pas me dire qu'il s'agit de se situer sur le plan mental des comics de science-fiction. Il m'arrive d'en parcourir. Leur puérilité s'accompagne dans le pire des cas d'une liberté d'imagination totalement absente ici. Non, La Conquête de l'espace s'applique au contraire à compenser le merveilleux scientifique par le comble du convenu, de la bêtise conservatrice dans tous les sens du mot, comme si la nouveauté de la matière exigeait une régression compensatrice des sentiments et des idées. [...] Mais La Conquête de l'espace comporte une autre leçon, heureusement positive, c'est que la réalité d'un film peut exister en marge de son scénario. [...] Je ne sais si le principal mérite en revient ici aux décorateurs [...], à l'un des trois directeurs artistiques figurant au générique, ou au metteur en scène [...], mais [...] on a su créer une véritable ambiance scientifique imaginaire, non seulement vraisemblable, mais belle. [...] Ce que j'aime [...] encore, ce sont les petits détails : la forme et la matière des flacons de nourriture comprimée, les bouteilles en plastique, le métal et la couleur des meubles ou, dans un ordre dynamique le naturel avec lequel ces hommes en usent avec l'absence de pesanteur. Ce pont aux ânes de la science-fiction, bien connu depuis Jules Verne, est passé ici avec une discrétion notable : deux ou trois gags, jamais soulignés, valent bien davantage par ce qu'ils suggèrent que par ce qu'ils montrent. Leur intérêt réside en effet dans la familiarité qu'ils supposent non seulement entre les personnages du film et l'absence de pesanteur, mais aussi entre l'idée d'un monde sans pesanteur et le spectateur. »[100]

En 1971, après avoir revu La Guerre des mondes à l'occasion d'une reprise dans les salles, Jean-Pierre Bouyxou regrette l'intrigue et les personnages stéréotypés, l'absence d'audace narrative ou thématique, mais s'enthousiasme pour « la nervosité et le dynamisme de la mise en scène » qui assurent « la suprématie de la couleur, de la beauté, de la violence et de l'horreur sur tout "fil conducteur" ». « Quant aux Martiens, ajoute-t-il, on les attend, on les craint, on les guette. Que l'un d'eux, un seul, surgisse alors au moment unique où on ne l'attend pas, et naît la terreur, atroce, face à la forme à peine entrevue, face à l'ignominie glauque et cyclopéenne qui tend vers une femme ses mains de batracien. »[101]
En 1973, Jean-Marie Sabatier qui partage les réserves et enthousiasmes de Bazin et Bouyxou, les généralise à l'ensemble de l'œuvre d'Haskin : « il n'a jamais fréquenté le cinéma "bis" et s'est régulièrement complu dans des productions "de standing" : il ne faut pas exiger de lui des délires poétiques [...].Tous ses films sont imbus de nationalisme étroit, de paternalisme un rien cacochyme, de moralisme chrétien un rien prédicant, mais Haskin les assène avec une telle conviction, un tel lyrisme ingénu qu'il parvient à forcer l'adhésion et l'émotion. [...] Son œuvre s'apparente à une forme rudimentaire de la science-fiction innocemment scientiste, où l'on ne trouve certes pas de grands thèmes de réflexion, mais qui constitue toujours un champ étendu d'élucubrations imaginatives dont le caractère fruste et la saveur parfumée fait retrouver, l'espace d'une projection, un peu de brutale naïveté enfantine. »[53]
Cette généralisation est sans doute abusive. Sabatier d'ailleurs signale une exception : Quand la marabunta gronde, le « meilleur film » d'Haskin[53] où les relations entre les deux personnages principaux, d'un « érotisme brûlant »[53], sortent du conformisme qu'on peut être tenté de lui attribuer. Les critiques anglo-saxons qui connaissent mieux sa production pour la télévision, et en particulier les épisodes qu'il a réalisés pour Au-delà du réel peuvent difficilement présenter Haskin comme un cinéaste naïf et enfantin. Gary Gerani et T. C. Rypel, notamment, ont pu rappeler qu'un film comme La Main de verre a été réalisé un an avant Alphaville de Jean-Luc Godard[102], et qu'il a été écrit par l'auteur qui contribuera à populariser la nouvelle vague de la SF : Harlan Ellison.
Filmographie
modifierDirecteur de la photographie
modifier- 1922 : La Fille du pirate (Hurricane's Gal) de Allen Holubar
- 1922 : The World's a Stage (en) de Colin Campbell
- 1922 : La Chaîne brisée (Broken Chains) de Allen Holubar
- 1923 : Slander the Woman (en) de Allen Holubar
- 1925 : Une affaire mystérieuse (en) de Malcolm St. Clair
- 1925 : His Majesty, Bunker Bean (en) de Harry Beaumont
- 1925 : Bobbed Hair de Alan Crosland
- 1925 : Where the Worst Begins (en) de John McDermott
- 1925 : The Golden Cocoon (en) de Millard Webb
- 1926 : Jim le harponneur (The Sea Beast) de Millard Webb
- 1926 : Don Juan de Alan Crosland
- 1926 : Millionaires (en) de Herman C. Raymaker
- 1926 : Marquita l'espionne (Across the Pacific) de Roy Del Ruth
- 1927 : Wolf's Clothing (en) de Roy Del Ruth
- 1927 : Le Roman de Manon (When a Man Loves) de Alan Crosland
- 1928 : Caught in the Fog (en) de Howard Bretherton
- 1928 : Le Fou chantant (The Singing Fool) de Lloyd Bacon
- 1928 : En cour d'assises (On Trial) de Archie Mayo
- 1929 : The Redeeming Sin de Howard Bretherton
- 1929 : Glad Rag Doll (en) de Michael Curtiz
- 1929 : Madonna of Avenue A (en) de Michael Curtiz
- 1931 : The Deadline (en) de Lambert Hillyer
- 1931 : The Guilty Generation de Rowland V. Lee
- 1932 : It's Tough to Be Famous d'Alfred E. Green
- 1934 : As the Earth Turns (en) d'Alfred E. Green
- 1934 : Side Streets (en) d'Alfred E. Green
- 1935 : Furie noire (Black Fury) de Michael Curtiz
- 1935 : Little Big Shot de Michael Curtiz
- 1935 : Personal Maid's Secret (en) d'Arthur Greville Collins
- 1936 : Stage Struck de Busby Berkeley
- 1937 : La Lumière verte de Frank Borzage
Responsable des effets spéciaux
modifier- 1935 : Le Songe d'une nuit d'été (A Midsummer Night's Dream) de Max Reinhardt et William Dieterle
- 1937 : Rivalité (Slim) de Ray Enright
- 1937 : Un homme a disparu (The Perfect Specimen) de Michael Curtiz
- 1937 : Sous-marin D-1 (Submarine D-1) de Lloyd Bacon
- 1938 : La Bataille de l'or (Gold Is Where You Find It) de Michael Curtiz
- 1939 : Les Ailes de la flotte (Wings of the Navy) de Lloyd Bacon
- 1939 : Les Conquérants (Dodge City) de Michael Curtiz
- 1939 : Jeunesse triomphante (Dust Be My Destiny) de Lewis Seiler
- 1939 : La vie privée d'Elisabeth d'Angleterre (The Private Lives of Elizabeth and Essex) de Michael Curtiz
- 1939 : Sur les pointes (On Your Toes) de Ray Enright
- 1939 : Les Fantastiques Années 20 (The Roaring Twenties) de Raoul Walsh
- 1939 : Nous ne sommes pas seuls (We Are Not Alone) d'Edmund Goulding
- 1939 : En surveillance spéciale (Invisible Stripes) de Lloyd Bacon
- 1940 : Brother Rat and a Baby de Ray Enright
- 1940 : Le Régiment des bagarreurs (The Fighting 69th) de William Keighley
- 1940 : Castle on the Hudson d'Anatole Litvak
- 1940 : La Caravane héroïque (Virginia City) de Michael Curtiz
- 1940 : Rendez-vous à minuit (It All Came True) de Lewis Seiler
- 1940 : King of the Lumberjacks de William Clemens
- 1940 : Voyage sans retour ( 'Til We Meet Again) d'Edmund Goulding
- 1940 : Zone torride (Torrid Zone) de William Keighley
- 1940 : Flight Angels (en) de Lewis Seiler
- 1940 : L'Étrange aventure (Brother Orchid) de Lloyd Bacon
- 1940 : L'Étrangère (All This, and Heaven Too) d'Anatole Litvak
- 1940 : Une femme dangereuse (They Drive by Night) de Raoul Walsh
- 1940 : L'Aigle des mers (The Sea Hawk) de Michael Curtiz
- 1940 : L'Or noir (en) (Flowing Gold) d'Alfred E. Green
- 1940 : Ville conquise (City for Conquest) d'Anatole Litvak
- 1940 : Knute Rockne, All American de Lloyd Bacon
- 1940 : Une dépêche Reuter (A Dispatch from Reuters) de William Dieterle
- 1940 : L'Étoile d'Afrique (South of Suez) de Lewis Seiler
- 1940 : La Piste de Santa Fe (Santa Fe Trail) de Michael Curtiz
- 1941 : La Grande Évasion (High Sierra) de Raoul Walsh
- 1941 : Le Vaisseau fantôme (The Sea Wolf) de Michael Curtiz
- 1941 : Le Grand Mensonge (The Great Lie) d'Edmund Goulding
- 1941 : L'Amour et la bête (The Wagons Roll at Night) de Ray Enright
- 1941 : Fiancée contre remboursement (The Bride Came C.O.D.) de William Keighley
- 1941 : L'Entraîneuse fatale (Manpower) de Raoul Walsh
- 1941 : Bombardiers en piqué (Dive Bomber) de Michael Curtiz
- 1942 : Le Retour de Wild Bill Hickok (Wild Bill Hickok Rides) de Ray Enright
- 1942 : Les Chevaliers du ciel (Captains of the Clouds) de Michael Curtiz
- 1942 : Bullet Scars de D. Ross Lederman
- 1942 : Toujours dans mon cœur (Always in My Heart) de Jo Graham (en)
- 1942 : L'amour n'est pas en jeu (In This Our Life) de John Huston
- 1942 : Wings for the Eagle de Lloyd Bacon
- 1942 : Griffes jaunes (Across the Pacific) de John Huston
- 1942 : Sabotage à Berlin (Desperate Journey) de Raoul Walsh
- 1943 : Truck Busters de B. Reeves Eason
- 1943 : Mission à Moscou (Mission to Moscow) de Michael Curtiz
- 1944 : Passage pour Marseille (Passage to Marseille) de Michael Curtiz
- 1944 : Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace) de Frank Capra
Réalisateur
modifierCinéma
modifier- 1927 : Ginsberg the Great (en)
- 1927 : Matinee Ladies (en)
- 1927 : Irish Hearts (en)
- 1927 : Supplice de femme (The Siren)
- 1943 : Convoi vers la Russie (Action in the North Atlantic) de Lloyd Bacon
- 1948 : L'Homme aux abois (I Walk Alone)
- 1948 : Man-Eater of Kumaon (en)
- 1949 : La Tigresse (Too Late for Tears)
- 1950 : L'Île au trésor (Treasure Island)
- 1951 : Tarzan et la reine de la jungle (Tarzan's Peril)
- 1951 : Le Sentier de l'enfer (Warpath)
- 1951 : La Ville d'argent (Silver City)
- 1952 : Les Rivaux du rail (Denver and Rio Grande)
- 1953 : La Guerre des mondes (The War of the Worlds)
- 1954 : Le Roi des îles (His Majesty O'Keefe)
- 1954 : Quand la marabunta gronde (The Naked Jungle)
- 1954 : Le Pirate des mers du Sud (Long John Silver)
- 1955 : La Conquête de l'espace (Conquest of Space)
- 1956 : Attaque à l'aube (en) (The First Texan)
- 1956 : The Boss (en)
- 1958 : De la Terre à la Lune (From the Earth to the Moon)
- 1959 : The Little Savage (en)
- 1959 : Bagarre au-dessus de l'Atlantique (Jet Over the Atlantic)
- 1960 : September Storm (en)
- 1961 : L'Espionne des Ardennes (Armored Command)
- 1963 : Capitaine Sinbad
- 1964 : Robinson Crusoé sur Mars (Robinson Crusoe on Mars)
- 1968 : La Guerre des cerveaux (The Power)
Télévision
modifier- 1955 : Treasure Island (Le Monde merveilleux de Disney, saison 1, épisodes 11 et 12 : version en deux parties du film L'Île au trésor)
- 1956 : Affair in Sumatra (Le Choix de... , épisode 19)
- 1956 : The Adventures of Long John Silver (divers épisodes de la série)
- 1957 : Outpost (Studio 57, saison 3, épisode 15)
- 1957 : Explosion (Studio 57, saison 3, épisode 24)
- 1957 : All That Glitters (The Californians, saison 1, épisode 2)
- 1957 : The Avenger (The Californians, saison 1, épisode 4)
- 1957 : Mojave (Meet McGraw, épisode 18)
- 1957 : The Barber's Boy (The Californians, saison 1, épisode 9)
- 1957 : Little Lost Man (The Californians, saison 1, épisode 11)
- 1957 : Cupid Wore a Badge (Alcoa Theatre, saison 1, épisode 6)
- 1957 : The PO 8 (The Californians, saison 1, épisode 14)
- 1958 : The Coward (The Californians, saison 1, épisode 15)
- 1958 : Panic on Montgomery Street (The Californians, saison 1, épisode 16)
- 1958 : China Doll (The Californians, saison 1, épisode 17)
- 1958 : Mr. Valejo (The Californians, saison 1, épisode 18)
- 1959 : Death Trap (World of Giants, épisode 4)
- 1963 : Les 100 Jours du dragon (The Hundred Days of the Dragon) (Au-delà du réel / The Outer Limits, saison 1, épisode 2)
- 1963 : Les Architectes de la peur (The Architects of Fear) (Au-delà du réel / The Outer Limits, saison 1, épisode 3)
- 1963 : La Visite des Luminois (A Feasibility Study) (Au-delà du réel / The Outer Limits, saison 1, épisode 29)
- 1964 : Laser vivant (Behold, Eck !) (Au-delà du réel / The Outer Limits, saison 2, épisode 3)
- 1964 : La Main de verre (Demon with a Glass Hand) (Au-delà du réel / The Outer Limits, saison 2, épisode 5)
- 1964 : L’Invisible Ennemi (The Invisible Enemy) (Au-delà du réel / The Outer Limits, saison 2, épisode 7)
- 1968 : Pirate Island (Les Aventures imaginaires de Huckleberry Finn / The New Adventures of Huckleberry Finn, épisode 5)
Notes et références
modifier- ↑ https://www.imdb.com/fr/name/nm0005738/
- 1 2 https://www.imdb.com/fr/name/nm0005738/awards/
- ↑ http://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/03/outer-limits-wrap-up.html
- 1 2 (en) Byron Haskin : Interviewed by Joe Adamson, Metuchen, The Scarecrow Press, coll. « The Directors Guild of America Oral History », , 314 p. (ISBN 0-8108-1740-3), p. 3
- 1 2 Byron Haskin, 1984, p. 4
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 22
- 1 2 (en) David J. Schow, The Outer Limits Companion, Hollywood, GNP/Crescendo, , 396 p. (ISBN 0-9665169-0-7), p. 62
- 1 2 3 4 5 Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, Nathan, , 1272 p. (ISBN 978-2-258-04027-4), p. 524
- 1 2 Byron Haskin, 1984, p. 74
- ↑ Leonard Mosley, Zanuck : Grandeur et décadence du dernier nabab d'Hollywood, Paris, Ramsay, , 336 p. (ISBN 2-85956-576-0), p. 310
- ↑ Jean-Pierre Coursodon, La Warner Bros., Paris, Centre Georges Pompidou, , 368 p. (ISBN 2-85850-632-9), p. 16
- ↑ Todd McCarthy, Hawks, Arles, Institut Lumière/Actes Sud, , 956 p. (ISBN 2-7427-2442-7), p. 229
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 62
- ↑ Jean-Pierre Coursodon, 1991, p. 19
- 1 2 3 4 Byron Haskin, 1984, p. 117
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 1995, p. 525
- ↑ (en) Sol Polito, « Polito Matches Daylight with Arcs in Technicolor Film at Warners », American Cinematographer, , p. 85
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 285
- ↑ (en) « Ruttenberg Wins Academy's Annual Camera Award », American Cinematographer, , p. 103
- ↑ (en) Don Siegel, A Siegel Film : An Autobiography, Londres, Faber and Faber, , 500 p. (ISBN 0-571-16270-3), p. 50-52
- ↑ Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 1995, p. 46
- 1 2 Martin Scorcese, « Mes plaisirs coupables », Positif, no 241, , p. 66
- ↑ http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=45949
- 1 2 Antoine Sire, « Lizabeth Scott, mieux qu'une Lauren Bacall du pauvre », (consulté le )
- ↑ (en) David Landau, Film Noir Production : The Whodunit of the Classic American Mystery Film, New York, Routledge, , 172 p. (ISBN 978-1-315-51172-6), p. 75
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 158
- 1 2 https://web.archive.org/web/20220127191534/https://catalog.afi.com/Catalog/moviedetails/26960
- ↑ (en) Jim Fanning, The Disney Book : A Celebration of the World of Disney, Londres, Dorling Kindersley, , 200 p. (ISBN 978-0-241-18531-5), p. 122
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 169-170
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 115
- 1 2 (en) Phil Timberlake, « "A Voice so Cruel and Cold and Ugly" : In Search of the Pirate Accent », dans Rocco Del Vera, Film, broadcast and electronic media coaching : and other contemporary issues in professional voice and speech training, Cincinnati, Voice and Speech Trainers Association, , 330 p. (ISBN 1-55783-522-5), p. 93
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 190
- ↑ https://catalog.afi.com/Catalog/moviedetails/50328
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 191
- 1 2 Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 1995, p. 526
- ↑ https://trove.nla.gov.au/newspaper/article/18424923
- 1 2 https://catalog.afi.com/Film/53255-LONG-JOHN-SILVER
- 1 2 Byron Haskin, 1984, p. 223
- ↑ https://www.imdb.com/fr/title/tt0047705/fullcredits/?ref_=tt_cst_sm
- ↑ https://catalog.afi.com/Film/52948-THE-LITTLE-SAVAGE?cxt=filmography
- ↑ https://www.imdb.com/fr/title/tt1487738/
- 1 2 (en) Gail Morgan Hickman, The Films of George Pal, Cranbury, A. S. Barnes, , 178 p. (ISBN 0-498-01960-8), p. 70
- ↑ Gail Morgan Hickman, 1977, p. 62
- ↑ Gail Morgan Hickman, 1977, p. 83
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 222-223
- 1 2 Gail Morgan Hickman, 1977, p. 99
- ↑ https://catalog.afi.com/Film/51466-CONQUEST-OF-SPACE
- ↑ Gail Morgan Hickman, 1977, p. 87
- ↑ (en) Jo Ranson, « TV Trips The Light Year Fantastic », Variety, , p. 32
- ↑ https://www.imdb.com/fr/title/tt0053554/fullcredits/?ref_=tt_cst_sm
- 1 2 https://catalog.afi.com/Film/21617-CAPTAIN-SINBAD
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 250 et p. 256
- 1 2 3 4 Jean-Marie Sabatier, Les Classiques du cinéma fantastique, Paris, Balland, , 430 p., p. 198
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 256
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 247
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 255
- ↑ Les épisodes n'ont pas été diffusés dans l'ordre où ils ont été tournés. La Frontière, premier épisode tourné après le pilote, est le douzième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/01/borderland.html
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 52
- 1 2 David J. Schow, 1998, p. 62
- 1 2 3 4 Byron Haskin, 1984, p. 270
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 63
- ↑ Cinquième épisode tourné, mais troisième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/01/architects-of-fear.html
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 65
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 64-65
- ↑ Septième épisode tourné, deuxième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/01/hundred-days-of-dragon.html
- ↑ Neuvième épisode tourné, vingt-neuvième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/01/feasibility-study.html
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 80
- ↑ Quinzième épisode tourné, dixième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/01/nightmare.html
- ↑ David J; Schow, 1998, p. 130
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 269
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 275
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 276
- ↑ https://catalog.afi.com/Film/22382-ROBINSON-CRUSOE-ON-MARS
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 257
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 247
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 240
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 271
- ↑ Cinquième épisode tourné, troisième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/02/behold-eck.html
- 1 2 3 Byron Haskin, 1984, p. 272
- ↑ Troisième épisode tourné, septième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/02/invisible-enemy.html
- ↑ David J. Schow, 1998, p. 261-262
- ↑ Neuvième épisode tourné, cinquième épisode diffusé. Cf. https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/03/demon-with-glass-hand.html
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 273
- 1 2 David J. Schow, 1998, p. 283
- ↑ (en) Allan Asherman, The Star Trek Compendium, Londres, Titan Books, , 184 p. (ISBN 1-85286-472-9), p. 9
- ↑ (en) Herbert F. Solow et Robert H. Justman, Inside Star Trek, New York, Pocket Books, , 458 p. (ISBN 0-671-89628-8), p. 30-31
- ↑ Herbert F. Solow et Robert H. Justman, 1996, p. 50
- ↑ Herbert F. Solow et Robert H. Justman, 1996, p. 118
- ↑ Herbert F. Solow et Robert H. Justman, 1996, p. 30
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 280
- ↑ Allan Asherman, 1993, p. 17
- ↑ Herbert F. Solow et Robert H. Justman, 1996, p. 34
- ↑ Gail Morgan Hickman, 1977, p. 158
- ↑ https://www.noosfere.org/livres/niourf.asp?numlivre=2146559431
- ↑ Pascal Mérigeau et Stéphane Bourgoin, Série B, Paris, Edilig, , 208 p. (ISBN 2-85601-034-2), p. 158
- ↑ Gail Morgan Hickman, 1977, p. 164
- ↑ Gail Morgan Hickman, 1977, p. 160
- ↑ Byron Haskin, 1984, p. 283-286
- ↑ (en) Tony Crawley, « Byron Haskin Dies », Starburst, no 74, , p. 6
- ↑ André Bazin, Écrits complets, Paris, Éditions Macula, , 2840 p. (ISBN 978-2-86589-102-3), p. 1773-1774
- ↑ Jean-Pierre Bouyxou, La Science-fiction au cinéma, Paris, Union générale d'édition, , 514 p., p. 190-191
- ↑ https://wearecontrollingtransmission.blogspot.com/2011/03/spotlight-on-demon-with-glass-hand.html
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à la littérature :