Bûcheronnage subaquatique

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Le bûcheronnage subaquatique (en anglais underwater logging) est une méthode de ré-exploitation de la forêt[1], principalement la coupe des arbres des forêts englouties. Lors de la construction de réservoirs et de barrages artificiels, de vastes étendues de forêt sont souvent inondées ; bien que les arbres meurent, leur bois est souvent préservé. Les arbres peuvent ensuite être abattus à l'aide de machines subaquatiques spéciales et remontés à la surface. Un débat porte sur le caractère durable de l'exploitation forestière subaquatique, en comparaison avec l'exploitation forestière traditionnelle.

Barge d'exploitation des tecks submergés du lac de la Nam Ngum (Laos, 2011).

Une forme connexe d’exploitation forestière consiste à récupérer les grumes qu'un exploitant a abandonnées au fond de l'eau (stockage humide ou bois canard). Cette activité peut être très rentable, car les « cibles » principales sont des arbres de plusieurs décennies, d’une taille et d’une essence rares dans leur habitat naturel.

Histoire

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Dans les années 50, les États-Unis ont reconnu que, pendant la période coloniale, les bûcherons flottaient des arbres abattus sur les rivières et les Grands Lacs, les rivières du Maine, pour être ensuite acheminés vers des usines. Les grumes pesant plus de 62 kg par pied cube (masse volumique) coulaient (densité supérieure à 1), et les bûcherons n’ont pas pris le temps de les récupérer. Ces grumes ne sont pas complètement perdues, car les bois immergées sont protégées des champignons responsables de la décomposition en présence l'humidité, de l'air et de températures entre 24 et 32 °C. Les grumes immergées sont également protégées des échauffures et taches colorées. De nombreuses grumes ont été perdues au fil du temps et l’International Undersea Services a commencé ses opérations de récupération de grumes sur la rivière Penobscot, dans le Maine, en 1955. John Cayford et Ronald Scott ont publié leurs recherches dans le livre Underwater Logging, qui a pu donner lieu à de nouvelles perspectives d'exploitation forestière subaquatique aux États-Unis[2]; ce qui est désormais connu par l'expression anglaise salvage logging ; un cas particulier de ré-exploitation ou d'exploitation complémentaire de la forêt. Ces processus sont devenus plus en vogue à mesure que les stratégies et technologies pertinentes ont progressé, faisant du bûcheronnage subaquatique un moyen viable de récupérer des ressources perdues.

Le bûcheronnage subaquatique dans son ensemble s’est diversifié à mesure que les technologies ont permis l’apparition et le développement de nouveaux procédés. Cette exploitation permet de récupérer les grumes perdues au cours d'expéditions passées. L’exploitation forestière subaquatique, quant à elle, s’est développée à un point où les nouvelles technologies permettent de tronçonner et récupérer les arbres noyés qui ont été perdus en raison de la montée des eaux[3]. On estime qu'environ 300 millions d'arbres sont immergés dans l'eau des réservoirs du monde, qui représentent potentiellement un gisement allant jusqu'à 50 milliards de dollars, et fait de la foresterie subaquatique une industrie potentiellement rentable[4].

Méthodes de bûcheronnage

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Fixation de bouées

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L’attachement de bouées est l’un des principaux procédés permettant de récupérer les billes de bois au fond des lacs et des rivières. Un plongeur autonome doit localiser les bûches enfoncées dans l'eau, en effectuant une recherche à environ un mètre du fond du lac ou de la rivière. Après cela, une bouée est placée autour du tronc à environ un mètre de son dos[pas clair]. De là, un bateau utilise un crochet pour attraper les bouées et tirer les troncs pour permettre à l’équipage de les saisir[2].

Véhicule télécommandé

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Une autre méthode pour extraire ces arbres engloutis consiste à envoyer un véhicule télécommandé, par exemple un sawfish harvester, pour abattre les arbres sous l'eau, tout en laissant l'opérateur au sec. Ce véhicule est alimenté par un câble électrique et renvoie un flux vidéo à l’opérateur. Quand un arbre est trouvé, le sawfish harvester se verrouille sur lui et se gonfle à l'aide d'un dispositif de flottaison de manière qu'une fois coupé, l'arbre remonte à la surface[5].

Flottage des grumes

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Méthode de transport des grumes le long des rivières (1910).

Un nouveau procédé est utilisé dans le cas des grumes flottantes qui n’ont pas été noyées mais ont peut-être été échappées des flux de flottage et bloquées sur les berges des rivières et des lacs. Des chambres à air de camions dégonflées sont glissées autour des rondins par un plongeur. Lorsqu’elles sont solidement fixées, un compresseur de narguilé les regonfle, de sorte qu'elles enserrent fermement les grumes. Ce procédé confère aux troncs une plus grande flottabilité et offre aux grumiers des points de saisie pour les récolter. On utilise autant de chambres à air que nécessaire pour faire flotter les bûches[2].

Impacts environnementaux

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Pollution marine et fluviale

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Les navires polluent à la fois le milieu marin et l’atmosphère, bien qu’il soit difficile d’estimer l’ampleur du problème. L’industrie forestière subaquatique devenant de plus en plus répandue et rentable, participe à l'augmentation de cette pollution[3]. Les cargos transportant les grumes utilisent une énorme quantité d'eau de ballast, ce qui peut avoir des effets négatifs sur l'environnement. Lorsque les navires vidangent cette eau « Les rejets d'eau de ballast contiennent généralement divers entités biologiques, notamment des plantes, des animaux, des virus et des bactéries ». Le déversement du ballast peut modifier les écosystèmes aquatiques et même rendre l’eau non potable.

Accidents

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Les accidents liés à cette industrie entraînent généralement le déversement de pétrole et d'autres ressources, ces déversements sont difficiles à contenir en raison de la fluidité des lacs et des rivières. Cela signifie que le potentiel de dommages collatéraux est important, tant pour la vie marine que pour la vie humaine, car des ressources toxiques telles que le pétrole peuvent contaminer les écosystèmes[3]. Il est donc nécessaire de faire preuve de prudence lors de ces processus, tels que la coupe subaquatique, qui nécessitent l’utilisation de matières potentiellement dangereuses.

Déforestation

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Étant donné que le processus de bûcheronnage subaquatique consiste essentiellement à récupérer des grumes noyées et des arbres engloutis déjà perdus lors de précédentes expéditions de coupe, ces grumes sont considérées comme du « bois redécouvert »[6]. Comme le bûcheronnage subaquatique récupère ce bois, cela a un effet de limitation sur les coupes forestières traditionnelles nécessaires. De plus, les sociétés d'exploitation doivent créer de nouvelles routes pour accéder à des ressources supplémentaires, ce qui n'est pas nécessaire pour l'exploitation subaquatique, car les rivières sont utilisées à cet effet[6].

Érosion potentielle des lacs et des rivières

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Effets de l'érosion le long du lac Érié

Certaines de ces grumes étant perdues depuis plusieurs décennies, l’environnement local s’est inévitablement développé autour de ces grumes. La suppression de ces grumes, qui fournissent un soutien structurel à une variété de ces écosystèmes, entraîne inévitablement une érosion des lacs et des rivières, ce qui modifie la structure et peut dégrader ces plans d'eau.

Vie marine

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Certaines des grumes récupérées sont sous l'eau depuis quelques décennies, ce qui signifie que la vie marine locale a formé son habitat autour de ces billes noyées. Ces grumes apportent un soutien structurel substantiel à ces écosystèmes, et leur suppression détruit inévitablement ces habitats naturels. Les bateaux et membres d'équipage des flottes de bûcheronnage subaquatique peuvent remuer et dégrader les écosystèmes locaux.

Durabilité

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Technologies avancées

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Le ramasseur subaquatique SHARC élimine les dangers du déploiement de lumber jacks subaquatiques (sawfish harvester)[7]. Triton Logging Inc., une entreprise de bûcheronnage subaquatiques, s’est appuyée sur l’envoi de travailleurs au fond des lacs et des rivières pour abattre manuellement les arbres submergés. La récolteuse SHARC a été développée par cette même société et offre une expérience plus sûre pour l'opérateur, tout en réduisant le nombre d'erreurs humaines.

Le magazine Nature & Faune a décrit le processus d’impact de la durabilité de l’exploitation forestière subaquatique. Le barrage hydroélectrique du Lac Volta au Ghana construit à Akosombo submerge des forêts de grumes[8]. Clark Sustainable Resource Developments utilise la technologie SHARC pour conserver intactes les racines des arbres afin de ne pas perturber le fond du lac ou remuer les polluants. Après quoi, ils ont établi des canopées et des contreforts pour créer des récifs artificiels de poissons et ont sensibilisé la population locale aux pratiques de pêche. Enfin, ils peuvent couper jusqu’à 25 mètres sous la surface des lacs, ce qui crée une profondeur suffisante pour supporter les itinéraires des bateaux de transport. Ce processus a été récompensé pour sa durabilité en évitant la déforestation et en créant des récifs artificiels pour le poisson afin de maintenir l’écosystème aquatique actuel. Triton est l'une des sociétés d'exploitation forestière subaquatique les plus en vue qui a utilisé sa technologie SHARC et ses efforts pour préserver l'environnement aquatique au Ghana. Ils ont été reconnus pour leurs efforts de développement durable.

Liens externes

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Références

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  1. ré-exploitation, Comité conjoint FAO-IUFRO de bibliographie et terminologie forestières, 1975. OQLF.
  2. 1 2 3 John E. Cayford and Ronald E. Scott Underwater Logging: Cayford, John E, and Ronald E. Scott. Underwater Logging. Cambridge, Md.: Cornell Maritime P., 1964
  3. 1 2 3 Kristiansen, Svein. Maritime Transportation: Safety Management and Risk Analysis. N.p.: Routledge, 2004. 1-46. Web. 20 Mar. 2015
  4. T. Crockford A yellow submarine with teeth. In-Flight Review, 1 (4) (2008), pp. 20–22
  5. David Tenenbaum, « Underwater Logging: Submarine Rediscovers Lost Wood », Environ Health Perspect, vol. 112, , A892-5 (PMID 15531424, PMCID 1247634, DOI 10.1289/ehp.112-a892).
  6. 1 2 Tenenbaum, David J. "Underwater Logging: Submarine Rediscovers Lost Wood." Environmental Health Perspectives 112.15 (2004). Web. 20 Mar. 2015
  7. « treehugger.com/clean-technolog… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  8. Asare, Godfred, and Sean Helmus. "Underwater Logging: Ghana's Experience with the Volta Lake Project." Nature & Faune 27 (2012): 64-66. Print.

Voir aussi

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