CB 200 (album)

album de Dillinger

CB 200 est le deuxième album studio du deejay jamaïcain Dillinger, publié en 1976 par Island Records sous la marque Mango[1]. Premier disque qu'il enregistre pour ce label après Ready Natty Dreadie (1975), paru chez Studio One[1], il est produit par Jo Jo Hoo Kim aux Channel One Studios de Kingston. Considéré comme l'un des albums les plus représentatifs de la première période de Dillinger, il figure, avec Ready Natty Dreadie, parmi les meilleurs albums de deejay selon le journaliste Lloyd Bradley[2].

CB 200
Album de Dillinger
Sortie
Enregistré 1976
Channel One, Kingston, Jamaïque
Genre Reggae, deejay, dub
Format 33tours
Producteur Jo Jo Hoo Kim
Label Mango Records, Island Records

Albums de Dillinger

L'album associe le toasting de Dillinger au son rockers développé à Channel One, mêlant reggae et dub sur des instrumentaux interprétés par les musiciens de studio du label[3]. Il comprend notamment le single Cokane in My Brain, succès en Jamaïque, au Royaume-Uni et en Europe continentale, qui demeure le morceau le plus connu de l'artiste[1].

Contexte

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Né en 1953, Lester Bullock débute comme deejay sur le sound system El Paso, dans l'ouest de Kingston, sous le parrainage de Dennis Alcapone, ce qui lui vaut le surnom d'« Alcapone Junior ». En 1973, Lee « Scratch » Perry le rebaptise « Dillinger » lors de sa première session au Black Ark. Le single qui en résulte, Dub Organizer, passe inaperçu[1][3]. Il enregistre ensuite plusieurs succès avec le producteur Yabby You, avant la parution de son premier album, Ready Natty Dreadie, publié par Coxsone Dodd en 1975, sur lequel il pose son toast sur des rythmiques Studio One[1].

En 1976, Dillinger rejoint Channel One Studios, où il travaille avec le claviériste et arrangeur Ossie Hibbert ainsi qu'avec le propriétaire et ingénieur du son Ernest Hoo Kim. Le son rockers développé par Hibbert avec Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, porté par une batterie puissante et martiale, met particulièrement en valeur le phrasé et l'argot rimé du deejay[3].

Enregistrement et production

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L'album est enregistré et mixé aux studios Channel One, à Kingston, et produit par Jo Jo Hoo Kim[3]. Les instrumentaux sont confiés au groupe maison du studio qui réunit notamment Sly Dunbar à la batterie, Aston « Family Man » Barrett et Bertram « Ranchie » McLean à la basse, Tommy McCook, Bobby Ellis et Vin Gordon aux cuivres, Earl « Chinna » Smith à la guitare et Ossie Hibbert aux claviers. Pour les rythmiques, l'équipe puise dans le répertoire de riddims du studio, en particulier ceux associés aux Mighty Diamonds[4].

Caractéristiques musicales

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Le disque marque la véritable percée de Dillinger[1]. Plusieurs morceaux reposent sur des réinterprétations de riddims antérieurs. Le titre éponyme, d'abord paru en single chez Channel One en 1976, reprend le riddim de The Sun Shines for Me de Gregory Isaacs[4],[5]. Il rend hommage à la moto Honda CB200 dont l'album tire son nom et célèbre le « culte de la moto » propre à certains quartiers de Kingston, une imagerie héritée du style rude boy[6]. The General s'appuie sur une nouvelle version de Love Me Girl des Heptones, tandis que Plantation Heights, évocation des courses hippiques de Caymanas Park, proche du titre Race Day, est construit sur le riddim Speakeasy[3].

Le single Cokane in My Brain est lui-même bâti sur une réinterprétation du titre de soul de Philadelphie Do It Any Way You Wanna de People's Choice, dont il reprend la ligne de basse. Son refrain, « I've got cocaine running around my brain » est emprunté à Cocaine Blues du Reverend Gary Davis, tandis que la comptine sur la manière d'épeler « New York » provient d'un disque pour enfants des studios Disney[7].

Impact et succès commercial

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Cocaine in My Brain devient un succès majeur en Jamaïque et au Royaume-Uni[1]. Sur le continent européen, l'album atteint la 7e place des classements aux Pays-Bas[8], tandis que le single s'y classe en tête, atteint la 2e place en Belgique et la 35e place en Allemagne[9]. Au Royaume-Uni, le disque devient dans la seconde moitié des années 1970 une incontournable parmi les étudiants des universités britanniques, à un moment où le reggae s'impose comme une bande-son de prédilection pour le mouvement punk naissant[10].

Liste des titres

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  1. CB 200 – 2:34
  2. No Chuck It – 2:52
  3. Cokane in My Brain – 2:44
  4. The General – 2:58
  5. Power Bank – 3:02
  6. Plantation Heights – 2:52
  7. Race Day – 3:35
  8. Natty Kick Like Lightning – 2:27
  9. Buckingham Palace – 4:11
  10. Crankface – 2:37

Personnel

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Notes et références

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Bibliographie

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  • Lloyd Bradley, Quand le reggae était roi, Allia, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Traduction de Bass Culture: When Reggae Was King.
  • (en) David V. Moskowitz, Caribbean Popular Music : An Encyclopedia of Reggae, Mento, Ska, Rock Steady, and Dancehall, Greenwood Press, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Dick Hebdige, Cut 'n' Mix : Culture, Identity and Caribbean Music, Londres, Methuen, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) David Katz, Dillinger - Ultimate collection, Hip-O Records / Universal,
  • (en) Steve Barrow et Peter Dalton, The Rough Guide to Reggae, Rough Guides,
  • (en) Colin Larkin, The Encyclopedia of Popular Music, Omnibus Press,
  • (en) Dave Thompson, Reggae & Caribbean Music, Backbeat Books,

Sitographie

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Liens externes

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