Camille Vidart

présidente de l’Union des femmes de Genève

Camille Vidart, née le à Divonne-les-Bains et morte le à Genève, est une militante féministe, enseignante et traductrice suisse. Elle est également la fondatrice de l'Alliance des sociétés féminines suisses en 1899 et la présidente de l'Union des femmes de Genève de 1898 à 1902.

Biographie

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Enfance et formation

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Camille Vidart naît le à Divonne-les-Bains[1]. Ses parents sont Jeanne-Louise Vaucher et Alphonse, médecin de profession[1]. Elle passe son enfance chez une tante à Genève et entreprend des études à l'université de Lyon pour devenir enseignante de langues[1].

Enseignement et traductions

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De 1874 à 1879, Camille Vidart enseigne à Genève à l'école Peschier[2].

En 1880, elle est engagée grâce à son prénom épicène, comme maîtresse principale à l'École supérieure de jeunes filles de Zurich. Elle est la première femme en Suisse à occuper un tel poste. Le jury est en effet persuadé d'avoir convoqué un homme à la leçon d’épreuve, mais se montre convaincu par sa prestation et l’engage[2].

Durant son séjour à Zurich, elle rencontre Johanna Spyri, qui lui demande de traduire son roman Heidi[1], son futur bestseller[2]. Elle traduit aussi sa suite, Encore Heidi[3].

Pour se rapprocher de sa famille, elle revient en Suisse romande en 1884. Camille Vidart enseigne à l’École Vinet à Lausanne jusqu’en 1886[1],[2]. Elle s’installe ensuite définitivement à Genève pour s’occuper d’une tante malade, gagnant l’argent du ménage grâce à des leçons privées, puis vit avec l'une de ses sœurs et la femme médecin anglaise et militante féministe Harriet Clisby[2].

Engagement militant féministe

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Camille Vidart s’intéresse de près aux questions sociales, à travers notamment ses lectures d’ouvrages d’économistes, comme Charles Gide ou de féministes comme Josephine Butler. Elle est surtout interpelée par la misère des travailleuses, et se consacre petit à petit à la philanthropie et au militantisme féministe. Ses actions sont motivées par la foi chrétienne, mais aussi par la charité et la lutte pour l’égalité[2].

Lorsqu'elle revient s'établir à Genève, elle rejoint la Fédération abolitionniste internationale. En 1891, elle adhère à la progressiste Union des femmes de Genève[4]. L'union a pour mission d’améliorer la formation professionnelle et le statut juridique des femmes. En 1892, Camille Vidart en devient vice-présidente, puis présidente entre 1898 à 1902[1],[2].

Elle donne de nombreuses conférences où elle est reconnue pour sa maîtrise de l’art oratoire. Elle met aussi en place des projets philanthropiques comme un atelier de raccommodage ou un home coopératif pour les femmes seules[2].

En 1896, elle organise le premier Congrès suisse pour les intérêts féminins, alors que l'Exposition nationale suisse se tient à Genève[1]. Elle y prononce le discours d’ouverture, appelant les femmes à la solidarité. Suite à cette conférence, la Commission nationale permanente des intérêts féminins est créée[2].

En 1899, elle prend l'initiative, avec les présidentes des organisations féminines progressistes alémaniques et romandes, de créer l'Alliance de sociétés féminines suisses en 1900. Elle en est membre du comité jusqu'en 1908. Camille Vidart contribue en cherchant à influencer certaines décisions politiques, tel qu'en imposant, sans y parvenir, à la séparation des biens dans le nouveau Code civil de 1907[1],[2]

Elle est considérée comme une pionnière dans la lutte pour l'égalité des droits en matière politique (suffrage féminin). Elle milite de bonne heure au sein de Association internationale des femmes. Elle est également active au niveau international, en devenant secrétaire du Conseil international des femmes de 1899 à 1904[1].

En 1907, elle crée avec Auguste Morsier, l'Association genevoise pour le suffrage féminin (de). En 1909 elle prend part à la création de l'Association suisse pour le suffrage féminin. Après le début de la Première Guerre mondiale, elle rejoint en tant que pacifiste convaincue, l'Union mondiale de la femme pour la concorde internationale et la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté[1].

À côté de ses activités féministes, Camille Vidart ouvre en 1910, un restaurant pour ouvrières et un bureau de placement. Elle se bat toujours pour la justice sociale et travaille pour divers journaux réformistes[1], notamment Le Mouvement féministe, fondée en 1912, dont elle soutient la création par Émilie Gourd[5].

Camille Vidart meurt le à Genève[1], à l'âge de 76 ans, « selon certains sources très affectée » par les échecs successifs à introduire le suffrage féminin en Suisse[2].

Hommage et postérité

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La plaque de rue dédiée à Camille Vidart, déposées dans le cadre du projet 100Elles.
Plaque de rue à Genève

En 2019, à Genève, l'association l'Escouade renomme temporairement deux rues à son nom dans le cadre du projet 100elles[6]: la rue Schaub et le chemin Louis Dunant.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Regula Ludi (de) (trad. Hansjörg Roth), « Camille Vidart » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (fr-CH) Laure Piguet, « Camille VIDART » Accès libre, sur 100 Elles* (consulté le )
  3. ↑ Jean-Michel Wissmer, « Sans Patrie, le livre oublié de Johanna Spyri qui annonce Heidi », Strenae, no 9,‎ (ISSN 2109-9081, DOI 10.4000/strenae.1470, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ « Camille Vidart » (consulté le )
  5. ↑ Simon Moreillon, « Émilie Gourd: une passionaria féministe », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Sylvia Revello, « Les rues genevoises en voie de féminisation », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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