Marine Corps Base Camp Lejeune
Le Marine Corps Base (MCB) Camp Lejeune (ou camp Lejeune) est l'une des plus grandes bases militaires et camp d'entraînement au monde, qui s'étend sur environ 640 km2 (plus de 62 000 hectares), à Jacksonville en Caroline du Nord aux États-Unis. Ses 23 km de plages en font un site majeur pour l'instruction aux assauts amphibies, tandis que sa position entre les ports en eaux profondes de Wilmington et Morehead City facilite des déploiements rapides.
| Marine Corps Base Camp Lejeune | |||
Insigne de la MCB Camp Lejeune. | |||
| Lieu | Jacksonville, Caroline du Nord. | ||
|---|---|---|---|
| Type d’ouvrage | Base militaire | ||
| Construction | 1941 | ||
| Utilisation | |||
| Contrôlé par | |||
| Garnison | |||
| Coordonnées | 34° 35′ 34″ nord, 77° 20′ 33″ ouest | ||
| Géolocalisation sur la carte : États-Unis
Géolocalisation sur la carte : Caroline du Nord
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Elle appartient à l'United States Marine Corps (Corps des Marines des États‑Unis) ; le complexe principal est complété par six installations satellites — Marine Corps Air Station New River, Camp Geiger, Stone Bay, Courthouse Bay, Camp Johnson et la Greater Sandy Run Training Area. Le port militaire associé se trouve à Beaufort, à l'extrémité sud de Radio Island, et n'est occupé que lors des opérations portuaires.
Ce camp, qui a vu passer plus d'un million de soldats, a aussi connu des dizaines de milliers de naissance parmi les personnels et les familles logées sur place, a été concerné par une contamination chronique de l'eau potable par des produits chimiques, notamment cancérigènes et/ou mutagènes issus de rejets ou de fuites de citernes ou décharges entre les années 1950 et 1985. Il a été scientifiquement démontré que les militaires exposées ont un risque exacerbé de contracter plusieurs types de cancers (myéloïdes, œsophage, larynx, thyroïde, tissus mous, lymphomes, plusieurs sous‑types pulmonaires et cancer du sein masculin), tandis que chez les travailleurs civils du camp, l'excès concerne les cancers myéloïdes, le poumon épidermoïde et les cancers du sein féminin et canalaire ; les familles résidentes n'ont pas été étudiées et une surveillance prolongée est toujours (en 2025) recommandée[1]. Cette pollution a entraîné depuis 2024 plus de 300 000 plaintes avec demandes d'indemnisation de la part de personnes ayant bu de cette eau dans le passé. Et les défaillances de surveillance fédérale et militaire qui ont permis à la contamination de persister pendant des décennies sont critiquées, ainsi que les conséquences sanitaires, sociales et juridiques qui en découlent[2].
Préhistoire
modifierPeu de sites paléoindiens sont bien datés dans la région — probablement en raison de la submersion des sites côtiers par la montée des eaux marines lors de la déglaciation, mais on sait que la plaine côtière atlantique de la Caroline du Nord a connu une occupation humaine continue depuis environ 12 000 ans, avec un peuplement amérindien issu d'une migration asiatique passée par le détroit de Béring[3].
La période paléoamérindienne (vers 12 000–8000 av. J.-C.) est notamment documentée par des pointes de projectile de type lancéolé (Clovis, Hardaway, Hardaway-Dalton), associées aux activités de chasseurs-cueilleurs très mobiles dont l'économie de subsistance reste mal connue (faute de vestiges organiques conservés)[3].
Vien ensuite la période dite « archaïque » (8000–1000 av. J.-C.), subdivisée en phases ancienne, moyenne et récente, connue par l'évolution des formes de pointes de projectile (Palmer, Kirk, Stanly, Morrow Mountain, Guilford, puis Savannah River), période durant laquelle les groupes humains occupent alternativement les terrasses d'amont et les plaines inondables avant de se déplacer, à la fin de l'Archaïque, vers les estuaires et les embouchures des grands fleuves ; c'est aussi à cette époque qu'apparaît la céramique la plus ancienne de la région, d'abord en stéatite puis en argile à dégraissant végétal (série Stallings)[3].
Enfin, la période dite sylvicole (Woodland, 1000 av. J.-C.–1650 apr. J.-C.) se caractérise par une régionalisation culturelle marquée, marquée par des traditions céramiques distinctes au nord et au sud de la rivière Neuse (séries Deep Creek et New River à la phase ancienne, puis Cape Fear et Hanover à la phase moyenne) ; une mobilité élevée et une dépendance croissante envers les ressources estuariennes, cette dernière période sylvicole moyenne étant en outre marquée par l'apparition de tertres funéraires bas associés aux groupes de la phase Cape Fear[3].
Population actuelle
modifierLa population du « Camp Lejeune » varie selon le périmètre considéré :
- l'installation militaire et ses dépendances accueillent environ 137 526 personnes — militaires, marins, retraités, familles et employés civils — selon les données officielles du Department of Defense[4] ;
- les unités statistiques de l'U.S. Census Bureau donnent des valeurs moindres : 34 332 résidents pour l'aire « Camp Lejeune UT » ; et 53 839 habitants pour l'aire élargie « Camp Lejeune UT / Central Coast ».
Ces chiffres reflètent la structure complexe de la base et de ses divers camps satellites, qui ensemble constituent en 2026 « la plus grande concentration de marines et de marins au monde »[4].
Installations
modifierAu centre de la façade est des Etats-Unis, le Camp Lejeune couvre environ 640 km², qui incluent 18 km de plages adaptées aux Opérations militaire amphibie.
32 positions d'artillerie y ont aussi été installées, ainsi que 48 zones d'atterrissage tactiques, trois centres d'entraînement urbain de dernière génération et de 80 champs de tir, incluant le Greater Sandy Run Training Area, une vaste zone d'entraînement acquise en 1992, qui a agrandi le camps de plus de 153 000 acres et est devenu un site majeur d'entraînement de la Force tactique terrestre et aérienne des Marines (Marine Air‑Ground Task Forces). Ce terrain comprend aussi l'ancien Camp Davis, dont l'aérodrome rénové — doté d'une piste de 4 525 pieds — permet aujourd'hui d'accueillir l'ensemble des types aéronefs du Corps des Marines, du F‑35 au Boeing KC-135 Stratotanker, et de simuler des opérations sur aérodrome en conditions austères. Ceci fait de ce camp l'un des principaux centres d'entraînement du Corps des Marines, régulièrement utilisé pour des exercices bilatéraux et des opérations parrainées par l'OTAN[5].
Le Camp Lejeune abrite aussi diverses installations récréatives, incluant des centres communautaires, un bowling, un golf, des installations de hockey, des marinas, des installations de paintball, un cinéma, des équipements de plage à Onslow Beach, des piscines, des lieux de pêche et de chasse, un camping côtier, des stands de tir, un skatepark, un centre d'e‑sport, ainsi que des services de location de matériel et de nombreuses infrastructures sportives et de remise en forme.
Concernant le logement (service privatisé à Camp Lejeune et à la Marine Corps Air Station New River depuis 2007), 5 204 unités résidentielles anciennes ou rénovées, toutes climatisées, sont gérées par deux partenaires Public‑privés (Hunt Military Communities et Lincoln Military Housing)[6]. Le logement familial est soumis à des critères d'éligibilité et les demandes (ordinaires ou anticipées) sont traitées par le Military Housing Office, qui gère aussi les listes d'attente et les documents requis. Pour les résidents hors‑base, le MHO propose un service de référencement locatif et un Rental Partnership Program permettant de réduire les coûts d'installation (dépôt de garantie supprimé, frais réduits) en échange d'un paiement du loyer par allotment (c'est à dire « prélèvement automatique sur solde »), avec assistance en cas de litige[6]. Aucun parc de mobile homes n'existe sur la base, et les services câble/internet doivent être souscrits séparément[6].
Une partie de la base se situe dans les limites de la ville de Jacksonville, tandis que le reste s'étend sur des zones non-incorporées.
Histoire
modifierLa construction de la base de Camp Lejeune, approuvée en , durant la Seconde Guerre mondiale) a débuté le 1er mai sur une étendue de 11 000 acres (45 km2) dans le comté d'Onslow en Caroline du Nord[7].
La construction débute sous la direction du lieutenant‑colonel William P.T. Hill, d'abord sous le nom de Marine Barracks New River[8] ; le quartier général est installé à Montford Point puis transféré à Hadnot Point en En 1942, année où le camp est rebaptisé en l'honneur du 13e commandant du Corps des Marines, le Lieutenant-général John A. Lejeune[7].
L'une de ses installations satellites, Montford Point, sert de troisième camp d'instruction de 1942 à 1949, formant 20 000 Marines afro‑américains durant la période de ségrégation ouverte par l'Executive Order 8802, avant d'être rebaptisée Camp Gilbert H. Johnson après l'intégration complète des forces armées.
Le 10 mai 1996, le camps organise un grand exercice américano‑britannique, l' Operation Purple Star, la plus vaste manœuvre bilatérale jamais réalisée, qui a mobilisé 38 000 soldats américains et 15 000 britanniques dans un scénario simulant une crise de type golfe Persique. Dans l'opéreation, deux hélicoptères des Marines — un Boeing CH-46 Sea Knight et un AH‑1W Cobra — entrent accidentellement en collision vers 2h du matin, dans l'obscurité, le 10 mai 1996, s'écrasant près du camps dans un marécage dense, tuant 14 militaires américains, tandis que le pilote et le copilote du Sea Knight survivent, mais grièvement blessés. Le choc, survenu par temps clair, provoque un incendie qui a rendu l'identification des corps difficile ; et les secours ont du progresser dans une vase profonde pour récupérer les victimes. L'accident, le plus meurtrier pour l'aviation du Corps des Marines depuis 1989 a entraîné une suspension temporaire des exercices aériens[9].
En septembre 2018, l'ouragan Florence ravage le camps, endommageant les systèmes informatiques, plus de 900 bâtiments, 70 % des logements et provoquant le déversement de 84 000 gallons d'eaux polluées. Les réparations ont coûté environ 3,6 milliards de dollars[10]. Des études ont ensuite analysé la manière dont les catastrophes naturelles peuvent surprendre l'armée et les organisations de secours dans la mobilisation rapide de ressources humaines, matérielles et financières pour protéger ou rétablir des infrastructures après ce type d'évènement. Elles ont montré que, malgré des capacités d'intervention élevées, des installations (comme celles du Camp Lejeune) ont subi en 2018 des dommages inattendus et contredisant les attentes établies. Une étude a créé une méthode reliant le degré de surprise à des indicateurs de résilience, montrant que démontrent que les systèmes d'égouts, les zones d'entraînement, les écoles et les infrastructures essentielles n'étaient pas prêtes ni suffisamment résilientes face à des situations dont la durée et l'intensité inhabituelles réduisent l'efficacité des ressources déployées. Les auteurs invitent à améliorer la préparation et l'allocation des ressources lors de futures catastrophes[11].
Le Camp Lejeune a reçu à sept reprises le prix Commander‑in‑Chief's Award pour récompenser la qualité de ses équipements.
Aspects culturels et patrimoniaux
modifierPatrimoine archéologique
modifierUn plan nommé Integrated Cultural Resources Management Plan (ICRMP) sert de cadre de conformité au Camp Lejeune pour identifier, évaluer, protéger et gérer les biens historiques de la base (conformément aux Sections 106 et 110 du National Historic Preservation Act)[3].
Il intègre les exigences du programme de ressources culturelles aux activités opérationnelles et de planification, pour assurer une gestion patrimoniale compatible avec la mission militaire[3].
Selon un rapport publié en 2011, le camp contenait en 2008 1 244 sites archéologiques identifiés et 2 617 bâtiments ou structures âgés de plus de 50 ans, dont 1 280 encore présents ; 188 bâtiments sont jugés éligibles au Registre national des lieux historiques (National Register of Historic Places), dont 187 situés dans l'un des huit districts historiques de la base, auxquels s'ajoutent 38 autres ressources (routes, objets, paysages) contribuant à ces districts. Parmi les sites archéologiques, 19 ont été jugés éligibles au NRHP, et140 étaient en attente de détermination, dont 121 nécessitant une évaluation de Phase II[3].
Ce plan fournit aux responsables de la base — planification, environnement, contrôle des zones d'entraînement, opérations — un ensemble de procédures standardisées (SOP) pour garantir la conformité aux réglementations fédérales et étatiques, traiter les impacts potentiels des projets sur les ressources culturelles, et mettre en œuvre un plan d'action quinquennal, complété par des annexes regroupant les accords officiels, inventaires et documents pertinents[3]
Patrimoine écologique
modifierLe Département de la Défense a mis en place un programme écologique interdisciplinaire de 10 ans (2007–2017), baptisé Coastal/Estuarine Research Program (DCERP). Il visait notamment à mieux comprendre le fonctionnement écosystémique local, et ses interactions avec les facteurs de stress naturels et anthropiques[12].
Conçu pour soutenir l'écosystem‑based management (EBM) des installations militaires côtières, il a défini des objectifs et travaillé à la modélisation des systèmes, la prise en compte du long terme, la complexité écologique, l'inévitabilité de certains changements, l'intégration des acteurs humains et l'adaptabilité des programmes[12].
Il devait contribuer à maintenir la diversité des espèces et des milieux, évaluer les effets des conditions climatiques présentes et futures sur les stratégies de gestion, visualiser des scénarios et efets de la montée du niveau marin et ses éventuels effets en cascade, en collaboration avec des scientifiques et des parties prenantes locales[12].
Santé/pollutions
modifierDurant plus de 3 décennies, tous les Marines, tous les personnels de la Navy et divers travailleurs civils du camp ont été plus ou moins chroniquement exposés à de l'eau potable gravement contaminée par plusieurs solvants et polluants industriels — principalement le trichloroéthylène (TCE) et le tétrachloroéthylène (PCE), ainsi que du benzène et ldu chlorure de vinyle. « Les puits d'approvisionnement HP ont été contaminés par des sources situées sur la base : fuites de réservoirs de stockage souterrains, déversements dans la zone industrielle et sites d'élimination des déchets. Les concentrations maximales relevées dans le réseau de distribution HP s'élevaient à 1400 µg/L pour le TCE et à 100 µg/L pour le PCE. Du benzène, provenant de fuites de réservoirs de carburant, ainsi que du chlorure de vinyle, issu de la dégradation du PCE et du TCE dans les eaux souterraines, ont également été détectés dans le réseau de distribution »[1].
Ces polluants, via le sous-sol sableux avaient contaminé les deux forages qui alimentaient, via huit unitées de traitement/potabilisation de l'eau, les réseaux d'alimentation d'eau potable du camp, de 1953 à 1985. Le réseaux de distribution d'eau principalement destiné aux environ 1850 habitation familiales (dit TT, pour Tarawa Terrace) était pollué par le PCE, issu d'une blanchisserie industrielle proche ; et l'autre (dit HP, pour Hadnot Point, alimentant toute la zone « mainside » (casernes, lieux de travail, zones d'entraînement, restaurants, etc.), était pollué par l'ensemble des molécules citées[13],[1].
Concernant les travailleurs civils : en 2014, une étude a porté sur 4 647 travailleurs civils de Camp Lejeune (suivis de 1973 à 1985, et comparés à 4 690 employés d'un autre camp d'entrainement, le Camp Pendleton où les civils n'ont pas été exposés à de tels polluants)[14]. Le risque de mourir a été estimé pour la période 1979-2008 (calculé à partir de modèles de survie et à partir d'estimations mensuelles des niveaux de solvants dans l'eau potable)[14]. L'étude montre que les travailleurs de Camp Lejeune présentent effectivement un risque de mortalité plus élevés (> 1,50), en lien avec plusieurs causes, avec notamment une augmentation des cancers du rein, du rectum, de la cavité buccale, les leucémies, le myélome multiple, ainsi que pour la maladie de Parkinson[15] (HR = 3,13) chez les personnes exposées[14]. Au sein de cette cohorte exposée, des relations exposition‑réponse monotones apparaissent pour les leucémies en lien avec le chlorure de vinyle et le PCE, tandis que des expositions cumulées supérieures à la médiane sont observées pour la majorité des décès par cancers du rein, de l'œsophage, du rectum, de la prostate et par maladie de Parkinson[14]. Le faible nombre de décès spécifiques (seulement 14 % de la cohorte était décédée en fin de suivi) entraîne des intervalles de confiance larges qui font dire aux auteurs qu'un suivi prolongé est nécessaire pour évaluer pleinement les effets de l'exposition à l'eau contaminée de Camp Lejeune sur ces personnes[14].
Concernant l'exposition foetale, une analyse épidémiologique de 11 798 naissances survenues au « Camp Lejeune » entre 1968 et 1985 a conclu que l'exposition maternelle au PCE (principal solvant contaminant de l'eau potable), n'est globalement associée qu'à des effets faibles sur le poids à la naissance, la prématurité et et la relation taille/âge gestationnel, sauf chez les mères âgées ou avec antécédents de pertes fœtales, suggérant une vulnérabilité accrue de certains fœtus aux expositions chimiques[16].
10 ans après, une vaste étude de cohorte récente (2025) a évalué l'incidence des cancers chez 154 821 militaires et 6494 civils ayant servi ou travaillé à Camp Lejeune entre 1972/1975 et 1985 à 163 484 militaires et 5797 civils d'un autre grand camp militaire (Camp Pendleton, exposée à divers polluants d'origine militaire (munitions, fumées de tir...) mais dont l'eau distribuée au robinet n'était pas contaminée. Les données individuelles de cancers invasifs (et du cancer de la vessie diagnostiqué in situ) découverts entre 1996 et 2017 à partir de 54 registres du cancer américains; et les risques relatifs ont été estimés (ajustée pour le sexe, la race, l'éducation et le grade ou le statut social des personnes) : au total, 12 083 cancers ont été recensés chez les militaires de Camp Lejeune et 1 563 chez les civils, contre 12 144 et 1 416 respectivement à Camp Pendleton. Les marines de Camp Lejeune ont un risque accru de cancers myéloïdes, de leucémie, de syndrome myélodysplasique et syndrome myéloprolifératif, de polyglobulie primitive, de cancer de l'œsophage, du larynx, de cancers des tissus mous (ex : sarcome des tissus mous) et de cancer de la thyroïde. Certains sous‑types de lymphomes et de cancers pulmonaires (adénocarcinome, NSCLC) étaient aussi surexprimés. Les travailleurs civils de Camp Lejeune sont aussi concernés,avec un risque accru de cancers myéloïdes, de cancer du poumon épidermoïde et de cancer du sein chez les femmes, et notamment canalaire (cancer du sein dont la tumeur prend naissance dans les canaux galactophores, qui sont les petits conduits qui acheminent le lait vers le mamelon ; c'est le cancer du sein le plus fréquent, qu'il soit in situ (non invasif) ou invasif (capable de se propager ex situ dans des tissus voisins et/ou plus éloignés)[1].
Des études rétrospectives (reconstructions historiques) ont été faites par l'ATSDR (Agency for Toxic Substances and Disease Registry ou Agence du registre des substances toxiques et des maladies) ; elles montrent que la contamination a débuté vers le milieu des années 1950, avec des concentrations mensuelles médianes de 85 µg/L de PCE dans le « réseau TT » (alimentant les habitations) et de 366 µg/L de TCE, 15 µg/L de PCE et 22 µg/L de chlorure de vinyle dans le réseau de distribution d'eau potable entre 1975 et 1985 [1].
- - Des reconstructions historiques ont été faites par l'ATSDR montrent que la contamination a débuté au moins vers le milieu des années 1950, avec des concentrations mensuelles médianes de 85 µg/L de PCE dans le système TT (alimentant les habitations) et de 366 µg/L de TCE, 15 µg/L de PCE et 22 µg/L de chlorure de vinyle dans le système HP alimentant les installations (et les citernes utilisées pour apporter de l'eau aux soldats en manœuvre sur le terrain) entre 1975 et 1985 [1].
- - Les composés détectés — TCE, PCE, benzène et chlorure de vinyle — sont classés cancérogènes avérés ou probables par le CIRC, et leurs lidu seens avec divers cancers (rein, foie, vessie, lymphomes, leucémies, myélomes) sont largement documentés par l'ATSDR. Les études antérieures, notamment celles menées au New Jersey[17], au Cap Cod[18],[19] et par l'ATSDR[20],[14], avaient déjà suggéré des associations entre ces solvants et plusieurs cancers, mais étaient limitées par l'usage de données de mortalité[1] ;
- - En utilisant des registres de cancers, l'étude de 2025 a permis d'évaluer des cancers à fort taux de survie et confirme que l'exposition prolongée à l'eau contaminée de Camp Lejeune est effectivement associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers invasifs par rapport à Camp Pendleton, dont l'eau ne dépassait pas les seuils réglementaires pour les solvants[21],[1].
Selon les données disponibles en 2024, on sait que :
- les Marines et personnels de la Navy exposé à l'eau contaminée du « Camp Lejeune » et ayant débuté leur service entre 1975 et 1985 ont un risque nettement accru de contracter un ensemble étendu de cancers, incluant tous les cancers myéloïdes (dont la leucémie myéloïde aiguë, les syndromes myélodysplasiques et myéloprolifératifs, et la polyglobulie primitive), les cancers de l'œsophage — y compris le carcinome épidermoïde — du larynx, de la thyroïde, des tissus mous, ainsi que plusieurs sous‑types de lymphomes (marginal zone B‑cell, mantle cell) et de cancers pulmonaires (grandes cellules, non small cell, adénocarcinome). Dans toute la cohorte suivie (Marines/Navy) le risque de « cancer du sein masculin » augmente aussi[22].
- Pour les travailleurs civils, des excès de risque sont aussi observés pour tous les cancers myéloïdes, le cancer du poumon épidermoïde, ainsi que pour les cancers du sein féminin et canalaire[1] ;
- pour les familles qui ont résidé dans le camp et qui ont été desservies par l'eau contaminée, les cancers de l'adulte n'ont pas été systématiquement étudiés ni suivis. Comme plus de 75 % des soldats suivis qui avaient moins de 60 ans à la fin du suivi, une surveillance épidémiologique prolongée est jugée nécessaire par études[1].
Aspects juridiques
modifierUn acte de justice américain (Camp Lejeune Justice Act du 25 janvier 2022 / H.R. 6482) établit un droit d'action fédéral permettant à toute personne — y compris les vétérans, civils, ayants droit ou personnes exposées in utero — ayant résidé, travaillé ou été exposée au moins 30 jours à l'eau contaminée de Camp Lejeune entre 1953 et 1987, d'intenter une procédure devant le tribunal fédéral du district Est de Caroline du Nord pour obtenir réparation des dommages liés à cette exposition. Cet acte confère à ce tribunal une juridiction exclusive, et interdit toute autre action en responsabilité contre les États‑Unis pour les mêmes faits ; il impose une compensation déduite des prestations déjà reçues (VA, Medicare, Medicaid), supprime certaines immunités fédérales, exclut les dommages punitifs, exige le respect préalable des procédures administratives, et fixe un délai de prescription de deux ans après l'adoption de la loi ou 180 jours après le rejet administratif de la demande[23].
Il précise aussi les normes de preuves attendues (pour démontrer une relation causale ou une relation « probable à un degré au moins égal à celui de l'absence de lien »)[23]. En moins de 2 ans, de 2024 à mi 2026, plus de 300 000 plaintes avec demandes d'indemnisation de la part de personnes ayant bu de cette eau dans le passé. Et les défaillances de surveillance fédérale et militaire qui ont permis à la contamination de persister pendant des décennies sont critiquées, ainsi que les conséquences sanitaires, sociales et juridiques qui en découlent[2].
Les informations papier ont longtemps été d'accès difficiles et largement oubliées après l'inscription du site au National Priorities List en 1989. Elles ont été peu à peu numérisées à partir de la fin des années 1990 par l'ATSDR et d'autres agences fédérales en supports numériques (CD‑ROM) rassemblant des documents militaires et de l'EPA, permettant aux familles et anciens résidents d'examiner de manière indépendante les faits historiques, de contester la version officielle du Marine Corps et de reconstruire une mémoire collective fondée sur des preuves archivistiques[24]. Michael Partain, à l'Université de Floride, a dans sa thèse analysé l'impact de la numérisation des archives analogiques concernant les actions de justice environnementale menées dans l'affaire du Camp Lejeune, et il a proposé des chronologies interactives et un récit communautaire structuré, travail qui a aidé à déclencher plusieurs enquêtes du Congrès sur cette contamination de l'eau et a encouragé l'adoption de mesures législatives offrant réparation aux personnels militaires et à leurs familles exposés[24].
Galerie d'illustrations
modifier- Détachement motorisé de marines (New River Barracks, 1942)
- Réservistes amérindiennes au camp, en 1943
- Betty Grable en visite au camp (1942)
- Soldats du Royal Bermuda Regiment à l'USMC, et hélicoptère CH-46 Sea Knight (1994)
- Soldats du Royal Bermuda Regiment (champ de tir de Stonebay, 12 mai 2021)
- Marines au Camp Lejeune (2008)
- Barack Obama en visite au Camp Lejeune (2009)
- Tournoi de golf féminin, sponsorisé par Paradise Point Golf Course et le Marine Corps Community Services
Commandements résidents
modifier- II Marine Expeditionary Force
- Marine Corps Forces Special Operations Command
- 2nd Marine Division
- 2nd Marine Logistics Group
- 2nd Marine Expeditionary Brigade
- 22nd Marine Expeditionary Unit
- 24th Marine Expeditionary Unit
- 26th Marine Expeditionary Unit
- 2nd Reconnaissance Battalion
- 2nd Intelligence Battalion
- Marine Corps Installations East
- Marine Corps Engineer School
- United States Marine Corps School of Infantry
- Marine Corps Combat Service Support Schools
- Reserve Support Unit
- Naval Hospital Camp Lejeune
- Field Medical Training Battalion (FMTB)
- Joint Maritime Training Center (USCG)
- Marine Special Operations Regiment
- Marine Special Operations Support Group
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Marine Corps Base Camp Lejeune » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Frank J. Bove, April Greek, Ruth Gatiba et Betsy Kohler, « Cancer Incidence among Marines and Navy Personnel and Civilian Workers Exposed to Industrial Solvents in Drinking Water at US Marine Corps Base Camp Lejeune: A Cohort Study », Environment Health Perspective, vol. 132, no 10, , p. 107008 (ISSN 1552-9924, PMID 39446420, PMCID 11500795, DOI 10.1289/EHP14966, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 (en) Kaitlyn N. Helt, « Boots on the Ground, Toxins in the Water: A Look Into the Present State of Camp Lejeune Water Contamination », Villanova Environmental Law Journal, vol. 37, no 1, 2026, p. 139 (ISSN 1049-2631) [lire en ligne].
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Richardson R (2011). Marine Corps Base Camp Lejeune, PDF ; https://www.lejeune.marines.mil/Portals/27/Documents/EMD/Cultural-Resources/ICRMP/MCBCL%202011%20ICRMP_SEARCH_Redact_opt.pdf.
- 1 2 (en) « Camp Lejeune | MilitaryINSTALLATIONS » [archive du ], sur installations.militaryonesource.mil (consulté le ).
- ↑ (en-US) Only in Onslow, « Camp Lejeune », sur Only In Onslow, (consulté le ).
- 1 2 3 (en) « Camp Lejeune Housing Info & Resources | Military Installations » [archive du ], sur installations.militaryonesource.mil (consulté le ).
- 1 2 (en) « History of Camp Lejeune », sur lejeune.marines.mil (consulté le ).
- ↑ (en-US) « History » [archive du ], sur www.lejeune.marines.mil (consulté le ).
- ↑ (en-US) Estes Thompson, « 14 Killed in Marine Copter Crash in N.C.; 2 Injured », sur Los Angeles Times, (consulté le ).
- ↑ (en) Shawn Snow, « $3.6 billion price tag to rebuild Lejeune buildings damaged by Hurricane Florence », sur Marine Corps Times, (consulté le ).
- ↑ Emily Pesicka et Daniel Eisenberg, « Surprise Impacts on Infrastructure Resilience: A Case Study of Hurricane Florence and Marine Corps Base Camp Lejeune », IEEE Xplore, vol. 72, , p. 1500–1518 (ISSN 1558-0040, DOI 10.1109/TEM.2025.3556568, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Christensen, N. L., Cunningham, P. A., Matthews, K., Anderson, I. C., Brush, M. J., Cohen, S., ... & Walters, J. R. (2021). Ecosystem-based management for military training, biodiversity, carbon storage and climate resiliency on a complex coastal land/water-scape. Journal of environmental management, 280, 11175| url=https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S03014797203168075.
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- 1 2 3 4 5 6 Bove FJ, Ruckart PZ, Maslia M, Larson TC. (2014) Mortality study of civilian employees exposed to contaminated drinking water at USMC Base Camp Lejeune: a retrospective cohort study. Environ Health 13:68, PMID: 25115749, 10.1186/1476-069X-13-68
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Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLien externe
modifierBibliographie
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