Camp chantier

patrimoine a pour principal but d’œuvrer, grâce à de jeunes bénévoles,à la restauration d'un monument en péril par des ateliers allant de la taille de pierre à la maçonnerie.

Un camp-chantier patrimoine vise principalement à restaurer un monument en péril, avec le soutien de jeunes bénévoles. Les activités englobent divers ateliers, tels que la taille de pierre et la maçonnerie. Ce type de projet est fréquemment désigné sous le nom de « chantier international » ou « chantier de jeunes bénévoles », ou sous le terme anglais : « international workcamp ».

Maçonnerie sur le château-fort de Briançon avec le Club du vieux manoir.

Un chantier de jeunes bénévoles représente une forme de volontariat international ; des groupes de volontaires issus de différents pays collaborent et cohabitent en équipe pendant une courte période, généralement d'une à trois semaines. Ces chantiers ont été lancés en 1920, pour rassembler des individus, promouvoir la compréhension internationale et contribuer aux efforts de réconciliation.

L'historique

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Restauration d'un lavoir au chantier international à Barbaste en août 2013 avec l'association Concordia.

La notion de « chantier de jeunes » a été au départ appelée désignée comme « chantier de volontaires[1] ».

Le concept naît avec le S.C.I. (Service civil international) et le Y.A.P. (Youth Action for Peace), en 1920, à Verdun, sous l'impulsion du Suisse Pierre Cérésole. Le « chantier international » avait pour but de faire se rencontrer des jeunes de nationalités différentes, faciliter le rapprochement et contribuer à la paix. Le contexte n’était pas historique ou patrimonial ; conçu comme des projets internationaux, l’optique sociale et éducative était réelle.

Après la Seconde Guerre mondiale, soutenues par les instances ministérielles et les collectivités locales, de nombreuses associations ont poursuivi ce type d’engagement. L’association Concordia est née en 1950 ; plusieurs membres de nationalités différentes veulent faire valoir la tolérance, la paix, par le biais des chantiers internationaux de bénévoles. L'expérience avait été lancée au Royaume-Uni par le Maréchal Montgomery. En 1952, le Club du vieux manoir est né sous l’impulsion de Maurice Duton, sur le site du Château fort de Guise. En 1953, Alpes de Lumière est née pour valoriser et promouvoir le patrimoine de Provence. En 1957, est né Les Compagnons Bâtisseurs. En 1962, est né l'UNAREC (union nationale des associations régionales études et chantiers). En 1966, est née l'union Rempart sur l'impulsion du Touring club de France. Ces associations sont encouragées par la création d’instances administratives, d’émissions de télévision : Chefs-d'œuvre en péril, présentée par Pierre de Lagarde, par exemple.

Aujourd’hui, de nombreuses associations de jeunes bénévoles œuvrent pour le patrimoine ou la culture en général, comme l’association nationale Chantiers Histoire & Architecture Médiévales (C.H.A.M.), créée en 1980, qui organise des chantiers en France métropolitaine et en Outre-Mer.

Les années 1960 et surtout post 68, les chantiers ayant pour thème l'environnement, le développement rural, se développent. Des expériences plus collectives sont menées (chantier à la Roquette par Concordia ou encore le chantier de jeunes du Viel Audon en Ardèche, dans la mouvance communautaire des années 1970).

Le cadre législatif

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Pendant longtemps, les activités de chantiers de bénévoles n’ont fait l’objet d’aucune législation. Accueillir des jeunes mineurs a obligé les instances administratives à statuer sur cette activité.

Deux textes définissent alors le chantier de jeunes bénévoles, ses caractéristiques, ses relations avec le monde administratif et les moyens de son évaluation. Le , un arrêté fait entrer les chantiers de jeunes bénévoles dans la catégorie des « séjours spécifiques »[2].

Cette modification amène la mise en place d’une charte nationale des chantiers de bénévoles[3]. Elle définit les objectifs et particularités du chantier de bénévoles, mais aussi l’encadrement, l’organisation, la sécurité et les modalités spécifiques quant à l’accueil de mineurs. Ces textes peuvent paraître tardifs mais l’accueil de mineurs faisait l’objet d’une réglementation plus ancienne ; toute structure accueillant des mineurs était tenue d’appliquer la législation en vigueur. Un point important qualifie le chantier de jeunes bénévoles : le bénévolat, le volontariat. L’acte d’échange prend toute son importance.

Le Texte de Cotravaux sur le volontariat paru en donne une définition du volontariat[4].

Tout chantier de jeunes souhaitant bénéficier d’une reconnaissance par les instances de l’État doit présenter un programme pédagogique, ou projet pédagogique ; il fixe les modalités d’actions, les caractéristiques du chantier, les objectifs pédagogiques, ainsi que les critères de leurs évaluations. Toute association doit obligatoirement posséder une assurance, pour pratiquer l’activité de chantier. L’assurance sera souscrite par l’organisateur auprès d’un organisme agréé, mais également par le participant auprès de l’organisateur, sous forme de cotisation ou autre.

La taille de pierre traditionnelle

Les acteurs d’un chantier de jeunes

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Le public

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Notion constante, l’expérience doit être ouverte à tous, sans qualifications particulières ; les seuls impératifs sont la motivation, le volontariat et un certificat médical d’aptitude à la vie en collectivité et aux activités de chantier. L’âge peut varier selon les organismes et les chantiers.

Un chantier peut accueillir des mineurs dès 14 ans ; des chantiers « ados » spécifiques existent pour des groupes non-adultes ; un chantier accueille le plus souvent des majeurs entre 18 et 35 ans, même si le chantier n'a pas de restriction supérieure au niveau de l'âge.

La législation statue sur des cas de mixités en faisant appliquer la loi concernant l’accueil des mineurs. Des mineurs peuvent être accueillis à partir de 13 ans dans le cadre d’un projet pédagogique précis et argumenté. Dans certains chantiers, l’accueil de majeurs sera privilégié, celui de mineurs exceptionnel. Ce sont des chantiers très techniques, ou en fonction du projet éducatif de la structure.

L’encadrement pédagogique et technique

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Restauration d'une église au chantier international à Saint-Martin-d'Armagnac en août 2019 avec Concordia.

La technicité des activités proposées demande un encadrement de qualité et expérimenté. Ce dernier peut être soit bénévole, soit salarié. Mais dans tous les cas, il doit être formé : à l’accueil de mineurs, à la réglementation en vigueur, aux différentes techniques, des plus simples (mise en valeur paysagère, etc.) aux plus complexes (montage d’échafaudages, mise en place de voûtes, etc.).

Certaines associations ont mis en place des écoles de formation ; le Club du vieux manoir, en 1966, a créé « l’École Pratique de Sauvetage, Restauration et Animation des Monuments Anciens et des Sites ». Ces formations, agréées par les ministères de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie Associative et celui de la Culture permettent de fournir un encadrement formé et apte à prendre les décisions sur le terrain.

Dans le cadre des chantiers ouverts aux mineurs, un paragraphe de la Charte nationale des chantiers de bénévoles précise[5] :

« L'association organisatrice () a recours, soit à des animateurs et directeurs titulaires dun diplôme, titre ou certificat de qualification figurant sur la liste prévue aux articles R. 227-12 et R. 227-14 du Code de laction sociale et des familles, soit à des personnes dont lexpérience et les compétences techniques et pédagogiques répondent à lobjet particulier du chantier ou qui ont suivi des formations reconnues dans le secteur considéré. »

Lors de camps, chantiers de jeunes mineurs, la présence de directeurs et d’animateurs est une obligation. L’encadrement spécifique inclut aussi des « jeunes qualifiés » : sans posséder les brevets ou diplômes requis, ils possèdent l’expérience de par leur ancienneté, implication et formation au sein d’une école de formation.

Les partenaires

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Un chantier international nécessite pour sa réalisation diverses collaborations. Des partenaires multiples gravitent autour de l’organisateur et sont appelés à jouer un rôle dans les étapes du chantier. Union européenne, Jeunesse et Vie associative, Ministère de la Culture : D.R.A.C (Direction Régionale des Affaires Culturelles), S. T. A. P. (Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine), M.H. (Monuments historiques), collectivités territoriales (conseils régionaux, Conseils généraux, Communautés de communes, Communes), interviennent pour donner des avis, des conseils, des autorisations. Leur action est également nécessaire pour obtenir notamment des financements, sous forme de subventions.

Les interlocuteurs

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En plus des partenaires habituels, le chantier de jeunes bénévoles interagit avec divers interlocuteurs : maires de communes, offices de tourisme, personnels des ministères de tutelle. Ils définissent les obligations, les attentes de chaque partie, les informations sur un site, un chantier. Certains de ces interlocuteurs qui vont recevoir la proposition du chantier de jeunes bénévoles par la structure organisatrice. Ensuite, est mis en place un protocole d’intervention, et, dans certains cas, une action concrète. Parler des « chantiers de jeunes » en général ne permet pas de définir des spécificités. Sous ce nom, diverses activités peuvent être proposées.

Des chantiers concernent directement la mise en valeur et l’animation de l’environnement culturel et patrimonial. Peuvent être mis dans cette catégorie les chantiers de restauration et de sauvegarde du patrimoine, les chantiers de restitutions archéologiques[6]. S'y trouvent aussi les chantiers concourant à l’animation et à la connaissance d’un site en particulier, à sa mise en valeur touristique et architecturale.

Un second type de chantier de jeunes concerne directement la protection et la promotion de l’environnement sous tous ses aspects (Instr. 01-241 du [7]). Ainsi « les chantiers de restauration et de sauvegarde du patrimoine naturel, les chantiers ayant trait à l'aménagement du cadre de vie, aux problèmes de pollution et de déchets, aux aménagements favorisant l'accueil du public dans les espaces naturels. Ainsi que les chantiers qui s'appliquent à des actions d'information et de sensibilisation à l'environnement, intégrant et illustrant la notion de développement durable ».

Notes et références

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Bibliographie

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  • Guide illustré du chantier de jeunes, Paris, Le Club du Vieux Manoir, , 18 p.
  • Arnaud Loustalot, Une solidarité en chantier: histoire des Compagnons Bâtisseurs, Paris, INJEP, , 18 p.

Articles connexes

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Liens externes

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