Camp de Luka
Le camp de Luka est un camp de concentration mis en place par les forces serbes de Bosnie dans la municipalité de Brčko, durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Il est principalement destiné à l'internement de civils Bosniaques et Croates de Bosnie-Herzégovine.
| Camp de Luka | ||
Maquette de camp exposée au Musée des crimes contre l'humanité et du génocide. | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Type | Camps de concentration | |
| Gestion | ||
| Date de création | Mai 1992 | |
| Géré par | Forces Serbes de Bosnie | |
| Date de fermeture | Juillet 1992 | |
| Victimes | ||
| Type de détenus | Bosniaques et Croates de Bosnie-Herzégovine | |
| Géographie | ||
| Pays | Bosnie-Herzégovine | |
| Localité | Brčko | |
| Coordonnées | 44° 52′ 50″ nord, 18° 48′ 58″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Bosnie-Herzégovine
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Contexte
modifierAfin d'atteindre l'objectif stratégique d'homogénéiser les territoires revendiqués comme serbes, la région de Brčko est occupée en avril 1992 par l'Armée populaire yougoslave (JNA) et des formations paramilitaires serbes[1]. Cette prise de contrôle est suivie d'une campagne de nettoyage ethnique visant la population civile non serbe et de la création de plusieurs camps de détention, dont celui de Luka.
À la mi-mai 1992, les unités de la JNA stationnées en Bosnie-Herzégovine sont intégrées aux forces de la future Armée de la République serbe de Bosnie (VRS), tandis qu'une minorité des effectifs se retire en Serbie. Appuyées par diverses formations paramilitaires, les autorités serbes poursuivent alors les opérations de nettoyage ethnique dans la région.
Le camp
modifierDe mai à juillet 1992, les forces serbes détiennent des centaines de Bosniaques et de Croates de Bosnie-Herzégovine dans le camp de Luka, installé dans un entrepôt situé sur les rives de la Save, à Brčko. Les détenus y sont maintenus sous surveillance armée dans des conditions inhumaines[2].
Au début de son fonctionnement, le camp est placé sous l'autorité de Goran Jelisić. Les gardiens sont principalement des soldats serbes originaires de Serbie, de Bijeljina et de Brčko.
Selon les jugements du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), des membres des « Bérets rouges », des hommes d'Arkan, des policiers de Brčko ainsi que des membres de la JNA participent aux arrestations et à la détention de centaines de civils non serbes. Parallèlement, de nombreuses habitations, ainsi que la plupart des mosquées et des églises catholiques de la région, sont détruites.
Les détenus se voient confisquer leurs objets de valeur avant d'être entassés dans un hangar surpeuplé aux conditions sanitaires déplorables[3]. Ils dorment sur des cartons ou directement sur le sol en béton.
Les prisonniers sont quotidiennement soumis à des mauvais traitements et à des actes de torture de la part des gardiens. Ils sont régulièrement battus, en particulier par Goran Jelisić et Ranko Češić, tandis que plusieurs femmes détenues sont victimes de viols[4].
À de multiples reprises, des groupes de détenus sont emmenés hors du hangar pour être exécutés sommairement, parfois par Goran Jelisić lui-même[5].
Le nombre exact de victimes demeure difficile à établir. Selon les jugements du TPIY, plus de 130 détenus auraient été tués dans le camp de Luka[4].
Procès
modifierLe , Goran Jelisić est reconnu coupable de crimes contre l'humanité et de violations des coutumes de la guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et condamné à 40 ans de prison[4].
En , Ranko Češić plaide coupable de 10 meurtres et de deux agressions sexuelles commis au camp et est condamné à 18 ans de prison[6].
Le , Branko Pudić, gardien du camp, est inculpé pour avoir « pratiqué la torture quotidiennement, infligé des traitements inhumains et des souffrances à la population civile du camp ».
Le , Monika Karan-Ilić (née Simeunović), complice et « petite amie » de Goran Jelisić à l'époque, est arrêtée, soupçonnée de crimes de guerre contre des non-Serbes au sein du camp[7]. En 2013, elle a été reconnue coupable de mauvais traitements infligés aux détenus et condamnée à quatre ans de prison[8]. Sa peine est ensuite réduite à deux ans et demi, et elle est depuis libérée[9].
Voir également
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Luka camp » (voir la liste des auteurs).
- ↑ TPIY, « Le Procureur c/ Mićo Stanišić et Stojan Župljanin, jugement, tome I », , p. 406-408, paragraphes 1051-1055
- ↑ ICTY, « Le Procureur c/ Goran Jelisić alijas »Adolf », Ranko Češić, Acte d’accusation »
- ↑ (en) Human Rights Watch, « HRW reports », p. 196
- 1 2 3 TPIY, « Le Procureur c/ Mićo Stanišić et Stojan Župljanin, jugement, tome I », , p. 420-437, paragraphes 1079-1122
- ↑ ICTY, « Goran Jelisić, Brčko (IT-95610), Fiche informative »
- ↑ ICTY, « Judgement in the Case the Prosecutor v. Ranko Cesic: L’accusé condamné à 18 ans d’emprisonnement »,
- ↑ (en) « Monika Ilic -accusatcal Justice – Brcko district: Indictment Against Monika Ilic Confirmed »,
- ↑ (en) « Sentence against Monika Karan-Ilic Reduced »,
- ↑ (en) « Bosnian Serb Woman’s Torture Sentence Reduced »,