Camp du Barcarès

camp d'internement au Barcarès (Pyrénées-Orientales)

Le camp du Barcarès est un camp d'internement et de concentration français où de nombreux exilés républicains espagnols de la Retirada ont été prisonniers après la guerre d'Espagne, à l'arrivée au pouvoir par la force des nationalistes espagnols de Franco et la chute de la Catalogne en 1939. Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert au régime de Vichy pour l'internement des Manouches.

Camp de concentration du Barcarès
El Barcarès 13.jpg
Monument aux volontaires étrangers, au camp du Barcarès.
Gestion
Date de création février 1939
Date de fermeture 1942
Victimes
Nombre de détenus 80 000
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pyrénées-Orientales
Localité Le Barcarès
Coordonnées 42° 47′ 16″ nord, 3° 02′ 12″ est
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Orientales
(Voir situation sur carte : Pyrénées-Orientales)
Camp de concentration du Barcarès
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
(Voir situation sur carte : région Occitanie)
Camp de concentration du Barcarès
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Camp de concentration du Barcarès

Situation

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Le camp est situé au nord de la ville du Barcarès, directement sur la plage[1].

Histoire

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Construit en quatre semaines, il ouvre le [2]. Initialement considéré comme un camp provisoire, il se compose de baraquements bâtis sur le sable de la plage et abrite des réfugiés dans des conditions très difficiles. Ces réfugiés proviennent généralement de deux autres camps des Pyrénées-Orientales : Argelès et Saint-Cyprien. À l'origine prévu pour 31 500 personnes, il compte en , entre 60 000 et 80 000 personnes réparties dans 18 blocs de 25 baraquements chacun[3]. Le périmètre du camp était gardé par les forces françaises et nul n’était autorisé à le quitter sans autorisation.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il devint également un camp d'entraînement pour divers volontaires du camp afin de lutter contre l'invasion nazie[4]. En , le camp est placé sous autorité militaire afin de former trois régiments de soldats[5].

Après l'armistice de 1940, le camp continue d'être utilisé comme camp d'internement. Il sert à emprisonner ceux qui vivent en nomades principalement les Manouches et les Sintés d'Alsace, expulsés par les Allemands[6],[3]. Outre le camp de Saliers, c'est le plus grand camp de ce type en France non occupée[6]. Il y a eu, dans certains cas, des transferts de travailleurs forcés et des déportations vers l'Est, mais aucune déportation vers Auschwitz[6]. Le camp est dissous à la fin de 1942 et les 456[7] internés restants sont transférés vers d'autres camps[3].

Le peintre et dessinateur Josep Subirats (es), emprisonné dans le camp, en a laissé un témoignage documentaire qui a été exposé en 2011[8] au Musée mémorial de l'exil à La Jonquera. L'artiste et poète d'origine andalouse Manolo Valiente (1908-1991) a également fait l'objet d'une exposition en 2009 à la Maison des Arts du Barcarès, présentant les œuvres qu'il a peintes dans le camp sur des objets qu'il a ramassés sur la plage : morceaux de bois, pierres ou os polis[9].

Déportés et résistants célèbres

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Notes et références

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  1. « Réfugiés espagnols pendant leur transfert au camp du Barcarès (Pyrénées-Orientales) | Musée de l'histoire de l'immigration | Palais de la Porte Dorée », sur www.histoire-immigration.fr (consulté le )
  2. « Les camps d'internement français entre 1939 et 1945 : Camp de BARCARES », sur www.apra.asso.fr (consulté le )
  3. 1 2 3 « Camp du Barcarès (Pyrénées-Orientales) 1939 - 1942 », sur Mémorial des Nomades et Forains de France (consulté le ).
  4. Mestre i Campi 1998.
  5. (de) « Le Barcarès », sur gedenkorte-europa.eu (consulté le ).
  6. 1 2 3 (de) Karola Fings, Sinti und Roma Geschichte einer Minderheit, Munich, Verlag C. H. Beck, coll. « C. H. Beck Wissen », (ISBN 978-3-406-69848-4), chap. 2707, p. 71.
  7. « Project MUSE -- Verification required! », sur muse.jhu.edu (consulté le )
  8. (ca + fr) « Exposició: Josep Subirats. Periple d'un artista: del front als camps de concentració i dels batallons de treballadors als suburbis de Barcelona (1936-1941) », sur museuexili.cat, (consulté le ).
  9. (ca) Valèria Gaillard, « El Barcarès recorda el camp de refugiats amb una exposició de Manolo Valiente », sur museuexili.cat, (consulté le ).
  10. Jacques Issorel, « Manolo Valiente, Du Barcarès à Bram et d’Argelès au Barcarès… Un artiste en camp de concentration (1939-1942). Del Barcarès a Bram i d’Argelers al Barcarès… Un artista als camps de concentració (1939-1942):Mare Nostrum, Perpignan, 2010 », Bulletin Hispanique, vol. 1122, no 2, , p. 858–859 (ISSN 0007-4640, DOI 10.4000/bulletinhispanique.1297, lire en ligne, consulté le )
  11. « 05 juillet 1939: EULALIO FERRER raconte sa vie au CAMP du BARCARÈS », sur Un Monde de Papiers, (consulté le )
  12. Eric Forcada, « Des baraques du Barcarès au Barraquisme de Barcelone. Josep Subirats : visions et représentation des déplacements forcés dans l'après Guerre Civile (1939-1951) », dans Michel Cadé (ed.), Chemins d'exils, chemins des camps, Editions Trabucaire, , 184 p. (ISBN 978-2-84974-214-3, présentation en ligne), p. 75-96

Annexes

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Bibliographie

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  • Monique Lise Cohen et Éric Malo, Les camps du Sud-Ouest de la France: exclusion, internement et déportation, 1939-1944, Toulouse, Éd. Privat, (ISBN 2708953753).
  • Geneviève Dreyfus-Armand et Émile Temime, Les Camps sur la plage, un exil espagnol. Français d'ailleurs, peuple d'ici, Paris, Éditions Autrement, (ISBN 2862605441).
  • (es) David Tormo, Els camps de refugiats. La Guerra Civil: balanç final. D'Argelers a el Barcarès, Barcelone, Edicions 62, (ISBN 9788429757873)
  • (es) Josep Rubió i Cabeceran, Camp Definitiu : Diari d'un exiliat al Barcarès Valls, Cossetània, , 143 p. (ISBN 9788497917667)
  • (ca) Jesús Mestre i Campi (rédacteur), Diccionari d'Història de Catalunya, Edicions 62, , 1147 p. (ISBN 84-297-3521-6), « Barcarès, el », p. 97.

Articles connexes

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Liens externes

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