Canal Gand-Terneuzen
Le canal Gand-Terneuzen[1] ou Canal Gand-Terneuse[2],[3],[4],[5] (en néerlandais : Kanaal Gent-Terneuzen) est un canal à grand gabarit (classe VI, plus de 6 000 tonnes). Il relie Gand (province de Flandre-Orientale, Belgique) à l'estuaire de l'Escaut occidental (Westerschelde), à proximité de la ville de Terneuzen (en Flandre zélandaise, Pays-Bas). Il permet aux navires venant de la mer du Nord de se rendre au port de Gand (troisième port belge), sans passer par Anvers[6].
| Canal Gand-Terneuzen Kanaal Gent-Terneuzen | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | Belgique et Pays-Bas |
| Coordonnées | 51° 08′ 48″ N, 3° 46′ 57″ E |
| Début | Port de Gand |
| Fin | Escaut occidental à Terneuzen |
| Traverse | Flandre-Orientale et Zélande |
| Caractéristiques | |
| Statut actuel | En service |
| Longueur | 31 [1] km |
| Gabarit | VI |
| Infrastructures | |
| Écluses | 4 |
| Histoire | |
| Année début travaux | 1823 |
| Année d'ouverture | 1827 |
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Histoire
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Le canal a été creusé entre 1823 et 1827, à l'initiative de Guillaume Ier, le roi du Royaume uni des Pays-Bas dont la Belgique faisait partie à l'époque.
À la suite de la révolution belge de 1830, la navigation fut interrompue après le déclenchement de la guerre belgo-néerlandaise qui mena à l'indépendance de la Belgique le , les Pays-Bas ayant bloqué l'accès de l'Escaut occidental. La navigation fut rétablie en 1841.
L’amélioration ultérieure du canal de Gand–Terneuzen fut réglée par les lois du (Pays-Bas) et du (Belgique).
Le , les travaux furent mis en adjudication pour la construction d’une écluse dans le canal latéral à l’est de Sas de Gand, ainsi que pour l’élargissement et l’approfondissement du canal sur le territoire néerlandais. La société Ackermans & Van Haaren participa à cette adjudication. En , Nicolaas van Haaren sollicita l’approbation rapide de l’adjudication du , étant déjà en négociation avec des fournisseurs pour le matériel requis. Après que Charles-Xavier Sainctelette, ministre belge des Travaux publics, eut accordé l’autorisation au nom de son gouvernement, les travaux furent attribués.
La construction de l’écluse et du pont tournant en fer fut confiée à Célestin Poiry et à la maison Simon Frères d’Anvers. Nicolaas van Haaren et Hendrikus Theodorus Wiegerinck obtinrent l’adjudication des travaux de creusement du canal latéral à l’est de Sas de Gand, ainsi que de l’élargissement et de l’approfondissement de la section néerlandaise du canal, pour un montant total de 406 000 florins néerlandais. Les travaux devaient être achevés au plus tard en . Cornelis van Haaren, frère de Nicolaas, et Wannerus Jacobus Wiegerinck se portèrent caution personnelle pour les deux entrepreneurs ; leur solvabilité fut attestée par les bourgmestres de Kerkdriel et de Groenlo.
Le bras oriental du canal à l’est de Sas de Gand, comprenant la nouvelle écluse, fut achevé le . À cette date, le canal présentait une profondeur de 6,5 mètres, une largeur au fond de 17 mètres et une largeur au miroir d’eau de 68 mètres.
En raison de l’augmentation constante des dimensions des navires de mer et du remplacement progressif des voiliers par des navires à vapeur sensiblement plus grands, il devint manifeste que Gand aurait des difficultés à maintenir sa position concurrentielle avec le canal existant. De nouvelles négociations furent dès lors engagées avec les Pays-Bas en vue de nouvelles adaptations du canal de Gand–Terneuzen.
Le , la Belgique et les Pays-Bas conclurent une convention prévoyant l’exécution de vingt et un travaux d’amélioration du canal de Gand–Terneuzen, notamment à Terneuzen, Sluiskil et Sas de Gand. Après l’approbation de ce traité par le Parlement néerlandais le , les travaux furent progressivement mis en adjudication.
La nouvelle écluse de Terneuzen fut mise en adjudication à la fin de l’année 1900. Le marché comprenait notamment la construction de l’écluse à l’ouest de Terneuzen, les têtes d’écluse à l’est de Sas de Gand, les portes d’écluse et la superstructure du pont tournant à Sas de Gand, les travaux à Sluiskil, les superstructures des ponts (un pont ferroviaire et un pont routier) à Sluiskil, le canal de raccordement, les digues portuaires ainsi que le pont tournant de Terneuzen.
Les adjudications de 1901 pour la nouvelle écluse de Terneuzen et celles de 1904 relatives aux travaux d’amélioration du canal de Gand–Terneuzen et aux superstructures des ponts de Sluiskil furent attribuées à deux entrepreneurs belges : Auguste Medaets, de Schaerbeek, et Hippolyte De Clercq, d’Uccle. Le montant total des marchés s’élevait à 2 791 900 florins néerlandais. Hendrik Willem Ackermans (domicilié à Kerkdriel et résidant à Anvers) — qui séjourna de mai à fin chez Jacobus van Haaren à Rosario de Santa Fé, en Argentine, pour le suivi de travaux d’ingénierie hydraulique — et Nicolaas van Haaren (Nimègue) se portèrent chacun caution personnelle pour ces entrepreneurs. Leur solvabilité fut confirmée par le bourgmestre de Driel auprès du commissaire de la Reine en Zélande.
À la suite du décès de Nicolaas van Haaren en , une nouvelle caution dut être constituée. C. van der Hooft, de Terneuzen, accepta d’assumer ce rôle, mais uniquement pour une partie des travaux à exécuter. Pour les autres travaux, aucun garant ne put être trouvé aux Pays-Bas. Contrairement à la Belgique, où une caution commerciale suffisait, les Pays-Bas exigeaient également une caution personnelle. L’ingénieur en chef proposa dès lors au ministre de ne plus exiger de nouvelles cautions pour les travaux restants.
Les travaux furent exécutés dans les zones interdites de la place fortifiée de Neuzen, pour lesquelles l’autorisation du ministre de la Guerre était requise. En , les entrepreneurs Medaets et De Clercq introduisirent une demande d’indemnisation pour les surcoûts et les retards occasionnés par l’application de la nouvelle loi relative aux travaux exécutés sous des pressions supérieures à la pression atmosphérique, destinée à protéger les ouvriers travaillant dans les caissons.
Géographie
modifierLe canal a une longueur de 31 kilomètres[1] : 15 en Belgique[1] et 16 aux Pays-Bas. Son parcours compte trois écluses à Terneuzen et une à Gand, ainsi que deux écluses à l'entrée des cales sèches.
Bibliographie
modifier- Dirk Podevijn, Hendrik Willem Ackermans. Carnets d’un pionnier de l’industrie 1887-1937. Anvers, 2013.(ISBN:D/2013/0012/53)
- Dirk Podevijn, Ackermans & van Haaren en Belgique et aux Pays-Bas. Une entreprise mondiale sous pavillon belge . Anvers, 2024.(ISBN: 978-94-6436-817-8)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4
- ↑
- ↑ « Belgique: 60 milliards de projets proposés à l’Union européenne », sur Le Soir Plus (consulté le )
- ↑ « Les projets flamands plus stratégiques », sur Le Soir Plus (consulté le )
- ↑ « Une semaine infernale pour la Commission Juncker », sur Le Soir Plus (consulté le )
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