Chacal à flancs rayés
Lupulella adusta
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Carnivora |
| Famille | Canidae |
| Tribu | Canini |
| Sous-tribu | Canina |
| Genre | Lupulella |
Répartition géographique
- Canis adustus Sundevall, 1847 (Protonyme)[1]
- Vulpes adusta (J. E. Gray, 1869) [1]
- Canis lateralis P. L. Sclater, 1870 [1]
- Canis holubi von Lorenz-Liburnau, 1895 [1]
- Canis wunderlichi Noack, 1897 [1]
- Canis kaffensis O. R. Neumann, 1902 [1]
- Thous adustus (E. Heller, 1914) [1]
- Thous adustus bweha E. Heller, 1914 [1]
- Thous adustus notatus E. Heller, 1914 [1]
- Canis adustus centralis E. Schwarz, 1915 [1]
- Chaeffia adusta (A. Roberts, 1937) [1]
- Thous antiquus Broom, 1937 [1]
- Thous adustus adustus (G. M. Allen, 1939) [1]
- Thous adustus centralis (G. M. Allen, 1939) [1]
- Thous adustus kaffensis (G. M. Allen, 1939) [1]
- Thous adustus lateralis (G. M. Allen, 1939) [1]
- Canis adustus adustus J. Eric Hill & T. D. Carter, 1941 [1]
- Canis adustus bweha Setzer, 1956 [1]
- Canis adustus namrui Setzer, 1969 [1]
- Canis adustus kaffensis Coetzee, 1971 [1]
- Canis adustus lateralis Coetzee, 1971 [1]
- Canis adustus notatus Wozencraft, 2005 [1]
- Lupulella adustus Geraads, 2011 [1]
- Lupulella adusta Mammal Diversity Database, 2024 [1]
Le Chacal à flancs rayés, également connu sous le nom de Chacal rayé ou strié (Lupulella adusta), est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Canidés. Ce chacal, du genre Lupulella, présent en Afrique centrale et australe en bien plus rare que son cousin le Chacal à chabraque et réputé bien moins agressif que ce dernier.
Taxonomie
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| Arbre phylogénétique des Canidés lupoïdes avec datation en millions d'années | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Le zoologiste suédois Carl Jakob Sundevall a nommé l'espèce Canis adustus en 1847[2]. En 1906, le zoologiste allemand Max Hilzheimer a proposé de classer l'espèce dans un genre distinct sous le nom de Schaeffia adusta[3].
Les restes fossiles du chacal à flancs rayés remontent à l'époque du Pliocène[4]. L'alignement des séquences d'ADN mitochondrial des canidés lupoïdes indique que le chacal à flancs rayés et le Chacal à chabraque sont les membres les plus basaux de ce clade, ce qui suggère une origine africaine pour ce groupe [5],[6].
En 2019, un atelier organisé par le Groupe de spécialistes des canidés de l'UICN a recommandé que, l'ADN montrant que le chacal à flancs rayés et le chacal à chabraque forment une lignée monophylétique située en dehors du clade Canis/Cuon/Lycaon, ils soient placés dans un genre distinct, Lupulella Hilzheimer, 1906, sous les noms de Lupulella adusta et Lupulella mesomelas[7].
Cependant, des études indiquent que la dentition du chacal à flancs rayés diffère de celle du chacal à chabraque, proposant ainsi que l'espèce soit plutôt classée comme Schaeffia adusta selon la proposition de Hilzheimer en 1906[8],[9]. Le chacal à flancs rayés serait le dernier membre survivant d'un groupe africain dont l'espèce du début du Pliocène, Eucyon khoikhoi, est le membre basal[9],[10]. La découverte récente de E. khoikhoi (vieux de 5 millions d'années) soutient la radiation proposée du genre Eucyon, partant de E. ferox en Amérique du Nord vers E. davisi (Amérique du Nord puis Chine), puis vers E. debonisi en Europe de l'Ouest, pour finir avec E. khoikhoi en Afrique[9].
Pendant un temps, le chacal à flancs rayés a été décrit comme ayant un certain nombre de sous-espèces : Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[11]en avait identifiés 6, en 2018 José R. Castelló en a identifié plus que 3, mais les sources les plus récentes n’en identifient aucune[12].
Description
modifierLe chacal à flancs rayés est un canidé svelte de taille moyenne, qui a tendance à être légèrement plus grand en moyenne que le chacal à chabraque. Sa masse corporelle varie de 6,5 à 14 kg, la longueur de la tête et du corps de 69 à 81 cm et celle de la queue de 30 à 41 cm[13]. La hauteur au garrot peut varier de 35 à 50 cm[14].
Son pelage est de couleur gris chamoisé. Le dos est d'un gris plus foncé que le dessous, et la queue est noire avec une extrémité blanche ou argentée très caractéristique, ce qui permet de le distinguer des autres chacals. Des bandes blanches indistinctes sont présentes sur les flancs, s'étendant du coude à la hanche. La netteté de ces marques varie selon les individus, celles des adultes étant mieux définies que celles des juvéniles[15]. Les individus d'Afrique de l'Ouest ont tendance à avoir des rayures plus marquées, tandis que les populations des zones plus humides présentent souvent un pelage plus sombre et plus dense[16].
Le crâne du chacal à flancs rayés est similaire à celui du chacal à chabraque, mais il est plus plat, avec un museau plus long et plus étroit. Sa crête sagittale et ses arcades zygomatiques sont également de constitution plus légère. En raison de son museau allongé, sa troisième prémolaire supérieure est presque alignée avec les autres, plutôt que de former un angle. Sa dentition est parfaitement adaptée à un régime omnivore : les canines longues et courbes possèdent une arête vive sur la surface postérieure, et les incisives externes ressemblent à des canines. Ses carnassières sont plus petites que celles du chacal à chabraque, plus carnivore. Les femelles possèdent quatre tétines inguinales[15].
Variations géographiques
modifierBien que les sous-espèces ne soient plus formellement distinguées, on observe des variations morphologiques notables selon les régions habitées : En Afrique orientale, les individus de cette zone, notamment au Kenya et en Éthiopie, sont souvent les plus grands, avec des oreilles proportionnellement plus longues. En Afrique australe, les spécimens rencontrés du Zimbabwe à l'Afrique du Sud présentent souvent un pelage plus grisâtre et des flancs moins contrastés. En Afrique occidentale et centrale, les individus sont généralement plus petits avec une teinte chamoisée plus prononcée sur les membres[16].
Écologie et comportement
modifierComportement social et reproduction
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Le chacal à flancs rayés vit aussi bien de manière solitaire qu'en groupes familiaux pouvant compter jusqu'à sept individus. L'unité familiale est dominée par un couple reproducteur, qui reste monogame pendant plusieurs années[17]. Il s’agit de l'est l'espèce de chacal la plus discrète et la plus nocturne ; il est rare de l'observer durant la journée, car il préfère rester caché dans les fourrés denses[16].
La période de reproduction dépend de la zone géographique : en Afrique australe, elle s'étend de juin à novembre. La période de gestation est de 57 à 70 jours, avec des portées moyennes de 3 à 6 petits. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle entre 6 et 8 mois et quittent généralement le groupe familial vers l'âge de 11 mois. Le chacal à flancs rayés fait partie des rares espèces de mammifères à s'unir pour la vie.
Contrairement au chacal à chabraque, le chacal à flancs rayés est beaucoup moins agressif et plus tolérant envers ses congénères, ce qui explique pourquoi des groupes plus larges peuvent être observés autour d'une source de nourriture abondante sans conflits majeurs[16].
Régime alimentaire
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Le chacal à flancs rayés est moins carnivore que les autres espèces de chacals. C'est un omnivore hautement adaptable dont les préférences alimentaires changent selon les variations saisonnières et locales[18]. Bien qu'il cherche souvent sa nourriture seul, des groupes allant jusqu'à 12 individus ont été observés se nourrissant ensemble dans l'ouest du Zimbabwe.
Dans la nature, il se nourrit principalement d'invertébrés durant la saison des pluies et de petits mammifères, comme les springhaas, pendant les mois secs. Il récupère fréquemment les restes autour des campements humains et sur les carcasses abandonnées par les plus grands prédateurs. Les fruits sont consommés exclusivement en saison ; dans les zones rurales, ils peuvent représenter jusqu'à 30 % de son apport alimentaire. Son régime est particulièrement riche en insectes (orthoptères, coléoptères) et qu'il apprécie particulièrement les baies sauvages et le maïs dans les zones cultivées[16].
Cette espèce est moins prédatrice que le chacal à chabraque en comparaison. Il ne cible généralement pas de proies dépassant la taille d'un bébé antilope. Une anecdote rapporte même qu'un spécimen est entré dans un enclos à canards pour manger leur nourriture, tout en ignorant totalement les oiseaux eux-mêmes[15].
Parasites
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Side-striped jackal » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Sundevall, 1847. « Nya Mammalia från Sydafrika » Ofv. K. Svenska Vet.-Akad. Forhandl. Stockholm 1846, 3: 121 [1847]
- ↑ (de) M. Hilzheimer, « Die geographische Verbreitung der Afrikanischen Grauschakale », Zoologischer Beobachter, vol. 47, , p. 363–364 (lire en ligne)
- ↑ (en) Guiomar Garrido et Alfonso Arribas, « Canis accitanus nov. sp., a new small dog (Canidae, Carnivora, Mammalia) from the Fonelas P-1 Plio-Pleistocene site (Guadix basin, Granada, Spain) », Geobios, vol. 41, no 6, , p. 751 (DOI 10.1016/j.geobios.2008.05.002)
- ↑ (en) K. Lindblad-Toh, C. M. Wade et T. S. Mikkelsen, « Genome sequence, comparative analysis and haplotype structure of the domestic dog », Nature, vol. 438, no 7069, , p. 803–819 (PMID 16341006, DOI 10.1038/nature04338)
- ↑ (en) Juliane Kaminski et Sarah Marshall-Pescini, The Social Dog: Behavior and Cognition, Elsevier, (ISBN 978-0-12-407931-1), « Chapter 1 - The Social Dog: History and Evolution », p. 4
- ↑ (en) F. Alvares et W. Bogdanowicz, Old World Canis spp. with taxonomic ambiguity: Workshop conclusions and recommendations, IUCN Canid Specialist Group, (lire en ligne)
- ↑ (en) J. Zrzavy et V. Ricankova, « Phylogeny of recent Canidae (Mammalia, Carnivora): relative reliability and the utility of morphological and molecular datasets », Zool. Scr., vol. 33, no 4, , p. 311–333 (DOI 10.1111/j.0300-3256.2004.00152.x)
- 1 2 3 (en) Alberto Valenciano et Jorge Morales, « Eucyon khoikhoi sp. nov. (Carnivora: Canidae) from Langebaanweg 'E' Quarry (early Pliocene, South Africa): the most complete African canini from the Mio-Pliocene », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 194, no 2, , p. 366–394 (DOI 10.1093/zoolinnean/zlab022)
- ↑ (en) Anusuya Chinsami et Alberto Valenciano, « Multiple exostoses and an osteochondroma in a Pliocene canid from Langebaanweg 'E' Quarry (South Africa) », Journal of Anatomy, vol. 247, nos 3–4, , p. 856–868 (DOI 10.1111/joa.14133)
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ (en) Animal: The Definitive Visual Guide to the World's Wildlife, DK Adult, (ISBN 0-7894-7764-5)
- ↑ (en) « Side-Striped Jackal », Botswana Travel Guide (consulté le )
- 1 2 3 (en) IUCN SSC Canid Specialist Group, « Side-Striped Jackal », Wildlife Conservation Research Unit (consulté le )
- 1 2 3 4 5 José. R. Castelló (trad. Anne Saint Girons, préf. Claudio Sillero), Canidés du monde : : Loups, chiens sauvages, renards, chacals, coyotes et apparentés [« Canids of the World: Wolves, Wild Dogs, Foxes, Jackals, Coyotes, and Their Relatives »] [« Canidés du monde : Loups, chiens sauvages, renards, chacals, coyotes et apparentés »], Delachaux et Niestlé, , 332 p. (ISBN 978-2-603-02695-3)
- ↑ (en) « Canis adustus Carl J Sundevall, 1847 », sur The South African Biodiversity Institute Redlist,
- ↑ (en) « Side-Striped Jackal in the Kruger Park », www.krugerpark.co.za (consulté le )
- ↑ Y. J. Golvan, « Acanthocéphales de l'Angola. I. Oncicola angolensis n. sp. (Archiacanthocephala-Pachysentidae), parasite du Chacal, Canis adustus Sundevall », Publicacion Servicos Culturais de la Companhia de Diamantes de Angola. Meseu Dundo Lunda., vol. 34, , p. 39–50
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Lupulella adusta (consulté le )
- (en) Animal Diversity Web : Canis adustus
- (fr + en) ITIS : Canis adustus Sundevall, 1847
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Canis adustus
- (en) NCBI : Canis adustus (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Canis adustus Sundevall, 1847 (consulté le )