Canton 10
Le canton 10, anciennement de Herceg-Bosna, est un canton de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine dont la capitale et la plus grande ville est Livno. Le canton est situé à l'ouest de la Fédération. Il correspond approximativement à la région historique de Tropolje.
| Canton 10 | |
Localisation du canton 10 | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Entité administrative | |
| Premier ministre du canton | Ivan Vukadin (HNP) |
| Démographie | |
| Population | 84 127 hab. (2013) |
| Densité | 17 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 43° 47′ 42″ nord, 17° 02′ 24″ est |
| Superficie | 493 410 ha = 4 934,1 km2 |
| Divers | |
| Carte de Canton de Herceg-Bosna | |
| Liens | |
| Site web | www.vladahbz.com |
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Histoire
modifierHistoire locale
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Occupée à l'origine par les Dalmates, la région du canton de Herceg-Bosna est annexée en 15 après J.-C. par l'Empire romain et forme une partie de la province romaine de Dalmatie. Après l'introduction du christianisme, Delminium (Tomislavgrad) est le siège de l'évêché.

Ces années voient aussi la création de la ville de Livno. En 892, première apparition écrite du nom de Livno qui fut le siège d'un des comitats de royaume des Croates. La région est rattachée au IXe siècle au royaume des Croates puis plus tard, au XIVe siècle au royaume de Bosnie. Après la mort de Tvrtko Ier en 1391, le pouvoir du Royaume de Bosnie décline progressivement et la région et reprise par le royaume de Croatie, l'état distinct du royaume de Hongrie et associé à ce dernier par une union personnelle à travers le roi.
Au XVIe siècle la région est entièrement intégrée pour quatre siècles au sein de l'Empire ottoman. Sous l'Empire ottoman, les paysans restés catholiques ou orthodoxes sont hostiles aux fonctionnaires turcs et aux grands propriétaires islamisés.

Au XIXe siècle, plusieurs soulèvements et rébellions contre les autorités musulmanes ont éclaté en Bosnie-Herzégovine. Souffrant sous l'oppression par les autorités et furieux après que les autorités musulmanes avaient tué le chef spirituel catholique de cette région, Lovro Karaula, prêtre franciscain, les catholiques de Livno se sont soulevés contre la domination ottomane le . Bientôt, les catholiques de toute la région se sont joints à ce soulèvement. Les dirigeants rebelles étaient deux prêtre franciscains, Stjepan Krešić et Bonaventura Šarić-Drženjak. Pour trois ans, le mouvement d'insurrection contrôlait les régions montagneuses de Glamoč, Livno, Kupres et Grahovo. À l'arrivée de l'armée autrichienne dans la région de Livno en 1878, les insurgés remirent leurs armes aux Autrichiens. Les troupes austro-hongroises rencontrèrent dans cette région une opposition, tant de la population musulmane que de la population orthodoxe, livrant batailles dans les environs de Livno. La region est libérée à la fin de l'été de 1878.
L'Autriche-Hongrie occupe militairement la région et la Bosnie-Herzégovine lors du congrès de Berlin de 1878. Cette période est marquée par d'importants changements dans la région qui s'industrialise et s'occidentalise. Sur le plan architectural, de nombreux bâtiments publics étaient construits et nombreux édifices religieux catholiques s'élèvent qui ont été interdits pendant l'ère ottomane.
Histoire du canton
modifierLa Constitution du canton de Herceg-Bosna a été adoptée par l'Assemblée cantonale le [1].
Du fait de son incompatibilité avec la constitution de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine, qui prévoit que les cantons portent un nom fondé sur des repères géographiques ou sur des villes situées sur leur territoire, l’appellation « Herceg-Bosna » est remise en cause. Ce nom dans la constitution du canton, qui renvoie à l’entité croate autoproclamée ayant tenté de faire sécession de la Bosnie-Herzégovine durant la guerre bosno-croate de 1993-1994, est jugé contraire aux dispositions constitutionnelles par la Cour constitutionnelle de la fédération en 1998. En conséquence, le canton doit officiellement changer de dénomination et adopter le nom neutre de « canton 10 »[2],[3]. Cependant, une dizaine d'années plus tard, la décision de la Cour n'est toujours pas appliquée comme le note Dnevni avaz (en) en 2017[4].
Au regard de l’article 10 de la constitution cantonale initiale de 1996, qui ne reconnaissait comme langues officielles que le croate et le bosnien, dans cet ordre, et limitait l’écriture officielle à la seule graphie latine comme deux autres cantons de la fédération, des projets normatifs locaux s’écartaient du cadre constitutionnel cantonal alors en vigueur. C'est notamment le projet de statut de la commune de Bosansko Grahovo, en proclamant le serbe, le croate et le bosnien comme langues officielles, ainsi que le règlement du conseil municipal de Tomislavgrad, en autorisant l’usage institutionnel du serbe et de l’écriture cyrillique[5]. Toutefois, une nouvelle rédaction de l’article 10 intervient en 2005, reconnaît comme langues officielles « celles parlées par les Croates, les Serbes et les Bosniaques » et admet à la fois la graphie latine et la graphie cyrillique, rend a posteriori compatibles avec le cadre cantonal les choix linguistiques opérés dans ces deux municipalités[réf. nécessaire].
En 2012, la possibilité de modifier la constitution cantonale est explicitement écartée par le Bureau du haut représentant en Bosnie-Herzégovine. Ce dernier, Valentin Inzko, rejette la demande formulée par onze députés de l’assemblée cantonale demandant cette modification afin de permettre l’élection du gouvernement à la majorité absolue, et non plus à la majorité des deux tiers. Cette demande intervient dans un contexte de blocage institutionnel prolongé, le canton étant alors le seul du pays à ne pas avoir de gouvernement plus de quinze mois après les élections générales. Le Haut Représentant affirme qu’aucune modification du cadre constitutionnel existant ne peut être envisagée pour surmonter des désaccords politiques, estimant que ceux-ci doivent être résolus par les partis représentés au canton. La constitution reste donc inchangée, malgré l’impasse politique liée notamment au conflit entre le Union démocratique croate de Bosnie-et-Herzégovine (HDZ BiH) et l’Union démocratique croate 1990 (HDZ 1990) sur la désignation du chef du gouvernement cantonal[6].
Géographie
modifierLe canton de Herceg-Bosna est situé l'ouest de la Fédération dans le massif des Alpes dinariques. À l'ouest, il partage ses frontières avec la Croatie. Au nord il est bordé par le Canton d'Una-Sana, à l'est par les cantons de Bosnie centrale et de d'Herzégovine-Neretva et au sud par le canton de Herzégovine de l'Ouest.
Le point culminant du canton est sur l'arête Sud-Est du Veliki Vran à 2 074 m.
La géomorphologie du Canton est de type karstique, ce qui rend difficile la présence d'un grand nombre de lacs et cours d'eau. Malgré cela, on compte un certain nombre de lacs et de rivières dans le canton. Lac de Buško est le plus grand lac entièrement sur territoire de la Bosnie-Herzégovine.
Les principales rivières du canton sont Bistrica, Žabljak et Sturba qui traversent le Poljé de Livno pour se déverser dans le lac de Buško et le Šuica qui traverse le Val-de-Šuica et Poljé de Duvno, pour se déverser finalement dans le lac de Buško.
Climat
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Le canton de Herceg-Bosna est soumis à un climat montagnard. La description du climat reste malgré tout complexe : ce canton est soumis à la fois à des influences continentales (froid l'hiver, chaud l'été) et méditerranéennes (vagues de chaleur et sécheresses en été), auxquelles s'ajoute la présence du relief qui introduit alors une différenciation spatiale à l'origine de nombreux climats locaux et de microclimats.
Démographie
modifierLa répartition des âges dans la population en 2018[7] :
- Moins de 15 ans (15,8 %)
- Entre 15 et 64 ans (68,7 %)
- Plus de 64 ans (15,5 %)
Le canton de Herceg-Bosna compte 84 127 habitants en 2013, soit 2,38 % de la population totale de Bosnie-Herzégovine ; parmi eux, 64 604 (76,79 %) sont croates[8]. Avec 17 habitants par km2, il est le canton dont la densité de population est la plus faible.
76 % de la population revendique l'appartenance au catholicisme, 12 % au christianisme orthodoxe, 10 % à l'islam[9].
Le croate est la langue majoritaire, parlée par 77 % de la population, principalement dans le sud du canton. Le serbe est parlé par 12,7 % de la population, surtout au nord. Le bosnien totalise 9,7 % des locuteurs[9]. Le croate, le serbe et le bosnien sont les trois langues officielles du canton[1].
Éducation
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En canton, le système éducatif comprend neuf années d'école primaire dont la première année correspond à l'école enfantine et donne une instruction préscolaire et dont les objectifs essentiels sont la socialisation, la mise en place du langage, du nombre et du geste graphique. La fin d'école primaire marque la fin de la scolarité obligatoire. En 2017, dans le totalité de 50 écoles primaires, y compris les départements locaux, il y avait 4602 d'élèves.
Après avoir achevé l’école primaire, il est possible de poursuivre sa scolarité dans les établissements d’enseignement secondaire non obligatoire, qui se répartissent en fonction de leurs plans et programmes d’enseignement respectifs entre lycées généraux (gymnases), et lycées professionnels et lycées techniques (d’artisanat). En 2017, de 1957 inscrits dans les établissements d’enseignement secondaire, 962 (49 %) étaient dans les lycées techniques, 674 (34 %) dans les lycées généraux et 316 (16 %) dans les lycées professionnels.
En ce qui concerne les Hautes Écoles, il n'y a pas de Haute École Universitaire en canton de Herceg-Bosna.
Santé
modifierPlusieurs établissements, aussi bien publics que privés, couvrent les besoins de la population en soins hospitaliers. Situé au centre-ville de Livno, Hôpital cantonal « Fra Mihovil Sučić » est le site de référence du canton Herceg-Bosna pour les soins somatiques aigus (avec prise en charge spécialisée), il fournit ses prestations également dans les domaines des soins intensifs, des soins continus et des urgences.
Économie
modifierLe canton connaît un fort taux de chômage - autour de 48 %[10].
L'économie du canton est basée sur l'agriculture et sur l'industrie du bois. L'agriculture inclut les forêts et le pâturage de montagne en été, particulièrement celui des moutons et des brebis. 10827 d’hectares sont occupés par des céréales, 3868 par les cultures fourragères. La culture de pommes de terre représente en 2016 environ 871 ha. La production de fruits de table s'est élevée en 2016 à 609 de tonnes, dont la moitié de prunes[11].
La viticulture a été introduite très récemment.
La collecte laitière en 2016 compte 39 236 litres.
En 2016, les agriculteurs représentent 10,7 % et le secteur primaire au total représente 14,2 % de la population active occupée. 11,7 % de cette dernière a une activité liée à la transformation des matières premières.
35 % occupe le secteur tertiaire principalement non marchand (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale). 16 % de la population active occupée travaille dans le commerce[11].
En 2016, la rémunération mensuelle moyenne d'un salarié s'élevait à 432.86 euros[11].
Municipalités
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Le canton de Herceg-Bosna est composé d'une cité : Livno et de cinq municipalités : Bosansko Grahovo, Drvar, Glamoč, Kupres, et Tomislavgrad.
Politique
modifierLe canton 10 est constitué comme l'entité fédérée de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine dont les pouvoirs politiques de tous les niveaux doivent refléter la structure ethnique de la population[1].
Le pouvoir exécutif est exercé par le Gouvernement cantonal qui siège à Livno et par le premier ministre cantonal. Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée cantonale, composé de 25 députés de tout le canton. Elle siège à Tomislavgrad. Ses pouvoirs sont fixés par la Constitution.
Les élections municipales et cantonales ont lieu tous les quatre ans.
| Partis | Sigles | Tendances politiques | % | Sièges | +/- 2014 | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Progrès national croate | HNP | national-conservatisme/régionalisme | 18,78 % | 5 | +5 | |
| Union démocratique croate | HDZ | démocratie chrétienne/national-conservatisme | 17,40 % | 5 | -3 | |
| Union démocratique croate 1990 | HDZ 1990 | démocratie chrétienne/national-conservatisme | 16,75 % | 4 | 0 | |
| Alliance des sociaux-démocrates indépendants | SNSD | Nationalisme serbe/Séparatisme/Russophilie | 11,8 % | 2 | 0 | |
| Parti d'action démocratique | SDA | conservatisme/nationalisme bosniaque | 6,45 % | 2 | 0 | |
| Parti social-démocrate | SDP | social-démocratie/multiculturalisme | 6,10 % | 2 | +1 | |
| Parti progressiste serbe | SNS | nationalisme serbe/panslavisme | 4,47 % | 1 | 0 | |
| Unité serbe | SJ | nationalisme serbe/régionalisme | 3,99 % | 1 | 0 | |
| Parti républicain croate | HRS | démocratie chrétienne/fédéralisme | 3,50 % | 1 | 0 |
Culture locale et patrimoine
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Le patrimoine et la culture locale témoignent une longue histoire et la proximité de trois aires culturelles importantes.
Édifices religieux
modifier- Mosquée de Hadži Ahmed Dukatar de Livno (1562)
- Mosquée de Džudža Džafer-bey Kopčić (avant 1615)
- Église de l'Immaculée-Conception de Vidoši (1853)
- Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Livno (1854)
- Église Saint-Sava de Drvar (1939)
- Église Saint-Élie de Glamoč (2001)
- Basilique catholique de la Sainte Famille à Kupres
Patrimoine naturel
modifier- Šuica (rivière)
- Petteria ramentacea (espèce endémique)
- Moltkia petraea (espèce endémique)
- Chevaux sauvages de Livno
Gastronomie
modifierLa spécialité gastronomique du canton est le fromage de Livno, en croate Livanjski sir, fabriqué depuis XIXe siècle à partir du lait de brebis et de vache. À l'origine, la recette utilisée est la même que celle pour le Gruyère français. Le plus grand producteur de ce fromage est la Laiterie Livno qui en fabrique 400 tonnes par an, mais de nombreux petits producteurs en font aussi[13].
Références
modifier- 1 2 3 La Constitution du canton de Herceg-Bosna (en croate)
- ↑ « Décision U-11/97 de la Cour constitutionnelle de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine », sur www.ustavnisudfbih.ba (consulté le )
- ↑ (en) Soeren Keil, « Building a Federation within a Federation:The Curious Case of the Federation of Bosnia and Herzegovina », L'Europe en Formation, vol. 369, no 3, , p. 114–125 (ISSN 0014-2808, DOI 10.3917/eufor.369.0114, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (hr) « Deset godina nije ispoštovana odluka Ustavnog suda FBiH: Kanton 10 za vlasti je "Hercegbosanski" », sur Dnevni avaz, (consulté le )
- ↑ Катунин Дмитрий Анатольевич, « Современное языковое законодательство Боснии и Герцеговины: становление и тенденции », Вестник Томского государственного университета. Филология, no 1 (5), , p. 22–46 (ISSN 1998-6645, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Inzko neće mijenjati hercegbosanski Ustav », sur tportal.hr (consulté le )
- ↑ Le canton 10, sur Office fédéral de la statistique (fzs.ba)
- ↑ « Popis stanovnistva, domacinstava i stanova u Bosni i Hercegovini », Agencija za statistiku Bosne i Hercegovine, (consulté le )
- 1 2 « Etnicka/nacionala pripadnost, vjeroispovijest, materinji jezik », Agencija za statistiku Bosne i Hercegovine, (consulté le )
- ↑ (hr) Institut fédéral pour la programmation du développement, Makroekonomski pokazatelji po kantonima 2016, Naida Damadžić, (lire en ligne)
- 1 2 3 (hr) « Kanton 10 u brojkama », sur fzs.ba, Office fédéral de la statistique (consulté le )
- ↑ Commission électorale centrale: Élections générales bosniennes de 2018: Canton 10 ; site izbori.ba ; consulté le 03 juin 2024.
- ↑ , sur le site de la Laiterie Livno (mljekaralivno.com)