Capcir

région historique et géographique des Pyrénées-Orientales, France

Le Capcir est une région naturelle des Pyrénées-Orientales, en France, dont la capitale historique est Formiguères. Il fut rattaché à la France par le traité des Pyrénées. Son territoire correspond approximativement à la très haute vallée de l'Aude.

Capcir
Pays France
Région Occitanie
Département Pyrénées-Orientales
Villes principales Formiguères, Les Angles
Coordonnées 42° 36′ 00″ nord, 2° 07′ 00″ est
Superficie approximative 177 km2
Relief Haute vallée de l'Aude
Communes 6
Population totale 1 515 hab. (2013)
Régions naturelles
voisines
Cerdagne
Conflent
Pays de Sault
Pays de Foix Haute-Ariège
Donezan
Régions et espaces connexes Massif du Madrès
Massif du Carlit

Image illustrative de l’article Capcir
Localisation

Toponymie

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Jusqu'en 1296, le Capcir actuel est désigné comme País de la Muntanya d'Auda[1].

Le Capcir est attesté au IXe siècle[2],[3]. Sa plus ancienne occurrence connue — à savoir, l'expression in Capt cervio[2],[4] en latin — se trouve dans l'acte de dédicace de l'église de Formiguères[5],[6]. La critique date l'acte du [7],[8],[9],[10]. L'humble Sigebode, archevêque de Narbonne, se rend dans le comté de Razès, au lieu-dit Fromigueria (‹ Formigueria ›) [« Formiguères »], à la prière de l'abbé Gulfaric, du monastère Saint-Jacques de Joucou, et des quatre comtes Guifred Ier de Cerdagne-Urgell, de son frère Miron Ier de Conflent, d'Oliba II de Carcassonne et de son frère Acfred de Razès, afin d'y consacrer l'église Sainte-Marie, avec les oratoires deux Saint-Pierre et Saint-Jean[7].

Le mot Capcir est mentionné pour la première fois en 820 sous la forme bas-latine in Capt cervio. Dès 1087, il est mentionné sous la forme actuelle : montana que vocatur Capcir (« montagne appelée Capcir »). Ce nom désigne à l'époque la chaîne de montagnes située entre Formiguères et Quérigut. Capt provient du latin Caput, qui signifie « tête » et désignait dans ce cas le sommet d'une montagne. Cervio est plus problématique. Plusieurs hypothèses sont proposées[1] :

  • Cervius, « cerf », correspond à la mention de 820, mais cette forme n'est pas reprise plus tard, il pourrait s'agir d'une erreur ou d'une latinisation faite par le scribe ;
  • Cercius, « du nord-ouest », adjectif fréquent au Moyen Âge. Cependant, cette étymologie ne correspond guère aux déformations phonétiques habituelles : elle aurait dû aboutir au maintien du son [s]. De plus, les montagnes désignées dans les textes ne se trouvent pas au nord-ouest ;
  • Cirrus, qui désignerait un sommet touffu, couvert de feuillages ;
  • Capitariu, « proche du sommet ».

Géographie

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Situation

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Le Capcir forme un plateau commençant au sud au col de la Quillane, qui le sépare de la vallée de la Têt, et est borné au nord par les limites des départements de l'Ariège et de l'Aude. Contrairement à ce que l'on pense parfois, La Llagonne n'est pas en Capcir mais en Haut-Conflent, de même que Mont-Louis (la Cerdagne ne commence qu'au col de la Perche)[11].

Topographie

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Vue depuis Puig de la Pelada sur le Capcir et le massif du Carlit.

Son altitude s'étage entre 1 300 et 1 700 mètres avec une moyenne à 1 500 mètres[12], ce qui en fait le plateau le plus élevé des Pyrénées. Il permet de relier la haute vallée de l'Aude à la Cerdagne, haute plaine franco-espagnole.

Le Capcir est situé dans un bassin géologique d'âge néogène (probablement moins de 10 millions d'années)[13],[14].

Hydrographie

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Le Capcir a deux surnoms : la petite Sibérie ou le petit Canada. Cela donne une idée du climat qui peut y sévir parfois l'hiver[Lequel ?].

Faune et flore

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Forêt de pins à crochets, caractéristique des Pyrénées orientales, sous temps orageux à 2 000 m d'altitude.

Le nom de petite Sibérie paraît particulièrement approprié du fait que le Capcir est une des régions les plus froides de France. Il représente l'un des derniers refuges en Europe occidentale d'une plante boréo-arctique : la Ligulaire de Sibérie (Ligularia sibirica).

Géographie humaine

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Vue des Angles.

Le Capcir fait partie du département français des Pyrénées-Orientales. Il est constitué de six communes : Les Angles, Fontrabiouse, Formiguères, Matemale, Puyvalador et Réal. Ses habitants portent le nom de Capcinois.

Histoire

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Le hameau abandonné de Creu (ca) (Matemale) et la tour de Creu restaurée. À l'ouest, au loin, est visible la portella d'Orlu (Fontrabiouse).

Le Capcir dépend au Moyen Âge du comté de Razès, au même titre que les territoires voisins au nord, le Donezan et le Fenouillèdes. Ces territoires dépendent à partir du IXe siècle des comtes de Cerdagne puis au XIIe siècle des comtes de Besalú et enfin de Barcelone.

En , avec le traité de Corbeil, le roi Jacques Ier d'Aragon, Majorque et Valence, conserve le Capcir[15]. De à , celui-ci relève de la couronne de Majorque. L'été , le roi Sanche séjourne deux mois à Formiguères : arrivé en , il y tombe malade puis y meurt en [16].

À partir de , le Capcir relève du diocèse d'Alet[15].

En , avec l'article 42 du traité des Pyrénées, le roi Philippe IV cède le Capcir à la France[17].

En 1790, le Capcir forme un canton ayant Formiguères pour chef-lieu.

Le XXe siècle est marqué par les grands aménagements de la vallée de l'Aude. Deux barrages hydrauliques sont bâtis, donnant naissance aux lacs de Puyvalador et de Matemale. Le lac des Bouillouses est également créé sur la Têt.

Quelques autres villages disparaissent : Vallserra, Creu, Galba.

Réal, Odeillo, Villeneuve deviennent administrativement de simples hameaux.

La route des Angles est remise à l'ordre du jour, tandis que celle d'Olette au départ de Formiguères ne prend plus en charge le trafic vers la plaine du Roussillon : la Route nationale 116 passant à Mont-Louis s'en charge[18].

Activités

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Cet ancien canton, longtemps rural, s'est considérablement développé depuis une quarantaine d'années en raison de son attrait touristique, avec la présence de quatre stations de sports d'hiver, qui en font un haut lieu du ski nordique.

Notes et références

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  1. 1 2 Lluís Basseda, Toponymie historique de Catalunya Nord, t. 1, Prades, Revista Terra Nostra, , 796 p., p. 364, 365
  2. 1 2 Billy 2011.
  3. ↑ Moran, Batlle et Rabella 2002.
  4. ↑ Moran, Batlle et Rabella 2002, p. 134.
  5. ↑ Ponsich et Ordeig 2006, p. 133-134.
  6. ↑ Catalunya romànica, s.v. El marc històric del romànic del Capcir.
  7. 1 2 Ponsich et Ordeig 2006, p. 133.
  8. ↑ Cingolani 2010a, p. 124.
  9. ↑ Cingolani 2010b, p. 462.
  10. ↑ Catalunya romànica, s.v. Santa Maria de Formiguera.
  11. ↑ Le Capcir - La vallée de l'Aude
  12. ↑ « Carte topographique » sur cartes.gouv.fr.
  13. ↑ B. Laumonier et al., Notice explicative de la feuille Mont-Louis (1094) à 1/50 000, BRGM Éditions, Orléans, 2017, ficheinfoterre.brgm.fr, page 99.
  14. ↑ « Carte géologique » sur cartes.gouv.fr.
  15. 1 2 Poujade 2011, Ire part., chap. Ier, no 3.
  16. ↑ Figuères 2017, no 13 et 14.
  17. ↑ Poujade 2011, Ire part., chap. Ier, no 27.
  18. ↑ Cartes du Capcir - Le Capcir à travers les âges

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Badie 1983] Étienne Badie, « Formation et évolution des seigneuries et de la châtellenie du Capcir : études et recherches », dans Les pays de la Méditerranée occidentale au Moyen Âge (actes du 106e Congrès national des sociétés savantes, section de philologie et d'histoire jusqu'à , tenu à Perpignan en ), Paris, CTHS, coll. « Actes des congrès nationaux des sociétés savantes » (no 106 / 6), , 1re éd., 282 p., 16 × 24 cm (ISBN 2-7355-0020-9, EAN 9782735500208, OCLC 495871118, BNF 34763596, SUDOC 026041162, présentation en ligne, lire en ligne), Ire part. (« Féodalité et pouvoir »), chap. 6, p. 77-87.
  • [Badie 1986] Étienne Badie, Histoire du Capcir et des Capcinois : ou le long combat d'une communauté catalane, suivi de : El Capcir… fa temps, Prades, Terra Nostra, coll. « Biblioteca de Catalunya Nord » (no 53-56), , 1re éd., 432 p., 16 × 24 cm (OCLC 992440748, BNF 35594392, SUDOC 202709639).
  • [Bayrou 2004] Lucien Bayrou (dir.), Entre Languedoc et Roussillon : -, fortifier une frontière ? : esquisse d'une étude des fortifications de l'ancienne frontière fixée par le traité de Corbeil () entre le Languedoc et le Roussillon et leur évolution jusqu'au traité des Pyrénées (-), Canet-en-Roussillon, les Amis du Vieux Canet, hors coll., , 1re éd., 447 p., 21,5 × 30,4 cm (ISBN 2-9522019-0-0, EAN 9782952201902, OCLC 469555600, BNF 39926641, SUDOC 083710426).
  • [Billy 2011] Pierre-Henri Billy, Dictionnaire des noms de lieux de la France [« DNLF »], Paris, Errance, coll. « Hespérides », , 1re éd., 638 p., 16 × 24 cm (ISBN 978-2-87772-449-4, EAN 9782877724494, OCLC 758615470, BNF 42405878, SUDOC 151696098, présentation en ligne, lire en ligne), s.v. Capcir (le), p. 155. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
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  • [Chevalier 2008] Caroline Chevalier, « Les justiciables des vigueries de Conflent-Capcir et de Cerdagne entre et  », dans Gilbert Larguier (dir. et av.-prop.), Les justices royales secondaires en Languedoc et en Roussillon, XVIIe – XVIIIe siècles (acte des IIIes Journées d'histoire et histoire du droit et des institutions de l'UPDV, tenues à Perpignan le ), Perpignan, PUP, coll. « Études », , 1re éd., 194 p., 16 × 24 cm (ISBN 978-2-35412-021-4, EAN 9782354120214, OCLC 494412588, BNF 41239450, DOI https://books.openedition.org/pupvd/5031 Accès libre, S2CID 187468579, SUDOC 123441358, présentation en ligne), chap. 8, p. 139-161.
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    • [Cingolani 2010b] (ca) Stefano Maria Cingolani, « La família de Guifré I el Pilós : matrimonis i ocupació de la terra als segles IX i X » [« La famille de Guifred Ier le Velu : mariages et occupation de la terre aux IXe et Xe siècles »], Imago temporis : medium Aevum, t. IV,‎ , IIe part. (« El passat estudiat i mesurat »), art. no 1, p. 458-474 (OCLC 808303212, DOI 10.21001/imagotemporis.vi4.256923 Accès libre, S2CID 161709225, lire en ligne Accès libre [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
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  • [Moran, Batlle et Rabella 2002] (ca) Josep Moran i Ocerinjauregui, Mar Batlle i Gutiérrez et Joan Anton Rabella i Ribas (collab. Joan Peytaví i Deixona), Topònims catalans : etimologia i pronúncia [« Toponymes catalans : étymologie et prononciation »], Barcelone, PAM, coll. « Biblioteca Serra d'or » (no 295), , 1re éd., 193-[8] p., 13 × 19 cm (ISBN 84-8415-431-9, EAN 9788484154310, OCLC 495442274, SUDOC 070215340, présentation en ligne, lire en ligne), s.v. Capcir, el, p. 52. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Ponsich et Ordeig 2006] (la + ca) Pere Ponsich (dir.) et Ramon Ordeig i Mata (révision et compléments) (préf. Anscari M. Mundó i Marcet), Catalunya carolíngia [« Catalogne carolingienne »], t. VI : Els comtats de Rosselló, Conflent, Vallespir i Fenollet [« Les comtés de Roussillon, Conflent, Vallespir et Fenouillèdes » ], Ire part. : Prefaci, introducció, diplomatari (docs. 1 – 328) [« Préface, introduction, recueil de chartes (docs. 1 – 328) »], Barcelone, IEC, coll. « Memòries de la secció històrico-arqueològica » (no 70) / Catalunya carolíngia (no 6 / 1), , 1re éd., 309 p., 22 × 28 cm (ISBN 978-84-7283-877-2, EAN 9788472838772, OCLC 493754170, SUDOC 130273678, présentation en ligne, lire en ligne Accès libre [PDF]), no 79 (« 21 setembre [873] – Sigebod, arquebisbe de Narbona, acut al comtat de Rasès, al lloc de Formiguera, a precs de l'abat Gulfaric del monestir de Sant Jaume [de Jocó] i dels comtes Guifré [I de Cerdanya-Urgell], el seu germà Miró [I de Conflent], Oliba [II de Carcassona] i el seu germà Acfred [de Rasès], per tal de consagrar-hi l'església de Santa Maria, amb els oratoris de Sant Pere i Sant Joan, feta edificar pels esmentats comtes. Aquests mateixos la doten amb noranta mujades de terra i amb la vil·la Formiguera. ») [«  [] – Sigebode, archevêque de Narbonne, se rend dans le comté de Razès, au lieu-dit Formiguera, à la prière de l'abbé Gulfaric, du monastère Saint-Jacques [de Joucou], et des comtes Guifred [Ier de Cerdagne-Urgell], de son frère Miron [Ier de Conflent], d'Oliba [II de Carcassonne] et de son frère Acfred [de Razès], afin d'y consacrer l'église Sainte-Marie, avec les oratoires Saint-Pierre et Saint-Jean, qu'ont fait édifier lesdits comtes. Ceux-ci la dotent de quatre-vingt-dix modiées de terre et de la villa Formiguera. »], p. 133-134. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article — attestation de Capcir (« in Capt Cervio »), p. 134.
  • [Poujade 2011] Patrice Poujade, Le voisin et le migrant : hommes et circulations dans les Pyrénées modernes (XVIe – XIXe siècle), Rennes, PUR, coll. « Histoire », , 1re éd., 369 p., 15,5 × 24 cm (ISBN 978-2-7535-1266-5, EAN 9782753512665, OCLC 716855337, BNF 42354008, DOI 10.4000/books.pur.119109 Accès libre, S2CID 204554030, SUDOC 149925972, présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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Liens externes

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