Carlotta Gazzani
Carlotta Gazzani, née Carlotta Bertani en 1780 ou 1789 et morte en 1827, est une des maîtresses de Napoléon Ier entre 1805 à 1807. Officiellement lectrice de l'impératrice Joséphine, elle prend le nom et le titre de baronne Brentano-Cimaroli.
Biographie
modifierCarlotta Bertani est originaire de Gênes et naît en 1780[1] ou 1789[2]. Elle est la fille d'une chanteuse ou d'une danseuse de théâtre[3]. Elle épouse Charles Gazzani, né en 1777[4]. C'est Talleyrand qui la croise dans sa ville natale et qui la présente à l'empereur, à Milan en juin 1805[5] (une autre version affirme que le premier chambellan Rémusat joue un rôle majeur dans la rencontre[3]). Elle est décrite par ses contemporains comme une jeune femme brune, au visage d'une beauté remarquable mais un peu maigre, portant toujours des gants pour cachées des mains disgracieuses[note 1],[3].
Napoléon en fait sa maîtresse par intermittence[6],[note 2], et pour la garder près de lui la fait nommer lectrice auprès de l'impératrice Joséphine[note 3], avec un revenu de 500 francs par mois[3]. Il accorde en outre au mari, Charles Gazzani, la charge de receveur général d'Evreux, assortie de 100 000 francs annuels[2]. L'attitude de Carlotta (« elle ne cherche pas à se poser en favorite et accepte modestement son rôle d'en-cas »[3]) fait qu'elle est tolérée par Joséphine[7] et par d'autres membres du palais, au point d'y tenir un salon qui réunit plusieurs fois par semaine des esprits éclairés[3].
Elle prend le titre de baronne Brentano-Cimaroli, sans qu'on sache bien dans quelles circonstances[3].
Après le divorce de Napoléon, elle reste au service de Joséphine. On lui connaît alors une liaison avec un écuyer de celle-ci, M. de Pourtalès[3].
Une fille, Charlotte-Joséphine-Eugénie-Claire Gazzani, naît en 1814 ; elle épouse en 1835 l'industriel belge Alfred Mosselman (dont postérité)[3] et meurt en 1856.
Bibliographie
modifier- Jean Savant, Carlotta Gazzani, baronne Brentano-Cimaroli, .
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ « Carlotta Gazzani était grande, un peu trop maigre, plutôt belle que gracieuse : elle dansait mal ; des extrémités médiocres, aussi ses mains étaient-elles toujours gantées; mais le visage parfait, le type même de la beauté italienne : des traits d'une pureté absolue, des yeux noirs très grands et très brillants, un accord complet de tous les traits que relevait un petit rire de côté montrant des dents éclatantes. » (Masson).
- ↑ Des lettres de Constant et de Gourgaud en témoignent.
- ↑ Alors qu'elle en connaît que quelques mots de français.
Références
modifier- ↑ L'Impératrice Joséphine et les sciences naturelles - Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-3521-8, lire en ligne), p. 166
- 1 2 Empress Josephine (consort of Napoleon I, Emperor of the French), Les personnages des Mémoires de l'impératrice Joséphine, Édito-Service, (lire en ligne), p. 172
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Frédéric Masson, Napoléon et les femmes : l'amour, Borel, (lire en ligne)
- ↑ (it) Giovanni Assereto, I Duchi di Galliera: alta finanza, arte e filantropia tra Genova e l'Europa nell'Ottocento, Marietti, (ISBN 978-88-211-9114-5, lire en ligne)
- ↑ Charles Terrasse, Napoléon à Fontainebleau, Grasset, (lire en ligne)
- ↑ Jean Hanoteau et Talleyrand, « Lettres De Talleyrand a Caulaincourt: I », Revue des Deux Mondes (1829-1971), vol. 29, no 4, , p. 782–816 (ISSN 0035-1962, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Isabelle Bricard, Napoléon, Joséphine et les autres, Larousse, (ISBN 978-2-03-585737-8, lire en ligne)