Carmen Rodríguez Parra
Carmen Rodríguez Parra, née le à Grenade et morte à Víznar le , également connue sous le surnom de Madre Carmela (en français : Mère Carmela), est une militante anarchiste espagnole et figure de l'anarcho-syndicalisme dans la ville de Grenade pendant la Deuxième République espagnole.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Surnom |
Madre Carmela |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activités |
| Propriétaire de |
Taberna Carmela (d) |
|---|---|
| Parti politique | |
| Idéologie | |
| Conflit |
Elle est la propriétaire et tenancière de la Taberna Carmela (ou Bar Carmela), un établissement dans la rue Elvira qui servait de lieu de réunion, solidarité et soutien pour les personnes du mouvement ouvrier, spécifiquement de la Confédération nationale du travail (CNT).
Elle est assassinée pour ses idées politiques par les nationalistes après le putsch du . La dépouille de son corps est récupérée en 2025 grâce à la Loi sur la mémoire historique[1],[2].
Biographie
modifierCarmen Rodríguez Parra naît le dans la province de Grenade[1].
Rodríguez Parra se marie le à l'église du Sagrario avec Francisco Remacho de la Torre, qui est membre de la Société des ouvriers éleveurs, bergers et vachers « La Opinión », à laquelle participent également d'autres membres de la famille Remacho de la Torre. Remacho est un républicain et fait partie des comités radicaux constitués en 1911, en tant que membre correspondant au district du Salvador. Ce milieu favorise l'engagement politique progressif de Rodríguez[3].
Après être devenue veuve, Rodríguez Parra vit en union libre avec Antonio López Capel, qui est séparé de son ex-épouse, avec qui elle a deux filles, Nieves et Carmen. Le couple commence à tenir la « Taberna Carmela », située aux numéros 40-42 de la rue Elvira à Grenade[3].
Dans les années 1930, Rodríguez Parra adhère à la CNT, un syndicat anarchiste très présent à Grenade à certaines périodes de la Deuxième République. La Taberna Carmela devient l'un des centres névralgiques de l'anarchisme grenadin et un lieu de solidarité où sont collectés des fonds pour les familles des personnes assassinées ou blessées et où l'on apporte un soutien à celles qui en ont besoin[2],[3]. La première mention connue de son activité apparaît dans le cadre d'une collecte de fonds en faveur de la fille de Miguel Illescas, militant de la CNT assassiné en juillet 1931. Lors de cette collecte, la Taberna Carmela apporte une part importante des fonds récoltés, témoignant ainsi de la générosité et de l'engagement de Rodríguez Parra envers la cause ouvrière[2].
En , lors de la tentative de coup d'État menée par le général José Sanjurjo, la Taberna Carmela sert de lieu de rassemblement et de réconfort pour les camarades et proches des personnes assassinées. La présence d'anarchistes de premier plan, comme Federica Montseny, souligne l'importance de cet établissement en tant qu'espace de convivialité et de militantisme[2].
Après l'échec de la Sanjurjada, en raison de sa notoriété en tant que figure de soutien au mouvement ouvrier, Rodríguez Parra et son établissement sont placés sous la surveillance constante des autorités, qui vont jusqu'à fermer la taverne[1].
Le , elle a exercé les fonctions de commissaire électorale lors du nouveau scrutin organisé à Grenade, devenant ainsi l'une des premières femmes à occuper ce poste dans la ville et l'une des rares à l'avoir fait lors de ce scrutin[3],[4].
Après le coup d'État du , les forces phalangistes prennent le contrôle de Grenade. Rodríguez Parra est arrêtée et transférée au couvent de San Gregorio, transformé en lieu de détention, où elle reste emprisonnée jusqu'à son transfert ultérieur à Víznar. À l'aube du 15 août, elle est conduite à bord d'une camionnette jusqu'aux abords du ravin et exécutée d'une balle dans la tête[1].
Rodríguez Parra est l'une des victimes exhumées des fosses communes de Víznar identifiées. Sa dépouille est remise à sa famille le [1]. Ce sont les recherches menées pour trouver la dépouille du poète Federico García Lorca qui aboutissent à la découverte d'un charnier de 194 personnes à Viznar, dont 40 femmes, parmi lesquelles Rodríguez Parra. Son petit-fils indique avoir appris tardivement l'assassinat de sa grand-mère en trouvant des documents dans une armoire. Sa famille avait maintenu l'omerta pour se protéger pendant de nombreuses années[5],[4].
Reconnaissances
modifierRodríguez Parra reste dans les mémoires comme un symbole de solidarité et de soutien au sein de l'anarcho-syndicalisme grenadin. Sa vie et sa mort ont été remises en lumière par des ouvrages commémoratifs qui visent à mettre en avant les victimes du franquisme et à préserver la mémoire des femmes engagées dans les mouvements sociaux du premier tiers du XXe siècle[3].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 .
- 1 2 3 4 (es) « Carmen Rodríguez Parra – Todos (…) los Nombres_ », todoslosnombres.org (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (es) Silvia González, José Peña et Agustín Linare, « Carmen Rodríguez Parra. La mujer identificada en Víznar símbolo del anarquismo granadino | El Independiente de Granada », sur www.elindependientedegranada.es, (consulté le )
- 1 2 (en) Sílvia Marimon, « 40 women found among the 194 victims exhumed at Barranc de Víznar: "The violence was greater" », sur Ara in English, (consulté le ).
- ↑ (en) Sílvia Marimon, « Àngel González: "We opened a closet and found the proof that they had killed my grandmother in 1936" », sur Ara in English, (consulté le ).