Carte de la femme
La carte de la femme est une expression idiomatique qui désigne l'exploitation d'attitudes sexistes ou pro-femmes en accusant les autres de sexisme ou de misogynie. On dit d'une personne qui emploie de tels procédés qu'elle joue la carte de la femme, la carte du genre.
Signification
modifierL'expression est employée pour désigner les accusations portées par des femmes qui font mention de leur sexe dans le but d'obtenir un avantage lors d'une discussion, ou qui sous-entendent ou accusent d'autres personnes de sexisme afin de gagner le soutien d'autres personnes[1]. Ce procédé est considéré comme une manœuvre de dernier recours dans les discussions, comme le souligne Miranda Devine : « Jouer la carte du genre est le pathétique dernier refuge des incompétents et tout le monde dans la vie réelle le sait »[2]. Cependant, il est également avancé qu'accuser une personne de jouer la carte de la femme peut être un moyen de nier ou de minimiser des préoccupations réelles et de discréditer la personne visée[3].
Politique
modifierLes accusations de jouer la carte de la femme surviennent souvent en politique et lors des élections. En 2012, la Première ministre australienne Julia Gillard prononce un discours au Parlement australien accusant le chef de l'opposition Tony Abbott de misogynie[3]. Son discours reçoit une attention internationale et est largement salué[4],[5],[6], y compris par un certain nombre de dirigeants politiques étrangers, dont François Hollande, Barack Obama[7], et Hillary Clinton. Certains commentateurs locaux, majoritairement conservateurs, accusent toutefois Julia Gillard de jouer la carte du genre[2],[8],[9].
Lors des primaires présidentielles démocrates de 2008, l'ancien président des États-Unis, Bill Clinton, est soupçonné d'avoir joué la carte du genre afin d'obtenir le soutien de sa femme Hillary[10] ; et accuse Barack Obama d'avoir utilisé la carte de la race contre eux[11]. Lors de la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2016, le candidat du Parti républicain Donald Trump accuse sa rivale, la candidate du Parti démocrate, Hillary Clinton, de jouer la carte de la femme en déclarant qu'elle « jouait constamment la carte de la femme. C'est le seul moyen pour elle d'être élue ». Hillary Clinton répond que « si se battre pour les soins de santé des femmes, les congés familiaux payés et l'égalité des salaires, c'est jouer la carte de la femme, alors je veux bien »[12]. Par la suite, la campagne de Clinton se met à distribuer des cartes en plastique portant la mention « Woman Card » inspirée de la carte de métro de New York, aux donateurs de plus de 5 dollars à sa campagne[13]. Le plan est considéré comme un succès marketing et un retour de flamme pour Trump, puisque ayant rapporté 2,4 millions de dollars à Clinton[14].
Lors de l'élection présidentielle française de 2017, la candidate du Front national Marine Le Pen est accusée d'utiliser son sexe pour adoucir les opinions sur le Front national et moderniser l'image du parti[15],[16]. La candidature de Le Pen a également été citée comme un exemple de situation où les féministes qui prétendent voter pour des candidates parce qu'elles sont des femmes refusent de le faire[17].
Articles connexes
modifierRéférences
modifier- ↑ « Clinton on gender: 'I'm not exploiting anything' », sur CNN.com, (version du sur archive.org).
- 1 2 Miranda Devine, « Gender card is a loser », sur Daily Telegraph, (consulté le ).
- 1 2 Anna Worth, Martha Augoustinos et Brianne Hastie, « "Playing the gender card": Media representations of Julia Gillard's sexism and misogyny speech », Feminism & Psychology, vol. 26, no 1, , p. 52–72 (DOI 10.1177/0959353515605544, S2CID 146555210).
- ↑ Emma Barnett, « Julia Gillard's blistering attack on sexism was her best card », sur The Daily Telegraph, (version du sur archive.org).
- ↑ Chloe Angyal, « It's good to see Julia Gillard tackle sexism head-on », sur The Guardian, (consulté le ).
- ↑ Amelia Lester, « Ladylike: Julia Gillard's Misogyny Speech », sur The New Yorker, .
- ↑ November 10, 2012, The Sydney Morning Herald
- ↑ Paul Sheehan, « Gillard reveals true nature in playing gender card »
, sur Sydney Morning Herald, (consulté le ). - ↑ « Gender card backfires for Julia Gillard », sur The Australian, (consulté le ).
- ↑ Maureen Dowd, « Can Hillary Cry Her Way Back to the White House? »
, sur The New York Times, (consulté le ). - ↑ « Bill Clinton: Obama camp 'played the race card on me' », sur CNN, (version du sur archive.org).
- ↑ Rachel Gillett, « Hillary Clinton on playing the gender card: 'Deal me in' », sur Business Insider, (consulté le ).
- ↑ Kristen Bellstrom, « Hillary Clinton's Campaign Is Now Issuing Actual 'Woman Cards' », sur Fortune.com, (consulté le ).
- ↑ Gina Benevento, « Hillary Clinton and the 'woman card' », sur Al Jazeera, (consulté le ).
- ↑ Jina Moore, « Why Marine Le Pen Finally Decided To Run As A Woman », sur Buzzfeed News, (consulté le ).
- ↑ Agnes Poirier, « The woman card », sur The News, (consulté le ).
- ↑ Brendan O'Neill, « By their own logic, feminists should support Marine Le Pen »
, sur The Spectator, (consulté le ).