Caserne Prince Baudouin

ancienne caserne à Bruxelles

L'ancienne caserne Prince Baudouin est située sur la place Dailly, à Schaerbeek, commune de la Région Bruxelloise. Cet endroit est plus connu des Bruxellois sous le nom de caserne Dailly.

Caserne Prince Baudouin
Alexander's Plaza
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
logement-commerce
Architecte
O. Geerling
Construction
1894
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de Bruxelles
voir sur la carte de Bruxelles
Localisation sur la carte de Belgique
voir sur la carte de Belgique

Historique

modifier

Tir national

modifier
Les Cibles nationales place Dailly par Ch. Trumper (1872).

En 1857[1] ou en 1860[2], le ministre de l'intérieur Charles Rogier et le bourgmestre Eugène Dailly font aménager au lieu-dit de Wayenveld un champ de tir.

A l'origine, il ne s'agit que d'une simple prairie entourée des barrières[3]. Le , le Tir national, également appelé ′′Cibles Nationales′′, conçu par l'architecte Henri Raeymaeckers, est inauguré. Il s'agit d'une galerie de style néo-médiéval, implantée parallèlement à l'actuelle place Dailly. La portée grandissante des armes à feu nécessite toutefois un terrain plus vaste et, en 1888, le Tir national déménage au lieu-dit Kattepoel, l'actuel site Reyers, occupé aujourd'hui par la RTBF et la VRT[2].

Caserne

modifier

La même année, l'architecte O. Geerling commence à dessiner les plans d'une caserne de l'infanterie, destinée aux carabiniers. Les travaux débutent 1890, et l'inauguration de la nouvelle caserne Prince Baudouin a lieu le . Elle porte le nom du neveu et successeur pressenti du roi Léopold II, décédé en 1891 à l'âge de 21 ans[2].

C'est le régiment des carabiniers du Petit-Château qui aménage Place Dailly. Leurs meubles les ayant précédé en juillet déjà, il traverse la ville en cortèges le , en passant par un arc de triomphe enguirlandé à hauteur de la rue de Brabant. La ville de Schaerbeek les accueille chaleureusement : musique, forces de l'ordre en uniforme de gala, réception avec discours à la maison communale suivie d'une kermesse de deux jours[4].

La caserne pour 2 000 hommes s'implante sur toute la surface de l'ancien tir : derrière le bâtiment principal s'étend la cour d'honneur, bordée de blocs de logements doublés de bâtiments plus bas. Un arrêté royal du décrète les avenues Félix Marchal, Léon Mahillon et Charbo l'entourant[2].

Jusqu'en 1939 la caserne est occupée par les carabiniers[2], interrompue par un interlude d'hôpital militaire allemand (Kriegslazarett IV) durant la Première Guerre mondiale[réf. nécessaire]. Divers services de la Défense nationale l'occupent ensuite jusqu'en 1970[2].

Après l'armée

modifier

Le , le Ministère de la Défense Nationale, celui des Affaires Bruxelloises et la Société Nationale du Logement signent une convention pour transmettre six casernes à la Société du Logement : Rolin, l'Arsenal du Charroi, l'hôpital militaire d'Ixelles, le Petit Château, Prince Albert et Dailly. 1 400 000 000 francs belges sur les 2 400 000 000 francs belges que coûte l'opération sont à charge du budget de la Région Bruxelloise. Il est prévu que les payements s'échelonnent sur cinq ans, mais, la SNL étant en difficultés financières, après dix ans, seules les casernes Rolin, Prince Albert et 2/3 de Dailly se trouvent dans ses mains[5].

La Commission Française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles, responsable de la protection du patrimoine architecturale, demande au bureau ARC d'élaborer un projet de réaménagement de Dailly en logements. Il est publié en et propose d'installer des logements dans les bâtiments existants à l'intérieur d'îlots, et de garder les bâtiments en face de la place Dailly et juste derrière pour des services ou la culture[6]. Ce projet aboutit uniquement à l'installation provisoire du Théâtre de La Balsamine dans l'un de ces derniers bâtiments en 1981[7], ainsi qu'à l'occupation d'un autre bâtiment par la "Salle Communale Charbo"[8].

Au début des années 1990, un premier bâtiment est remplacé à l'arrière (avenue Mahillon) par les supermarchés Delhaize[9].

Dès 1989, Inter-Environnement Bruxelles essaie de convaincre les pouvoirs publics de transformer les casernes abandonnées de Bruxelles en logements. C'est en 1995 que le ministre Didier Gosuin arrive avec un projet de réhabilitation, incluant la rénovation du bâtiment principal, l'agrandissement du Delhaize et la construction des logements entre les deux[10].

Au milieu des années 1990, Infor Jeunes et Oxfam Solidarité occupent des parties du complexe à titre gratuit et précaire[11].

La Société des Logements régionale, héritière de sa prédécesseure nationale, fait démolir en 1996 tout les autres bâtiments hormis celui à front de la place et celui qui héberge le théâtre. Elle fait ensuite lotir le terrain en l'an 2000[2].

Par la suite, plusieurs immeubles de logements et de commerces sont construits sur le site des anciennes casernes, qui voit également la naissance de deux nouvelles voiries, la rue Marcel Mariën et la rue Louis Scutenaire[2]. Le théâtre de La Balsamine est complètement restauré.

Un parc public d'agrément avec une plaine de jeux pour enfants est créé à l'initiative de l'IBGE à l'arrière du bâtiment qui subsiste des casernes[2].

De nombreux projets ont été étudiés afin de trouver une finalité à ce bâtiment subsistant, qui depuis le départ de l'armée, était occupé par différentes associations (collecte de vêtements, radio libre, association d'aide à la jeunesse...)[12].

Ce n'est qu'après la vente à la société Memco sa., en 2003, que le bâtiment principal est complètement transformé, tout en maintenant la façade. Les deux ailes du bâtiment sont rehaussées, pour tenter de les intégrer dans l'architecture de l'immeuble. Les travaux, suivant les plans de l'architecte Bassam Fares, durent de 2005 à 2008[2]. Cette transformation a été conçue par le promoteur Alexandre Palacci. L'immeuble, rebaptisé Alexander's Plaza, abrite aujourd'hui 80 % de logements (89 appartements de luxe) et 20 % de commerces[13].

Références

modifier
  1. ARC, « La caserne de la place Dailly », dans Jean Breydel, Livre blanc n°3 de la campagne et de l'action pour la réaffectation du patrimoine archtictural Bruxelles 1985-1986, Bruxelles, Commission Française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles, , p. 161
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Ancienne caserne Prince Baudouin, dite également caserne Dailly », sur Inventaire du patrimoine architectural, MRBC
  3. ARC 1986, p. 161.
  4. Jacques Dubreucq, Bruxelles, une histoire capitale, t. 4 la section du Canal, Bruxelles, , p. 394-396
  5. ARC 1986, p. 163.
  6. ARC 1986, p. 165.
  7. « Théâtre de la Balsamine – Inventaire du patrimoine architectural », sur monument.heritage.brussels (consulté le )
  8. ARC 1986, p. 184.
  9. (en) « Ancien Caserne Prince Baudouin / Dailly (Alexander's Plaza) – Audio guide by HDS3 | tmatic.travel », sur tmatic.travel (consulté le )
  10. Jean-Michel Mary, « La caserne Dailly bien lotie », Ville et habitants, , p. 10 no=246
  11. « Une nouvelle demande de certificat d'urbanisme pour la caserne Prince Baudouin : un dernier baroud d'honneur ? », Ville et habitants, no 257, , supplément Quartiers 1-2
  12. « Inforquartier 2006 N° 18 - Bulletin annuel d’information de votre comité de quartier, GAQ asbl »
  13. (nl) « Daillykazernes », dans Bernard Deciève et al., Brusselse dichtheden en woonvormen, Bruxelles, MRBC, (ISBN 9789081238601), p. 208-211

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • ARC, « La caserne de la place Dailly », dans Jean Breydel, Livre blanc n°3 de la campagne et de l'action pour la réaffectation du patrimoine archtictural Bruxelles 1985-1986, Bruxelles, Commission Française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles, , p. 159-189
  • « Ancienne caserne Prince Baudouin, dite également caserne Dailly », sur Inventaire du patrimoine architectural, MRBC

Liens externes

modifier